Alain JAOUEN : Dexem, le VoiceXML et l'internet vocal

Jérôme Bouteiller
30 mai 2002 à 00h00
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JB - Monsieur Jaouen, bonjour. Pouvez-vous me présenter votre parcours et votre société, Dexem ?

AJ - Cela fait plus de 15 ans que je suis dans le secteur des télécommunications en Europe et aux Etats-Unis. J'ai exercé différentes missions de direction technique et projet au sein des Bell Labs d'AT&T et de Lucent Technologie dans le domaine de la téléphonie et des transmissions. Auparavant j'ai travaillé chez Matra Communications et OST (ex-leader européen des réseaux X25).

Dexem a été créé en Juillet 2002 par une équipe de 3 personnes avec un objectif initial de proposer des prestations de conseil et d'ingénierie aux entreprises dans les domaines de la relation client par téléphone, des services vocaux interactifs et des applications CTI (Computer Telephony Integration).

Dans le domaine des services vocaux interactifs, nous sommes en France parmi les pionniers dans l'utilisation des nouvelles technologies que sont VoiceXML, la reconnaissance vocale, la synthèse de la parole ou encore la navigation multimodale (combinant voix et données).

JB - Le WAP semble décevoir les opérateurs mobiles. L'avenir c'est l'internet vocal ?

AJ - Les technologies de l'oral et de l'écrit se complémentent plutôt qu'elles ne s'opposent. L'accès à des données sur les mobiles conserve un grand attrait et continuera à se développer avec les nouvelles générations de réseaux mobiles GPRS et UMTS.

L'internet vocal a une vocation plus large que de proposer des services aux mobiles. Celle de rendre certains contenus et services du Web accessibles depuis n'importe quel type de téléphone, fixe et mobile. L'internet vocal, avec des technologies comme VoiceXML et la reconnaissance vocale, est donc certainement l'avenir des services vocaux interactifs et des applications multi-canaux (Web, Voix, Wap).

Pour revenir aux mobiles, les nouvelles technologies du vocal et des données se marient déjà autour du concept de navigation multimodale. Il s'agit de combiner des interactions voix et données lors d'une même session avec l'utilisateur. Exemple : j'écoute un extrait de musique sur un serveur et je commande par la voix le téléchargement de la chanson complète au format MP3 sur mon mobile équipe du player adéquat, moyennant facturation par l'opérateur.

JB - Qu'est ce que VoiceXML, un XML avec des balises vocales ?

AJ - VoiceXML est un langage à balises, comme XML. Mais il a une fonction bien précise : la programmation des interactions vocales homme-machines.

VoiceXML est un « markup language » comme HTML. La différence : HTML est utilisé par votre browser Web pour formater le contenu présenté; VoiceXML est utilisé par un Voice Browser pour formater du contenu pour le téléphone. Une application développée en VoiceXML peut parler à un utilisateur via des films audios pré-enregistrés ou de la synthèse de la parole. Elle peut recevoir également en entrée des commandes via de la reconnaissance vocale ou la saisie de codes DTMF sur les touches de votre téléphone

JB - Est-il aussi simple et bon marché de créer des applications vocales que des applications web ?

AJ - Oui. Avec un service Web, vous utilisez simplement un serveur HTTP connecté à Internet, sur lequel tourne votre application. Quelqu'un d'autre, en l'occurrence l'utilisateur sur son PC, exploite un browser pour accéder à votre contenu ou votre application. L'idée de VoiceXML et du Voice Browser est la même. Vous utilisez un serveur HTTP exécutant votre application. Quelqu'un d'autre exploite les lignes téléphoniques et les Voice Browsers, par exemple un opérateur de téléphonie. Conclusion : les Voice Browsers vous permettent de construire des applications vocales pour 2 milliards de téléphones à partir d'un simple serveur HTTP. De cela, va découler une période de grandes innovations dans les services vocaux. C'est la vraie révolution de VoiceXML.

JB - En matière d'interactivité, les téléphones mobiles actuels sont-ils capables de gérer la reconnaissance vocale ou la synthèse de la parole ?

AJ - Il existe bien des versions 'light' des logiciels de reconnaissance vocale et la synthèse de la parole destinés à être embarqués sur des terminaux mobiles, mais la qualité n'est pas encore au rendez-vous.

Pour obtenir une bonne qualité, il faut encore beaucoup de puissance de calcul et de mémoire pour ces logiciels. Ils sont donc généralement situés sur des serveurs dans les réseaux téléphoniques comme par exemple des Voice Browsers. Avec cette architecture, vous obtenez une très bonne interactivité depuis un téléphone mobile.

JB - En terme financiers, quelle est la taille du marché de « l'internet vocal » ?

AJ - Le marché du téléphone ne cesse de se développer, en 2000 on comptait 970 millions de téléphones fixes à travers le monde et 650 millions de téléphones mobiles. Selon les instituts Tele.com et Cahners Instat, en 2005, le nombre de lignes téléphoniques atteindra les 2 milliards, les applications vocales généreront 45 milliards d'euros de revenus, les portails vocaux compteront 300 millions d'utilisateurs qui généreront 1.8 milliards d'euros de revenus.

JB - Qui sont les clients de Dexem aujourd'hui ?

AJ - Nous avons le plaisir de compter parmi nos clients des entreprises comme Alcatel, , Bouygues Telecom, Cegetel, Discofone, , Kiala, SFR, la SNCF pour lesquelles nous réalisons des missions de conseil, d'ingénierie et d'hébergement de solutions clés en main. Nous travaillons avec eux sur la mise en place de ces nouvelles technologies pour leurs besoins propres.

JB - Monsieur JAOUEN, je vous remercie.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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