Des apps pour enfants "truffées" de publicités manipulatrices

01 novembre 2018 à 12h25
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Enfant smartphone

Une récente étude révèle que la majorité des applications mobiles destinées aux tout-petits seraient bourrées de publicités.

Les applications mobiles destinées aux plus jeunes contiennent-elles des publicités inappropriées pour leur âge, ou les incitant à dépenser de l'argent ? C'est en tout cas ce qu'affirment des chercheurs de l'université du Michigan ayant récemment réalisé une étude portant sur 135 applications pour enfants, dont 96 des plus téléchargées dans la catégorie « 5 ans et moins ».

L'étude a fait réagir plusieurs associations de défense des droits des enfants qui ont d'ailleurs envoyé une lettre au gouvernement fédéral américain lui demandant d'enquêter sur ces produits.

Publicités déguisées, inappropriées, pernicieuses, tout y passe

Selon les résultats de l'analyse, 88 % des applications payantes et 100 % des applications gratuites ayant été testées contenaient de la publicité.

Le premier point que les chercheurs soulèvent concerne le fait que certaines des publicités affichées ne conviennent pas au jeune âge du public de l'application. Entre publicités pour des applications parlant de troubles bipolaires ou présentant des caricatures politiques, peu de doutes subsistent quant au fait qu'elles ne devraient en effet pas se retrouver sur des apps pour enfants.

Le second élément que les chercheurs relèvent concerne le fait que certaines applications semblent prendre les enfants par les sentiments afin de les pousser à faire des achats. Sur l'application Doctor Kids par exemple, un petit personnage pleure en permanence à moins de faire un achat via l'app. Pour l'un des scientifiques, voir un personnage pleurer « peut se révéler particulièrement difficile pour un enfant ». Un point que le développeur de l'application (qui n'a pas souhaité répondre aux questions) semble vouloir exploiter.

La liste des points soulevés par les scientifiques continue ainsi pendant longtemps. Publicités camouflées (qui se déclenchent lorsque l'enfant fait une action sans savoir qu'elle va le conduire au visionnage « forcé » d'une pub), paroles des personnages de l'app incitant l'enfant à cliquer sur des publicités etc...

Le Play Store est-il une passoire ?

Interrogé à ce sujet, un porte-parole de Google a déclaré que « les applications du Play Store destinées principalement aux enfants doivent participer à son programme "Designed for Families" », censé fournir aux développeurs diverses restrictions en matière de publicité et de contenu.

Pourtant, selon cette étude ainsi qu'un autre rapport publié un peu plus tôt cette année, de nombreuses applications du magasin Google ne respecteraient absolument pas ces standards, tant en matière de publicité qu'en matière de protection de la vie privée.

Réagissant à cette étude, Tom Robinson, professeur de pédiatrie à l'Université Stanford a déclaré qu'il était « décourageant de voir que tant de fabricants d'applications soient prêts à utiliser des méthodes aussi insidieuses qui tirent si manifestement profit des vulnérabilités des enfants », rappelant qu'une précédente étude réalisée en 2016 avait d'ores et déjà prouvé que « de brèves expositions à des publicités incorporées dans des dessins animés et d'autres médias peuvent influencer les préférences de marque des enfants ».
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