NetEnforcer lutte contre les échanges Bittorrent

Alex
01 septembre 2006 à 11h07
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Le volume de données échangées par les internautes amateurs de P2P préoccupe sérieusement les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) qui savent pertinemment qu'une bonne partie de la bande passante qu'ils délivrent à leurs abonnés est utilisée pour l'échange, légal ou illégal, de fichiers sur ces réseaux. Si le réseau eMule/eDonkey est de loin le plus utilisé par les internautes français, l'acteur majeur du P2P au niveau mondial est sans doute le protocole d'échange Bittorrent accompagné de ses nombreux logiciels clients.

Aux Etats-Unis, le trafic Bittorrent représenterait jusqu'à 40 ou 50% de la bande passante totale des fournisseurs d'accès à Internet, estime la société Allot Communications. Elle leur propose donc un boîter baptisé NetEnforcer capable d'identifier les échanges en cours sur le PC d'un internaute afin de détecter si ce dernier utilise Bittorrent et d'éventuellement hiérarchiser les différents flux de données qui vont et viennent depuis sa ligne afin de juguler les échanges sur les réseaux P2P.

Certains fournisseurs d'accès n'hésitent plus à réglementer le trafic en direction de leurs abonnés en fonction du type de protocole utilisé. Ils brident donc par tous les moyens possibles les connexions de type P2P afin d'alléger le coût global de la bande passante qu'ils délivrent. Le problème est que certains clients Bittorrent intègrent maintenant un chiffrement des données qui rend la détection de ces dernières difficile aux FAI.

C'est donc ici qu'Allot Communications intervient, en proposant, grâce à sa solution NetEnforcer, de « détecter et analyser des centaines d'applications et de protocoles, suivre le comportement des abonnés, gérer les priorités du trafic et réguler les flux de données ». Tout un programme... NetEnforcer repose, selon ses concepteurs, sur une méthode d'analyse précise et en profondeur des paquets entrants et sortants.

Afin de réduire la note, les FAI pourraient donc juguler à volonté le débit accordé aux réseaux de P2P. Lorsqu'on sait qu'en Asie par exemple, plus de 80% de la bande passante sont accordés aux échanges de ce type, on comprend qu'ils accordent à cette question une importance primordiale. La question se pose aussi en Europe et tout particulièrement en France où, rappelons-le, la récente loi DADVSI réglemente de façon draconienne le P2P.

En France, certains FAI (Club Internet notamment) ont d'ailleurs déjà pris le parti de brider intentionnellement les ports utilisés par les applications de P2P les plus courantes, même si cela n'a rien d'officiel. Ces mesures, qui ne sont évidemment pas du goût des internautes, reposent la délicate question de savoir s'il faut prendre des mesures drastiques envers les protocoles de P2P. Inutile de se voiler la face : tout le monde sait bien qu'ils servent en majorité aux échanges de fichiers protégés par le droit d'auteur, mais doit-on de fait interdire ou brider, à cause de ces échanges illégaux, toutes les applications légales tirant parti du P2P ? D'autant que dans le même temps, certains réfléchissent à la façon d'utiliser le P2P comme un nouveau canal de distribution légal des contenus (voir par exemple BitTorrent signe avec des indépendants du cinéma)...
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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