Twitter a de nouvelles règles concernant les discours violents, mais comment seront-elles appliquées ?

Alexandre Boero
Chargé de l'actualité de Clubic
01 mars 2023 à 10h50
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Une nouvelle politique sur les discours violents vient d'être publiée sur Twitter, qui veut pacifier les débats et écarter, dans le texte, les fauteurs de troubles.

Nouveau mois, nouvelles règles. Souvent pointé du doigt pour son laxisme en matière de modération, Twitter s'achète une virginité numérique en dévoilant une nouvelle politique relative aux discours violents et haineux, prônant une tolérance zéro en la matière. Le réseau social promet au passage de suspendre tout compte qui enfreindrait cette nouvelle politique.

Une politique de tolérance zéro, vraiment ?

« Vous ne pouvez pas menacer, inciter, glorifier ou exprimer un désir de violence ou de mal. » Telle est la phrase d'accroche que vous trouverez en ouvrant la nouvelle politique contre les discours violents. Twitter veut être fidèle à sa promesse initiale : faire de la plateforme « un endroit où les gens peuvent s'exprimer, s'informer sur ce qui se passe et débattre des problèmes mondiaux », et cela n'a jamais été facile.

L'entreprise reconnaît qu'un échange ne peut avoir lieu dans la sérénité s'il est pollué par un discours violent utilisé pour transmettre un message. « En conséquence, nous avons une politique de tolérance zéro envers les discours violents, afin d'assurer la sécurité de nos utilisateurs et d'empêcher la normalisation des actions violentes », lit-on sur Twitter.

Twitter détaille les cas de violence et… explique les discours qui seront tolérés

Plusieurs comportements peuvent conduire à violer les nouvelles règles. D'abord, Twitter évoque les « menaces violentes », qui comprennent les menaces de tuer, torturer, agresser sexuellement ou blesser quelqu'un, ainsi que les menaces proférées à l'encontre de biens, infrastructures ou institutions associatives, étatiques ou commerciales. Souhaiter du mal sera aussi proscrit sur Twitter. « Vous ne pouvez pas souhaiter, espérer ou exprimer un désir de mal », dit le réseau social, qui englobe tous les tweets qui souhaiteraient par exemple la mort ou la maladie de quelqu'un.

L'incitation à la violence ne sera plus tolérée. Il sera interdit désormais d'inciter, de promouvoir ou d'encourager quelqu'un à commettre des actes de violence, envers soi-même ou un autre. Même chose pour la glorification de la violence. « Vous ne pouvez pas glorifier, louer ou célébrer des actes de violence ou un préjudice qui s'est produit », une règle qui s'étend d'ailleurs aux animaux.

Le réseau social s'engage néanmoins à respecter certaines expressions de discours violents dès lors « qu'il n'y a pas de contexte abusif ou violent clair », l'entreprise prenant l'exemple de discussions autour des jeux vidéo ou lors d'événements sportifs, où s'emporter est pour certains plus facile, l'émotion prenant le pas sur l'intention. Certaines rhétoriques, satires et certains discours hyperboliques et consensuels seront tolérés, « lorsque le contexte exprime un point de vue plutôt que d'inciter à la violence ou au mal pouvant déboucher sur une action. » On n'aimerait pas être à la place de l'équipe de modération de Twitter, d'ailleurs réduite à peau de chagrin ou presque.

Une réponse graduée en cas de violation de la nouvelle politique

Si Twitter estime qu'un compte a enfreint sa nouvelle politique, ce dernier sera immédiatement et définitivement suspendu, « dans la plupart des cas », explique le réseau social au petit oiseau bleu.

Si la violation est considérée comme « moins grave », Twitter ne devrait procéder qu'à un blocage temporaire du compte fautif. En revanche, si ce dernier est de nouveau épinglé pour avoir enfreint la politique sur les discours violents, il sera alors définitivement écarté de la plateforme. L'entreprise entend toujours laisser la possibilité à la personne dont le compte a été suspendu de faire appel.

Source : Twitter

Alexandre Boero

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Journaliste, chargé de l'actualité de Clubic. Reporter, vidéaste, animateur et même imitateur-chanteur, j'ai écrit mon premier article en 6ème. J'ai fait de cette vocation mon métier (diplômé de l'EJC...

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Journaliste, chargé de l'actualité de Clubic. Reporter, vidéaste, animateur et même imitateur-chanteur, j'ai écrit mon premier article en 6ème. J'ai fait de cette vocation mon métier (diplômé de l'EJCAM, école reconnue par la profession), pour écrire, interviewer, filmer, monter et produire du contenu écrit, audio ou vidéo au quotidien. Quelques atomes crochus avec la Tech, certes, mais aussi avec l'univers des médias, du sport et du voyage. Outre le journalisme, la production vidéo et l'animation, je possède une chaîne YouTube (à mon nom) qui devrait piquer votre curiosité si vous aimez les belles balades à travers le monde, les nouvelles technologies et la musique :)

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Commentaires (3)

Belgarath
Ils n’ont pas proposé de bannir les conneries. Heureusement, sinon le « melon » aurait du souci à se faire.
ktionT4
Lentement, mais sûrement, on s’aligne sur une société aseptisée à 100 % ou on ne pourra plus rien dire, car on ne pourra que « parler » à des « vedettes ». Ce sont les « modérateurs » qui seront contents.<br /> On continuera ce beau discours de la « violence » et au même moment, on tuera des vieux en les mettant sur des listes d’attentes infinies parce qu’il n’y aura des médecins que pour les nantis. On y est presque de toute manière, autant pour la « violence » que pour les vieux.
Morlac
Et la liberté d’expression alors ? mdr
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