Euro numérique : Amazon choisi par la banque centrale pour réaliser le prototype des interfaces utilisateur

20 septembre 2022 à 15h20
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Union Européenne © Shutterstock
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La BCE a notamment choisi Amazon parmi les entreprises chargées de créer des prototypes d'interfaces pour son futur euro numérique. Un choix qui ne plaît pas à tout le monde.

Alors qu'elle cherche actuellement à développer un euro numérique, la Banque centrale européenne prend son temps pour ne pas que la transition soit aussi douloureuse que lors de changements de monnaie passés. Mais le choix de certaines entreprises qu'elle a retenues pour l'assister dans cette tâche, Amazon en tête, pose déjà beaucoup de questions.

L'Union européenne songe à développer un euro numérique

Le site de la BCE définit l'euro numérique comme suit : « L’équivalent des billets en euros sous forme dématérialisée […] accessible à tous, ménages comme entreprises. » Comme elle souhaite éviter de reproduire les erreurs du passé, l'Union européenne étudie pour l'instant toutes les pistes sur la façon de faire et n'exclut notamment pas de faire appel à la blockchain pour y parvenir.

Cependant, la BCE se veut rassurante : même si son euro numérique devait avoir des similitudes avec certaines crypto-monnaies, il resterait une monnaie principalement destinée aux transactions, et non à la spéculation. La stabilité de son cours serait en effet assurée par la BCE et les différentes banques nationales de la zone euro qui ont de l'expérience dans la gestion de l'inflation.


Dans cette optique, l'UE a missionné plusieurs entreprises, dont Amazon, pour créer des prototypes d'interfaces utilisateur pour différents usages. Un choix qui ne manque pas de faire réagir.

Pourquoi le choix d'Amazon fait-il débat ?

Pour la BCE, ces prototypes développés par différentes entreprises permettent de tester la fiabilité et l'efficacité d'un euro numérique pour une utilisation et des transactions au quotidien. Ces 5 entreprises, sélectionnées après un appel d'offres auquel 54 entités avaient répondu, ont été choisies en fonction de leur expertise et de leurs capacités techniques sur ces questions.

Reste que le choix de faire appel à des entreprises du secteur privé, et notamment à Amazon, ne plaît pas à tout le monde. Chargée de tester l'efficacité des paiements de l'euro numérique dans le cas de transactions e-commerce, l'entreprise de Jeff Bezos est la seule sélectionnée à ne pas être originaire de l'un des pays de l'Union. Et c'est bien cela qui est critiqué, à l'heure où la justice européenne et le commissariat européen à la concurrence luttent avec acharnement contre la suprématie des firmes américaines dans l'économie numérique. La présence d'un géant américain du secteur à la base d'un projet qui pourrait toucher les intérêts stratégiques des pays de la zone euro remet donc en question, pour certains observateurs, la souveraineté européenne sur ces questions.

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guile
L’Europe aux mains des multinationales américaines. Santé, données, agriculture … quelle tristesse :’(
Sweety
Les entreprises qui ont été choisie correspond aux critères demandés. C’est à dire à leur expertise sur les flux de données cryptées (dont le paiement sécurisé). Amazon reste un poids lourd de la finance sur internet. Quelle que soit l’entreprise mandatée cette dernière n’aura aucun contrôle sur la monnaie puisque seule la BCE reste maitre à bord. C’est sans compter la dématérialisation pour les achats du quotidien (le pain par exemple) qui reste un défit colossal.
lefranstalige
Faudrait penser à faire un appel d’offre pour l’armée ou les services de contre-espionage. Je suis sûr que les russes et les chinois seront compétitifs!
gothax
J’aurais bien voulu voir la réaction si alibaba avait été choisi
malak
Explique stp… 4 entreprises européennes sur 5, et Amazon prend le plus « petit » des projets… l’interface utilisateur…<br /> Amazon est peut-être américain, mais très largement implanté en Europe… cela sera développé en Europe.<br /> Suffit que le nom Amazon sorte du lot et hop, on pointe et on critique aveuglément… ah le bon vieux populisme ^^
cirdan
Faut relativiser, il s’agit juste de créer une interface.<br /> C’est un appel d’offre classique, de la même manière qu’une entreprise européenne peut concourir aux US, et c’est régulé par les règles de l’OMC. Il ne s’agit pas de gérer cette monnaie numérique, là ça sera une autre histoire.
carinae
Oui mais c’est un peu normal. On parle de transactions financières. A partir du moment où on veut de la souveraineté…on ne voit pas trop pourquoi une entreprise étrangère serait dans la boucle surtout une entreprise comme Amazon qui n’a pas besoin de ça. Ça serait bien de diversifier un peu les sources et de permettre à d’autres entreprises de prendre des marchés et se développer… surtout dans un domaine aussi sensible
MattS32
carinae:<br /> Ça serait bien de diversifier un peu les sources et de permettre à d’autres entreprises de prendre des marchés et se développer<br /> Avec 5 entreprises différentes dont 4 européennes, on peut dire que c’est bien le cas…
bmustang
c’est tout simplement scandaleux, à croire que la bce considère que l’argent n’a pas d’odeur ?
Sweety
Au vue des commentaires, je suis certain qu’ils ne se sont pas renseignés. Donc voici dans la plus grande simplification ce qu’est cet appel d’offre.<br /> 1/ les entreprise choisies:<br /> Caixabank entreprise financière espagnole<br /> European Payments Initiative projet pour concurrencer Mastercard et Visa<br /> Nexi spécialiste en paiement point de vente<br /> Worldline spécialiste français des paiements<br /> Amazon entreprise choisie pour le système de paiement pour le commerce électronique<br /> 2/ Objectif des entreprises choisie:<br /> Elles développeront des interfaces utilisateur potentielle pour l’Euro numérique en collaboration avec la BCE<br /> 3/ Test<br /> Ces prototypes serviront de base à des transactions simulées. Ces prototypes ne seront en aucun cas utilisés, ils ne serviront que pour des test. En clair, l’interface de la version définitive sera différente de la version d’Amazon et consorts<br /> 4/ Pourquoi Amazon<br /> Amazon a embauché un spécialiste des actifs numériques l’année dernière et un chef de produit spécialisé dans les technologies blockchain<br /> 5/ Pourquoi un Euro numérique:<br /> La BCE veut mettre en place une alternative aux cryptomonnaies comme le Bitcoin ou l’Ether<br /> 6/ Et dans le monde:<br /> Avec l’émergence des stablecoins, ces tokens indexés sur une monnaie fiduciaire. Les stablecoins les plus populaire sont: l’USDT, l’USDC, le BUSD ou encore le Pax Dollar<br />
ccldm
moi ce qui me surprend, c’est que personne dans les comm, pour l’instant en tout cas, ne fustige cette idée d’euro numerique, mais hurle sur les cryptos, mais la ca va etre pareil, mais en pire.<br /> du coup je me dit aussi , que la majorité , doit etre pour la disparition du cash alors ??<br /> Bref, Vive le great reset, pour notre bien a tous.
MattS32
ccldm:<br /> pour l’instant en tout cas, ne fustige cette idée d’euro numerique, mais hurle sur les cryptos, mais la ca va etre pareil, mais en pire.<br /> La plupart des griefs contre les cryptos sont :<br /> leur consommation énorme de ressources (matériel et énergie),<br /> leur instabilité puisque leur valeur ne s’appuie sur rien.<br /> Ces deux griefs ne s’appliquent pas à l’euro numérique : pas de minage PoW, donc pas de consommation folle de ressources et d’énergie, et une parité avec l’euro pour la valeur.
octokitty
S’ajoute parmi les griefs, les cryptos sont pratiques pour les transactions criminelles selon les cryptosceptiques, même si officiellement ça représente moins de 0,5% du total des transactions.<br /> Le but de l’euro numérique et toute autre devise électronique sous l’égide d’une CBDC c’est pour augmenter la traçabilité et éviter le blanchiment d’argent, après il est possible que celui-ci se substitue totalement à la monnaie physique à long terme.
FortyTwo
Comme si nous n’avions pas les ressources nécessaires en Europe pour développer cela, non mais quelle bande de c**s à Brussels.
Werehog
Un stablecoin n’a rien à voir avec un bullshit coin. Et quand une banque centrale gère les échanges, il n’y a plus d’anonymat, traçabilité complète avec la blockchain. Donc plus de fraude, plus de blanchiment, plus de valises de billets… tout ça c’est fini. Et ça emm**de bien pas mal de monde, donc une bonne chose.<br /> Et le minage n’a rien à voir avec les stable coin donc aucun souci de consommation énergétique excessive pour du vent, que du bon.
LedragonNantais
Confiez notre fric aux ricains, allez y C:<br /> note à mois même: faire comme les vieux et acheter de l’or dès que possible.
pecore
Oui, bonne idée de refuser une entreprise juste parce qu’elle n’est pas Européenne, même si elle offre l’expertise et les garanties suffisantes. Soyons donc des pétochards paranoïaques et Américanophobes, ça va bien nous aider à nous développer.<br /> Si notre seule réponse c’est « tout sauf les ricains » alors nous de valons pas mieux que certains. Ne pas confier uniquement à des entreprises Américaines ne soins de développer nos technologies, oui, absolument même, mais rien n’empêche de le faire en collaboration avec elles.
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