Les Émirats arabes unis achètent une place pour une mission longue sur l'ISS

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
03 mai 2022 à 15h50
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UAE MBRSC signature Axiom contrat ISS © MBRSC
Le temps c'est de l'argent... Et sur l'ISS, ça peut aller jusqu'à six mois ! Crédits : MBRSC

Au premier semestre 2023, un ou une astronaute des Émirats arabes unis s'envolera pour une mission de six mois environ sur la Station Spatiale Internationale. Une opportunité proposée par Axiom Space grâce à un échange de sièges sur la mission Crew-6, que les Émirats ont pu financer.

L'agence nationale a quatre astronautes en service.

Un siège de choix à bord de l'ISS

En 2019, Hazza Al-Mansouri était devenu le premier astronaute des Émirats arabes unis à franchir la frontière de l'espace et à atteindre l'orbite. Il était alors passager sur Soyouz, pour une mission courte d'une semaine seulement… mais le pays du golfe ne l'avait pas envoyé que pour une raison de prestige national. Non seulement il avait effectué plusieurs expériences conçues localement au sein de l'ISS, mais son vol avait marqué les esprits et ancré les Émirats dans une culture astronautique qui se développe depuis.

La preuve en est, en plus de son collègue formé avec à ses côtés (Sultan Al Neyadi), le pays a immédiatement lancé une deuxième sélection : deux jeunes (Nora Al Matrooshi et Mohammad Al Mulla) ont depuis été envoyés aux États-Unis pour y subir un cursus de formation complet avec les derniers « rookies » de la NASA. À présent, l'agence émiratie a une mission longue à confier à l'un de ses fiers représentants !

Axiom Space, l'intermédiaire privilégié ?

Le 27 avril dernier, le MBRSC (Mohammed Bin Rashid Space Center, le siège du spatial aux UAE) a donc signé pour une place sur la mission Crew-6. Elle décollera au printemps 2023 avec la capsule de SpaceX depuis la Floride, pour s'envoler sur la Station Spatiale Internationale et y rester entre quatre et six mois.

Le vol a été acheté via les services d'Axiom Space (à qui la NASA « devait » un siège après un montage compliqué pour faire voler l'Américain Mark Vande Hei l'an dernier), mais pas question de parler d'un vol d'agrément ! Quel que soit l'astronaute sélectionné, il ou elle sera entraîné pour une mission incluant un grand lot d'expériences techniques et scientifiques…

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Les astronautes des pays partenaires sur l'ISS avaient loué en 2018 le professionnalisme d'Hazza Al-Mansouri lors de son premier voyage spatial. Crédits : Roscosmos

Station ouverte, ou voyage toutes options

L'astronaute des Émirats arabes unis pourra éventuellement, selon les accords entre agences, s'intégrer dans l'agenda qui régit la vie des passagers « traditionnels » entre exercices, mise à jour de la station et expériences multinationales (en particulier côté médecine). Cela dépend toutefois de l'approbation de l'ensemble des nations et agences concernées, l'ISS étant un club « fermé » dont les conditions d'accès sont conditionnées aux investissements sur la station elle-même (via un ensemble d'accords épais comme une encyclopédie).

Les EAU, ayant payé pour un voyage fixe « clé en main », disposeront sans doute sur un voyage de six mois de quelques dispositions particulières… Al Neyadi et Al Mansouri ont tous les deux déjà passé les formations pour opérer le bras robotisé Canadarm2, et même pour des sorties en scaphandre.

Les Émirats continuent d'ailleurs de se rapprocher des États-Unis dans le domaine astronautique, et il y a fort à parier que d'ici quelques années ils auront le même statut que le Japon et/ou le Canada, au rythme actuel. D'ici là, l'un des quatre prétendants peut se préparer pour un sacré voyage…

Sources : Sarwat Nasir via Twitter, The National news

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Chirokee
Étrange propos
vonkar
fabriquer une station spatial n’est pas chose facile, donc ils sont bien obligés.
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