Des nanorobots pour soigner des maladies oculaires ?

Matthieu Legouge
Spécialiste Hardware
17 novembre 2018 à 16h23
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Oeil rétine

Les nanorobots semblent être une des technologies des plus prometteuses pour l'avenir de la médecine. Ils pourraient en effet être utilisés pour soigner des pathologies qui sont difficiles à traiter à l'heure actuelle, comme c'est le cas des maladies de la rétine.

De nombreuses expériences incluant des nanorobots sont actuellement à l'étude dans de nombreux laboratoires. Entre le robot qui livre les médicaments directement dans la zone qui nécessite un traitement, ou encore le « spermbot » qui lutte contre l'infertilité, la recherche dans ce secteur énumère de belles promesses et pourrait changer radicalement la médecine moderne telle que nous la connaissons.

Des nanorobots animés par un champ magnétique

Portée par une équipe de chercheurs de l'Institut Max Planck, cette innovation pourrait être une grande avancée pour le traitement des maladies rétiniennes. Dirigés par Tian Qiu et Peer Fischer, les chercheurs ont mis au point des nanorobots capables de « nager » dans la mince membrane qui compose la rétine afin de traverser l'humeur vitrée de la cavité oculaire et d'apporter médicaments ou autres agents thérapeutiques dans une zone ciblée.

Ces nanorobots animés grâce à un champ magnétique mesurent 500 nm de diamètre pour une longueur de 2 µm. Ils possèdent une surface hélicoïdale recouverte d'une mince couche aqueuse. Cette dernière permet aux nanorobots de ne pas adhérer au tissu oculaire lorsqu'ils le traversent. Elle est composée de matériaux biocompatibles - cliniquement approuvés - à base de fluorocarbure liquide. Les chercheurs se sont inspirés de plantes carnivores du genre Nepenthes qui produisent un liquide analogue pour attraper des insectes.

Une technologie qui permet de pénétrer la rétine sans l'endommager

Les scientifiques ont testé leurs nanorobots sur un œil de porc disséqué. Ils en ont injecté plusieurs milliers et ont ensuite appliqué un champ magnétique leurs permettant de « nager » à une vitesse d'environ 10 µm / s afin de traverser le globe oculaire et d'arriver sur la zone sélectionnée. Ils ont utilisé une technique d'imagerie - couramment employée pour diagnostiquer les maladies oculaires - appelée tomographie optique cohérente afin de surveiller la trajectoire des nanorobots. Le processus a pris environ 30 minutes, ce qui est largement plus court que le temps nécessaire à une molécule de médicament pour se diffuser naturellement dans la rétine.

L'équipe de chercheur a également annoncé dans la revue Science Advances travailler maintenant sur des nanopropulseurs capables de traverser d'autres tissus que ceux de l'œil.
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