France : la VOD a séduit un internaute sur trois en 2012

01 juin 2018 à 15h36
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La vidéo à la demande a progressé de 46% en 2012 dans l'Hexagone, malgré des prix jugés trop élevés pour la moitié des utilisateurs. Concernant les abonnements, cette pratique reste encore marginale.

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Avez-vous consommé de la vidéo à la demande en 2012 ? Il y a une chance sur trois que la réponse soit positive, révèle Médiamétrie dans son enquête annuelle sur la VOD en France. Ainsi, 13,4 millions d'internautes, généralement âgés de 6 à 34 ans, ont déjà regardé une vidéo à la demande payante sur son téléviseur, ordinateur mais aussi tablette ou smartphone. C'est en fait 56% de plus qu'en 2011, ce qui témoigne d'un engouement grandissant pour cette pratique.

Mais si les internautes français sont plus nombreux à avoir adopté la VOD, cela ne signifie pas qu'ils y ont recours de manière récurrente. Car lorsqu'on se penche un peu plus sur les chiffres de la SVOD, soit la vidéo à la demande par abonnement, les statistiques s'effondrent : seuls 6% des VODistes sont abonnés à un service payant comme CanalPlay Infinity ou Pass M6. Ces abonnements proposent un accès illimité à une sélection de films, séries ou documentaires moyennant un forfait mensuel : 8 euros pour M6, 10 euros pour Canal+.

D'après Médiamétrie, près d'un VODiste sur deux affirme avoir une consommation trop ponctuelle pour souscrire à ce type de service. Un autre chiffre étaye le caractère ponctuel de la pratique : près de huit utilisateurs sur dix préfèrent louer un film plutôt que de l'acheter. Question de coût ? C'est justement l'élément mis en relief par l'étude : un adepte sur deux de la vidéo à la demande interrogé considère que les prix pratiqués sont trop élevés. Autre frein : la chronologie des médias, en France, impose aux fournisseurs de VOD de ne proposer de films que trois ans après leur sortie en salle, contre un an aux États-Unis. Ce qui rend l'offre bien moins attrayante.

La VOD est « trop chère »

En mars dernier, l'Association des producteurs de cinéma (APC), le Syndicat des producteurs indépendants (SPI) et l'Union des producteurs de films (UPF) s'offusquaient au contraire que la VOD ne générait pas assez de revenus, en raison de prix jugés trop faibles. Ils expliquaient alors qu'ils réalisaient la quasi-totalité de leurs profits grâce aux marges générées par l'activité vidéo. Selon eux, la marge serait de 8 euros pour un DVD et tomberait à 2,3 euros pour le même film en VOD.

Toujours est-il qu'en bout de chaîne, l'utilisateur demeure rétif. Médiamétrie observe en effet que « le premier levier de croissance de la VOD s'oriente vers des prix plus attractifs, cités par huit VODistes sur dix. Autrement dit, si la VOD était moins chère, les Français en regarderaient davantage. Peut-être aussi parce que les plus jeunes, aux moyens plus modestes, sont les meilleurs clients ? »

Dans le courant de l'année prochaine, un poids lourd de la VOD fera son entrée en France : Amazon, avec son service LoveFilm. Le p-dg, Jeff Bezos, expliquait en octobre que sa société développait « une offre pour l'ensemble de l'Europe dont la France ». Il est donc probable que le prix du film soit inférieur à ce qui est actuellement proposé dans le pays. La raison ? Amazon Europe facture ses produits au Luxembourg, où la TVA y est plus douce.
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