Nanosatellites : les Bretons vont surveiller le monde !

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
02 octobre 2019 à 14h18
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Patch de mission BRO-One
Patch de mission BRO-One // UnseenLabs

La startup UnseenLabs, basée à Rennes, opère depuis le mois d'août son satellite Breizh Recon Orbiter (BRO-One) en orbite. L'entreprise prévoit d'envoyer jusqu'à six satellites supplémentaires en 2020... Et ce n'est qu'un début.

En plus d'avoir l'un des noms de satellite les plus « cools » du marché, les Bretons d'UnseenLabs font beaucoup parler d'eux. Mis en orbite le 19 août, leur satellite CubeSat 6U, qui fait la taille d'une boite à chaussures (10 x 20 x 30 cm), est capable de repérer les signaux électroniques qu'émettent les bateaux qu'ils survolent... même lorsque ces derniers désactivent leur balise transpondeur AIS (Automatic Identification System).

De quoi identifier rapidement les navires qui justement, aimeraient bien éviter d'être repérés : chalutiers en pêche illégale, trafiquants, pirates, marines militaires... Le tout sans avoir besoin de moyens perfectionnés pour les prendre en photo depuis l'orbite avec des capteurs optiques ou radar. Gouvernements, assureurs, entreprises pétrolières et de sécurité sont à la recherche de ce genre de données.

La constellation bretonne

Il faut actuellement entre 12 et 48 heures pour pouvoir survoler deux fois de suite le même point du globe avec le Breizh Recon Orbiter... Mais les Rennais prévoient d'envoyer cinq ou six unités supplémentaires en orbite dès 2020, avant d'étendre la constellation à au moins 20 satellites dans les années à venir.

De cette façon, la couverture sera continue (moins d'une heure entre chaque détection), et les océans n'auront plus de secrets pour les bretons, qui proposent à leurs clients des cartes mises à jour en temps réel !

Des économies jusqu'à l'orbite

Bien sûr, envoyer de nouveaux satellites a un coût ; mais UnseenLabs profite de deux leviers qui lui permettent de limiter les dépenses. Le premier consiste à faire appel à une société spécialisée dans la construction de nano-satellites (GomSpace) en concentrant son développement sur le dispositif de détection. Le second consiste à profiter des entreprises du NewSpace et de leurs lanceurs à bas coûts. Comme le décollage du mois d'août, avec deux autres petits satellites, sous la coiffe d'une fusée Electron depuis la Nouvelle-Zélande.

Soutenu par des investisseurs français avec une levée de fonds de 7,5 millions d'euros l'année dernière, UnseenLabs veut aller vite pour s'installer sur le marché de la surveillance avant ses concurrents. Dans ce cadre, il pourrait y avoir plusieurs nouvelles embauches dans les mois à venir.

Source : SpaceNews.
Modifié le 02/10/2019 à 16h40
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