Des experts en sécurité inquiets à l'approche de la présentation du premier prototype Neuralink d'Elon Musk

09 août 2020 à 10h30
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Installer un implant dans un cerveau humain pour le relier à une machine, c’est le projet sur lequel travaille Neuralink depuis plusieurs années. Mais pour certains experts, les risques en matière de sécurité sont réels. Inquiétude légitime ou peur infondée ?

Un cerveau accessible…

Lors de sa création en 2016, la start-up Neuralink affichait des ambitions dignes de la science-fiction : interconnecter le cerveau humain et un ordinateur. Mais quatre ans plus tard, les progrès sont bien réels. D’ailleurs, le 28 août prochain, Elon Musk nous informera des dernières avancées de son projet, avec peut-être l’annonce d’un premier prototype fonctionnel.

Néanmoins, relier un cerveau humain à une machine, cela peut faire rêver, mais aussi inquiéter. De fait, aucun système informatique n’est infaillible et plusieurs experts en sécurité informatique craignent que ces découvertes rendent l’humanité vulnérables ; que cela aboutisse à la création d’êtres humains « hackables » en quelque sorte.

Ainsi, d’après eux, ces implants pourraient, à terme, devenir des portes d’entrée exploitables par des pirates informatiques. Or, si se faire pirater son ordinateur n’est déjà pas une expérience très agréable, imaginez ce que cela pourrait donner si quelqu’un fouillait directement dans votre cerveau, dont les pensées, les souvenirs, finiront peut-être un jour sous forme de données numériques au même titre qu’un fichier texte ou qu’une photo.

Concrètement, les chercheurs pointent deux types de dangers potentiels. Le premier, suggéré ci-dessus, est l’accès aux informations personnelles d’un individu. Si pour le commun des mortels, les conséquences seraient déjà fâcheuses, elles seraient encore plus problématiques dans le cas d’hommes ou de femmes détenant des informations liées à la sécurité d’un pays ou d’une entreprise. Par exemple, des militaires ou des responsables politiques.

Et potentiellement vulnérable

Outre l’interception de données, l’autre risque serait une modification du cerveau, avec de possibles dommages à la clef. En effet, comme le mentionne Javier Mínguez, cofondateur et directeur de la société de neuro-technologie BitBrain, "les BCI (Brain-Computer Interface) ont le potentiel de modifier le cerveau de l'utilisateur (par exemple, pour faciliter les améliorations motrices ou cognitives des personnes handicapées). Pour préserver l'intégrité physique et mentale de l'utilisateur, les systèmes BCI doivent garantir qu'aucune personne non autorisée ne puisse modifier leur fonctionnement" ; il ajoute : "Plus un BCI est précis et puissant, plus le risque est potentiellement élevé".

Un danger également pointé par le Dr Sasitharan Balasubramaniam, directeur de recherche au sein du groupe des logiciels et systèmes de télécommunications de l'Institut de technologie de Waterford (TSSG). Selon lui, les risques liés au piratage ne se situent "pas seulement au niveau de l'information, mais aussi au niveau des dommages physiques". Il s’interroge : "Quel type de dommages une attaque causera au cerveau : effacera-t-elle vos compétences ou les perturbera-t-elle ? Quelles seront les conséquences - se présenteront-elles sous la forme d'une simple nouvelle information introduite dans le cerveau, ou iront-elles jusqu'à endommager des neurones, ce qui entraînerait un processus de réorganisation du cerveau capable de perturber ensuite votre pensée ?".

Des dispositifs bien protégés, très difficiles à hacker

Bon, pour le moment, inutile de tomber dans la psychose. A priori, aucun d'entre nous n'a encore d’implant de ce genre dans le cerveau… et cette technologie n’en est encore qu’à ses balbutiements.

En outre, des chercheurs de l’Université Ben Gourion du Néguev en Israël rappellent que hacker ces dispositifs s’avèrera "très difficile". Ils précisent que les éléments biométriques sur lesquels ils s’appuient, notamment les ondes cérébrales, sont nettement plus difficiles à falsifier que des systèmes de sécurité basés sur d’autres critères biométriques, tels que la reconnaissance faciale ou les empreintes digitales.

Sources : ibtimes.sg, Zdnet

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