Au centre de la Galaxie les étoiles se fichent de la distanciation sociale

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
17 juillet 2020 à 16h09
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Là-bas, au loin dans le coeur de la Voie Lactée, les étoiles se croisent à haute fréquence... © NA

Les trajectoires très différentes des étoiles proches du centre de la Voie Lactée favoriseraient des passages « rapprochés ». De quoi perturber l'équilibre d'autres systèmes solaires et de leurs planètes…

Pour le meilleur et pour le pire.

Croisement d'étoiles

Notre Soleil se situe à environ 25 000 années lumières du centre de notre Galaxie, la Voie Lactée. Et… C'est peut-être une chance. Car selon une nouvelle étude qui analyse le mouvement estimé des étoiles proches de la zone centrale, ces dernières ont jusqu'à 80 % de probabilité de rencontrer l'une de leurs congénères au cours de leur vie.

Mieux encore, plus de la moitié de ces étoiles passeront à moins de 1 000 Unités Astronomiques (UA) de près d'une douzaine d'autres étoiles. C'est une distance phénoménale (les sondes Voyager ont pour l'instant parcouru environ 125 UA), mais lorsqu'on évoque le croisement de deux soleils, c'est suffisant proche pour générer des perturbations qui peuvent se traduire en une véritable partie de billard cosmique. La même étude établit une probabilité de 30 % d'une rencontre à 100 UA, et même de 0,02 % pour une rencontre à 10 UA…

Soleils voyageurs

Un système planétaire prend plusieurs dizaines de millions d'années à se former après la naissance de son étoile, à partir d'un disque de matière. Et les étoiles elles-mêmes ont tendance à émerger en groupes, en agglomérats, avant de s'éloigner les unes des autres avec le temps.

Mais s'il y a beaucoup de passages proches entre jeunes étoiles, la fréquence de ces rencontres est encore plus élevée au centre de la galaxie, où les étoiles bougent plus vite, plus près les unes des autres, sur des orbites moins prévisibles. « Quelques étoiles de ce groupement suivent des orbites elliptiques, d'autres comme si on les dessinait à l'aide d'un spirographe », explique la principale auteure de l'article, Moiya McTier.

Ces rencontres ont des effets à court et long termes qui sont encore mal connus, mais que les astrophysiciens tentent de documenter.

Echelle logarithmique pour montrer les distances dans le système Solaire. Crédits NASA/JPL-Caltech

Un coup de pied dans la fourmillière

En effet, une étoile « classique » survolant le Système Solaire à une distance de 1 000 UA pourrait avoir des conséquences désastreuses à notre échelle. C'est trop lointain pour perturber définitivement les orbites des différentes planètes majeures, mais suffisant pour « décrocher » des milliers d'objets gelés du nuage de Oort et même de la ceinture de Kuiper, dont la moindre perturbation peut modifier l'orbite.

De quoi remettre en doute les potentielles conditions de vie sur les planètes de ces systèmes proches du centre de la galaxie ? Pas si vite, il faut relativiser l'effet négatif de ces survols, notamment pour des systèmes planétaires jeunes. En effet, il peut suffire d'une faible perturbation pour amener sur un monde lointain les bons ingrédients pour l'apparition de la vie… Mais c'est déjà un autre débat scientifique.

Crédits : Sky and Telescope

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