C'est le procès le plus important qu'ait jamais eu à affronter Google : on vous explique pourquoi

Mathilde Rochefort
Publié le 27 janvier 2023 à 10h55
© Mitchell Luo / Unsplash
© Mitchell Luo / Unsplash

Mardi 24 janvier, le Département de la Justice américain, accompagné de 8 États, a inculpé Google pour abus de position dominante. Il appelle au démantèlement des activités publicitaires de l’entreprise.

Si Google a l’habitude des poursuites judiciaires et de la régulation, il se pourrait que cette affaire soit bien différente.

Google a l’habitude des réprimandes

En Europe, la firme de Mountain View s’est déjà vu infliger trois amendes à plus de 1 milliard d’euros, dont une record à 4 milliards pour avoir « imposé des restrictions illégales aux fabricants d’appareils mobiles Android et aux opérateurs de réseaux mobiles afin de consolider la position dominante de son moteur de recherche ».

Aux États-Unis, plusieurs poursuites antitrust ont été lancées à son encontre, notamment une menée par le Département de la Justice depuis 2020 et ciblant le moteur de recherche de l’entreprise. Cette dernière est accusée d’avoir dépensé des milliards de dollars afin de faire de Search le moteur de recherche par défaut sur les navigateurs comme Safari.

Jusqu’alors néanmoins, Google parvenait à s’en sortir sans trop d’efforts, en écopant d’amendes qui, si elles paraissent conséquentes, ne sont pas vraiment préjudiciables à ses activités. Le géant américain devrait en effet enregistrer 73,8 milliards de dollars de revenus publicitaires numériques en 2023.

L’activité publicitaire de Google au cœur de la plainte

La nouvelle plainte du Département de la Justice pourrait toutefois changer la donne. Elle demande le démantèlement de l'activité de technologie publicitaire de Google en raison d'une supposée monopolisation illégale du marché de la publicité numérique. Il s’agit de l’un des très rares cas où l’entité demande le démantèlement d’une entreprise depuis le système de télécommunications Bell dans les années 80.

Le gouvernement américain s’en prend directement à la manière de faire de Google, et particulièrement aux frais imposés aux annonceurs qui lui permettent de conserver 30 centimes sur chaque dollar dépensé sur les échanges de publicité. Concrètement, les éditeurs versent 30 % de leurs revenus à Google pour chaque publicité diffusée, ce qui représente une taxe importante pour les éditeurs numériques en difficulté.

Le gouvernement affirme même avoir été lui-même victime de cette pratique, en étant surfacturé de 100 millions de dollars pour des dépenses en publicités en ligne consacrées à des agences fédérales, dont l'armée. 

Cette fois, le Département de la Justice est prêt 

De son côté, la firme de Mountain View assure que le Département de la Justice ne se rend pas compte de l’extrême concurrence exercée sur le marché de la publicité en ligne. « Le Département de la Justice redouble d'arguments erronés qui ralentiraient l'innovation, augmenteraient les frais publicitaires et rendraient plus difficile la croissance de milliers de petites entreprises et d'éditeurs », assure l’entreprise.

Pourtant, seules trois firmes s'empareront de la majorité des dépenses publicitaires numériques aux États-Unis cette année. Google touchera une grande partie du total, selon la société d’études eMarketer, et sera suivie de Meta et d’Amazon.

Cette fois, les arguments du Département de la Justice sont très robustes et s'appuient sur des faits préjudiciables pour Google. Il enquête en effet sur l’entreprise depuis plusieurs années déjà et a pu analyser ses pratiques de fond en comble à la suite des plaintes précédentes. L’affaire risque toutefois de s’étaler sur des années, mais si le gouvernement gagne, les répercussions sur Google risquent d’être bien plus gênantes que des amendes minimes comparées à son chiffre d’affaires colossal. 

Source : The Verge

Mathilde Rochefort
Par Mathilde Rochefort

Avide de nouvelles technologies et particulièrement férue de la marque à la pomme, j’en fais mon métier depuis près d’une décennie. Réseaux sociaux, IA et autres applications… Je partage mon expertise quotidiennement sur le World Wide Web.

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Commentaires (9)
fredolabecane

Quelque soit le montant de l’amende, ça va lui en faire bouger une sans faire bouger l’autre.

toast

L’amende ? Allez, fais un effort et relis au moins l’intro en gras de l’article (3 lignes)…

pinkfloyd

"Le gouvernement affirme même avoir été lui-même victime de cette pratique, en étant surfacturé de 100 millions de dollars pour des dépenses en publicités en ligne consacrées à des agences fédérales, dont l’armée. "

donc on lis pas les petites lignes, on signe, et apres on gueule ?

epodotcom

je me suis toujours demandé pourquoi Microsoft avait pris cher il y a environ 20 ans, pour avoir installer internet explorer d’office sur les windows et pourquoi jusqu’à présent, ni google/ Android avec Chrome ou Apple avec Safari, n’étaient pas inquiétés.
Peut être que c’est le début de l’équité …

Joeee

Parce que Microsoft était en position archidominante sur les ordinateurs desktop dans le monde avec plus de 95%. En proposant un logiciel par défaut, il y a de quoi truquer le marché.

Mais en effet cela fait un petit moment que le marché du mobile prend de plus en plus d’importance. Je suis un peu surpris qu’il y ait pas eu de procès équivalent, pour Android.

Sauf erreur de ma part, la part de marché de Apple sur le mobile est bien minime par rapport à celle de Android, et donc influence le marché du mobile dans une moindre mesure

Space_Boy

hmmm…la publicité chez Google trop de monopole ?C’est plutôt leur moteur de recherche avec ses 95% qui détient le monopole…

kroman

Bonne chance au DoJ !
Google est certes très gros, mais n’a pas le monopole. Le marché de la publicité est ultra concurrentiel et d’autres acteurs ont une grosse part du gâteau également.

Kriz4liD

Alors en gros , ils veulent tuer Google ?
Genre si on essaye de faire la même chose avec , par exemple , Apple , on lui interdirait de vendre tout produit électronique ?
C’est quoi le délire là ? Tout ça pour afficher deux lignes sous la barre de recherche ?

BernardB

Se qui ma mis la rage, est que je ne pouvais pas avoir de smarphone via Internet, si je ne passais pas par Google ou Appel.
Obliger d’avoir l’un ou l’autre.
& si ont n’en veux pas, Impossible, même notre F.A est obliger de passer par eux !