Live Japon : capteurs et robots, de Tokyo à la Lune

01 juin 2018 à 15h36
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La Corée du Nord prétend avoir mis en orbite le 5 avril un satellite qui diffuse des chants patriotiques. Le Japon, lui, projette de dépêcher sur la Lune des robots bipèdes. Chacun sa fierté nationale. Toutefois, avant de faire marcher un humanoïde sur le sol lunaire, les Nippons, qui soupçonnent le régime communiste de Pyongyang de faire joujou avec des missiles balistiques, s'activent pour utiliser leur expertise en matière d'électronique et de capteurs.

Le gouvernement japonais s'interroge en effet sur la conception d'un système satellitaire et surtout de capteurs qui lui permettraient de détecter un missile balistique dès le départ, pour éviter les bourdes. Rappelons que le Japon avait annoncé par erreur le samedi 4 avril le lancement de la fusée nord-coréenne, avant d'envoyer une alerte cinq minutes plus tard pour corriger, avouant avoir mal interprété les signaux troubles des radars. Le tir n'a véritablement eu lieu que le lendemain, sans incident sur le territoire japonais où le gouvernement avait chauffé la population à blanc.

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"Nous devrions étudier cette option de satellite de détection précoce" a de fait déclaré ensuite le ministre de la Défense, Yasukazu Hamada. Un tel dispositif de détection rapide "nous donnerait un peu plus de temps pour réagir immédiatement après un lancement, j'en suis bien conscient", a ajouté le ministre. A vrai dire, le Japon dispose déjà d'une flotte de quatre satellites renifleurs qui scrutent la région, mais leurs capacités de recueil de données sont trop limitées.

Un groupe de travail dépendant du cabinet du Premier ministre japonais préconise d'équiper un satellite espion de capteurs à rayons infrarouges ultra-sensibles, composants qui restent à développer mais qui s'ils voient le jour trouveront sur terre bien d'autres applications. Ces détecteurs permettraient de repérer "la mise à feu de missiles depuis l'espace", puis de différencier les fumées grâce au couplage avec une base de données recensant les modélisations numériques associées à diverses formes d'émanations, variables en fonction de leur origine et composition.

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Un tel système, qui exigerait le travail des spécialistes nippons des capteurs, des puces électroniques et de l'informatique, pourrait aussi, selon les chercheurs, trouver des applications civiles, notamment pour repérer sur-le-champ des départs d'incendie.

Avant l'adoption l'an passé de la nouvelle "loi fondamentale sur l'espace", qui autorise désormais des recherches à des fins militaires le Japon ne concevait ses programmes spatiaux que dans un but totalement civil, ce qui bridait un peu ses budgets et possibilités. Il se distinguait toutefois avec des travaux faisant la part belles aux techniques d'exploration, de télécommunications (pour l'accès à internet à ultra-haut-débit notamment) ou liées aux enjeux environnementaux, et ce en exploitant ses compétences avérées dans l'opto-électronique, les instruments de précision, les nouveaux matériaux, les capteurs, etc.

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Sharp et Sanyo ont commencé à produire des cellules solaires il y a 45 ans pour les satellites. Aujourd'hui, ils sont donc les mieux placés pour profiter du boom de ce marché au niveau mondial. Même chose pour des entreprises comme GS Yuasa qui a d'abord conçu des batteries lithium-ion pour les engins spatiaux et qui aujourd'hui peut mettre son expérience au service des constructeurs automobiles nippons Honda et Mitsubishi Motors, puis PSA Peugeot Citroën dans la foulée, puisque c'est Mitsubishi qui fournira au groupe français les technologies requises.

Le Japon a aussi lancé en janvier le premier, et toujours unique, satellite de collecte d'informations sur les gaz à effet de serre autour de la Terre, un outil sans équivalent étranger pour quantifier la présence de ces substances nocives responsables du réchauffement climatique. Le projet américain du même type a été interrompu brutalement par l'échec de la fusée américaine qui devait placer le satellite US.

L'engin nippon, baptisé Ibuki ("souffle" en japonais) possède de toute façon un capteur plus perfectionné que celui qui devait équiper feu le satellite yankee, se plaisent à rappeler les chercheurs japonais, laissant presque entendre que l'on peut du coup se passer du dispositif américain de toute façon mort-né. Ibuki permettra donc pour la première fois d'observer les phénomènes de rejets de CO2 depuis l'espace.

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"Aujourd'hui est le point de départ d'une importante mission de cinq ans", s'est réjoui un responsable du projet de l'Institut national de la recherche environnementale lors du lancement. Le satellite, qui évolue sur une orbite non-géostationnaire, fait le tour de la "planète bleue" en 100 minutes. Il embarque une batterie d'engins de mesure et de moyens de transmission pour adresser les données recueillies à un centre de gestion au sol. Ibuki emporte notamment un capteur capable de sonder la densité des gaz sur 56.000 points autour du globe, un maillage "d'une finesse bien supérieure à ce qu'il est possible de réaliser depuis un avion ou au sol", souligne l'agence spatiale japonaise (Jaxa). Actuellement, il existe moins de 300 stations de mesure terrestres.

Le Japon a aussi placé récemment une sonde en orbite lunaire pour prendre des images du sol de cet astre en haute-définition, une première, grâce à des caméras conçues avec la chaîne de télévision publique NHK.

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Autre grande lubie du Japon pour employer ses technologies mécatroniques inégalées, nettoyer les alentours de la Terre et ratisser la Lune avec des robots. Dans le premier cas, le Japon, qui voudrait déjà être une fée du logis terrestre, se propose de devenir une femme de ménage intersidérale. "Il est nécessaire de réduire la quantité de débris qui polluent l'espace interstellaire!", clame la Jaxa qui s'inquiète des risques de collision avec les navettes, les satellites et la Station spatiale internationale.

Les messieurs-propres nippons développent actuellement une espèce d'exterminateur de vieux satellites hors-services qui tournent pour rien et autres saletés hantant les pourtours de la planète bleue. Il y aurait plus de 12.000 insanités de ce type à dégager, selon les experts nippons, contre seulement 600 satellites en activité.

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La Jaxa imagine différents types d'engins nettoyeurs. Ils seraient munis d'une grande griffe (du type de celles que l'on trouve dans les machines de jeux pour attraper des babioles enfermées sous vitrines, mais plus maniable et plus fiable, heureusement!). L'opération consisterait d'abord à repérer les débris qui se comportent dans l'espace de façon dangereuse, tournant par exemple à une vitesse folle. Le robot-éboueur les approcherait, les attraperait, puis leur fixerait un câble de plusieurs kilomètres de long avant de les relâcher. Par un effet électromagnétique, le câble-tueur fera perdre de l'altitude à chaque débris jusqu'à ce que, plongeant dans l'atmosphère, il crame.
Quant au projet de robot bipède lunaire, il vise à rajeunir les images vieille de quarante ans d'un astronaute américain faisant son premier pas sur la Lune, tout en se distinguant des Chinois qui jurent qu'ils filmeront un jour l'un des leurs plantant le drapeau rouge dans le sol du satellite naturel de la Terre.

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Le gouvernement japonais envisage donc d'envoyer sur la Lune vers 2020 un robot "à deux jambes" pour effectuer des recherches poussées du sol et de l'environnement dans le but d'installer ensuite une station humaine de recherches scientifiques". "Par la suite, nous souhaitons y faire travailler conjointement des hommes et des robots", précise un rapport gouvernemental. Pour le moment, et bien que certains experts le préconisent, le Japon ne prévoit pas d'envoyer lui-même à moyen terme un homme sur la Lune, même si la Chine menace de le faire. "Il est nécessaire que nous réfléchissions davantage aux risques liés à des activités humaines sur la Lune ainsi qu'au coût faramineux que représente ce type de mission lorsqu'elle est prise en charge par un seul pays", justifie le groupe de travail gouvernemental.

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Les responsables de l'Agence d'exploration spatiale japonaise (Jaxa) espèrent cependant que le Japon participera à des programmes lunaires habités internationaux et qu'un astronaute nippon sera un jour du voyage. En attendant, la priorité est de prouver au reste du monde les capacités uniques du Japon en matière de robotique, un de ses domaines de prédilection et d'excellence. Ils n'excluent pas les coopérations éventuelles avec d'autres pays.

Fier de ses robots de tous types, le Japon en imagine et en fabrique à tour de bras, dans le but de les faire travailler à la place ou aux côtés de l'homme partout où cela est possible, y compris donc sur la Lune. Il s'agit, selon leurs concepteurs, de décharger l'homo-sapiens des tâches dangereuses, ingrates, sales, harassantes, y compris en zones hostiles, ou, pour d'autres raisons encore, jugées inhumaines. Il paraît en outre que travailler avec des robots présente un autre avantage face à l'homme: ils ne sont pas... lunatiques!

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