La Chine lance une initiative mondiale pour renforcer la sécurité et la protection des données

08 septembre 2020 à 13h58
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Drapeau Chine
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Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a fait comprendre, mardi, que l'initiative toucherait autant aux données personnelles qu'à l'espionnage entre États.

La Chine a annoncé, mardi 8 septembre, avoir lancé ce qu'elle appelle une « initiative » visant à bâtir des normes mondiales portant sur la sécurité des données. Depuis Pékin, le ministre des Affaires étrangères a dévoilé les contours d'un plan en huit points qui se destine, notamment, à contrer la politique américaine orientée autour du bannissement des technologies et des services de l'empire du Milieu. Wang Yi est allé jusqu'à préciser que l'initiative inviterait les entreprises (chinoises y compris) à ne pas installer de backdoor sur leurs produits ou équipements pour obtenir des données.

Pékin veut faire régner la paix, la sécurité et la coopération sur le cyberespace

Avec son « initiative mondiale sur la sécurité des données », la Chine veut prouver aux États-Unis et au reste du monde qu'elle est tout à fait capable de procéder à une régulation des données et de leur circulation. Pékin aurait même sollicité des gouvernements étrangers pour qu'ils apportent leur soutien à cette initiative. Wang Yi évoque « des règles mondiales de sécurité des données qui reflètent les souhaits de tous les pays et respectent les intérêts de toutes les parties » et qui seront établies sur la base « d'une participation universelle de toutes les parties ».

Le message du ministre chinois est on ne peut plus clair. Le plan doit mettre les points sur les i. « Certains pays individuels (comprenez, les USA en premier lieu, ndlr.) poursuivent de manière agressive l'unilatéralisme, jetant de l'eau sale sur d'autres pays sous le prétexte du "nettoyage" et menant des chasses mondiales contre les grandes sociétés d'autres pays, sous le prétexte de la sécurité. C'est de l'intimidation pure et simple, et cela doit être combattu et rejeté », a affirmé Wang Yi, qui intervenait dans le cadre d'un séminaire sur la gouvernance numérique mondiale à Pékin.

Officiellement, la Chine diffuse un appel à créer une communauté planétaire animé par le désir d'un avenir partagé dans le cyberespace, où régneraient la sécurité, la paix, la coopération, l'ouverture et l'ordre. « Les États ont la responsabilité et le droit d'assurer la sécurité des données et des informations personnelles importantes ayant une incidence sur leur sécurité nationale, leur sécurité publique, leur sécurité économique et leur stabilité sociale », a poursuivi le ministre.

La Chine veut protéger la souveraineté des données des États et s'opposer à la surveillance de masse entre États

En opposition à l'initiative américaine baptisée « Clean Network », dont nous parlions plus haut, la Chine articule sa stratégie et son plan autour de huit principes, parmi lesquels une gestion de la sécurité des données objective et fondée sur des preuves, matérialisée par le maintien d'une chaîne d'approvisionnement fiable de produits et services TIC mondiaux. Un autre principe doit consister, pour les États, à s'opposer à toute technologie, entreprise ou service qui altérerait ou volerait des données liées à des pans critiques d'autres États, menaçant ainsi leur sécurité nationale.

Sur le même ton, l'initiative soutient l'idée, et cela fait directement écho aux points soulevés par Donald Trump depuis de longs mois également pour justifier sa volonté d'écarter les technologies chinoises, de s'opposer à la surveillance de masse contre d'autres États mais aussi de s'opposer à la collecte illégitime de données personnelles d'autres États via certaines technologies, services ou équipements. Pékin souhaite aussi encourager les entreprises à respecter les lois et réglementations (comme le RGPD) de l'État où de la région où elles ont des activités. Dans le même temps, le plan propose de mettre fin à la rétention des données sur son propre territoire. Par exemple, Facebook ne pourrait plus stocker de données personnelles de ses utilisateurs français sur le sol américain. De même pour une entreprise comme Huawei, qui aurait l'obligation de stocker les données des citoyens européens en Europe. Et ainsi de suite.

Même son de cloche également pour l'acquisition de données personnelles dans le cadre d'une affaire criminelle : l'initiative milite pour que des accords multilatéraux ou bilatéraux soient passés, tout en préservant la souveraineté judiciaire et la sécurité des données des États.

Pour le moment, on ignore si des pays ont accepté d'adhérer à cette initiative, qui ferait presque office (et on l'écrit de façon à schématiser à l'extrême) d'« ONU de la donnée ». Mais le message a le mérite d'être lancé, et les diplomates chinois démarrent leur opération séduction.

Source : WSJ

Modifié le 08/09/2020 à 19h27
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cirdan
«&nbsp;Officiellement, la Chine diffuse un appel à créer une communauté planétaire animé par le désir d’un avenir partagé dans le cyberespace, où régneraient la sécurité, la paix, la coopération, l’ouverture et l’ordre.&nbsp;»<br /> C’est beau, ça nous arracherait presque des larmes… On pourrait même supprimer «&nbsp;dans le cyberespace&nbsp;» et s’imaginer que la Chine ait décidé de s’ouvrir à la démocratie.
Martin_Penwald
Quelle blague.<br /> « On va encourager les entreprises à ne pas mettre de portes dérobées sur leurs logiciels »<br /> Pourquoi ? C’est ce qu’elles font actuellement ?
Fodger
Plus c’est gros plus ça passe !
Blackalf
On va se calmer et rester dans le sujet sans agressivité ni puérilité, particulièrement celui qui s’amuse à provoquer gratuitement et qui a déjà été averti officiellement tout récemment, il se reconnaîtra (ou pas, vu le niveau)
juju251
Merci de ne pas faire dériver ce sujet qui traite de la sécurité des données dans le monde de l’informatique, à l’international en topic politique pro ou anti tel pays (oui, des message ont été supprimés et s’il doit y avoir des réclamation, ce sera en MP, uniquement).
Nervantoss
C’est pas moins ironique que Google qui lance des «&nbsp;initiatives&nbsp;» contre le tracking et les pubs.<br /> Bon après contrairement au Américain, sur la forme, la coopération serait plus international. Sur le papier c’est une bonne chose…<br /> Cela reste de la com, assez inhabituel de la part de la Chine.
kroman
Les serveurs de chaque site dans chaque pays ? En voilà une idée saugrenue, sauf pour un pays fabriquant de ces matériels…
bmustang
on va y réfléchir tranquillemmmment et voir de plus prêt ce que cache cette annonce ? La prudence est de rigueur face à son adversaire !
djill
Assez vague j’ai l’impression. Je trouve que c’est quand même un peu l’hopital qui se fout de la charité. Les chinois sont quand même connus pour le vol de donnée (plusieurs client qui ont été touchés et il y a plein de rapport qui abondent en ce sens - https://www.fireeye.com/content/dam/fireeye-www/services/pdfs/mandiant-apt1-report.pdf ).<br /> Donc je me pose quand même la question de qui enforcera cela? Des états tiers? Des organismes indépendants? Les états eux mêmes? A voir. Pour l’instant c’est du vent…
Blackalf
C’est toujours une grave erreur de s’attaquer à la modération, au revoir
MHC
Ils ont raison et pas certain que ce soit la Chine qui espionne le plus le monde…
cirdan
C’est clairement une opération de communication, mais venant de la Chine ( et pareil si ça venait des US), ça a un petit côté grotesque et surement aucune chance d’intéresser grand monde.<br /> On l’aurait regardé différemment si c’était la Suisse qui était à l’origine de l’initiative. Mais à mon avis, aucun projet sérieux de ce type n’a de chance d’aboutir. L’espionnite fait partie de l’ADN de tous les gouvernements du monde et internet c’est le graal des données. Inimaginable qu’ils acceptent un jour de s’en passer.
cirdan
Les statistiques étant difficiles à trouver dans le domaine…<br /> Mais je ne suis quand même pas sûr que tu aies raison (et je ne dis pas ça pour dédouaner d’autres pays ).<br /> Il y a une importante culture littéraire sur le sujet, mais cette page est intéressante.<br /> France Culture<br /> Les espions qui aimaient trop le business : la Chine<br /> Le renseignement est profondément ancré dans la culture chinoise, et le parti communiste l'a institutionnalisé, dans un climat de paranoïa. Originellement destiné à combattre les ennemis du parti, le renseignement est aujourd'hui massivement mobilisé...<br />
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