Le télétravail pèserait sur l'innovation, pas sur la productivité

Alors que les partenaires sociaux ont récemment trouvé un accord concernant l'organisation du télétravail, la direction générale du Trésor a publié son rapport sur les conséquences, pour les salariés et l'entreprise, du travail à domicile. Selon l'étude, avec le télétravail généralisé, le temps de travail effectif a augmenté, mais l'équilibre psychosocial des travailleurs peut être mis en danger, et les capacités à innover, amoindries.

En parallèle, les résultats du baromètre Paris Workplace 2020
montrent que « le bureau n'est pas mort », mais que les salariés privilégient pour l'avenir un modèle hybride entre le domicile et le lieu de travail.

Un accroissement de la productivité entre 5 et 30 %

Selon le rapport publié par la direction générale du Trésor, organisme
public rattaché au ministère de l'Economie, la productivité des salariés augmenterait de 5 à 30 % à domicile.

Cette large fourchette est issue d'une étude de la Direction générale des entreprises, dont la méthodologie n'est maheureusement pas consultable. Dans son rapport, le Trésor met toutefois en avant plusieurs facteurs pouvant expliquer cette augmentation de productivité : un investissement plus important du travailleur pour compenser son absence physique, l'absence de temps dans les transports, ou encore l'amélioration des conditions de travail en termes de confort.

« [Le télétravail] pourrait également favoriser le passage vertueux d'une logique de mesure de la présence, dont la littérature indique qu'elle demeure ancrée en France, à une logique de résultats au sein de l'entreprise », précise le rapport.

Innovation, rapports humains et temps de télétravail voulu

Le rapport soulève également plusieurs craintes liées au télétravail. Celles-ci concernent en particulier les rapports humains, qui peuvent mettre le salarié en difficulté, tant sur le plan psychosocial et que sur sa capacité à innover : « Le télétravail limite les interactions sociales professionnelles, ce qui freine le partage (y compris informel) de connaissance. Au plan individuel, la relation entre gains de productivité et temps télétravaillé pourrait ainsi suivre une courbe en cloche ». À terme, l'utilisation d'espace de coworking ou de tiers lieux pourrait ainsi être bénéfique.

En parallèle, Paris Workplace a publié cet semaine son septième baromètre annuel. Intitulé « Après la crise, où allons-nous travailler ? », il cherche à visualiser les appétences des français en termes de lieu de travail. Question méthodologie, ce baromètre se fonde sur un panel de 3 000 salariés franciliens, interrogés en février puis en septembre de cette année.

Résultats ? 63 % des salariés interrogés souhaitent travailler au moins trois jours par semaine en entreprise. « L’enseignement principal, c’est que le bureau physique n’est pas mort. Du côté des salariés, comme des managers, il apparaît de plus en plus nettement que le bureau est le lieu où va se jouer l’engagement, la créativité et la culture d’entreprise », explique Aude Grant, directrice générale adjointe de Paris Workplace.

En parallèle toutefois, le nombre idéal de journées en télétravail est passé de 1,4 jour par semaine à 2,1 jour par semaine après le premier confinement.

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