Selon les Etat-Unis, la Russie aurait testé une nouvelle arme anti-satellite

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
27 juillet 2020 à 16h50
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L'orbite terrestre basse. Pas si calme... Crédits NASA

Un satellite militaire russe aurait éjecté un projectile cinétique à haute vitesse le 15 juillet dernier. Sans qu'il ait touché une cible, cet essai s'inscrit dans la dynamique d'un discours officiel qui se durcit.

La France n'est pas en reste et clarifie ses intentions pour la protection de ses satellites.

Du secret en orbite

Le 15 juillet, le satellite Cosmos-2543 a éjecté sans prévenir un projectile, ou un sous-satellite spécifique, à très haute vitesse, depuis son orbite un peu au-dessus de 600 km d'altitude. Ce qui a d'abord surpris les observateurs, c'est sa vélocité d'environ 140 m/s, soit plus de 500 km/h !

Par ailleurs, cela ne correspond pas à un problème avec le satellite parent (comme la rupture d'un réservoir pressurisé) ou à une quelconque collision entre Cosmos-2543 et un possible débris en orbite. Or un projectile à cette vitesse pourrait amplement détruire une ou plusieurs cibles en orbite, ou les forcer à manœuvrer.

Ce qui aurait déjà été qualifié « d'inhabituel » pour un autre satellite gouvernemental a directement paru suspect s'agissant de Cosmos-2543. En effet ce dernier fait partie d'une famille d'unités russes surnommées Nivelir et positionnées en orbite basse. Depuis 2017, les différents satellites Nivelir conduisent des opérations qui testent différentes capacités d'inspection, d'espionnage et de déploiement de sous-unités pour la défense russe. Cosmos-2543 avait lui-même été éjecté (tout doucement) d'un satellite porteur qui a fait parler de lui il y a quelques mois pour avoir approché et suivi le satellite « espion » d'observation de la Terre USA-245.

Le discours s'échauffe un peu

L'US Space Command, qui a rendu ses conclusions jeudi dernier, s'inquiète de ces manœuvres, pour lesquelles la Russie ne prévient évidemment pas les autres puissances spatiales. Le contexte, quant à lui, se tend peu à peu, les autorités russes n'appréciant pas la création de la Space force et les discours très nationalistes des Etats-Unis lorsqu'il s'agit de l'espace.

En avril dernier déjà, l'US Space Command avait qualifié le tir d'un missile russe Nudol depuis son sol d'essai d'arme anti-satellite. Le missile n'avait impacté aucune cible et donc généré aucun débris (contrairement au test indien de mars 2019)…

La France ne reste pas inactive

En France, ces menaces (observation, espionnage, brouillage, approche, destruction) sont prises très au sérieux. La ministre des Armées Florence Parly a officiellement autorisé l'armée de l'air à prendre le nom « Armée de l'Air et de l'Espace » le 24 juillet, faisant suite à sa première annonce en 2019. Et elle rappelé dans les colonnes du quotidien La Provence, les pistes étudiées par notre pays pour bien jauger et traiter ces nouveaux risques en orbite.

Parmi elles, une meilleure observation depuis le sol, la mise en service de satellites patrouilleurs autour de nos unités les plus critiques, et l'installation de « lasers de puissance » capables d'aveugler voire de détruire les senseurs d'agresseurs potentiels. Les premières études sont déjà commandées. La ministre a toutefois ajouté que la France n'était en aucun cas engagée dans une course aux armements.

Source : TechCrunch, Space Flight Now

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