L'ESA a publié les nouvelles données collectées par la sonde Gaia

03 décembre 2020 à 19h05
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Gaia © ESA/Gaia/DPAC; CC BY-SA 3.0 IGO. Acknowledgement: A. Moitinho and M. Barros
ESA/Gaia/DPAC; CC BY-SA 3.0 IGO. Acknowledgement: A. Moitinho and M. Barros

Il y a six ans, la mission spatiale Gaia débutait sa campagne d’observation galactique pour le compte de l’agence spatiale européenne. Aujourd’hui, l’ESA publie la version préliminaire de son troisième lot de données (EDR3) obtenues par Gaia.

Et le résultat est époustouflant, tant par son ampleur que par sa précision.

Une mission en espace lointain

Située au point de Lagrange L2 du couple Terre-Soleil, Gaia se situe à 1,5 million de kilomètres de la Terre, qui reste positionnée en permanence entre la sonde et le soleil. Depuis sa position, les deux télescopes embarqués à bord de ce satellite de 2 tonnes scannent le ciel en permanence selon un ballet qui leur permet d’observer, au fil des passages, les mouvements des innombrables étoiles de notre galaxie.

Innombrables ? Plus vraiment, justement. La mission principale de Gaia est de cartographier les astres de notre galaxie. Lors de la première collecte de données publiée en 2016, ce sont près d’un milliard d’étoiles qui ont été observées, même si la distance et le mouvement des astres n’est mesuré que pour 2 millions d’entre elles. A l’époque, il s’agit déjà d’un catalogue vingt fois plus vaste et trois fois plus précis que ce qui avait été effectué par les précédents télescopes spatiaux.

Avec le deuxième catalogue, publié en 2018, Gaia battait tous les records. La position de 1,7 milliard d’étoiles est alors connue avec précision. Et pour 80% d’entre elles, la distance et le mouvement propre sont également calculés.

Un troisième catalogue plus précis

L'EDR3, dévoilé aujourd’hui, présente des chiffres toujours aussi astronomiques, sans modifier radicalement l’échelle des données obtenues. Ce sont désormais 1,8 milliard de positions stellaires qui sont connues, soit 100 millions de plus qu’il y a deux ans. Dans ce domaine, Gaia ne peut plus apporter le même saut quantitatif qu’entre la première et la deuxième campagne d’information.

En effet, l’ESA estime que Gaia a déjà cartographié près de 92% des étoiles de notre environnement immédiat. Mais cette cartographie de notre environnement proche porte désormais à quelque 326 années-lumières de notre planète, et couvre la position de plus de 300 000 objets, soit 100 fois plus que ce qui avait été réalisé au début des années 1990.

Si quantitativement cette troisième récolte de Gaia reste assez semblable à l’édition de 2018, il en va autrement de la précision. Les données récoltées ces deux dernières années viennent s’ajouter à celles obtenues entre 2014 et 2018. En multipliant les mesures, il est désormais possible d’atteindre une précision extrême, de l’ordre de quelques micro-secondes d'arc. Soit la précision permettant de distinguer l’épaisseur d’un cheveu à plus de 1000 km !

Cela permettra de confirmer certaines mesures obtenues en 2018, notamment concernant une rencontre passée entre notre galaxie et la galaxie naine de Sagittaire. Mais au final, Gaia fournit avant tout un catalogue, que les scientifiques mettront des années à exploiter pleinement. D’autant plus que la mission Gaia, prévue initialement pour 5 ans, a été à nouveau prolongée. Le DR3 final, attendu pour 2021, devrait ainsi apporter des informations intéressantes sur les systèmes planétaires et les étoiles binaires. Affaire à suivre !

Source : ESA

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