Liberté de la presse : l'Europe n'est plus un modèle de démocratie pour Internet

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Le 22 octobre 2009
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Si nos démocraties croyaient être à l'abri, alors il est temps pour elles de se réveiller. Le classement 2009 de l'association Reporters sans Frontières (RSF) fait un constat alarmant de l'état de la presse et du Web en Europe cette année. Certains pays chutent lourdement, comme la Slovaquie qui perd 37 places, la France n'est que 43e et le principe d'accès équitable au réseau se voit menacé.

« Il est inquiétant de constater que des démocraties européennes comme la France, l'Italie ou la Slovaquie continuent, année après année, de perdre des places dans le classement. L'Europe doit faire preuve d'exemplarité dans le domaine des libertés publiques. Comment dénoncer les violations commises dans le monde si l'on n'est pas irréprochable sur son territoire? », s'insurge l'association de défense de la liberté de la presse (et d'expression).

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Il n'y a pas si longtemps, l'Europe pouvait encore prétendre être exemplaire en matière de respect de liberté de la presse. D'ailleurs, quinze des vingt premiers pays du classement sont toujours des Européens. L'effet Obama a d'ailleurs ramené les États-Unis parmi eux. Mais la France, elle, est 43e! Elle perd huit places, « conséquence non seulement des mises en examen, placements en garde à vue et perquisitions dans les médias, mais aussi de l'ingérence des autorités politiques, notamment du chef de l'État, Nicolas Sarkozy », écrit RSF. Ce n'est pourtant rien comparé à la Slovaquie (44e) qui perd... 37 places, semble-t-il en raison de la mise en place d'un droit de réponse automatique, dont l'actuel ministre de la Culture n'hésiterait pas à abuser. L'Italie et son « Cavaliere » se placent en 49e position derrière l'Espagne (44e). Ces vieilles démocraties sont ainsi distancées par de plus jeunes, africaines (Mali, Afrique du Sud, Ghana), ou latino-américaines (Uruguay, Trinidad et Tobago). Un autre pays se fait remarquer : la Bulgarie (68e), dernier des pays de l'Union (UE). Le Danemark, la Finlande et l'Irlande, premiers du classement RSF 2009, sont eux à la pointe du respect des droits fondamentaux de la presse.

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Parmi les autres tares imputables au vieux continent : la fausse neutralité du Web. Avec le « Paquet Telecom », « le Conseil européen laisse les opérateurs décider de façon discrétionnaire et aléatoire de l'usage des bandes passantes, pratique qui existe déjà et que la 'neutralité du Net' interdit en principe (États-Unis et Canada), explique Reporters sans frontières. Aucune entreprise (fournisseurs d'accès Internet ou moteurs de recherche) n'a le droit de favoriser, prioriser ou filtrer un site, un mail plutôt qu'un autre en fonction de la notoriété d'un destinataire, par exemple (NDLR : principe de non-discrimination est garanti par la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 et la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Il relève du principe de la liberté d'expression). Ce n'est pas parce qu'Internet est un mode révolutionnaire de communication que le droit de la liberté d'expression doit s'y appliquer différemment. Les démocraties occidentales ne peuvent contrevenir à ce droit fondamental », conclut l'association.

Parmi les autres « cas » montrés du doigt par RSF : la Russie (153e) qui recule de douze points; Israël (93e) qui perd quarante-sept places ainsi que l'Iran (172e) qui perd six places et arrive « aux portes du trio infernal, toujours composé par le Turkménistan (173e), la Corée du Nord (174e) et l'Érythrée (175e) ».
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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