Test de Apex Legends : le Battle Royale des papas de Titanfall

Pierre Crochart
Spécialiste smartphone & gaming
06 février 2019 à 17h55
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La note de la rédac
Si la sortie de Apex Legends a été abondamment commentée dans la presse, c'est moins parce qu'il s'agit d'un énième Battle Royale que parce qu'il est signé de Respawn Entertainment. Les auteurs de la licence Titanfall ont pris tout le monde de court en publiant mardi 4 février, toujours sous l'égide d'Electronic Arts, leur interprétation du mode de jeu du moment. Le FPS compétitif free to play prend d'ailleurs racine dans le même terreau que les Titanfall originels, en oubliant pourtant au passage ce qui en faisait l'essence : les méchas. Alors que reste-t-il à cet Apex Legends, amputé qu'il est de ce qui aurait pu contribuer à en faire autre chose qu'une addition surnuméraire à l'édifice Battle Royale ?

Pas grand-chose, répondront les blasés. Les plus enthousiastes, en revanche, loueront un gameplay ô combien plus nerveux qu'un Fortnite, et un game design presque entièrement tourné vers la coopération.

Oui car au-dessous de l'enrobage sucré du genre, Apex Legends est avant tout un jeu de références (ou de paresse, selon votre degré d'enthousiasme toujours). On pense à Rainbow Six : Siege et Overwatch pour les personnages, chacun doté de compétences propres. Mais aussi et surtout à Call Of Duty : Black Ops IV et son mode Battle Royale Blackout pour son côté faussaire : celui qui a tout bien copié sur ses voisins au point d'en parfaire la formule.

Mais c'est bien entendu en regardant dans le miroir que Respawn Entertainment a tiré le gros de ses idées. Spin of complètement assumé de Titanfall, Apex Legends a autrement plus d'ambition que ses prédécesseurs (les développeurs parlent même de plan décennal). Récoltera-t-il pour autant les lauriers qui ont par deux fois déjà fait défaut aux FPS du studio ? Il faut l'espérer. D'autant qu'il faudra bien s'en contenter : Titanfall 3 n'est absolument pas prévu au programme.

Le pouvoir des trois

Vous l'aurez compris : Apex Legends ne réinvente pas la roue, et s'approprie le concept de Battle Royale sans se forcer. Heureusement, le studio de Vince Zampella a eu le bon sens d'inclure quelques spécificités à son titre, en commençant par l'obligation d'y jouer en coopération.

Apex Legends - Test
À chaque largage de début de partie, le chef d'escouade définit un point d'atterrissage. © EA

Si le jeu en escouade est possible sur Fortnite et d'autres Battle Royale, il est exigé sur Apex Legends. Au début de chaque joute, c'est donc un trio qui est sommé de faire son choix parmi les huit personnages jouables. 20 autres groupes feront de même avant d'être bombardés sur le Canyon des Rois - l'unique carte pour le moment disponible, et dont chaque biome correspond à un bout de map déjà vu dans Titanfall ou sa suite. Le chef de groupe - désigné aléatoirement - est d'ailleurs responsable du point de largage de son équipe en tout début de partie. Une habile manière pour le jeu de suggérer la prise d'initiative, et de guider les deux autres dans le dédale de ruines pour récolter moult loots.

Apex Legends - Test
Le but du jeu ? Parcourir la map à la recherche d'équipement pour être la dernière escouade en vie. © EA

S'il est bien entendu possible de faire son chemin de son côté, impossible de survivre sans le concours de vos collègues qui, originalité, ont la faculté de vous remettre sur pied si vous passez l'arme à gauche. Une parade qui vient nettement apaiser la frustration usuelle du Battle Royale, et qui pousse surtout à rester soudés. D'autant que Respawn a caché un second joker dans sa manche : même en cas de décès de votre personnage, vos coéquipiers peuvent récupérer votre bannière pour vous redéployer à partir de l'un des nombreux points de réapparition de la map. Bien entendu, vous ne serez pas le seul à avoir eu l'idée, et s'aventurer à ces endroits est un pari risqué.

De quoi bien faire monter la pression.

Apex Legends - Test
Il est possible de ramener vos coéquipiers à la vie, et même de les redéployer. © EA

Des graphismes de début de génération :

"Il est beau, Apex Legends ?". La réponse est "meh". Disons que quiconque troquerait son Battlefield V pour le nouveau poulain d'Electronic Arts risque de se faire un peu mal aux yeux.

Sur PC, ce n'est pas si terrible même si les performances sont assez aléatoires en ces premiers jours de jeu. Sur consoles en revanche, ce n'est pas la même tisane. Le jeu affiche des graphismes de début de génération, et peine souvent à conserver ses 60 images par seconde quand l'action monte d'un cran.

Apex Legends, comme ses prédécesseurs, rempile avec le Source Engine (oui oui) qui - on ne vous apprend rien - commence à être très fatigué.


Ça manque de mech

Si vous avez joué à Titanfall, vous vous souvenez probablement à quel point les maps semblaient taillées pour plus grand que soi. Les environnements paraissaient presque trop vastes pour être parcourus à pied ; décourageants. Un choix de level-design dévolu tout entier à laisser la place aux Titans - les robots géants pilotables qui étaient au coeur du gameplay - de s'écharper joyeusement. Le problème de Apex Legends est qu'il fait tout pareil. Sans les méchas. Sans le wall run. Sans le wall jump. Autant dire que la promesse d'un gameplay ultra nerveux est assez rapidement douchée. Disons plutôt qu'elle ne tient pas la comparaison avec les précédents FPS multijoueur du studio.

Le titre conserve néanmoins quelques bonnes idées. Il est par exemple possible de ranger son arme afin de courir plus vite (souvent très à propos quand la zone de jeu se réduit), ou encore de glisser automatiquement dans les pentes pour accélérer la descente. Les glissades, d'ailleurs, ont conservé ce petit côté "film d'action de série Z" où le héros parcourt à même les genoux plusieurs pièces, défouraillant ses ennemis sur sa course.

Apex Legends - Test
Apex Legends a conservé les glissages à rallonge de Titanfall. © EA

Mais peut-être plus que l'absence de GROROBOTS, on se chagrine plus sur l'abandon de la course murale. Cette mécanique officiait en différence majeure face aux autres titres du genre, et contribuait à rendre le gameplay bien plus vertical - ce que l'on ne retrouve guère ici. Comme nous l'écrivions plus haut : la carte a conservé sa verticalité, mais votre personnage est comme cloué au sol, incapable de l'appréhender comme elle le mérite.

Apex Legends - Test
La carte offre de belles perspectives de verticalité... pas nos personnages. © EA

Du moins pour la plupart. N'oublions pas que Apex Legends est un jeu de personnages-archétypes. Si vous recherchez un gameplay plus proche de Titanfall, c'est vers Pathfinder qu'il faudra vous tourner. Ce robot (comme par hasard) dispose du même grappin que les joueurs de Titanfall 2, et son ultime consiste à placer une tyrolienne où bon lui semble pour pouvoir permettre à son équipe de se mouvoir plus facilement.

Le reste du roster est sans surprise particulière, même si l'on apprécie le soin apporté au design de chaque personnage. On y liste actuellement Bloodhound la traqueuse, capable de repérer les ennemis environnants ; Gibraltar le sac à PV, disposant d'un bouclier déployable et d'une pluie de roquettes ; Lifeline et son petit robot de soin, pour qui l'ulti se résume à déployer un gros coffre à loot sur la map ; Wraith aka "w4Rri0r tr0 d4rK", pourvue d'une courte invulnérabilité et qui peut disposer des portails de téléportation ; Bangalore la fantassin équipée d'un lance-grenades fumigène et - elle aussi - d'une pluie de roquettes. Caustic et Mirage, les deux derniers personnages jouables actuellement, devront être débloqués via la monnaie en jeu, ou contre des espèces sonnantes et trébuchantes.

Apex Legends - Test
Le roster de Apex Legends au complet. © EA

Le point sur les microtransactions :

Édité par Electronic Arts, Apex Legends marche sur des oeufs en matière de microtransactions après le scandale Battlefront 2. Du fait, le jeu est totalement gratuit, le restera, et échappe sans peine à toute forme de pay to win.

Chaque niveau atteint vous débloquera une loot box contenant emotes et skins - rien de plus. Aussi les microtransactions se limiteront à des achats cosmétiques... si ce n'est le cas des deux derniers personnages cités juste au-dessus. Mirage et Caustic devront s'acquérir via un sacré paquet de pognon in-game, ou contre quelques euros. Mais pour ce que j'ai pu constater, ils ne sont pas particulièrement plus puissants que les autres et ne feront pas basculer l'équilibre du jeu si votre adversaire l'incarne.


Apex Legends : l'avis de Clubic

Il y a deux manières de conclure ce test d'Apex Legends. La première voudrait que l'on se réjouisse de l'arrivée d'un jeu gratuit de cette trempe sur PC, Xbox One et PS4. Le plaisir de jeu est présent et, après quelques parties de rodage, on se prend au jeu de la coopération et de la complémentarité entre les personnages.

La seconde est plus contrastée, et se résume à pointer les énormités du titre. Encore un Battle Royale. Titanfall mais sans les robots et le wall run. Un manque cruel de feedback lors des affrontements. Des graphismes d'un autre âge, et j'en passe.

La vérité se trouve probablement dans cet entre-deux. Respawn Entertainment n'invente pas grand-chose, mais permet de varier la recette en récompensant le jeu en équipe, ce qui n'est jamais dommage. Restera à déterminer si le studio est aussi motivé qu'il le dit pour assurer le suivi en termes de contenu et de communauté : le vrai point fort de son adversaire de chez Epic Games.

Apex Legends

Les plus
+ Gratuit et sans (trop) de microtransactions
+ Bonne montée en pression pendant les parties
+ Jeu en coopération très bien intégré
Les moins
- Beaucoup moins nerveux que Titanfall
- Des ajouts au genre Battle Royale assez minces
- Techniquement daté
Graphismes
Nervosité
Contenu à la sortie
3.5
Modifié le 04/04/2019 à 10h35
5
0
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