US : l'employé d'une société de vidéosurveillance admet avoir épié 200 de ses clients lors d'actes sexuels

25 janvier 2021 à 15h56
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surveillance vidéo espionnage © Sander van der Werf / Shutterstock
© Sander van der Werf / Shutterstock

Des dizaines de couples ont été victimes d'un technicien qui s'était habitué à espionner leurs ébats, et ce, durant plusieurs années.

Autant vous prévenir tout de suite : si vous êtes sceptique sur les bienfaits de la vidéosurveillance à domicile, ce que vous allez lire ne va franchement pas vous faire changer d'avis, bien au contraire. La Cour de district pour le district nord du Texas, aux États-Unis, a dû traiter une plainte concernant les méfaits de Telesforo Aviles, un ancien employé issu de la société américaine spécialisée dans la sécurité et la surveillance des particuliers et des professionnels, ADT. Le technicien de support de 35 ans a reconnu avoir espionné des dizaines de clients de l'entreprise.

Près de 10 000 accès illégitimes

Telesforo Aviles a été appréhendé par les autorités pour avoir abusé de ses fonctions entre novembre 2015 et mars 2020, période durant laquelle il a avoué avoir épié environ 200 clients (ou tout du moins 200 dispositifs) à l'aide d'outils de surveillance qu'il avait lui-même installés au domicile des victimes.

Dans la plainte rendue publique par le tribunal texan, on apprend que le technicien s'est livré à plus de 9 600 accès illégitimes et interdits. Il espionnait ainsi à leur insu (dans l'immense majorité des cas) des familles et des couples, souvent quand ces derniers se livraient à des actes intimes, très intimes même, comme des relations sexuelles.

Le trentenaire avait sélectionné un certain nombre de logements, au sein desquels il avait « repéré » des femmes qu'il jugeait attirantes.

S'il a pu agir ainsi, c'est non seulement, nous le disions, parce qu'il avait installé les systèmes de vidéosurveillance, mais aussi parce qu'il s'était mis en marge de la politique de l'entreprise, en ajoutant sa propre adresse e-mail au fichier des clients, utilisateurs de l'application ADT Pulse, à laquelle il est obligatoire de souscrire pour bénéficier du plein usage des appareils de la marque américaine.

Le facteur « intervention humaine », paradoxe de la surveillance à domicile

Pour ses fautes, qui tombent sous le coup d'un crime fédéral (la fraude informatique), Aviles risque gros. Il est passible de 250 000 dollars d'amende et encourt une peine de prison pouvant aller jusqu'à cinq ans. S'il est encore libre avant son jugement, le technicien ne peut plus quitter le Texas sans une autorisation des autorités.

C'est l'entreprise ADT qui avait directement soumis le cas à la justice, après s'être aperçue en avril 2020 des agissements de son désormais ex-employé. Elle a ensuite fait la démarche de contacter individuellement chaque client pour tenter de tempérer les choses, moyennant finance notamment. Mais deux actions collectives ont déjà été lancées : l'une à l'initiative de clients des solutions de surveillance ADT, l'autre au nom de mineurs vivant avec des clients propriétaires de produits ADT.

Cette affaire met à mal en tout cas le marché de la « maison connectée ».Car malgré les promesses d'une surveillance sécurisée, les risques sont multiples et rien ne garantit véritablement aux utilisateurs qu'ils restent seuls maîtres de leurs appareils. Pour éviter tout risque, la seule solution reste encore de priver d'énergie (batterie ou prise) tout dispositif de votre domicile qui ne vous serait d'aucune utilité en votre présence, dans le cas où vous vous équipez pour surveiller votre appartement ou maison en votre absence.

Source : Ars Technica

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LeToi
250000 dollars d’amendes , alors que l’entreprise va probablement payer beaucoup plus au total pour l’ensemble des familles concernées…
cirdan
«&nbsp;Mais deux actions collectives ont déjà été lancées : l’une à l’initiative de clients des solutions de surveillance ADT, l’autre au nom de mineurs vivant avec des clients propriétaires de produits ADT.&nbsp;»<br /> Reste à espérer que les animaux de compagnie aussi ont de bons avocats bien mordants.
AlexLex14
On pense à eux actuellement, effectivement
Demongornot
Et après il y a des gens qui se moque de moi quand je parle de vie privé, et sortent des trucs du genre «&nbsp;n’importe quoi, pourquoi on m’espionnerait moi, j’ai rien de spécial&nbsp;»…<br /> Et là ça parle que des couples qui coucher ensemble, rien n’est dit sur la tonne d’autre potentielle intrusion dans la vie intime et quotidienne au foyer.
AlexLex14
Je suis d’accord…<br /> Je ne critique pas ce que peut adopter le marché de la «&nbsp;maison connectée&nbsp;», avec des utilisations qui peuvent être pertinentes, mais il est clair qu’il y a un énorme flou autour quand même encore plus dans ce cadre privé.
sandalfo
Mieux vaut mettre des détecteurs de mouvement / intrusion reliés à une alarme et une ligne téléphonique. Quand vous êtes là tout ce qu’on sait c’est qu’il y a quelqu’un. Et quand vous n’êtes pas là ça protège des intrusions.
malak
Ce que je trouve incroyable moi, c’est que l’entreprise l’ai dénoncé malgré tout le négatif qui va lui retomber sur la gueule…<br /> Combien d’entreprises préfèrent éjecter le gars et étouffer l’affaire?<br /> Bravo à ADT si rien d’autre ne les a poussé à dénoncer le gars
idhem59
Mieux vaut assumer plutôt que ça se sache de manière détournée ou via des fuites.<br /> Dans le premier cas, tu assures que le problème est terminé, et tes clients se disent qu’il peuvent avoir confiance face à cette sincérité. Dans le deuxième cas, tu créé un bad buzz et tes clients désertent en se disant que l’entreprise leur cache peut être autre chose.
AlexLex14
malak:<br /> Combien d’entreprises préfèrent éjecter le gars et étouffer l’affaire?<br /> En fait, ils ont tenté d’étouffer l’affaire, en proposant une compensation financière aux clients en échange de leur silence. Sauf que ça n’a pas fonctionné, donc ils ont précédé à un «&nbsp;revirement transparent&nbsp;» si j’ose dire.
Space_Boy
C’est un webcam dans la chambre à coucher? Quel idée!<br /> Si c’est dans la cuisine, bah…ne fait pas du crac-crac sur la table de cuisine…ce n’est pas hygiénique non plus
Fatima
Les américains , des naïfs et bien fait pour eux à mettre des caméras dans leurs domiciles …mais lol
dredd
Ils font ce qu’ils veulent où ils veulent chez eux. Manquerait plus que ça qu’on nous disent où on a le droit ou non de s’envoyer en l’air dans sa maison.<br /> Par contre, à partir du moment où ce n’est pas un système qui ne nécessite pas l’intervention d’un tiers, alors oui, vaut mieux éteindre ses caméras si on a envie de prendre du bons temps de la même manière que tu fermes les rideaux si la fenêtre donne sur le voisinage.
Demongornot
Le souci ce n’est pas tant la maison connectée en elle-même, en fait beaucoup pensent à tord que faire des normes et sécurité pour le respect de la vie privé viendrait à vivre sans technologie, ou en tout cas à clairement limité ce qu’on pourrait faire…<br /> Mais en réalité c’est le contraire, car justement des protections ouvrirais des portes sur des choses impensable de nos jours car justement trop dangereux pour la vie privée.<br /> Mon idéal de maison connectée par exemple, c’est avec la majorité des fonctionnalités accessible uniquement depuis des capteurs Infra-Rouge dans les pièces, ce qui empêche règle beaucoup de problème de sécurité du Bluetooth et du Wi-Fi mais également relatif à un accès distant, c’est très simple et à faible cout (bien que hélas les smartphones modernes ont que rarement le port Infra-Rouge).<br /> L’avantage ici c’est qu’on peut avoir de la reconnaissance vocale pour demander des choses tel qu’allumer/éteindre tel ou tel appareil mais sans risquer d’être écouté grâce à un simple assistant hors ligne, tout en bénéficiant de demandes particulières qui sont des requêtes unique car les seuls choses qui irons hors du réseau local avec un système différent du SQL qui lui laisse beaucoup trop de choses passer, mais plutôt une liste de chose bien déterminé, tel que demander pour la météo.<br /> Et des fonctions uniquement non critique disponible à distance, tel que lecture de la température, vérification que les robinets soient bien fermé, possibilité de fermeture des volets, vérification de et fermeture des serrures et fenêtres, alarmes, etc.<br /> Des caméras de surveillance avec un cache physique et déconnexion physique de l’alimentation.<br /> Un mode «&nbsp;absent&nbsp;» qui permet de laisser certaines fonctionnalités tel que vision des caméras à distance que s’il n’y a personne dans la maison, avec un mode intelligent de floutage de tout ce qui ne bouge pas pour éviter que de potentiel intrus sur le réseau puisse voir les possessions, tout en prenant en charge un mode «&nbsp;animaux&nbsp;» pour vérifier qu’ils vont bien par exemple.<br /> Bref, le tout connecté n’est pas incompatible avec la vie privée, bien au contraire, ça peut justement permettre de faire un tampon entre ce qui peut, doit et ne doit pas sortir du réseau local de touts ces objets.
Bibifokencalecon
Ce qui est le plus aberrant ici est que les vidéos étaient accessibles par des techniciens de la compagnie ADT (un très gros joueur du marché professionnel ou pour les particuliers exigeants) sans véritable contrôle interne de ces accès.<br /> Ici on ne sait pas si ce technicien (installateur) modifiait les appareils, passait par une porte dérobée interne ou encore utilisé ces accès standards dans la compagnie.<br /> Mais bon… 5 ans à laisser faire cela sur 200 dispositifs de surveillance, pour une compagnie de sécurité, c’est un sacré manquement pour son propre département de sécurité IT interne et de contrôle de qualité interne. Un ratage complet en bonne et due forme, et qui tombe bien mal puisque cette compagnie a signé en août dernier un partenariat de long terme avec Google et Nest.<br /> Sans trop se risquer, on peut prévoir d’ici les prochaines semaines :<br /> une chute de sa côte boursière<br /> la fin de partenariats d’affaires<br /> un départ de clients mécontents (grand public et professionnel)<br /> quelques départs internes (mise à pieds, démissions ou renvois) pour «&nbsp;blâmer&nbsp;» publiquement des «&nbsp;fautifs&nbsp;»<br /> et de très gros frais juridiques<br />
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