Asgardia, la nation qui veut coloniser l’espace et la Lune

Alexandre Boero Contributeur
01 juillet 2018 à 17h32
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Auto-proclamée première « nation de l'espace », Asgardia a désormais son président et même sa propre Constitution. A la conquête du ciel et dans un but humaniste, elle développe une organisation dont le sérieux tranche avec son ambition démesurée, presque utopiste.

Lundi soir, dans le magnifique écrin du palais impérial de Hofburg à Vienne, quelque 200 personnes étaient réunies pour faire d'Igor Ashurbeyli le premier « président » d'Asgardia, qui se revendique dans sa Constitution être « la première nation spatiale indépendante, libre, unitaire et sociale, transethnique et laïque, basée sur la moralité, l'équité, la paix et la dignité égale de tout être humain... ».

S'il est difficile de lui accorder une quelconque valeur juridique, son organisation surprend et rassemble de plus en plus d'adeptes du monde entier, qui rêvent d'une vie dans l'espace.

asgardia


Constitution, drapeau, hymne : Asgardia a déjà les symboles de son royaume



Nous vous voyons venir... vous croyez peut-être encore à une blague, ou à une faille spatio-temporelle qui nous renverrait au 1er avril, le jour des bonnes vannes ? Il n'en est rien. Asgardia est bien devenue, le 25 juin 2018, la première nation de l'espace. Son nom à lui tout seul est un symbole : Asgard, dont on a en tête les nombreuses références cinématographiques ou celles des jeux vidéo, est selon la mythologie nordique le pays des dieux, depuis lequel Odin observe le monde entier.



Asgardia, elle aussi, surplombe le monde. Elle est d'ailleurs virtuellement la 172e qui compte le plus de citoyens au monde, juste devant les Samoa, forte de ses 205 000 « Asgardiens » environ, virtuels eux aussi. Une simple inscription sur les réseaux sociaux suffit à en devenir membre.

La nation spatiale de l'ingénieur information Igor Ashurbeyli semble respecter l'almanach du parfait État : hymne, Constitution, drapeau, institutions administrative et juridique... Mais pour l'heure, aucun pays de la communauté internationale ne daigne reconnaître une quelconque forme juridique à Asgardia, qui doit se contenter d'un état de « nation numérique ».

Sa fondation repose sur une collaboration de différentes communautés. Des scientifiques, des philosophes, des entrepreneurs, mais aussi d'anciens dirigeants politiques, comme l'ancien membre du parlement britannique Lembit Öpik, devenu président du parlement d'Asgardia, ont participé à sa construction.

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La volonté d'être reconnue par les Nations Unies



Aujourd'hui, Igor Ashurbeyli a plusieurs objectifs pour son royaume. Au niveau économique, il entend établir sa banque nationale et lancer une crypto-monnaie d'ici la fin de l'année. La trésorerie risque d'ailleurs de devenir un problème urgent, c'est pourquoi le président a annoncé que les Asgardiens devraient s'acquitter, chaque année, d'une cotisation de 100 euros et d'impôts divers.

Sur le plan scientifique, l'homme d'affaires souhaite, à terme, la mise en orbite de plateformes habitables dans l'espace, et espère installer des êtres humains sur la lune d'ici 25 ans, grâce à des installations dotées d'une gravité artificielle et d'une protection contre les radiations cosmiques.

Plus politique cette fois, Ashurbeyli annoncera dans les prochains mois la formation de ce qui s'apparentera alors à un gouvernement. Et il espère, surtout, être intégré aux Nations Unies.
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