David Raichman met de l'IA dans les séries TV et la musique

Thomas Pontiroli
19 novembre 2014 à 17h58
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David Raichman est directeur de création à l'agence OgilvyOne. Depuis octobre, il occupe son temps avec l'AI Nursery Project, un programme qui a réuni les développeurs autour des solutions d'IA d'IBM.

Qu'est-ce que l'AI Nursery Project ?



C'est un laboratoire ouvert aux développeurs passionnés par l'intelligence artificielle. Tout est parti de la volonté de populariser la solution BlueMix d'IBM, qui est une plateforme de développement qui permet de faire des applications d'IA. Nous voulons sortir des sentiers battus et fédérer des personnes autour de projets communs mettant à profit des technologies comme Watson. Pour cela, nous avons demandé à des développeurs mais aussi des designers, invités au Numa à Paris, ce qu'ils imaginaient comme applications.

Notre autre volonté est de donner un accès aux développeurs à une technologie pouvant être très complexe et donc pas forcément à la portée de tous. Le problème avec les hackathons classiques est qu'ils sont biaisés car on vient pour le prix. Ici, le but est d'attirer des passionnés qui pourront développer des applications - après la réflexion commune au Numa, certains projets ont été retenus et développés* lors d'un sprint de 48 heures associant des experts d'IBM. Ces applications, dont le code est ouvert, seront ensuite sur BlueMix.


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David Raichman


Quels types de projets ont émergé ?



Je peux citer Quincy le disquaire. Il suffit de lui parler en langage naturel et grâce à Watson, il comprendra ma demande. L'intérêt est d'explorer différemment une bibliothèque musicale : je lui décris le type de morceau recherché comme du funk avec beaucoup de guitare et une voix suave, et l'application choisit les morceaux correspondant ! Ce genre de solution peut intéresser des services de musique en streaming.

Sur l'audio toujours, je peux aussi vous parler de John, qui sait composer la piste musicale de votre vie. A la manière d'un chef d'orchestre, il écoute ce que vous faites sur les réseaux sociaux et, grâce à son moteur d'analyse de sentiments, il fait correspondre des morceaux de musique (que vous aimez) avec les différents événements que vous avez vécus. Autre projet : composer de la musique en faisant une improvisation. On tapote une mélodie et l'IA se charge d'ajouter des instruments pour donner une suite à votre morceau.

Il y a d'autres sujets que la musique ?



Sur le terrain des séries TV, il y a aussi Jack l'anti-spoiler. Ce compagnon intelligent note vos séries préférées et agit comme un filtre sur Internet lorsque je surfe, afin d'éviter que je tombe sur des informations que je ne connais pas encore. Et le logiciel prend en compte les épisodes déjà vus (ndlr : comme Spoiler Shield ?).

Le domaine des jeux-vidéo est aussi concerné avec une aide de solution en temps réel. C'est un vrai coach qui, grâce à une analyse d'écran et un dispositif de réalité augmentée, vous aide à vous améliorer en vous disant d'aller plus vite ou pas, et propose de débloquer une situation lorsque vous êtes coincés. Pour cela, il va consulter un grand nombre de sites Web et de forums consacrés au jeu, puis donne la bonne réponse.



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Qu'ont à y gagner les développeurs ?



Ces applications vivront après l'événement. Une fois sur la plateforme IBM, d'autres développeurs pourront ensuite apporter leur contribution. Dans une approche évolutionniste, certains projets attireront l'attention et se développeront, d'autres moins. Les projets resteront en open source et se verront associer le nom des développeurs. Selon nous, le gain de ce projet est intellectuel. Si Spotify - qui est partenaire - est intéressé par une application, tout se fera dans un cadre juridique transparent. Notre approche n'est pas du tout de repérer les bonnes idées et de les prendre mais de porter l'innovation et de faire connaître BlueMix.

Sensibilisez-vous aux dangers de l'IA ?



Dans le cadre de l'AI Nursery Project, nous nous intéressons à la pop culture, donc nous n'abordons pas de sujets sensibles comme la santé. L'arrière-plan éthique est intrinsèque. La façon de développer Watson a toujours été d'en faire une intelligence artificielle gentille, sans volonté de substitution à l'humain. Par exemple dans la médecine, Watson accompagne au diagnostic médical mais ne remplace par le praticien.

A l'origine de la cybernétique, la question était de savoir si l'ordinateur était une imitation du cerceau ou bien un complément. Il serait prétentieux, aujourd'hui, de dire qu'on a une réponse à cette interrogation. Après, - et cela dépasse notre débat - on sait que dès que quelque chose est possible, en général, il a lieu. Du côté d'IBM, la volonté est de travailler en bonne intelligence (artificielle) entre l'homme et la machine.


*les projets développés suite au sprint sont :

  • Stanley the Director (cinéma) élabore un film composé de clips YouTube sur la base d'un court scénario dans lequel il détecte sujet, lieu et action.
  • George the MemeBot (culture Web) se définit comme un chatbot qui répond avec des mèmes Internet tout en apprenant de ces conversations
  • July Quincy (musique) peut analyser et comprendre l'humeur à partir des tweets et lire en conséquence une musique sur Spotify.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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