Les stalkerwares, ces logiciels espions utilisés comme outils de violences conjuguales

12 décembre 2020 à 11h40
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© Msporch/Pixabay

La pratique qui consiste à espionner un proche à l'aide d'un logiciel dédié peut être punie par la loi, au titre de ce que l'on appelle cyberviolence domestique.

Les logiciels espions, légalement présents sur les boutiques d'applications, sont utilisés par des femmes et des hommes pour, parfois illégalement, espionner leur conjoint(e), ce qui peut aboutir à du harcèlement, voire à des violences conjugales. Jeudi 10 décembre, Kaspersky a organisé un webinaire visant à fournir les clés au grand public pour se protéger contre cette pratique de stalkerware, prohibée, et se prémunir des logiciels espions.

Une forte hausse de l'utilisation des stalkerwares depuis 2019

Les applications espionnes de harcèlement et de contrôle sont aussi pernicieuses que ceux et celles qui les utilisent, car une fois installé sur un smartphone, le logiciel est quasi-indétectable par le propriétaire du mobile. Derrière, toutes les activités sont tracées : géolocalisation, photos, vidéos, discussions, appels, achats, utilisation des réseaux sociaux, navigation web… L'installateur peut être au courant de tout, ce qui constitue une grave entrave à la vie privée, outre un comportement extrême qui se transforme rapidement en violences psychologiques ou physiques.

Kaspersky note que la forte hausse de l'utilisation des stalkerwares constatée en 2019 (+67%) devrait conserver la même trajectoire en 2020. Le spécialiste de la cybersécurité a constaté 845 installations de ces logiciels en France depuis le mois de janvier. Un chiffre largement sous-estimé, puisqu'il ne prend en compte que les utilisateurs qui font appel à une solution de sécurité, et ils sont minoritaires.

Selon les études du Centre Hubertine Auclert (CHA), qui participait au webinaire, 1 femme sur 5 pense être espionnée par son conjoint à l'aide d'un logiciel espion. « Le contrôle et le pouvoir que l’agresseur instaure sont des caractéristiques clés de ces violences et les outils numériques sont venus le renforcer, notamment via les opportunités de surveillance qu’offrent ces logiciels espions », explique Iman Karzabi, chargée de mission à l'Observatoire des violences faites aux femmes du CHA.

En 2019, Kaspersky a fondé une coalition de façon à lutter contre ce phénomène, avec le soutien notamment de la préfecture de police de Paris et d'une influenceuse engagée contre le cyberharcèlement, le sexisme et la haine en ligne, Chloé aka TheGingerChloé.

En cas de détection d'un logiciel, le supprimer est une erreur, car cela équivaut à la destruction de la preuve.

Si nous vous expliquions que les logiciels espions sont quasi-indétectables, il existe tout de même des moyens pour les dénicher. Mais il faut pour cela détenir certains outils et techniques. « Dans un premier temps, dans les paramètres du téléphone, il est possible de vérifier si une application est exécutée "en arrière-plan" et utilise de la bande passante », note Arnaud Dechoux, représentant de la coalition contre les stalkerwares en France. Et ce responsable des affaires publiques chez Kaspersky France de livrer un précieux conseil : « si la batterie du téléphone se vide très rapidement, sans raison, cela peut-être un signe avant-coureur de la présence d'un stalkerware ». Surtout si le mobile en question est récent.

Kaspersky a créé un outil gratuit et open source baptisé TinyCheck à destination des associations de protection des victimes, qui permet, sans envoyer de notification à l'appareil récepteur, de détecter les logiciels malveillants présents sur un appareil. Si vous avez des doutes, il est conseillé d'adopter un mot de passe fort, de le changer régulièrement, et de démarrer son mobile avec les paramètres d'usine en cas de cadeau.

Malgré tout cela, la commissaire divisionnaire et responsable de la Mission cyber de la préfecture de police de Paris recommande aux victimes de ne pas désinstaller le logiciel lorsque celui-ci est repéré. L'application fait en effet office de preuve pour pouvoir ensuite porter plainte, et mieux vaut ainsi repousser l'échéance. D'autant plus que la suppression avant plainte du logiciel pourrait pousser la personne l'ayant installé à franchir la ligne rouge. « Sachez que la simple détention de ce type de logiciel – côté observateur – est passible d’une peine de l’ordre de 5 ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende », précise la commissaire.

Outre le dépôt de plainte, la victime peut contacter une association d'aide aux victimes, contacter le 3919 ou lancer le tchat des forces de l'ordre spécialisé dans les violences sexistes et sexuelles.

Modifié le 14/12/2020 à 09h59
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