Open source : pourquoi Docker va tout changer

Alain Clapaud
28 janvier 2015 à 13h11
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C'est la start-up qui monte dans la Silicon Valley, c'est aussi une technologie qui va révolutionner la façon d'installer les applications dans le futur. Solomon Hykes est en train de fédérer l'industrie informatique autour d'un projet : Docker.

C'est la start-up qui a explosé en 2014. Créée par Solomon Hykes et Sébastien Barbier, des anciens de l'Epitech, Docker est en passe de réinventer la manière dont on va installer les applications à l'avenir, réinventer les architectures informatiques. La start-up fédère toute l'industrie du cloud et du logiciel autour d'une technologie, le container logiciel.

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Après avoir créé dotcloud, Solomon Hykes réussit à imposer l'idée du container logiciel avec Docker.


La technologie des containers est née il y a une dizaine d'années mais elle s'apprête à révolutionner les architectures informatiques. Baptisée « Solaris Zones » par Sun Microsystems, l'approche consistait à isoler complètement une application de son environnement dans ce que l'on appelle un container (ou silo). Plus de procédure d'installation, une ligne de commande suffit à le charger et l'exécuter. Cette isolation permet de lancer et d'arrêter les containers au gré des besoins sans influence sur l'OS lui-même. L'approche a rapidement été reprise sur Linux avec LXC et c'est à partir de cet outil qu'est né le gestionnaire de containers Docker.

Ce dernier a immédiatement séduit les hébergeurs et opérateurs de cloud. Vous voulez activer MySQL sur votre hébergement Web ? L'hébergeur lance le silo correspondant et quelques secondes plus tard, votre base de données est en ligne. Vous voulez installer un WordPress en un clic ? Même chose : l'hébergeur installe tous les containers nécessaires et en quelques secondes, l'installation est opérationnelle. Enfin, chacun peut être mis à jour indépendamment, déplacé d'un serveur à un autre, sans déstabiliser le reste de l'architecture.

Une technologie connue que Docker parvient enfin à imposer



L'approche est connue, mais là où Docker change la donne, c'est que tous les acteurs du cloud et du logiciel se sont peu à peu ralliés à lui. Google, qui avait développé sa propre technologie pour les besoins de sa Google Cloud Platform, s'est finalement rapproché de Docker en 2014, en proposant des machines virtuelles optimisées pour Docker et surtout en publiant en open source « Kubernetes », une plateforme de gestion de clusters pour Docker. IBM, HP, Red Hat, Microsoft et VMware ont ensuite rejoint le projet.

« Docker est en train de bouleverser plusieurs domaines notamment le déploiement en intégration continue », souligne Régis Gaidot, architecte logiciel indépendant qui intervient auprès de nombreuses start-up. « Docker ouvre la possibilité pour les entreprises de mettre en place leur propre cloud Paas. De plus en plus de fournisseurs cloud proposent Docker dans leurs offres ». Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google, OVH ont déployé leurs premières offres d'hébergement de containers Docker en 2014.

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De nombreux anciens élèves de l'Epitech travaillent aujourd'hui à San Francisco pour Docker.


Pour Steeve Morin, l'initiateur du projet Boot2Docker, cet essor s'apparente à un véritable acte idéologique : « Docker remet en cause les pratiques actuelles en termes d'uniformisation des déploiements. Cela s'illustre parfaitement dans le cas d'applications serveurs, mais qui sait aujourd'hui jusqu'où iront les applications de cette approche ? » Cet ancien de l'Epitech a créé un Linux ultra optimisé pour accueillir des containers Docker. Réalisé à partir de la distribution Tiny Core, son Boot2Docker ne pèse que 25 Mo, si bien qu'il peut s'exécuter entièrement en RAM. Il ne faut plus que trois secondes pour démarrer un Linux prêt à accueillir ces containers. Le projet est maintenant soutenu par la communauté Docker et permet de le déployer sur Mac OS X, Windows sans soucis.

Les containers vont-ils enterrer la virtualisation ?



Plus personne ne semble pouvoir freiner l'essor de Docker et certains estiment désormais que la technologie des silos va remplacer la virtualisation. Celle-ci présente d'énormes avantages en termes de compacité comme l'explique Stéphane Mouchon, administrateur systèmes - DevOps pour GFI : « Aujourd'hui, avec les technologies de virtualisation de type VMware, nos systèmes d'information fonctionnent globalement sur le principe suivant : une plateforme, une application. Cela implique des coûts importants de licences sur les systèmes d'exploitation. »

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Les opérateurs de cloud estiment que, grâce aux containers, leurs serveurs pourront exécuter jusqu'à 10 fois plus d'applications qu'actuellement en évitant justement cette duplication des OS, induite par la virtualisation. « Les technologies IAAS et la portabilité Docker vont potentiellement permettre de revenir à des plateformes plus complexes (NDLR : c'est-à-dire exécutant des applications en silos de natures différentes), mais sans les difficultés inhérentes à cette nouvelle complexité étant donné le cloisonnement offert par docker », précise Stéphane Mouchon.

Conséquence : les applications seront de plus en plus éditées sous forme de containers directement déployables et de moins en moins sous forme d'installeurs ou de packs d'installation. Le Docker Hub, référentiel des containers disponible sur le site, en compte une centaine d'officiels, mais aussi plus de 45 300 publiés par ses utilisateurs. Parmi les entreprises à avoir créé un référentiel sur le Docker Hub figurent Spotify, Baidu, Rackspace, eBay.

Que se passe-t-il sur Windows ?



Issu de LXC, Docker est intimement lié à Linux et il n'y a pas de technologie équivalente sous Windows. Du moins pour l'instant, car VMware a réalisé l'acquisition d'une start-up, CloudVolumes, qui développe une solution équivalente, mais pour Windows. La solution a désormais rejoint le portefeuille VMware sous le nom d'App Volumes. De son côté, Microsoft propose depuis juin l'hébergement de silos Docker sur son cloud Azure, mais sur des machines virtuelles Linux.

Un premier pas vers un plein support Windows, car Microsoft travaille d'arrache-pied pour disposer d'une offre pour Windows Server. L'éditeur a noué un partenariat avec Docker, notamment pour synchroniser ses API avec celles de la version Linux. Enfin, Microsoft contribue au projet « Kubernetes », si bien que dans quelques mois, l'administrateur d'une infrastructure pourra distribuer ses applications Windows ou Linux sur son architecture cloud au moyen des mêmes outils. Une nouvelle idée de l'informatique.



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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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