Qu'est-ce que le "passeport batterie", bientôt obligatoire pour les véhicules électriques ?

Alexandre Boero
Par Alexandre Boero, Journaliste-reporter, responsable de l'actu.
Publié le 26 janvier 2023 à 12h15
© Roman Zaiets / Shutterstock
© Roman Zaiets / Shutterstock

D'ici 2026, les batteries des voitures électriques devront en théorie avoir chacune leur propre passeport, pour une plus grande transparence sur le véritable cycle de vie de ces dernières.

La Global Battery Alliance (GBA) a annoncé, en marge du Forum économique mondial qui se tenait à Davos il y a quelques jours, avoir développé son concept de « passeport batterie » pour les véhicules électriques. Il devrait voir le jour d'ici 2026, année où l'Union européenne imposera la classe de performance énergétique sur les batteries et, probablement, le précieux sésame pour toutes les voitures neuves vendues dans la zone. La plateforme GBA, constituée d'entreprises, de gouvernements, d'organisations et d'industriels du monde entier, affirme que ce passeport devrait prendre la forme d'un QR code apposé sur la batterie.

Une carte d'identité de la batterie aux informations précieuses

« Les batteries sont la clé pour débloquer la transition énergétique », explique la Global Battery Alliance, avant d'immédiatement tempérer. « Dans le même temps, les batteries sont gourmandes en matériaux et en ressources, avec des impacts sociaux et environnementaux inévitables tout au long de la chaîne de valeur. Cela inclut les émissions de gaz à effet de serre lors de l'approvisionnement en matériaux, du traitement et de la fabrication des batteries ainsi que les problèmes de travail des enfants et de violations des des droits de l'Homme. »

La GBA veut donc contribuer à un véritable effort de transparence dans les chaînes de valeur des batteries. Et quoi de mieux que le passeport batterie pour y parvenir ? L'intérêt de cet outil est tout trouvé, d'autant plus que les membres de l'alliance (dont notamment Volkswagen, Audi, Tesla, CATL, BASF, Umicore et l'UNICEF) ont directement contribué, ces trois dernières années, à valider sa création.

Mais avant de revenir sur sa forme, un mot encore sur son utilité. Cette sorte de carte d'identité de la batterie permettra de collecter tout un tas de données sur l'instrument :

  • L'historique complet de fabrication ;
  • La provenance des matériaux qui ont servi à sa fabrication ;
  • L'ensemble des acteurs impliqués dedans ;
  • Ses performances en matière de durabilité ;
  • Sa composition chimique exacte ;
  • Son poids.

Une évolution des batteries des voitures électriques ces prochaines années sous l'impulsion de l'UE

Cette proposition de passeport batterie faite par l'alliance GBA entre pleinement dans le cadre de la feuille de route de l'Union européenne. Dès le 1er juillet 2024, les constructeurs automobiles auront l'obligation de délivrer des informations sur les batteries des véhicules commercialisés en Europe, avec une déclaration spécifique de l'empreinte carbone.

Le passeport batterie tel qu'imaginé par l'alliance GBA © Global Battery Alliance
Le passeport batterie tel qu'imaginé par l'alliance GBA © Global Battery Alliance

Moins de deux ans plus tard, le 1er janvier 2026, les batteries devront, comme votre réfrigérateur ou votre téléviseur, voir figurer sur leur face visible une petite inscription indiquant leur classe de performance énergétique. Il est fort probable à ce stade que les informations sur la batterie (citées précédemment dans notre article) soient ainsi directement accessibles à l'aide d'un QR code imprimé sur cette dernière.

Une fiche technique associée à la batterie, avec davantage de détails pour une meilleure transparence de l'outil © Global Battery Alliance

En 2027, une nouvelle étape sera franchie, puisque des seuils maximum d'empreinte carbone seront fixés. Ils permettront de mettre fin à la vie des batteries qui polluent le plus. Puis, d'ici 2030, il sera directement possible d'intervenir dans la composition chimique de la batterie. Des proportions minimales de contenu recyclé seront d'ailleurs à respecter, avec un minimum de 85 % de plomb, 12 % de cobalt et 4 % de lithium et de nickel. Ces proportions pourront évoluer en 2035.

Sources : GBA, Caradisiac

Par Alexandre Boero
Journaliste-reporter, responsable de l'actu

Journaliste, responsable de l'actualité de Clubic. En soutien direct du rédacteur en chef, je suis aussi le reporter et le vidéaste de la bande. Journaliste de formation, j'ai fait mes gammes à l'EJCAM, école reconnue par la profession, où j'ai bouclé mon Master avec une mention « Bien » et un mémoire sur les médias en poche.

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Commentaires (9)
dante0891

Je ne sais pas si ça va résoudre quoi que ce soit mais au moins il y a une initiative.

D’ailleurs j’ai été regardé sur leur site pour voir s’il y avait également la provenance des matériaux et effectivement il y a bien la provenance ainsi que l’entreprise correspondante à l’extraction mais pas tout le temps avec une mention non divulgué ^^’

Remoss

Belle solution, mais la survie de l’humanité passera surtout vers une consommation beaucoup plus faible et plus efficiente des ressources, puis de leur recyclage…

zalphab

@remoss un type nommé Thanos à un bon plan, y’a que ça de vrai…

philouze

« une consommation beaucoup plus faible et plus efficiente des ressources, puis de leur recyclage… »
Ce qui est exactement le but de cette initiative :wink:

jvachez

Pour les occassions faudrait rajouter un diagnostic batterie au contrôle technique afin que l’acheteur sache où en sont les batteries.

toast

Non pas vraiment. Si la moitié de la population restante décide de bétonner la planète entière, le problème n’est pas vraiment résolu…

Remoss

bah non, ce système permet une traçabilité totale, mais pas prioritairement de limiter la consommation au sens large (= pas forcément moins de batteries produites)

philouze

oui, c’est pas son objet,
mais si ton lithium est tracé massivement, impose de très bonnes contraintes CO2, si possible issu de sources quasi renouvelables comme les sources d’eau Alsaciennes et Allemandes (donc sans impact minier) et que de ce que je comprends, le système imposera une part croissante de matériaux recyclés dans le mix de ta batterie, tu auras bien un énorme gain en impact minier , en impact co2, et en ressources primaires par batterie.

Sachant que déjà l’impact sur une durée de vie est supérieure à son équivalent pétrole, même sans cette traçabilité, c’est très positif.

Pour le fait d’avoir moins besoin de batterie « tout court » , c’est un autre dossier, qui dépend soit des urbanistes (et là c’est du très très long terme), soit des particuliers qui refusent les petites bagnoles et les petites autonomies.
Mais c’est pas le fait des legislateurs du sourcing matériaux.

Taha_Oufares

Une idée brillante qui sera très utile au secteur automobile. Seulement, une petite remarque m’a traversé l’esprit: Le QR Code tel expliqué dans l’article permettra de lire des informations « statiques » tel expliqué dans l’article: L’historique complet de fabrication,
La provenance des matériaux de fabrication, l’ensemble des acteurs impliqués, ses performances en matière de durabilité, sa composition chimique exacte, son poids… Il me semble que ce serait plus sécurisé et innovant de connecter tous ces éléments à la Blockchain afin de les sécuriser et de permettre un envoi de données en continu, contribuant plus grandement à la recherche sur les batteries et leur évolution. Saluons l’exemple innovant d’Alfa Romeo sous le giron Stellantis, qui a innové en stockant le certificat numérique des véhicules dans la Blockchain pour assurer l’inviolabilité des données de ce dernier. Une idée à méditer. Bonne journée