Une loi pourrait obliger les géants du web à mettre plus de femmes à leur direction

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Le 17 septembre 2018
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S'inspirant de modèles européens, la Californie souhaite prochainement adopter une loi obligeant les entreprises cotées du secteur de la tech à inclure plus de femmes au sein de leurs conseils d'administration.

C'est un fait : la tech est un secteur majoritairement masculin. Les grosses firmes américaines de la Silicon Valley sont très peu à avoir des femmes au sein de leurs conseils d'administration. L'Etat de Californie souhaite cependant changer cet état de fait en promulguant une loi imposant un quota minimum de femmes dans les conseils des entreprises cotées en bourse.

Un objectif de 40% d'ici 2021

Le projet de loi ressemble fortement à ce qui existe en France avec la loi Copé-Zimmermann. Lancé par les sénatrice Tony Atkins et Hannah-Beth Jackson, ce projet vise à éliminer - ou au moins diminuer - les écarts hommes/femmes au sein des entreprises de la Silicon Valley.

Il va cependant y avoir beaucoup de travail à effectuer : 26% des grandes entreprises cotées en Californie n'ont aucune femme au sein de leur conseil d'administration. Seulement 12% en comptent trois ou plus. Alphabet, la société-mère de Google, est particulièrement mauvaise élève avec seulement 18% de femmes. HP fait figure de tête de classe, disposant de 40% de représentantes féminines siégeant au sein de son conseil.

Mais ce sont les petites sociétés qui présentent le plus d'inégalités, 48% d'entre elles n'ayant pas une seule représentante féminine au sein de leur conseil d'administration. 8,4% ont trois sièges ou plus détenus par des femmes. Des chiffres qui montrent clairement que quelque chose doit être fait...

Des sanctions financières légères en cas de non-respect des quotas

La nouvelle loi prévoit qu'en cas de manquement au quota, des amendes de 100 000$ puis 300 000$ en cas de récidive seront infligées aux contrevenants. Si ces sommes sont clairement insuffisantes pour ébranler des géants comme Alphabet ou Facebook, elles devraient néanmoins faire réfléchir à deux fois les sociétés qui cherchent à bien se faire voir de leurs actionnaires.

Les cartes sont maintenant entre les mains de Jerry Brown, gouverneur démocrate de Californie. Il ne s'est pas encore exprimé sur le sujet, mais plusieurs lobbies influents dont la Chambre de Métiers ont fait connaitre leur opposition à ce projet de loi. D'autres observateurs craignent que ce quota n'arrange pas les choses dans le fond, arguant que les femmes choisies le seront non pour leurs compétences, mais juste pour rentrer dans les chiffres.

Affaire à suivre, donc.
Modifié le 14/09/2018 à 14h42

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