Test Sony WF-SP800N : sportif et autonome, mais un ANC de retard

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
04 octobre 2020 à 18h36
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Annoncés au mois de Mai, les nouveaux True Wireless Sony WF SP800N sont des écouteurs une gamme légèrement inférieure à celle des WF-1000Xm3. Pas de puce QN1e pour gérer la réduction de bruit et la partie sonore, mais un système d'ailettes, une certification IP55, ainsi qu'une autonomie bien supérieure, les SP800N ne manquent clairement pas d'atouts. De quoi espérer un produit qui, sans être un vrai haut de gamme, fera honneur à la réputation de Sony.

 WF-1000Xm3 à la robe rétro

Assez proche des WF-1000Xm3 de par le design et le volume conséquent, les WF-SP800N se distinguent surtout par leur dos, d'approche un peu moins moderne, avec une petite touche années 80, rappelant quelques façades de vieux baladeurs cassette ou vieux tuner FM portables de la marque. On accroche ou non à cette proposition, mais les écouteurs se démarquent de la masse, tout comme les WF-1000Xm3 se démarquaient déjà. La très grande zone laquée est entièrement tactile, ce qui permet d'espérer une ergonomie efficace.

Dans un cas comme dans l'autre, il faut tabler sur un volume pour le moins conséquent

La fabrication des écouteurs est à peu près comparable à celle des WF-1000Xm3. Un plastique mat classique, d'assez bonne qualité, se mélange ici à une partie supérieure aux accents siliconés, plus adaptée au sport, améliorant la préhension. L'assemblage est presque irréprochable, sans
faire trop tank. Seul le boitier de charge, de forme assez originale, ne fait
pas aussi sérieux (plastique trop léger) que la boite des Xm3.

Sony n'a toujours pas passé le cap de la recharge par induction sur ses True Wireless, les WF-SP800N restent donc campés sur leur connecteur USB-C.

Au milieu, le petit espace permettant de caler les ailettes, peu importe la taille utilisée

Autre marque de fabrique Sony, la taille vraiment importante de ce boitier le rendant incompatible avec pratiquement toutes les poches de pantalon. Les modèles dits « sportifs » sont toujours un peu à part, à l'image des Powerbeats Pro, mais un peu de compacité ne serait pas du luxe.

Confort intra-auriculaire, tenue sportive

Ici, Sony ne corrige pas vraiment le confort des WF-1000Xm3, le système d'embout/canule étant équivalent, mais fait un bond de géant sur la tenue, ne reposant auparavant que sur ce simple couple. Les SP800N introduisent un système d'ailettes, une proposition classique pour des
écouteurs sportifs. Et contrairement à la plupart des marques, comme Google avec ses Pixel Buds, Sony propose deux tailles. Un espace entier, dédié à ces ailettes, se trouve dans la boite de recharge. Quatre tailles d'embouts et deux tailles d'ailettes sont disponibles avec les écouteurs, ce qui semble largement suffisant en pratique.

Ainsi, que ce soit en usage classique ou pour une session de sport, les WF-SP800N jouissent d'une tenue presque irréprochable. Le mieux reste
le bon vieux système tour d'oreille, comme celui des Powerbeats, mais cela plombe encore le volume.

La certification IP55 (aucune certification pour les WF-1000Xm3) est un gros plus, car implique une résistance aux projections d'eau, et à un petit rinçage sous un faible jet. À l'usage, le seul problème vient de la nature totalement intra-auriculaire du produit, plus fatigante que des écouteurs boutons (type airpods) ou semi-intra.

Une ergonomie complète et personnalisable

Impossible de dissocier l'ergonomie générale de l'application dédiée Headphones Connect, tout simplement l'une des meilleures de
l'univers Bluetooth.

Récemment rafraichie, cette application permet, avec les produits compatibles (modèles haut de gamme et certains milieu de gamme), de largement améliorer l'expérience via de nombreuses personnalisations et options. À l'instar des WF-1000Xm3, ou des casques comme le WH-1000Xm4, il est possible avec les WF-SP800N de régler totalement la réduction de bruit et le retour sonore, de jouer sur un égaliseur dédié, de mettre à jour le produit, de contrôler avec précision le niveau de batterie (écouteurs et boitiers), mais également d'assigner aux écouteurs droit et gauche différents types de contrôles.

Sony Headphones Connect, l'une des grandes forces de la marque, permettant un suivi de ses écouteurs sur le long terme

Par défaut, l'écouteur droit permet, via une, deux ou trois touches, de naviguer dans les pistes audio. Un appui prolongé déclenche l'assistant vocal par défaut du téléphone. À gauche, une simple tape bascule entre les trois modes de réduction (réduction active, désactivée, retour sonore),
et un appui continu actionne la fonction Quick Attention, baissant largement le volume et déclenchant le retour sonore. Ce dernier mode est presque l'équivalent de la main posée sur la coque pour les casques WH-1000Xm.

Si les contrôles par défaut sont déjà plus complets que la moyenne, Sony autorise une personnalisation très poussée, soit via des profils de contrôle prédéfinis (type Navigation ou Contrôle de Volume), soit en assignant les commandes de manière plus précise. Il devient possible de changer le
volume, appeler l'assistant, etc. Pour ne rien gâcher, la large zone tactile
des écouteurs permet de ne pas avoir à tâtonner pour actionner les commandes. Par contre, une latence sensible existe. Il y a facilement une demie seconde entre une touche et le déclenchement de l'action, ce qui est franchement beaucoup à l'usage.

Les Sony WF-SP800N bénéficient en outre de la plupart des fonctions modernes de la marque, comme la réduction de bruit adaptative, ou
encore les capteurs optiques (pause en retirant les écouteurs), assez réactifs, et désactivables au besoin. Les écouteurs sont également compatibles avec l'écoute 360 Reality Audio. Le seul manque, par rapport aux WF-1000Xm3, est le DSEE HX, un algorithme de reconstruction de signal, en pratique très dispensable.

Sony reste clairement dans ce qui se fait de plus complet en matière d'ergonomie. Seul souci, les commandes tactiles ne sont jamais aussi efficaces que des larges boutons en usage sportif, en particulier avec des doigts humides ou en sueur. Ajoutez à cela la latence, et l'expérience n'est pas totalement idyllique.

 Connectivité classique et efficace

Presque calquée sur celle des 1000Xm3, la connexion des WF-SP800N n'a pas de défaut marquant. La portée est déjà très bonne pour des True Wireless, et la connexion se révèle particulièrement stable, sans problème
de coupure ou de désynchronisation. Le modèle peut s'utiliser en mono (un seul écouteur à la fois), que ce soit avec l'écouteur droit ou l'écouteur gauche.

Sony n'intègre malheureusement toujours pas de multipoint dans sa gamme True Wireless. Ainsi, il faut toujours passer par une déconnexion
et une reconnexion pour changer d'appareil.

Comme nous pouvions nous y attendre, les écouteurs ne prennent en charge que les codecs SBC et AAC. L'aptX n'est plus en odeur de sainteté chez Sony (étant passé à des puces Mediatek). Quant au LDAC, la problématique reste la même que pour tous les autres True Wireless, nous parlons d'appareils absolument pas adaptés à une telle bande-passante (du fait de la puissance émission/réception réduite), ni prêts à diviser l'autonomie par 2,5 par rapport à du AAC.

Réduction de bruit moyenne, et étrange

Avec tous ces bons points, nous oublierions presque qu'il ne s'agit pas d'un modèle haut de gamme à proprement parler. La réduction de bruit
active et le retour sonore sont malheureusement là pour nous ramener à la
réalité. La puce QN1e, même si pas incroyablement récente, a permis aux
WF-1000Xm3 de devenir les premiers True Wireless vraiment convaincants sur la réduction de bruit active (en même temps que les Libratone Track Air +), même si ces écouteurs ne sont maintenant plus dans ce qui se fait de mieux en la matière.

Ici, et bien que la réduction passive (réduction créée par la canule et les embouts) soit déjà très correcte, l'isolation active se révèle assez décevante, surtout lorsque l'on connait les avancées de la concurrence
ces derniers mois (comme sur les Huawei Freebuds 3i ou les Panasonic
RZ-S500W
). Celle-ci va plus loin que la simple réduction gadget, mais ne produit pas un effet waouh, en partie à cause de son isolation passive assez efficace dans les médiums. Ainsi, dans les situations simples, la différence est notable. Mais, dans environnement plus complexe, l'essentiel du travail est principalement au crédit de la réduction passive. Que la marque ait voulu laisser une réduction mesurée, pour un usage sportif, ou, plus probablement, que l'absence de sa puissante puce QN1e fasse la différence, les WF-SP800N ne sont tout simplement pas aussi performants que les WF-1000Xm3.

Cette réduction se fait principalement sur les médiums (100 Hz – 1 000 Hz), de manière relativement importante, mais se révèle presque incapable d'atténuer les fréquences les plus basses (presque rien en dessous de 100 Hz).

Mais surtout, que cela soit volontaire (plus que probable) ou non, Sony réitère l’une des étrangetés des WF-1000xm3, à savoir rehausser certaines fréquences dans les aigus, sans doute pour « uniformiser » un peu la réduction. Le SP800N va même plus loin, en mettant un immense pic vers les 10kHz, ce qui donne l’impression que toutes les fréquences
chuintantes passent comme si nous ne portions rien, voire pire. Le phénomène agit presque comme une amplification. L'isolation passive, au moins, est bien linéaire, sabrant de plus en plus les aigus, si bien que dans de nombreux cas, il est préférable de désactiver l'ANC (réduction de bruit).

Analyse de la réduction de bruit. En rouge le signal test, en Orange l'isolation Passive, en Vert l'isolation active. On remarque les étranges pics dans les aigus de l'ANC, notamment autour de 3 Khz et autour de 10 kHz.

Même petite déception sur le retour sonore, manquant clairement de naturel, ne permettant pas de présenter l'espace de manière suffisamment cohérente.

Enfin, terminons sur la partie main-libre, l'un des gros défauts des WF-1000Xm3. Ici, le rendu n'est pas forcément meilleur. La qualité est acceptable en environnement calme, mais devient déjà problématique avec un fort bruit de fond.

Une autonomie de titan sportif

Annoncée entre 9 h (avec ANC) et 13 h (sans ANC), l'autonomie est impressionnante sur le papier. En pratique, nos espérances sont même dépassées, puisque le modèle peut atteindre les 10 h – 10 h 30 avec ANC,
et jusqu'à 13 h 30 sans ANC. La boîte ne permet qu'une recharge supplémentaire malgré sa grande taille, ce qui porte tout de même l'ensemble à un résultat confortable, bien supérieur à celui des WF-1000Xm3.

Transducteur du roi, rendu du fêtard

Les transducteurs des Sony WF-SP800N sont identiques à ceux des WF-1000Xm3, ce qui en théorie devrait assurer un rendu radieux. En effet,
ces derniers sont parmi ce qui se fait de plus qualitatif en la matière, que ce soit sur la partie purement technique ou sur la signature très intelligente, légèrement tranchante. Par comparaison, les Sennheiser Momentum TW 2 proposent quelque chose de plus doux (mais pas moins bon), et les Airpods Pro une personnalité plus neutre.

Mais, une fois encore, la puce QN1e fait défaut. Nous ne parlons sans doute que d'un réglage, mais cela fait pourtant une différence notable.
Premier de ces points, la mise en avant de son système «Extra Bass», boostant bas du spectre.

Ainsi, les Sony WF-SP800N peuvent être considérés comme basseux, mettant clairement plus l'emphase sur les basses fréquences que leurs
ainés, pour un rendu plus lourd, sans être pourtant de type bass-boost au sens strict du terme, comme les récents WF-XB700 par exemple. Le modèle commence fort dans les basses, et décroit peu à peu, pour être sans doute un peu trop faible en attaquant les aigus, manquant de tranchant, mais se ressaisissant à travers quelques pics.

Sur le haut du spectre justement, la qualité technique reste plutôt bonne, le transducteur n'est jamais dépassé par un morceau, à défaut d'être adapté à tous les styles. Mais d'une manière générale, les écouteurs sont moins expressifs que les 1000Xm3, moins riches.

Cela n'empêche pas les SP800N de conserver une assez bonne aération,
un bon niveau de détail, en tous cas pour une telle signature. L'espace sonore n'est pas démesuré, mais assez cohérent. Quant au niveau de basses, difficile à oublier, il ne laisse pas une réelle sensation de lenteur dans l'écoute.

Se classant parmi les modèles basseux, comme les Jabra 75T, les Sony s'en sortent très bien pour un produit à moins de 200 Euros, clairement grâce aux transducteurs d'excellente qualité. De plus, l'égaliseur Sony permet de tempérer ou corriger ce son très sombre, surtout en jouant avec l'option «Clear Bass». Mais pour qui souhaiterait un modèle très tranchant, clair, ou juste équilibré, il faudra choisir autre chose. Plus une affaire de préférences de l'utilisateur, qu'une affaire de styles musicaux.

Dernier détail, le son est exactement le même avec ou sans ANC, ce qui n'était pas le cas avec les WF-1000Xm3.

L'avis de Clubic sur les Sony WF-SP800N

Très autonomes, sportifs, portés par une ergonomie complète, les Sony WF-SP800N sont impressionnants sur bien des points. Mais la réduction
de bruit active peu convaincante, et le retour sonore peu naturel, font que les WF-SP800N ne sont pas encore les écouteurs parfaits. Surtout, les nombreuses réductions de prix, sur les WF-1000Xm3, créent de facto une concurrence.

Sony WF-SP800N

8

Ecouteurs à l'autonomie impressionnante et à l'ergonomie très complète, les Sony WF-SP800N sont convaincants, mais ne parviennent pas à totalement transformer l'essai, la faute à une réduction de bruit active en deçà des attentes.

Les plus

  • Autonomie grandiose
  • Ergonomie très complète
  • Bonne tenue dans l'oreille
  • Qualité technique

Les moins

  • Isolation active très moyenne
  • Boitier imposant
  • Sonorité très typée

Fabrication 7

Ergonomie 8

Autonomie 9

Isolation 6

Son 8

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