Les Chevaliers du Zodiaque : La Légende d’Or sur NES, quand triomphe le mal ?

Stéphane Ficca
Spécialiste hardware & gaming
20 septembre 2020 à 10h10
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Retour sur cette bonne vieille NES pour ce nouvel épisode de NEO•Classics, dans lequel nous allons revenir sur l'adaptation d’un célèbre animé des années 80/90 : Les Chevaliers du Zodiaque.

En effet, nombreux sont ceux qui, à l’époque, se sont laissés séduire par cette adaptation 8 bits signée Bandai, et qui promettait aux joueurs d’incarner Seiya, chevalier de Pégase, aux prises avec les Chevaliers Noirs, d’Argent et d’Or, dans un jeu qui mélangeait alors des phases de plateforme avec des combats au tour par tour (façon RPG), un style alors totalement inconnu de pas mal de joueurs français d’ailleurs…

Aux antipodes de la bataille des téraflops, de la 4K et des 60 fps, NEO•Classics vous propose un retour vers les origines du jeu vidéo. Du titre 2D en gros pixels au moins lointain jeu à la 3D hésitante, cette chronique vous invite à (re)découvrir les pépites vidéoludiques qui ont ouvert le monde au 10ème art...

Les Chevaliers du Zodiaque / Dragon Ball, même combat ?

Dans les années 80/90, si Dragon Ball occupait une place importante au sein du sacro-saint Club Dorothée, le rendez-vous préféré des enfants de l’époque permettait également de retrouver d’autres dessins animés aujourd’hui cultes. C’est le cas de Ranma 1/2, de Nicky Larson, de Jeanne et Serge, d’Olive et Tom, de Lucille Amour & Rock’n Roll, de Ken Le Survivant, du Collège Fou Fou Fou, de l’Inspecteur Gadget mais aussi des Chevaliers du Zodiaque.

Autant dire que lorsque La Légende d’Or déboule sur NES, n’importe quel fan de l’époque aurait tout fait pour mettre la main sur le titre signé Bandai, dont la simple jaquette suffisait à faire rêver le jeune joueur innocent que j’étais.

À l’instar de Dragon Ball, il faut savoir que Les Chevaliers du Zodiaque : La Légende d’Or a fait l’objet d’une localisation complète en France. Comme l'indique fièrement la jaquette, le jeu est intégralement traduit en français, et mieux encore, après sa sortie au Japon, le jeu a sauté la casé USA pour débouler directement dans notre beau pays. Fou, non ?

Des débuts (très) laborieux…

Pour la petite histoire, à l’époque, je fus bloqué l’espace de quelques heures au menu de démarrage de ce Les Chevaliers du Zodiaque : La Légende d’Or.…

Au début du jeu, il est demandé au joueur d’inscrire sa date de naissance, et malgré mes multiples efforts, rien ne se passe, le jeu ne semble pas vouloir accepter mon arrivée dans ce monde lorsque je rentre "1982/21/10". Rien de plus frustrant pour le jeune fan qui rêvait de jouer à son jeu et qui se retrouve bloqué face à (ce qu’il pense être) un bug. C’est tard le soir, qu’un voisin m’explique qu’il faut « rentrer la date à l’envers, comme en Amérique ». Je tape alors "1982/10/21" sans trop y croire, et pourtant… Banco !

Pour démarrer le jeu, il fallait rentrer sa date de naissance... au format US. Pour la petite histoire, il n'est pas possible de rentrer une date de naissance ultérieure à 1999.

Ça y est, j’ai enfin la possibilité de lancer le jeu, et je me retrouve alors rapidement… bloqué à nouveau. En effet, très vite on rencontre notre premier ennemi, à savoir « Cassius » (qui d’ailleurs ne l’est pas), et l’affichage en 2D classique se voit alors transformé en un écran de combat composé de deux écrans fixes bien énigmatiques (dans lesquels on reconnait parfaitement les personnages d'ailleurs), et il est alors demandé au joueur de « charger son cosmos ».

Impossible de comprendre quoi que ce soit avec ces jauges P.O., P.A…. Je valide au hasard, mais que j’opte pour poings ou pieds, mes coups tapent inexorablement dans le vide. Nouvelle frustration…

L'interface de combat... pas très clair non ?

Là encore, quelques jours plus tard, ce même voisin (Guillaume, si tu me lis) déboule à nouveau, m’indiquant qu’il faut en réalité « charger » les quatre jauges (en pressant la croix directionnelle à droite) pour pouvoir asséner enfin les célèbres attaques de Pégase. Eurêka !

Sans le savoir, beaucoup ont découvert le système de combat au tour par tour (un peu remanié ici je vous le concède) avec ce Saint Seiya. Sacrée galère donc, mais après des débuts calamiteux, la faute à des explications absentes ou incomplètes, je peux enfin démarrer cette aventure mythologique qui me tend les bras, en prenant évidemment le soin au préalable de chanter une chanson bien haut…. c'est la chanson des hérooos !

Une suite bien laborieuse aussi…

Rapidement, on comprend donc que cette adaptation va alterner des phases en 2D, durant lesquels on peut combattre de faibles ennemis, discuter avec des PNJ et visiter certains bâtiments, avec des écrans de combats figés, durant lesquels il faudra charger son cosmos donc, avant de pouvoir attaquer ses adversaires.

Dans un premier temps, on recherche un semblant de stratégie, en pressant la touche Select pour visualiser les données de l'adversaire, en remplissant partiellement ses jauges par exemple, sans vraiment jamais comprendre le pourquoi du comment. Rapidement, on s'autorise à remplir constamment les 4 jauges, les combats étant en général expédiés en un ou deux tours. Mais qu’importe, on rencontre tout d'abord les chevaliers de Bronze, puis les chevaliers Noirs, les chevaliers d'Argent, et on caresse rapidement l’espoir d’aller au bout de l’aventure pour traverser les douze maisons.
Et c'est (en partie du moins) ce que l'on recherchait !

Alors non, ce n'est pas vieux chef indien à droite, c'est Shiryu le chevalier du Dragon

Bon… vous le savez certainement si vous avez déjà touché un jour à ce Les Chevaliers du Zodiaque : La Légende d’Or, le jeu n'est pas une franche réussite. Certes, on prend plaisir à retrouver son univers favori, mais force est d’admettre que rien n'a été pensé correctement ici, et tout (ou presque) est mal indiqué, erroné, fastidieux, lourdingue au possible…

À cela s’ajoute une traduction pour le moins… disons énigmatique, comme c’était d'ailleurs le cas sur Dragon Ball : le secret du dragon. À noter qu’il est tout à fait possible de faire appel à certains compagnons de route, à savoir Shiryu, Hyoga, Ikki et Shun, mais ces derniers sont nettement moins agiles que Seiya au combat (sans compter le fait que tous partagent la même barre de vie et de cosmos).

En mode combat, les vignettes avaient quand même une classe folle

Outre des combats totalement hasardeux (ou presque), les phases en 2D sont une véritable plaie, avec des niveaux qui se ressemblent tous (le Mont Fuji, au secours…), mais aussi des allers/retours complètement improbables, des dialogues de l’absurde, des phases de plateforme ignobles (mais vraiment…), une musique atroce, une progression ultra hachée…

Rapidement, on se dit que ce Les Chevaliers du Zodiaque : La Légende d’Or est finalement loin d’être l’adaptation dont on rêvait… mais le mal était fait, le jeu était acheté, et il fallait donc y jouer au moins quelques semaines/mois avant de pouvoir espérer quémander un autre jeu à ses géniteurs.

Quoi de neuf Seiya ?

C'est donc bon gré mal gré que j'ai plongé dans ce jeu assez atypique pour l’époque, mélangeant des phases d’exploration en scrolling horizontal à des combats statiques aussi hasardeux que difficiles à appréhender. Le début du jeu est particulièrement mémorable aujourd’hui encore, avec un tournoi galactique organisé au Colisée, et ses fameuses punchlines entre Seiya et ses différents adversaires.

Un écran auquel on est confronté plus d'une centaine de fois...

Rapidement, il fallait déjà comprendre que l’on pouvait faire évoluer les attributs de son personnage, avec un côté RPG qui n’était pas franchement commun, ni instinctif à l’époque…

Via la touche Select, le joueur appelle un menu essentiel dans le bon déroulement du jeu : ce dernier permet en effet d'enfiler/retirer l'armure, mais aussi de faire évoluer son personnage, et, surtout, de se déplacer dans les différents environnements du jeu.

Notez d'ailleurs que les attributs de base de votre personnage étaient définis en fonction de votre signe zodiacal, signe "calculé" via la date de naissance renseignée en début de partie. C'est ce qui s'appelle ne pas faire les chose à moitié.

Comme dans un vrai RPG, l'XP permet de faire gonfler les stats de son personnage

Pour la petite histoire, sachez qu'en début de partie, dans la section « Continuer », en tapant le mot de passe « TU.AS GAGNE!! TU.ES PASSE… MAITRE! », il est possible de démarrer l’aventure avec la santé, l’EXP et le cosmos à 999, et toutes les statistiques à fond. Cela n'améliore pas la progression calamiteuse du jeu attention, mais disons que cela facilite grandement les débats.

Rappelons que le jeu, de par sa gestion toute particulière du Cosmos, indispensable aux combats, impose de très (trop) nombreux passages à l’hôpital du coin, avec même la possibilité d’être bloqué vers les ¾ du jeu si on ne dispose pas d’assez de santé/cosmos, et il faut alors se résoudre à tout recommencer depuis le début…

La magie du Cosmos !

À en juger par sa liste de défauts (et j’en passe pas mal sous silence, à commencer par des graphismes assez hideux lors des phases en 2D et des ennemis qui se répètent souvent sans raison), on pourrait légitimement croire que cette adaptation de Saint Seiya était une cruelle déception, et que le jeu fut abandonné au bout de quelques minutes à peine par des milliers de jeunes joueurs en sanglots, priant le dieu jeu vidéo de leur offrir un titre digne de ce nom la prochaine fois.

Ceci (à gauche) est un chevalier Noir

Et pourtant, grâce à/à cause de l’innocence de l’époque sans doute, j’avoue (comme bon nombre d'autres jeunes joueurs de l'époque) avoir passé un bon moment sur ce Chevaliers du Zodiaque sur NES. Hormis des soucis de traduction et une progression assez frustrante, l’histoire suivait (à peu près) la série TV de l’époque, et j’admets avoir terminé (à plusieurs reprises même) le jeu, en y prenant un certain plaisir.

Au fil du temps, on apprenait à mieux gérer sa progression, en se découvrant parfois une nouvelle passion : le leveling. Aujourd'hui encore, hormis cette progression ultra lourdingue, j'avoue apprécier le fait de relancer le jeu de temps à autre, sachant que ce dernier peut facilement être terminé en moins d'une heure.

Les phases en 2D sont assez vilaines, avec ici à gauche Seiya, et à droite Ikki, le chevalier du Phénix

Alors certes, il fallait souvent connaitre par cœur la route à suivre, tant la progression était hasardeuse, et c’est bien souvent un ami ou même un magazine feuilleté à la va-vite à la presse du village (merci Nintendo Player !), qui permettait de comprendre quoi faire après telle ou telle séquence.

Et que dire des mots de passe constitués de 25 caractères qu’il fallait noter soigneusement sur un post-it avec sa plus belle écriture pour espérer ne pas reprendre l’aventure depuis le début ? De cette gestion des points de vie et du cosmos à s’arracher les cheveux ? De cet hôpital que l’on visite à d’innombrables reprises ? De ce planétarium caché dans le manoir ? Ou encore de ce « Quoi de neuf Seiya ? » qui traumatisera plus d’un joueur ?

Chaque combat est émaillé d'une ou plusieurs punchlines

Pourtant, le simple fait de voir un ennemi à l'écran (en mode combat), de découvrir tel ou tel personnage emblématique de la saga, ou encore de voir Seiya revêtir l’armure d’or, de façon complètement aléatoire d’ailleurs, suffisait à garder au fond de son cœur le courage des vainqueurs pour aller toujours de l’avant.

Mauvais jeu… mais bons souvenirs ?

Alors non, soyons clairs, Saint Seiya est (très) loin de constituer ce qu’on appelle « un bon jeu », mais il reste malgré tout, un peu à l’instar de Dragon Ball sur NES finalement, un jeu qui conserve un vrai capital sympathie, en très (très) grande partie pour les souvenirs personnels qui lui sont associés.

Et c’est un peu ça aussi la magie du rétrogaming, ce n’est pas forcément se replonger aujourd’hui dans un jeu 8 ou 16 bits aux qualités indéniables (comme un Mega Man X ou un Donkey Kong Country), mais ce sont aussi les différents souvenirs, toute la nostalgie et les différentes émotions qui lui sont associés, qu’une simple jaquette, une musique, une séquence de jeu ou encore une erreur de traduction, peuvent aussitôt faire remonter, y compris sur un titre pourtant de piètre qualité.

C’est incontestablement le cas de cette adaptation de Saint Seiya (c’est le cas également pour Tortues Ninja sur NES), qui ne déborde pas de qualités, loin de là, mais qui reste finalement assez touchante pour la plupart de ceux qui l’ont côtoyée à l’époque.

Bref, ce dimanche après-midi, si vous n’avez jamais joué à Les Chevaliers du Zodiaque : la Légende d’Or sur NES, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire… Inscrivez votre date de naissance à l’américaine au début du jeu, et chargez ces p***** de jauges de cosmos !

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