Chiffrer avec une lampe à lave, la parade contre les hackers

le vendredi 29 décembre 2017
C'est l'une des grandes problématiques du monde de l'informatique : comment créer du véritable « hasard », notamment dans une suite de nombres ? Impossible en effet de se baser sur des algorithmes et des programmes informatiques : aussi complexe qu'est la formule mathématique, il y a toujours le risque qu'elle fuite, auquel cas la suite de nombres sera connue de tous.

Le domaine où la nécessité de ce hasard est le plus important est, bien évidemment, la cryptographie : il faut empêcher les hackers de découvrir la clé utilisée pour chiffrer les données, faute de quoi ils seront en mesure de les lire.

Un cryptage basé sur des lampes à lave ?


Bien moins présentes dans les maisons aujourd'hui que dans les années 70, les lampes à lave semblent être une solution à la fois ingénieuse, originale et esthétique pour générer du hasard. C'est en tout cas ce qu'a pensé Cloudfare, spécialisée dans les services liés à Internet comme des solutions de sécurité ou les noms de domaines.

Dans son QG basé à San Francisco, l'entreprise a mis en place un système unique pour générer des nombres au hasard : un mur de lampes à lave. Ces dernières ne suivent en effet aucune logique lorsqu'il s'agit de créer des formes : la chaleur de l'ampoule placée dans sa base fait fondre la cire, qui va flotter dans du liquide et remonter à la surface. Puis, quand elle se solidifie, la cire retombe vers le fond de la lampe et ainsi de suite.



100 lampes à lave filmées créent des clés de cryptage


Le mur présent chez Cloudfare est filmé 24 heures sur 24 par des caméras qui sont reliées à un logiciel : ce dernier va transformer le mouvement des lampes en une série de paquets de bits qui sont totalement imprévisibles, puisqu'il est impossible de prédire le mouvement de la cire. Ces paquets de bits sont ensuite utilisés pour créer des clés de cryptage.

Ce sont ces clés de cryptage que Cloudfare utilise pour ses clients, sur ses serveurs. Au total, ce sont environ 10 % des requêtes d'Internet qui sont donc cryptées par des lampes à lave. Tout ça grâce à Nick Sullivan, directeur de la cryptographie chez Cloudfare, qui a eu l'idée alors que Cloudfare n'en était qu'à ses débuts. D'ailleurs, les premiers cryptages de ce type ont été réalisés dans la cuisine des premiers bureaux de Cloudfare et, à l'époque, une seule lampe à lave suffisait. Aujourd'hui, elles sont une centaine.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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