YouTube contredit sa politique en matière de harcèlement et cyberintimidation

06 juin 2019 à 10h22
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Youtube pride month
© Twitter

Le débat a eu lieu sur Twitter : YouTube a affirmé à un journaliste que le harcèlement homophobe dont il a été victime ne violait pas la politique de la plateforme en matière de harcèlement et cyberintimidation.

Carlos Maza est un journaliste de Vox harcelé depuis près de deux ans par Steven Crowder, un Youtubeur qui compte presque quatre millions d'abonnés.

Youtube bannit le harcèlement pour mieux le protèger ?

Comme beaucoup d'autres entreprises, YouTube a décidé ce mois de juin de revoir sa communication, en l'honneur du « Pride Month ». Le logo de la marque a donc été changé, adoptant les couleurs du drapeau LGBTQ+.

Or cette prise de position, à première vue louable, apparaît ironiquement dérisoire au regard de la manière dont YouTube protège les propos homophobes répétés de l'un de ses créateurs de contenu.

En effet, si la politique du site précise que « le contenu ou les comportements visant à harceler, menacer ou intimider d'autres personnes de façon malveillante ne sont pas autorisés sur YouTube » et que « les vidéos ou commentaires personnels et blessants sur une tierce personne » n'y ont pas leur place, la réalité semble tout autre.

Après s'être adressé à Youtube, via Twitter, au sujet du cyber-harcèlement dont il est victime depuis deux ans, Carlos Maza s'est vu répondre par le géant du streaming vidéo, que les propos homophobes reçus de la part d'une chaîne conservatrice ne constituaient pas une violation de sa politique. Ironique, non ?



Un langage blessant mais qui « n'appelle pas à la haine »

Plus précisément, YouTube a indiqué au journaliste que sa plainte avait été examinée mais que, même si l'auteur des faits utilisait « un langage clairement blessant », cela ne dépassait pas les limites de la violation de son règlement.

Il semble en effet important pour YouTube de conserver le statut de « plateforme ouverte » et, par conséquent, d'« autoriser quiconque à exprimer ses opinions au sein du spectre politique » afin de défendre une certaine liberté d'expression. Selon la société, s'il n'y a pas d'appel à la haine, il ne semble pas y avoir de mauvais comportement... YouTube aurait donc oublié quelques-unes de ses règles d'usage ?



De son côté, Steven Crowder admet avoir fait des commentaires sur la sexualité et l'origine du journaliste, mais nie l'avoir harcelé. Pour le Youtubeur, il s'agissait de « plaisanteries inoffensives ».

S'ils étaient considérés en tenant compte du chapitre « harcèlement et cyberintimidation » du règlement de YouTube, ces propos pourraient pourtant lui valoir une interdiction de diffusion sur la plateforme.

YouTube fait-il du « pinkwashing » ?

Après ce long débat, la question du pinkwashing se pose, car si la plateforme met en avant la communauté LGBTQ+ en ce mois de juin, elle n'applique pas l'intégralité de ses règles d'utilisation, minorant ici un acte de harcèlement homophobe.

Le journaliste de Vox a d'ailleurs relevé ce point, comptant initialement sur la réactivité de YouTube pour mettre fin aux propos qu'il reçoit quotidiennement...


Source : Techcrunch
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