Stanislas CHESNAIS, Netsize : "Après le SMS, nous croyons au succès du WAP"

18 septembre 2018 à 14h13
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JB - Stanislas CHESNAIS, bonjour. En quelques mots, pourriez vous présenter votre parcours ?

SC - Bonjour je suis un "serial entrepreneur". Après une carrière dans le conseil chez Ernst&Young et Altis, où je me suis spécialisé dans les systèmes d'information et les organisations, j'ai crée avec mon frère plusieurs sociétés : Aldea, un cabinet de conseil en organisation encore en activité, Cleade, un editeur de logiciels RH que nous avons malheureusement du revendre en pièces détachées, puis Netsize en 1998, qui occupe désormais 110% de mon temps !

JB - Comment peut-on qualifier le métier de Netsize ?

SC - Il est toujours difficile de trouver un nom pour une activité nouvelle comme la nôtre, mais je parle souvent de "WASP" pour "Wireless Application & Service Provider" pour désigner notre métier. Les japonais parlent quand à eux de "super provider" pour ce type d'activité. En français nous parlons de "fournisseur de solutions mobiles grand public et professionnelles".

JB - Wireless ? Vous ne vous limitez donc pas qu'au SMS ?

SC - Notre ambition est de couvrir l'ensemble des technologies "mobiles". Netsize a débuté avec une technologie baptisée ActiveGateway mais s'est rapidemment spécialisée dans le SMS car, en 2000, c'était la seule technologie mobile qui fonctionnait et qui permettait une instantanéité dans le transfert des messages. Tous nos tests démontraient à l'époque que le WAP 'CSD' (ndlr : technologie antérieure au GPRS) ne pouvait pas satisfaire les consommateurs. Comme tout le monde, nous avons été surpris par le succès du SMS grand public car nous pensions surtout à un développement du marché professionnel.

Aujourd'hui, Netsize se positionne sur le marché du "messaging" (SMS, SMS premium, Instant Messaging, MMS) mais également sur le marché du "browsing" (wap, i-mode, HTML), du "dowloading" (java), ou encore de la voix. Nous sommes convaincus que le WAP va désormais marcher mais cela prendra plus de temps que prévu et il faudra, comme pour le SMS+, un vrai modèle économique pour amorcer le cercle vertueux de services rentables et de qualité qui attirent toujours plus de consommateurs. En tout cas, nous n'avons aucune doute sur le succès futur de cette nouvelle génération de services.

Contrairement à d'autres sociétés présentes sur ce marché, Netsize restera un "facilitateur", un fournisseur de solutions aux entreprises, et n'éditera pas ses propres services comme peuvent le faire 123multimedia, K-mobile ou Media-Consulting. Nous ne nous interdirons toutefois pas des accords de co-édition mais nous préférons travailler avec des marques établies en leur proposant notre expertise en matière de technologies mobiles.

JB - Pour vous, quel est l'avenir du SMS ? Des opérateurs comme Bouygues Telecom (i-mode) ou Orange n'hésitent plus à promouvoir la messagerie e-mail.

SC - Malgré les prévisions alarmistes de certains, le marché du SMS ne cesse de croitre d'années en années et cette technologie est plébiscitée par les clients des opérateurs mobiles pour sa simplicité et son efficacité. Il est évident que l'e-mail ou la messagerie instantanée feront de l'ombre au SMS mais à la condition que le modèle économique des fournisseurs du service tienne la route. Actuellement, Un géant comme AOL mise d'ailleurs sur le SMS pour monétiser son logiciel de messagerie instantanée.

Je pense qu'après une première période marquée par le succès d'applications de personnalisation (logo et sonneries) qui ont tout de même généré plus de 1,1 Mds d'euros en 2002 ou du vote SMS à la télévision, qui a popularisé le SMS auprès du plus grand nombre, nous allons enfin entrer dans le véritable marché : celui des entreprises.

Les géant du divertissement comme les majors du disque ont très bien compris ce qu'elles pouvaient attendre du SMS et ils existe de très nombreuses applications qui vont du "machine à machine", de la gestion commerciale, à la maintenance en passant par le centre d'appels (SMS vert) qui s'appuieront sur le SMS.

JB - A combien évaluez vous le marché du SMS aujourd'hui ?

SC - Des milliards de SMS sont échangés chaque jour en Europe et nous évaluons le marché du SMS+ à environ 100 millions de messages par mois en Europe. C'est donc encore marginal et la marge de progression est importante, en particulier dans des pays comme l'Italie et l'Allemagne très en retard sur le sujet.

Selon l'association SMSplus, le marché français représente environ 9 millions de messages surtaxés par mois. Ce chiffre est inférieur d'un tier au chiffre espagnol, dont le marché est pourtant un quart plus petit. Le marché français peut donc encore progresser.

JB - Le marché français comporte t'il encore des blocages ?

SC - Oui, en France, les opérateurs ont pensé qu'ils pouvaient se passer d'intermédiaires comme Netsize et ils ont initialement mis en place des modèles économiques qui n'intégraient pas la valeur ajoutée créée par les facilitateurs, ce qui explique certainement le faible décollage du marché.

Aujourd'hui, ils comprennent qu'ils n'ont pas la capacité commerciale pour traiter avec toutes les PME et commencent à revoir le modèle économique mais il reste beaucoup de choses à améliorer au niveau de l'ouverture des réseaux ou de l'anonymat des utilisateurs par exemple.

Le paradoxe c'est que cette politique a été contre productive et tend à éliminer les petites structures de ce marché. En France, face aux opérateurs, il ne reste que des sociétés solides et bien plus combatives comme NetSize, des spécialistes du vocal comme Prosodie, Atos ou JetMultimedia et des éditeurs télématiques comme K-mobile, 123multimedia ou MediaConsulting.

JB - On dit que le SMS+ effraie les banques. Peut-il réellement constituer une alternative à des outils de micropaiement comme Moneo ?

SC - Je pense que c'est un faux débat. Les banques ne sont pas compétitives pour les paiements inférieurs à 5 euros et le nombre de micropaiements SMS+ restera marginal par rapport aux transactions bancaires actuelles. Il est vrai qu'en Finlande, on peut payer une place de cinéma, son parking ou une cannette de coca par SMS premium mais cela reste un dépannage occasionnel et ce service est surfacturé au consommateur.

Moneo n'a pas besoin du SMS+ pour être un echec et je pense que les banques commencent également à voir dans le SMS un outil complémentaire, par exemple capable de certifier des transactions bancaires au délà d'une certaine somme ou encore de fournir des "alertes compte". ça c'est intéressant.

JB - Avec le SMS+, est-ce que la NetEconomie a enfin trouvé un successeur au Minitel après les années d'expérimentation sur le web ?

SC - Clairement oui, même si le SMS+ répond à d'autres besoins et apporte une valeur ajoutée spécifique en situation de mobilité. Il faut noter que les sociétés qui dominent le marché du SMS premium en Europe viennent de France et cela nous irrite de voir le retard de notre marché domestique ! Il suffit d'aller à l'étranger pour comprendre que la France doit offrir une plus grande liberté d'éditer en créant une réelle dynamique économique. Mais je pense que les choses sont en train de changer et je reste très optimiste pour la fin de l'année.

JB - Stanislas CHESNAIS, je vous remercie.
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