L'heure du Test de Risen sur PC

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Après avoir dû abandonner ses droits sur la série de jeux de rôle Gothic, le studio de développement Piranha Bytes ne comptait pas en rester là. Se lançant alors dans un nouveau projet, il a persévéré avec un sujet qu'il maîtrise, et, tout en gardant les fondements qui ont fait le succès de sa précédente série, il a souhaité apporter une nouvelle expérience de jeu. Cette dernière s'intitule Risen, et le tout nouveau bébé de Piranha Bytes a largement de quoi se faire une belle place chez les amateurs de jeux de rôle.

Risen is a dancer[/anchor]
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Tout commence par un naufrage. Passager clandestin sur un navire de l'Inquisition, notre destin va rapidement basculer après que le vaisseau se soit fait attaquer par une mystérieuse créature. Une gigantesque vague déferlante réduit le bateau en miettes et nous nous retrouvons inconscients sur une plage, en guenilles, sans armes ni protections, et sans un sou. Heureusement, les restes du navire vont nous permettre de trouver une arme, de la nourriture, des plantes, un peu d'or et quelques matières premières. Rapidement nous rencontrons une jeune femme survivante que nous escortons en sécurité. C'est l'occasion de découvrir les premiers êtres vivants de l'île (vautours marins, rats venimeux, loups, gnomes, etc.) qui se révèlent pour le moins peu heureux de notre présence.

Au bout de quelques minutes à peine, les principes de base du jeu sont appris et maîtrisés. Quelques touches au clavier pour se déplacer et sauter, afficher inventaire, statistiques et carte de l'île ; la souris pour sortir et ranger ses armes, attaquer et se défendre. Un réel désir d'accessibilité est ressenti. Chaque action réalisable en fonction de l'environnement (dépeçage, cuisine, forge, minage, orfèvrerie, ramassage, etc.) est de suite disponible par un simple clic gauche. La prise en main est quasiment immédiate.


Seuls les affrontements qui ne manquent pas deviennent de plus en plus complexes avec le temps, au fur et à mesure que nous apprenons de nouvelles techniques. Les combats sont assez ardus, essentiellement basés sur l'esquive et le contre ainsi que sur l'analyse et la compréhension de la stratégie adverse. En effet, la faune qui peuple l'île est loin d'être bête. Le moindre groupe peut vous réduire en charpie en un rien de temps. Seul face à vous, l'animal va tenter de vous déborder et prendre votre défense à revers. En groupe, ils s'éparpillent pour mieux vous encercler. Et n'allez surtout pas croire qu'ils ne savent pas se défendre ou esquiver nos attaques. Du côté des humains qui vivent sur l'île il en va de même. Ainsi, les débuts sur cette nouvelle terre se font dans la douleur et les game over sont fréquents. La possibilité de sauvegarder sa partie à tout moment est donc la bienvenue, tout comme celle de changer le niveau de difficulté.

« Il y a toujours une parade, un moyen différent de s'en sortir »[/anchor]L'intelligence artificielle mise en place est une petite merveille. Nous venons à l'instant de l'évoquer durant les combats, mais elle est aussi bien présente tout au long de la grosse partie aventure du titre de Piranha Bytes. Ainsi, il est hors de question de vouloir piller à tout va chaque bâtiment visité. Pas le temps d'avoir fait trois pas à l'intérieur que déjà le propriétaire des lieux, parfois accompagné d'un garde ou d'un compagnon, nous tombe sur le dos et nous demande fermement de déguerpir de chez lui. Libre à nous d'obéir ou de sortir les armes, à nos risques et périls. En cas de défaite, si la mort ne survient pas, le vainqueur viendra nous déposséder de quelques-unes de nos affaires. De plus, chaque action réalisée et choix de dialogue à une réelle influence sur les événements. Passer à tabac un enquiquineur, le dénoncer, ou se faire prendre la main dans le sac, peut mettre en péril la réalisation d'une quête ou l'obtention de renseignements importants. L'interlocuteur refusant désormais de nous parler. Heureusement, un sortilège d'humour remet tout en place et l'aventure repart de plus belle sur les bons rails. À aucun moment nous ne nous retrouvons bloqués ou dans l'impossibilité d'accomplir une mission. Il y a toujours une parade, un moyen différent de s'en sortir et pour peu que nous ayons pris le soin d'apprendre quelques nouvelles compétences, la ruse et l'astuce résolvent les situations d'une meilleure façon que la force brutale.

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Si le titre ne nous permet pas de créer notre héros de toutes pièces, notre façon d'agir et nos choix vont influencer son développement. Rapidement, nous comprenons que trois factions se livrent une guerre sur l'île. L'Inquisition forme des magiciens, les soldats de l'Ordre manient le bâton avec dextérité, et les rebelles ralliés au Don tentent de reprendre le port de l'île par l'épée, la hache et l'arc. Rester neutre n'est pas possible et à un moment ou à un autre, il faudra faire choix d'allégeance. Ce dernier déterminera fortement l'évolution de notre héros. Ainsi hors de question pour lui d'utiliser les plus puissants sortilèges s'il rejoint le Don, car là il pourra devenir un véritable roublard et apprendre l'art de la chasse. De nombreux Maîtres sont à trouver et en échange de beaucoup d'or et de quelques points d'aventure, nous pourrons faire évoluer nos caractéristiques, améliorer nos techniques de combat et apprendre de nouveaux métiers d'artisanat. Même si tout cela est très dirigiste, un sentiment de liberté est tout de même présent.

J'ai Risen ! Non, tu as tort...[/anchor]
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L'accomplissement des très nombreuses quêtes permet d'acquérir or et expérience. À chaque changement de niveau, seule notre quantité de points de vie augmente et quelques points d'aventure sont gagnés. Ainsi pour accroître ses caractéristiques, il est indispensable de passer par les Maîtres évoqués précédemment et de dépenser de l'or. Or qu'il est très difficile d'obtenir. Ici, hors de question de ne pas savoir quoi faire d'un trop plein d'argent. Bien au contraire, une grosse partie du jeu est basée sur ce besoin ; jamais trop et toujours juste assez. Heureusement, divers objets magiques permettront d'obtenir des bonus aux caractéristiques et la flore locale ainsi que certaines préparations culinaires augmenteront de manière permanente certaines de nos caractéristiques. De même, seuls de meilleurs équipements permettront d'être plus résistant et plus efficace au combat. Rien n'est automatique, tout s'obtient, se crée ou s'achète.

Le titre de Pyranha Bytes oscille entre grande liberté et fort dirigisme, entre réalisme et fantaisie, entre influence des choix sur la suite des événements et séquences fortement scriptées, sans jamais prendre franchement parti. Ainsi, comme nous l'avons dit, il est impossible de piller un bâtiment sans avoir le propriétaire sur le dos. Mais, si le scénario nous demande de l'affronter en duel, il ira au lieu de rendez-vous et y restera tant que nous ne déciderons pas d'y aller, nous laissant parfaitement libres d'agir à notre guise dans sa demeure. Si le sentiment de liberté en extérieur est présent, nous sommes tout de même bien dirigés ne serait-ce que par la puissance des adversaires rencontrés qui nous atomisent en deux coups. Que penser également de la possibilité de récolter absolument tout ce qui traine sans être gêné par tout cet encombrement. De même si le cycle jour/nuit/météo est très agréable visuellement, son influence est bien peu réaliste. Aller dormir, peu importe le temps passé sur son lit, ne va pas influencer la vie de nombreux personnages qui vaquent à leurs occupations en plein milieu de la nuit comme si nous étions en pleine journée, alors que d'autres non, car le script le prévoit. De même, alors qu'il fait grand soleil, dès que nous arrivons dans les marécages, le micro climat s'installe, et la nuit tombe en même temps que l'orage gronde. Étrangement, ce phénomène cesse dès que nous sortons des marais...

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Comme nous l'avons dit, les quêtes sont très nombreuses. Correctement écrites malgré quelques incohérences parfois, elles se renouvellent souvent et sont intéressantes, même si en général la plupart se terminent en baston contre le type qui ne veut pas comprendre que la discussion est dans son intérêt. De même, il est tout à fait possible de terminer des quêtes alors que nous ne les avons pas encore, une nouvelle fois cet aspect très scripté. D'un autre côté, c'était un peu obligé étant donné qu'une fois vaincues les créatures de l'île ne reviennent pas. Seule la flore, et encore pas toute, repousse avec le temps. Mais revenons-en aux discussions. Les dialogues sont très nombreux et bien écrits et sont très importants. Les négliger serait une grosse erreur. Revenir discuter avec des personnages après certains événements est aussi une bonne idée. Ces dialogues sont accompagnés d'un doublage français de bonne facture bien qu'inégal selon les personnages et situations rencontrés.

« Il n'est pas rare de croiser un sanglier qui se roule dans la poussière, ou un loup qui dévore une proie, quand cette dernière n'est pas nous, pour l'instant... »[/anchor]
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Visuellement, Risen séduit notre rétine avec ses couleurs chatoyantes, ses éclairages particulièrement soignés et ses textures de qualité. Toujours fluide, l'exploration de l'île est un véritable régal, d'autant plus que les environnements sont sublimes, très détaillés et variés (marécages, bois, escarpements, cavernes, temples en ruines, villes). Nous sommes accompagnés par de très agréables musiques mettant bien dans l'ambiance. Cependant, les bruitages sont bien pauvres et en retrait par rapport au reste de la réalisation. De même de nombreux problèmes de collisions surviennent de temps à autre et il n'est pas rare de vouloir entrer dans un bâtiment et de se retrouver mystérieusement sur le toit, ou de passer à travers un mur. Malgré tout le soin apporté à la réalisation, divers éléments du décor surgissent inopinément. Également, si les personnages rencontrés sont particulièrement nombreux, leur modélisation laisse à désirer notamment en ce qui concerne les visages taillés à la serpe, leur faible variété de faciès et leurs animations poussives. Par contre, le bestiaire varié et original a bénéficié d'un soin beaucoup plus important et certaines créatures méritent vraiment le coup d'œil ne serait-ce que par leur taille. Mais en soi rien de bien gênant pour progresser. Aucun gros bogue majeur n'est venu entacher notre aventure.

L'ambiance qui se dégage de ces lieux est remarquable de réalisme avec un univers vivant, crédible et cohérent. Ainsi, nous rencontrons diverses créatures et si certaines nous attaquent à vue, d'autres cherchent en premier lieu à nous intimider et n'attaquerons que si nous les provoquons. Aussi bien les animaux que les humains vaquent à leurs occupations et il n'est pas rare de croiser un sanglier qui se roule dans la poussière, ou un loup qui dévore une proie, quand cette dernière n'est pas nous, pour l'instant... Cependant, cette intelligence remarquable qui contribue pour beaucoup à l'ambiance du jeu est quelque peu entachée par des réactions très étranges surtout quand nous acculons nos adversaires face à un mur ou au bord d'un précipice. Dans ces cas, les conditions de victoire sont un peu plus en notre faveur.


Conclusion[/anchor]Sans vouloir vraiment décider d'une ligne directrice franche dans la réalisation de Risen, Piranha Bytes arrive tout de même à créer une ambiance assez particulière, à la fois très classique et déroutante, à même de séduire un large public amateur de jeux de rôle. Le challenge proposé est relevé tout en étant accessible. Pouvoir évoluer librement dans ce monde visuellement très agréable est un indéniable plaisir. La progression est assez lente et difficile, et l'aventure particulièrement longue avec un scénario bien ficelé et intéressant. L'île est entièrement ouverte, nous sommes libre d'aller où bon nous semble, à nos risques et périls bien entendu. Risen est un titre exigeant qui demande de progresser intelligemment et avec patience dans son univers immersif et interactif. Les quelques défauts rencontrés ne nuisent pas vraiment à l'expérience de jeu. Cependant, Risen reste très classique dans le fond et dans la forme et n'apporte pas vraiment sa pierre à l'édifice du jeu de rôle sur micro-ordinateur. Il n'en demeure pas moins un bon titre très agréable et attractif sur lequel on retourne avec toujours autant de plaisir.



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Modifié le 20/09/2018 à 15h54
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