Airbnb se mêle du conflit israélo-palestinien (et se retrouve avec une plainte sur le dos)

Nathan Le Gohlisse
25 novembre 2018 à 12h01
0
AirBnB

En Cisjordanie, le récent déréférencement par Airbnb de logements proposés en location dans les colonies israéliennes ne passe pas. Une plainte collective vient ainsi d'être déposée à l'encontre de la plateforme américaine, spécialisée dans la location de logements entre particuliers.

Airbnb aurait peut-être mieux fait de ne pas se mêler du conflit israélo-palestinien. L'annonce, cette semaine, du déréférencement de quelque 200 habitations situées dans les colonies juives de Cisjordanie a valu une plainte collective à l'application basée à San-Francisco. Les avocats chargés de représenter l'un des israéliens impactés par la décision d'Airbnb évoquent notamment une « discrimination particulièrement offensante et scandaleuse ». Des dommages et intérêts sont réclamés par les plaignants.

Airbnb conscient de s'attaquer à « une question controversée »


De leur côté, les porte-paroles du service de location en ligne ne jouent pas les étonnés. Cette décision avait été prise dans le cadre d'une introspection du service face à la situation géopolitique dans cette région du Moyen-Orient. Pour justifier ce déréférencement, Airbnb précisait ainsi dans son communiqué qu'une compagnie « ne devrait pas faire de profit dans des régions où des populations ont été déplacées ».

Approché jeudi dernier par Reuters, Chris Lehane (chef de la communication d'Airbnb) s'est exprimé sur l'affaire. « Nous comprenons qu'il s'agit d'une situation compliquée et nous respectons les points de vue de chacun », a-t-il déclaré, ajoutant que la décision prise par Airbnb touchait effectivement à « une question controversée ». La société a cependant décidé de se plier au droit international, qui juge illégales les colonies israéliennes de Cisjordanie.

Ma'anit Rabinovich, l'un des colons visés par la mesure d'Airbnb, campe sur ses positions. L'intéressé réclame une somme de 15 000 shekels (un peu plus de 3 500 euros) en guise de dommages et intérêts. La somme réclamée par plaignant dans le cadre de l'action collective reste toutefois à définir, note Reuters.

Une décision saluée du côté palestinien


Côté palestinien, la décision de la plateforme américaine est évidemment mieux accueillie. Wasel Abu Youssef, l'un des représentants de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), considère ainsi que « Airbnb a pris une décision qui va dans le bon sens, pour stopper les transactions avec les colons israéliens ». Une décision « cohérente vis-à-vis de la législation internationale », a-t-il ajouté.

A noter que la mesure prise par Airbnb la semaine dernière ne s'étend pas aux territoires du plateau de Golan ou de Jerusalem-Est, qu'Israël a pourtant annexés sans obtenir de reconnaissance diplomatique internationale.
13 réponses
0 utilisateurs
Suivre la discussion

Les actualités récentes les plus commentées

Bruno Le Maire prend officiellement position sur la cryptomonnaie Libra
Toyota : 50% des véhicules vendus au premier semestre étaient des hybrides-électriques
La France va créer son commandement militaire de l'espace
Peugeot 3008 Hybrid : tout ce que l’on sait du futur SUV de la firme sochalienne
La Zone 51 envahie ? L'armée américaine pourrait répondre par la force
Evija : l'hypercar électrique de Lotus se charge en 9 petites minutes
Streaming vidéo : le coût écologique serait désastreux, selon l'association The Shift Project
La prochaine édition du CES va autoriser les sextoys féminins et interdire les
Neuralink : Musk annonce que la start-up est prête à tester sa technologie sur des humains
Que se passerait-t-il si Stadia disparaissait ? Un ponte de Google répond
scroll top