De l'imagerie satellite coordonnée avec des objets au sol pour lutter contre les incendies

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
01 septembre 2020 à 15h20
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Zoom sur une image satellite de quelques uns des centaines de feux qui ravagent la Californie. Crédits © 2020 Planet Labs, Inc.

Ce mois d'août a de nouveau été le théâtre de gigantesques feux de forêts, notamment en Californie. Dans le district de Moraga, un système lie des capteurs au sol avec des prises d'images satellitaires de Planet.

De quoi identifier rapidement la situation pour agir plus vite ?

Beaucoup d'incendies, peu d'outils

Le constat californien est clair : lorsque les soldats du feu sont confrontés à des centaines d'hectares de zones sèches qui brûlent attisées par de forts vents, ils sont régulièrement impuissants, luttant seulement à contenir l'étendue et les dégâts de ces incendies. Avec des ressources réduites et toujours plus de départs de feu, il leur faut agir au plus vite pour éviter les drames. Or il faut pour cela repérer le départ de feu, envoyer un avion, hélicoptère ou drone sur les lieux pour suivre l'étendue de l'incendie, et tenter de déterminer les zones clés où agir, ce qui nécessite un maximum d'information. De son côté, Google utilise des images satellites de la NOAA pour que le public puisse éviter les zones touchées… Mais quid de la lutte précoce contre les incendies ?

Dans la région de San Francisco, le district de Moraga-Orinda, qui effectue chaque année environ 3 000 interventions, a reçu l'appui de la Fondation Gordon et Betty Moore et de l'entreprise d'imagerie satellitaire Planet, pour tester un nouveau système : un réseau de capteurs réparti au sol « commande » directement des images satellites des zones lors d'une alerte.

Des flammes jusqu'aux satellites

Sur le District de Moraga Orinda, apparemment très sujet aux incendies durant l'été, les autorités ont disposé, dès l'hiver dernier, un réseau de capteurs appelé « Motes » qui enregistrent et envoient toutes les 10 secondes des données de température et d'humidité sur un serveur. Une application (judicieusement nommée BurnMonitor) observe les données et lorsqu'elle détecte un pic de température, corrélé à une chute de l'humidité locale, génère une alerte. Cette dernière est ensuite transmise directement à un compte client de l'entreprise Planet et son réseau de satellites à haute résolution SkySat, dont 21 unités sont en orbite.

Il y a, sur la majorité des zones du globe, jusqu'à 12 passages de satellites SkySats chaque jour. Planet peut donc fournir des clichés détaillés de la zone ciblée (et un suivi quasiment horaire) dès qu'une alarme apparaît, offrant de quoi cartographier rapidement les lieux touchés donc.

Une addition utile ?

Le système d'alerte précoce ne sera ni actif ni généralisé cette année, même si les images satellitaires de Planet sont déjà utilisées par les autorités californiennes. Toutefois cette expérimentation devrait fournir des résultats intéressants, après un premier test réussi (mais très contrôlé) au printemps dernier.

Les six derniers satellites SkySat viennent d'arriver en orbite, et les boîtiers « Motes » sont en nombre limité. Ces essais devraient donner des idées et rapidement être mis en œuvre pour donner des outils aux soldats du feu. Aujourd'hui dans le domaine des incendies, les satellites sont surtout utilisés pour évaluer les zones touchées après les incendies, leur progression en fonction des vents, l'état des sols et les implications sur l'urbanisme. De nouvelles solutions devraient émerger de ces tests… En gardant en mémoire que ce système à des limites (en particulier à cause de la possible couverture nuageuse, etc).

Source : Planet

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