Crew Dragon (SpaceX)

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Crew Dragon hover test
© SpaceX

Crew Dragon est une version habitable de la capsule Dragon de SpaceX. Aussi nommé Dragon 2, ou encore Dragonfly dans sa version d'essai expérimentale de 2015, cet engin spatial est destiné aux voyages aller et retour des différents membres d'équipages de la station spatiale internationale (ISS). Dans un premier temps, il permettra à la NASA de se passer des services de Roscosmos - l'agence spatiale russe - et de son vaisseau Soyouz, utilisé depuis 2011 pour effectuer la relève des équipages de l'ISS.

Aucun lancement de vaisseau habité n'a pour le moment été réalisé depuis le sol américain à destination de l'ISS depuis 2011, suite à la fin du programme de sa navette spatiale Space Shuttle.

Depuis cette date et en attente du financement nécessaire à l'organisation d'un nouveau projet américain, la NASA s'est vu contrainte d'acheter des places à bord du vaisseau russe Soyouz, un engin qui a certes démontré sa fiabilité à maintes reprises malgré quelques incidents notoires - à l'instar du décollage chaotique du lanceur Soyouz FG en octobre dernier - mais dont l'acquisition de places à bord commence à coûter très cher à l'agence spatiale américaine, puisque le prix d'un seul siège y est actuellement d'un peu plus de 70 millions de dollars !

Trouver un successeur à la navette spatiale américaine

En outre, bien que l'utilisation de solutions étrangères ainsi que le tarif coûteux des places à bord de Soyouz soient deux arguments qui vont pousser la NASA à faire appel au secteur privé, ce sont loin d'être les seuls facteurs à prendre en considération. La solution russe ne permet effectivement pas à la NASA de transporter la totalité du fret nécessaire à l'ISS lorsque celle-ci contient un équipage permanent de six personnes.

L'autre critère déterminant est l'arrêt du programme Constellation après l'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche. Ce programme, mis au point en 2004 sous l'égide de George W. Bush, devait permettre à la NASA de remplacer la navette spatiale américaine grâce au vaisseau Orion et de nouveaux lanceurs - le Ares I et V - afin d'effectuer des missions spatiales lointaines. Le développement d'Ares I sera finalement abandonné avec l'arrêt du programme Constellation, mais pas Orion qui effectuera par ailleurs son premier vol d'essai en 2014. Un premier survol de la Lune est également prévu pour 2020, ce sera aussi le premier vol du lanceur de la NASA Space Launch System (SLS).

Un appel d'offres remporté par SpaceX et Boeing

À partir de l'arrêt du programme de navette spatiale américaine en 2010, la NASA n'a pas tergiversé pour lancer un nouveau programme - le Commercial Crew Development, abrégé CCDeV - ayant pour but d'effectuer les voyages aller et retour pour emmener ses astronautes à destination de l'ISS, mais aussi pour le transport de fret via le programme COTS (Commercial Orbital Transportation Services), dès 2006.

Avec ses deux programmes, l'objectif de la NASA était simple : trouver des acteurs privés de l'industrie capable de développer des véhicules spatiaux pour desservir l'orbite basse. Deux candidats seront retenus grâce à l'appel d'offres CCDeV : Boeing qui propose une capsule CST-100 Starliner et un lanceur Atlas V, et SpaceX avec cette fameuse Crew Dragon et le lanceur Falcon 9. SpaceX s'était par ailleurs déjà positionné sur le programme COTS dès 2006 avec son vaisseau cargo spatial Dragon premier du nom, qui servira ensuite de base pour l'élaboration du Dragon V2 que nous vous présentons aujourd'hui sous le nom de Crew Dragon.

Les constructeurs privés que sont SpaceX et Boeing doivent, dans le cadre de ce programme, prendre en charge la quasi-totalité du développement des vaisseaux, la NASA s'occupant uniquement de la rédaction du cahier des charges ainsi que des vérifications de conformité.

Crew Dragon : renouer avec l'héritage spatial américain

Dévoilé en 2014 par SpaceX grâce à un premier prototype fortement inspiré du vaisseau cargo spatial Dragon, le Dragon V2 ou Crew Dragon est conçu pour être réutilisé une dizaine de fois et peut embarquer jusqu'à 7 passagers. La capsule sera capable de s'amarrer de manière autonome à l'ISS, ce qui n'était pas le cas jusque-là avec Dragon, la première version de la capsule destinée au transport de fret.

Dragon_V2_interior
L'intérieur de la capsule Crew Dragon © NASA/Dmitri Gerondidakis

Crew Dragon sera le premier vaisseau à renouer avec l'héritage spatial américain. Le premier vol d'essai (inhabité) devrait en effet avoir lieu en mars 2019 et un peu plus tard dans l'année concernant le premier essai de vol habité. Il s'agit ici d'une première pour SpaceX, mais aussi d'un renouveau sans précédent pour le prestige américain, puisque pour la première fois depuis 2011, la NASA va « envoyer des astronautes américains, à bord de fusées américaines, depuis le sol américain » !

Surmonté de la capsule Crew Dragon, le lanceur Falcon 9 décollera depuis le complexe de lancement 39 du centre spatial Kennedy en Floride. Des premiers tests ont déjà eu lieu, notamment le 25 janvier avec la mise à feu statique du lanceur sur son pas de tir. Ils devraient permettre à SpaceX d'obtenir sa qualification pour réaliser des vols habités.



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Modifié le 03/03/2020 à 16h23
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