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Des milliards et des promesses, Jeff Bezos tente de récupérer son contrat lunaire avec la NASA

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
28 juillet 2021 à 11h30
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HLS National Team atterrisseur lunaire © NASA/National Team
L'assemblage de véhicules proposé par la National Team pour les astronautes du programme Artemis. Crédits : NASA/National Team

Dans une lettre ouverte à l’administrateur de l’agence américaine, le fondateur de Blue Origin plaide pour que la NASA réintègre son entreprise… Sans hésiter à couper les prix de deux milliards et à promettre un contrat sans dépassements. La Lune continue d’attiser les convoitises !

Le gros contrat HLS est bloqué depuis plusieurs mois.

La Lune, rien que pour SpaceX ?

Le 16 avril dernier, dans un mouvement qui a créé une certaine surprise, la NASA a sélectionné SpaceX comme seul maître d’œuvre pour son contrat « HLS » (Human Landing System) visant à concevoir et réaliser un atterrisseur lunaire. Ce dernier, dans le cadre du projet Artemis, aura la lourde tâche d’envoyer des astronautes fouler à nouveau le régolithe…

Mais Artemis, malgré le soutien des politiciens, n’a pas recueilli ces dernières années un budget suffisant compte tenu de ses ambitions. Aussi, même si la NASA était censée sélectionner deux entreprises concurrentes pour le HLS, elle s'est rabattue faute de moyens sur la meilleure proposition (technique) et la moins chère (suite à une petite négociation), en confiant 2,89 milliards de dollars à la firme d’Elon Musk.

Pour les concurrents, à savoir la National Team (conglomérat dirigé par Blue Origin avec Locheed Martin, Draper, Northrop Grumman) et Dynetics, l’annonce a généré un tollé et des protestations officielles.

Un petit milliard par ci, un petit milliard par là

Ce choix a également beaucoup fait de vagues au Congrès américain, de la part de sénateurs d’États au sein desquels SpaceX n’est pas implanté, malgré le changement d’administrateur de la NASA ce printemps et le choix contraint par la taille du chéquier. Une décision est attendue au cours du mois d’août, car les protestations ont bloqué toute attribution « finale » du contrat.

Starship HLS Artemis NASA Lune © SpaceX
Les travaux sur la version lunaire de Starship, au service de la NASA, sont donc en « pause » (mais le programme avance). Crédits : NASA/SpaceX

C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles Jeff Bezos s’est décidé à écrire une lettre ouverte à la NASA. Il y déplore le manque de concurrence et le fait que la National Team, pourtant bien notée techniquement, n’ait pas été sélectionnée alors qu’elle était (selon lui) prête à négocier le tarif proposé.

De fait, il en profite pour prendre les devants et propose d’autofinancer, via Blue Origin, une réduction de deux milliards des coûts annoncés, le financement d’une mission de démonstration sur fonds propres et une prise en charge de tout dépassement en cas de retard ou de coûts cachés. Jeff Bezos argue que ces trois points permettent d’effacer tous les arguments de l’agence et de regarder « plus objectivement » les arguments de la National Team.

Quel prix pour rétablir la concurrence ?

Sans faire l’effet d’une bombe, cette lettre ouverte n’était finalement pas tant adressée à l’administrateur Bill Nelson (lequel n’a pas la voix finale sur le processus) qu’aux politiciens du Congrès, attentifs à la défense du dossier. C’est un peu un geste de « quitte ou double » pour cette fin de protestation : les soutiens de la National Team y verront une main tendue et un argument de poids, les détracteurs un geste désespéré (voire une tentative de renégociation de dernière minute). Il faut dire que Blue Origin en particulier, malgré des succès récents, est sous le feu des critiques.

Bill Nelson administrateur NASA © NASA/Bill Ingalls
Pour Bill Nelson, ce mandat commence très fort... Crédits : NASA/Bill Ingalls

Dans le principe, difficile de donner tort aux arguments finaux de Jeff Bezos : c’est la mise en concurrence d’acteurs de poids de l’industrie américaine qui a permis la majorité des succès déterminants des programmes des deux dernières décennies, des lanceurs aux véhicules cargos et jusqu’au transport des astronautes. Donner les clés à SpaceX uniquement, malgré les avancées déterminantes du programme Starship jusqu’ici, ne parait pas tant en phase avec les principes des contrats commerciaux de la NASA. Ce qui est certain, c’est que cette sélection qui permettra aux astronautes de fouler le sol lunaire suscite toutes les convoitises…

Source : Blue Origin

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mcbenny
Marrant comme on peut être pour le marché, la concurrence et soudain trouver que c’est pas juste une fois qu’on a perdu <br /> Je n’apprécie pas particulièrement le comportement/image de SpaceX/Musk mais il est indéniable qu’ils ont remporté la manche technique et qualité. Il est donc logique qu’ils remportent ces contrats. Après, laisser une concurrence en place, pourquoi pas, mais on peut parier que s’il l’avait emporté, Bezos aurait trouvé naturel que son concurrent se recentre sur ses voitures.
kanda
Mieux vaut ne pas mettre tous les œufs dans le même panier de toute façon…
pecore
Concurrence oui, au moment de l’appel d’offre mais pour un programme comme celui-là il ne peut y avoir qu’un seul maitre d’œuvre, pas trente six. Il faut juste espérer que le choix initial a été fait pour de bonnes raisons et sinon, en effet, pourquoi ne pas en changer tant que c’est encore possible. Mais jouer du piano à quatre mains sur un projet pareil, surement pas.
cid1
Je ne connais pas assez les différences entre les deux programmes pour juger du bien fondé du choix de SpaceX, mais si celui ci à été choisi c’est qu’il propose le meilleur système face à Blue Origin. en tous cas je l’espère pour les astronautes.
cid1
l’article dit «&nbsp;Quel prix pour rétablir la concurrence ?&nbsp;»<br /> s’il y a un prix a la concurrence, c’est que celle ci est faussée .<br /> reste à attendre un test d’atterrissage sur la lune, sans équipage.
clockover
Mais quel esprit de merde ce mec…<br /> Quand il win, il pavanne comme un conn*rd et quand il loose, il vient dire «&nbsp;oui mais&nbsp;», «&nbsp;c’est pas juste&nbsp;», blabla…<br /> Il a été trop gourmand de plusieurs milliards avec une solution technique en-deça et maintenant il pleure…
fg03
Y a un appel d’offre. Elon Musk est retenu<br /> Mais apparemment Bezos a léché les bottes, ou graisser la pate ou les 2 de beaucoup de politiciens pour avoir des soutiens au sénat…<br /> Reste à savoir si Elon Musk a aussi fait de même mais pas autant ou au même niveau ou si ça le répugne… j’aimerais bien savoir.<br /> On verra bien ce que dit l’administration Biden qui je crois n’a pas trop Bezos en odeur de sainteté, mais je crois que le Sénat est acquis à la cause de Bezos…
orionb1
Space X commence à avoir trop de pouvoir, pas bon pour la NASA, ils ont tout intérêt à garder des concurrents valables à côté<br /> un peu comme l’armée américaine qui maintien Boeing et LM en concurrence constante
Element_n90
Starship : 2.8 Milliards $ → 100T et 1000m3 sur la Lune / Status actuel : en cours de developpement, test des technos (BocaChica)<br /> National Team : 10 Milliards $ → 850kg et quelques m3 sur la Lune / Status actuel : que des rendus d’artiste<br /> Lequel devrait choisir la Nasa, zat iz ze kouestionne ?
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