Google sanctionné à hauteur de 220 millions d'euros pour favoritisme par l'Autorité de la concurrence

09 juin 2021 à 11h00
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© Google

L'Autorité de la concurrence vient de rendre un verdict pour le moins salé. Google vient en effet d'être condamné « pour avoir abusé de sa position dominante sur le marché des serveurs publicitaires pour éditeurs de sites web et d’applications mobiles » et devra régler la somme colossale de 220 millions d'euros.

Après avoir été saisie, l'autorité administrative française indépendante tranche donc en faveur de News Corp Inc., du groupe Rossel La Voix et du groupe Le Figaro, bien que ce dernier se soit désisté de sa saisine le 6 novembre 2020. La firme américaine n'a pas contesté le verdict.

Les espaces publicitaires de la discorde

Pour l'Autorité de la concurrence, qui vient de rendre son verdict, Google a abusé d'une position dominante en faisant preuve de favoritisme à l'égard de son service publicitaire DFP (permettant à des sites et applications de vendre un espace publicitaire) et de sa plateforme SSP (Supply Side Platform), nommée AdX (permettant aux éditeurs de vendre leurs espaces publicitaires aux annonceurs selon un système d'enchères).

Or, pour les groupes Rossel La Voix et Le Figaro ainsi que News Corp Inc., Google aurait fait en sorte que ses services publicitaires DFP et AdX, rassemblés sous l'étiquette Google Ad Manager depuis 2018, s'avantagent mutuellement au détriment de la concurrence.

À titre d'exemple, « DFP indiquait, jusqu’à une période récente, le prix proposé par les plateformes concurrentes à AdX, et que cette dernière utilisait cette information afin d’optimiser ses enchères et de maximiser ses chances de les remporter contre les SSP concurrentes, notamment en faisant varier sa commission en fonction de la pression concurrentielle émanant des autres SSP ». Aussi pour les plaignants, cette façon de mettre en concurrence AdX avec les autres services SSP posait un problème d'équitabilité, pouvant entraîner des pertes financières importantes pour leurs entreprises.

Google se fait encore pincer et ne conteste pas

Les avis de tempête émis par la Commission européenne tout comme l'Autorité de la concurrence à l'égard du paquebot Google ne cessent de se multiplier ces dernières années, sans que le géant américain ne soit finalement suffisamment inquiété pour décider de changer de cap et de se plier aux règles de la concurrence.

On note désormais un score de 5-0 dans le match opposant la Commission européenne et l'Autorité de la concurrence, à Google. En quatre ans, la firme a été condamnée trois fois au niveau européen - pour les affaires Google Shopping (2017), Google Android (2018) et Google Search AdSense (2019) - et deux fois au niveau français, à l'occasion des affaires Google Gibmedia (2019) et maintenant Google AdManager (2021).

La procédure de transaction (III de l’article L. 464-2 du Code de commerce) demandée par la firme américaine a acté l'absence de contestation de cette sanction. En plus des 220 millions d'euros à régler aux plaignants, Google s'est également engagé à appliquer pour les trois prochaines années à compter de la date de notification de la décision, des propositions initialement formulées à l'Autorité, qui, selon cette dernière, « sont de nature à favoriser le retour à la conformité pour Google et à améliorer le fonctionnement concurrentiel du marché des serveurs publicitaires et des plateformes SSP. »

Les engagements de Google résumés par l'Autorité de la Concurrence :

Engagements Google © © Clubic
Google devra tenir ces 5 engagements pour les 3 années à venir. © Autorité de la concurrence
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norwy
«&nbsp;Google se fait encore pincer et ne conteste pas&nbsp;»<br /> Google sait que 220 millions c’est de la petite monnaie pour eux en comparaison de ce qu’ils ont réussi à se faire en évinçant illégalement la concurrence.<br /> C’est comme payer une amende pour excès de vitesse et repartir sur l’autoroute en trombe à 150km/h.<br /> Ils s’en foutent complètement !
Felaz
Certes c’est peu pour Google mais à l’échelle d’un pays comme la France, c’est déjà pas mal ! Imaginez si 5 grands pays d’Europe le font, ca peut taper le milliard d’amende
Metaphore54
Il faut une sanction européenne forte pour qu’on soit pris au sérieux.
SlashDot2k19
Oui mais quand on voit qu’Apple a réussi à faire annuler sa prune, la guerre sera très dure à gagner sur un terrain légal…
benben99
On rigolerait bien si Google retirerait le site web de l’Autorité de la Concurrence de Google. Après tout Google a le droit d’indexé ce qu’elle veut.
sigzegv
google s’en fou… Au pire ils répercutent le manque à gagner dans les frais de ses annonceurs.
ovancantfort
@benben99<br /> Pas du tout, une fois en position dominante, il est interdit de refuser ses services à quiconque de façon discriminante. Si Google refusait d’indexer les sites qui lui sont contraires, ce serait un autre abus de position dominante.
benben99
ovancantfort:<br /> Si Google refusait d’indexer les sites qui lui sont contraires, ce serait un autre abus de position dominante.<br /> Oui, je dis ça un peu à la blague, mais sérieusement, l’amende qu’ils ont eu représente seulement 12 heures de leur profit. Ca n’est pas un gros problème pour Google. L’EU a plus besoin de Google que Google a besoin de l’EU
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