Test iPhone 12 mini : exactement le même... En plus petit

Pierre Crochart
Spécialiste smartphone & gaming
19 novembre 2020 à 18h11
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Si nous avons qualifié l’iPhone 12 Pro Max de modèle le plus intéressant du nouveau line-up d’Apple, beaucoup attendent davantage de l’iPhone 12 mini. Il faut dire que la Pomme a bien fait poireauter ses clients, qui ne demandaient qu’une chose et une seule : un smartphone utilisable à une main, qui ne sacrifie ni les performances, ni la photographie.

Un souhait a priori exaucé en l’objet de cet iPhone 12 mini qui, à en juger par sa fiche technique, ne fait l’impasse sur rien, ou presque, comparé à l’iPhone 12 classique.

Toutefois plusieurs questions se posent, quatre ans après la sortie de l’iPhone SE premier du nom, qui reste dans les mémoires comme le dernier vrai iPhone compact d’Apple. Y a-t-il encore vraiment un public pour ces appareils, alors que le gigantisme des écrans est désormais de rigueur ? L’autonomie de l’iPhone 12 mini ne pâtit-elle pas trop de ce châssis minuscule, qui a obligé Apple à réduire la capacité de sa batterie de presque 30 % par rapport au modèle classique ?

Autant de questions, et bien d’autres encore, auxquelles nous allons tenter de répondre dans ce test complet de l’iPhone 12 mini.

iPhone 12 mini : la fiche technique

Petit certes, mais costaud. Apple avait été très clair sur ce point : l’iPhone 12 mini n’est pas un « sous iPhone 12 ». Il profite de la même puce A14 Bionic, du même modem 5G, de la même quantité de mémoire vive et des mêmes appareils photo que son grand frère. C’est également celui qui s’affiche au tarif le plus abordable de l’année, avec une étiquette à 809 €, identique à l’iPhone 11 de l’an dernier.

L’iPhone 12 mini, c’est :

  • Écran : Super Retina XDR (OLED) de 5,4 pouces affichant une définition de 2340 x 1080 pixels  (476 ppp, rafraîchissement 60 Hz, Dolby Vision) couvrant environ 85 % de la face avant. Protégé par un verre Ceramic Shield.
  • SoC : Apple A14 Bionic (2x3,1 GHz + 4x1,8 GHz et GPU 4 cores)
  • Mémoire vive : 4 Go LPDDR4
  • Stockage interne :64, 128 ou 256 Go (non extensible via carte SD)
  • Batterie : 2 227 mAh, recharge rapide à 20 W, compatible avec la charge sans-fil jusqu’à 12,5 W (MagSafe)
  • Étanchéité : IP 68
  • Prise jack 3,5 mm : Non
  • Audio : Haut-parleurs stéréo
  • Appareils photo arrière :

    • Grand-angle :  12 mégapixels ƒ/1.6, 1.4 µm, OIS, focale de 26 mm

    • Ultra grand-angle : 12 mégapixels ƒ/2.4, 1/3.6",  focale de 13 mm (120°)
  • Appareil photo avant : 12 mégapixels ƒ/2.2, 1/3.6"
  • Vidéo : 4K @ 30/60, 1080p @ 60/120 ips, EIS
  • Déverrouillage : Face ID
  • Double SIM : Oui (nanoSIM + eSim)
  • Compatible 5G : Oui (sub-6 GHz et mmWave)
  • Connectivité : Wi-Fi 802.11 a/b/g/n/ac/6, Bluetooth 5.1, NFC
  • Dimensions : 131,5 x 64,2 x 7,4 mm
  • Poids : 135 grammes
  • DAS : tête 0,99 W/kg, tronc 0,99 W/kg et membres 3,85 W/kg
  • OS : iOS 14
  • Coloris : Blanc, Noir, Bleu, Vert, Product(RED)
  • Prix : 809 € pour 64 Go, 859 € pour 128 Go, 979 € pour 256 Go
  • Disponibilité : Disponible

Une configuration impressionnante, a fortiori dans un châssis aussi petit. De quoi rassurer celles et ceux pour qui les performances ne doivent pas être sacrifiées sur l’autel de la compacité.

Tout comme les autres membres de la famille, l’iPhone 12 mini n’embarque pas de chargeur dans sa boîte. Seul un câble USB-C vers Lightning est fourni, ainsi qu’une paire d’écouteurs filaires EarPods. Pour recharger votre mobile, il faudra donc recycler vos anciens adaptateurs secteurs, ou ajouter à la facture l’achat d’un nouveau modèle — ou du nouveau chargeur magnétique MagSafe.

© Pierre Crochart pour Clubic

Design : compact oui, mais haut de gamme

Quel plaisir, que les constructeurs de smartphones soient de nouveau intéressés pour développer des produits de petite taille. Quelques mois après l’excellent Pixel 5 de Google, c’est un vrai bonheur que de lui découvrir un vrai concurrent, en l’objet de l’iPhone 12 mini.

Toute la famille est réunie © Pierre Crochart pour Clubic

Mais le dernier-né d’Apple est encore plus compact que l’appareil de Google. Autant l’écrire : il s’agit du plus petit modèle disponible à l’heure actuelle sur le marché du smartphone haut de gamme. Et très probablement du marché du smartphone tout court d’ailleurs.

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Je vous laisse imaginer que, quelques jours après avoir bouclé mon test de l’iPhone 12 Pro Max, le contraste est saisissant. En main, l’iPhone 12 mini se sent à peine. Ultraléger (135 grammes !), il bénéficie de dimensions qui favorisent forcément la préhension. On peut le tenir fermement, voir l’envelopper intégralement dans la paume de sa main si elle est suffisamment grande. Une chose est sûre : aucune risque de se le faire voler dans les transports en commun en le serrant dans sa main.

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Son gabarit mis à part, l’iPhone 12 mini n’est autre… qu’un iPhone 12. Le châssis est absolument identique, avec ses bordures plates du plus bel effet (en aluminium brossé) et son dos en verre surmonté, dans l’angle supérieur gauche, des deux objectifs de l’appareil photo.

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Tout est à la même place. Comme l’encoche, évidemment, qui ne manquera pas de déranger ses fidèles détracteurs. Il faut reconnaître que la balafre est d’autant plus dérangeante sur un écran de 5,4". D’autant qu’elle ne paraît pas être plus petite que sur les autres modèles de la gamme, contrairement à ce que l’on avait pu imaginer il y a quelques mois. Néanmoins, l’utilisateur d’iPhone que je suis depuis des années doit bien avouer y être habitué.

Qui dit petite taille, dit aussi clavier riquiqui. Sans être aussi compact que l’iPhone SE / iPhone 5, l’iPhone 12 mini laisse peu de place à vos doigts pour pianoter sur l’écran. Un petit temps d’adaptation est donc nécessaire pour que nos mains prennent l’habitude de se placer différemment sur l’écran. Une chose est sûre : on finit toujours par s’habituer à la taille de l’écran, que l’on passe d’un écran minuscule à un modèle gigantesque, ou l’inverse.

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Toujours dépourvu de port jack, l’iPhone 12 mini ne laisse entrevoir sur sa tranche inférieure que le port Lightning, son microphone et sa grille de haut-parleurs qui, avec l’écouteur placé en haut de l’écran, restituent un son stéréo. Le bouton d’allumage est toujours placé à droite, et la réglette de volume, ainsi que l’interrupteur de silence, sur la tranche gauche. Rien à signaler : c’est un iPhone.

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Écran : une dalle OLED presque parfaite

Vous le savez, Apple a cette année fait le choix de dispenser définitivement ses smartphones de dalles LCD . L’intégralité du line-up d’iPhone 12 dispose ainsi d’un écran Super Retina XDR OLED. Le même que s’offrait, l’an dernier, l’iPhone 11 Pro.

Une excellente nouvelle, tant cet écran a été plébiscité par les spécialistes de l’image au cours de l’année. Aussi nous ne sommes pas du tout surpris des excellents résultats obtenus via notre sonde X-Rite et le logiciel Calman Ultimate en testant l’écran de l’iPhone 12 mini.

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L’unique différence qui sépare l’écran des iPhone 12 et mini de celui des 12 Pro / Pro Max réside dans la luminosité maximale. Sur le modèle qui nous intéresse aujourd’hui, elle culmine à 633 nits, contre 835 sur le modèle très haut de gamme. Concrètement, cela offre une meilleure lisibilité quand la luminosité ambiante est très forte. Mais même avec 633 nits, l’écran reste parfaitement utilisable en extérieur.

Paradoxalement (car c’est le moins cher des quatre), c’est bien l’iPhone 12 mini qui nous a offert la balance des blancs la plus juste dans notre batterie de tests. Avec une température calculée à 6 342 K, il touche du doigt la norme de 6 500 K attendue. Mais l’écran de l’iPhone 12 mini s’illustre davantage sur un autre point : la restitution des couleurs.

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Nous lui avons calculé un delta E 2000, qui mesure la différence entre une couleur affichée et sa référence Pantone, à 1,04. C’est tout bonnement impressionnant de justesse ; et c'est de mémoire le meilleur score obtenu dans nos tests cette année. 

L’iPhone 12 mini couvre en outre 99,2 % du gamut sRGB, et a priori autant du DCI-P3, si l’on en croit la communication d’Apple. En effet, les iPhone permutent automatiquement leur affichage lorsqu’un contenu compatible P3 est à l’écran. Or l’application qui nous permet de réaliser ces mesures est cantonnée au spectre sRGB, nous ne pouvons donc pas mesurer comme il se doit la couverture de ce gamut.

Pour résumer, l’iPhone 12 mini dispose d’un écran en tout point impressionnant. D’autant que, de par sa petite taille, il offre la plus grande densité de pixels (476 ppp) du line-up actuel d’Apple.

Très réactif, même s’il fait l’impasse sur une fréquence d’affichage de 120 Hz comme la plupart de ses concurrents, l’écran de l’iPhone 12 mini montre ses limites lorsque l’on veut lire de longs articles ou visionner des vidéos. La diagonale de 5,4" s’accommode fort bien de l’exercice du scrolling sur les réseaux sociaux, ou des conversations sur des messageries. Il est en revanche bien moins confortable, pour profiter de sa série préférée ou de son jeu fétiche, que celui de l’iPhone 12 et ses 6,1 pouces.

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Audio : un bon compagnon de mélomane

L’iPhone 12 mini propose scrupuleusement la même expérience sonore que ses grands frères. Ses deux haut-parleurs font du très bon boulot pour restituer un son enveloppant, et le spectre sonore est plutôt équilibré. Ces attributs en font un bon appareil pour regarder des vidéos ou même écouter de la musique sans forcément se munir d’un casque.

Sans prise de risque particulière, la courbe donne fatalement plus d’importance aux médiums qu’aux basses. On est tout de même parfois surpris par le coffre de ce petit appareil qui, sur certains morceaux, arrive à nous ambiancer sans avoir à rougir face à une petite enceinte connectée sans prétention.

Les EarPods fournis avec l’appareil sont connus comme le loup blanc. Tout le monde sait exactement à quoi s’attendre avec ces petits écouteurs boutons, qui ne sont là que pour répondre à la réglementation en vigueur obligeant les constructeurs de smartphones à fournir un kit mains libres avec leurs produits. 

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L’isolation phonique est très mauvaise, mais il faut reconnaître que le son n’est pas forcément vilain lorsque l’on se trouve dans un environnement calme. Ici encore, l’emphase est mise sur les médiums au détriment des basses. Les aigus restent assez précis.

Bien entendu, on prendra beaucoup plus de plaisir à écouter de la musique à l’aide d’un bon casque audio, ou des AirPods Pro d’Apple. Si l’on peut tout à fait opter pour un adaptateur Lightning vers jack 3,5 mm, l’iPhone 12 mini supporte les périphériques Bluetooth dans les uniques codecs SBC et AAC. Les amateurs de musique recherchant un son très haute définition devront plutôt se tourner vers des solutions Android, comme le bluffant Vivo X51 5G ou le Sony Xperia 5 II.

Performances : petit mais (ultra)puissant

On l’a déjà dit, et on le répète : l’iPhone 12 mini dispose du même bagage technique que l’iPhone 12. Son SoC A14, gravé en 5 nm, s’accompagne de 4 Go de RAM — contre 6 sur les modèles « Pro » — pour nous offrir des performances explosives.

AnTuTu Benchmark accorde l’excellent score de 607 834 points à l’iPhone 12 mini, et Geekbench le fait s’approcher des 4 000 points multi-core obtenus par l’iPhone 12 Pro Max. Mis à l’épreuve dans 3DMark, le GPU offre également des performances du tonnerre avec 5 020 points.

Enfin, le support de stockage affiche des débits en lecture et en écriture tout à fait semblables à ceux de l’iPhone 12, autour des 900 Mb/s.

Des scores qui autorisent fatalement toutes les folies en compagnie de l’iPhone 12 mini. Jeux vidéo avec les réglages au maximum ? Check. Traitement des photos ultrarapide ? Check. Filmer en 4K à 30 ips en Dolby Vision ? Check. Précision des tâches de réalité augmentée ? Check ; et j’en passe !

L’A14 Bionic est un SoC monstrueux, qui offre une rapidité de tous les instants à l’iPhone 12 mini. Au point qu’il nous est bien difficile de trouver une application qui pousserait le chipset dans ses retranchements. Une nouvelle preuve montrant que, définitivement, l’iPhone 12 mini n’est en rien un « sous iPhone 12 ». Il s’agit d’un véritable flagship qui tient largement la comparaison avec le plus performant des smartphones Android.

© Pierre Crochart pour Clubic

Autonomie : son talon d’Achille

Il fallait bien une ombre au tableau, et elle plane depuis les premiers paragraphes de ce test. Fatalement, lorsque l’on réduit la taille du châssis d’un smartphone, il faut adapter la capacité de la batterie qu’il intègre. D’autant qu’Apple a visiblement eu à cœur de proposer une finesse égale (7,4 mm) à tous ses iPhone 12. 

Avec un accu de 2 227 mAh, l’iPhone 12 mini fait à peine mieux que l’iPhone 7 en son temps. L’analogie est toutefois inexacte ; il faut prendre en compte la technologie de l’écran (OLED contre LCD) et la meilleure efficience énergétique du SoC A14 contre le A10 Fusion de l’époque. Néanmoins, inutile de tourner autour du pot : vous ne pourrez jamais tirer plus de 24 heures d’autonomie de l’iPhone 12 mini.

Du moins pas en l’utilisant « normalement » au quotidien. Il faudra forcément repasser par la case chargeur à un moment ou à un autre. Durant notre test, nous avons toutefois pu obtenir 6 heures de temps d’écran au maximum sur les 24 heures qu’il aura fallu pour le décharger. Durant ce laps de temps, peu d’applications énergivores ont été utilisées. Un peu de musique, beaucoup de lecture et pas mal de messagerie. Pas de jeux, de vidéos ou de visioconférence. Ce qui, avec les temps qui courent, tend à prendre une place de plus en plus importante dans notre quotidien.

Il faut aussi aborder un point important : la 5G. Pour l’heure, nos tests ont été effectués en ne mobilisant que le Wi-Fi (confinement oblige) et la 4G lors de nos rares sorties. Mais l’iPhone 12 mini est compatible 5G, et l’on sait déjà que cela induit une surconsommation énergétique.

Pour pallier le problème, Apple a déjà communiqué sur le fait que ses nouveaux iPhone passeraient automatiquement de la 4G à la 5G quand cela est nécessaire (pour regarder des vidéos, télécharger des fichiers, etc.). Aussi les bandes les plus énergivores ne seront pas mobilisées en permanence. Mais, fatalement, la batterie sera tout de même davantage mobilisée. Nous vous invitons d’ailleurs à consulter les tests américains de l’iPhone 12 mini (et des autres d’ailleurs) pour en savoir plus à ce propos.

Ceci étant dit, il faut voir le bon côté des choses. Si l’autonomie de l’iPhone 12 mini est faible, sa batterie met aussi moins de temps à se recharger que celle des autres modèles. À l'image de ce que nous avons fait sur les autres tests, nous avons comparé le temps nécessaire pour recharger l’iPhone 12 mini à l’aide du chargeur 5 W historique d’Apple, et le temps de charge induit par le tout nouveau chargeur MagSafe, vendu séparément (et sans l'adaptateur secteur 20 W, requis pour l’utiliser dans les meilleures conditions).

Avec le chargeur « classique », il aura fallu 2 heures 40 minutes pour passer de 0 à 100 % de batterie. Pour rappel, il fallait 4 heures tout rond sur l’iPhone 12 le mois dernier. En 30 minutes de charge, le petit dernier récupérait « déjà » 24 % de ses capacités, contre 18 % pour son grand frère.

© Pierre Crochart pour Clubic

Avec MagSafe, les résultats sont plus probants. Soulignons tout de même qu'en raison de la taille plus réduite des éléments permettant la charge à induction, la puissance maximale autorisée est ici de 12,5 W contre 15 W sur les autres modèles de la gamme. Il aura fallu 2 heures 15 minutes tout rond pour passer de 0 à 100 % avec MagSafe.

Petite parenthèse : le nouveau chargeur MagSafe fonctionne également avec tous les autres iPhone compatibles avec la charge sans-fil. Toutefois, du fait de l’imparfait alignement des aimants, la charge sera de fait limitée à 7,5 W.

Logiciel : des mises à jour pendant 5 ans au moins

Comme tous les autres iPhone 12 sur le marché depuis le mois dernier, l’iPhone 12 mini embarque nativement iOS 14. Au premier lancement, il vous sera également proposé de mettre à niveau le firmware vers la dernière version en date, iOS 14.2. De plus, Apple promet, comme à son habitude, au moins cinq années de support logiciel, surclassant de loin ce qui se fait de plus étendu dans l'écurie d'en face.

Vous le savez sans doute, iOS 14 marque un tournant pour le système d’exploitation mobile d'Apple. Entre l'arrivée des widgets sur la page d’accueil, celle d’une bibliothèque d’applications permettant de faire le tri, le choix du navigateur Web et l’application d’emails par défaut… Que de changements ! Rien qui n’enthousiasmera particulièrement les utilisateurs historiques de smartphones Android, mais un vrai nouveau paradigme pour les aficionados d’Apple.

Rappelons aussi l’arrivée de l’une de nouvelles fonctionnalités préférées d’iOS 14. Via les options d’accessibilité, on peut désormais lancer des raccourcis ou déclencher des actions en tapotant deux ou trois fois le dos de son smartphone. Prendre une capture d’écran, couper le son ou, dans mon cas, couper le Bluetooth et le Wi-Fi. Les possibilités ne sont limitées que par l’application « Raccourcis », et votre imagination. Autant dire qu’il y a de quoi faire.

L’application de reconnaissance musicale Shazam fait aussi partie intégrante d’iOS désormais. On peut ajouter un raccourci dans son centre de contrôle afin d’obtenir très rapidement le titre d’un morceau de musique en cours de lecture aux alentours. Tout cela sans avoir à lancer préalablement l'application.

Bien sûr, iOS 14 arrive aussi les bras chargés de nouvelles fonctionnalités dédiées à la confidentialité. Une petite diode vous informera en temps réel de l’utilisation de la caméra de votre téléphone, et vous avez maintenant la possibilité de n’accorder l’accès à votre localisation que ponctuellement. Par exemple, si vous ne voulez pas que Google Maps ait accès en permanence à votre localisation, vous pouvez lui accorder « cette fois seulement ». Au prochain lancement, votre autorisation vous sera de nouveau demandée.

© Pierre Crochart pour Clubic

L’iPhone 12 mini ne dispose pas, contrairement aux modèles 12 Pro et 12 Pro Max, de spécificités logicielles. Les iPhone les plus onéreux seront en effet les seuls à pouvoir profiter du format Apple ProRAW lorsqu’il sera disponible dans iOS 14.3. De plus, l’iPhone 12 mini, s'il peut certes filmer en 4K60 Dolby Vision, est limité à 30 images par seconde « uniquement », contre le double pour les modèles Pro.

Invisible pour l’utilisateur, mais néanmoins appréciable, les deux capteurs de l’appareil photo peuvent désormais utiliser l’algorithme Smart HDR 3 et Deep Fusion, ainsi que le mode nuit en photographie. De quoi améliorer, comme nous allons le voir, le rendu de ses instantanés au quotidien.

Photographie : un très bon photophone à tout faire

Au cas où ce ne serait pas encore clair pour vous, remettons une pièce dans la machine. La configuration photo de l’iPhone 12 mini est exactement la même que l’iPhone 12. Mêmes capteurs, mêmes caractéristiques, mêmes possibilités.

On retrouve donc un module principal de 12 mégapixels qui, nouveauté de cette année, ouvre à ƒ/1.6 contre ƒ/1.8 l’an dernier. Un gain d’un tiers de stop qui permet d’améliorer la captation de lumière et, in fine, la qualité des clichés en évitant une montée des ISO trop rapide.

Côté ultra grand-angle, a priori aucun changement n’a été fait par rapport au modèle introduit sur l’iPhone 11. On conserve un capteur 1/3.6" ouvrant à ƒ/2.4 et proposant des clichés en 12 mégapixels. 

© Pierre Crochart pour Clubic

Grand-angle : votre meilleur allié au quotidien

Aucun doute possible, l’iPhone 12 mini est aussi à l’aise en photo que son grand frère. En journée, et à plus forte raison lorsque les conditions lumineuses sont idéales, les clichés sont exquis.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Riches en détails, les photographies prises au grand-angle sont parfaitement exposées. Toujours aussi discret, le traitement appliqué par Apple fait la part belle au naturel — même si, parfois, l’effet HDR offre un rendu un poil exagéré au niveau de la couleur du ciel. 

© Pierre Crochart pour Clubic

Le contraste, lui, est parfaitement dosé, tout comme la netteté de l’image. La philosophie d’Apple est simple. Tout ce que vous avez à faire est de dégainer votre téléphone pour obtenir un beau cliché. Les plus pointilleux pourront bien sûr développer davantage leur photographie dans l’application de leur choix. Mais pour la plupart des utilisateurs, le rendu sera tout bonnement excellent.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Les scènes à la dynamique très marquée ne gênent pas davantage le capteur de l’iPhone 12 mini. Les hautes lumières les plus extrêmes et les ombres les plus bouchées sont parfaitement rééquilibrées par l’algorithme Smart HDR 3 pour obtenir des clichés très convaincants en toute situation.

© Pierre Crochart pour Clubic

Ultra grand-angle : rien de nouveau sous le soleil

L’ultra wide de l’iPhone 12 mini est un brin meilleur que celui de l’iPhone 11, et ça ne tient qu’à une seule chose : sa prise en charge des algorithmes Smart HDR 3 et Deep Fusion — qui n’étaient réservés l’an dernier qu’au capteur principal.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

On obtient donc des images au contraste plus intéressant que par le passé. Le piqué reste excellent au centre, et la correction de la déformation fait un excellent travail pour redresser toutes ces lignes de fuite.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

La perte de détails dans les angles est très légère, et permet d’obtenir des photos très homogènes et visuellement riches.

© Pierre Crochart pour Clubic

Une nouvelle fois, Smart HDR 3 fait des merveilles dans des scènes à la dynamique extrême. On récupère énormément de détails dans les ombres et les hautes lumières — non sans occasionner, très logiquement, l’apparition de bruit. Chose qu’on ne remarque pas, ou peu, si l’on se contente d’observer ses photos sur son smartphone.

© Pierre Crochart pour Clubic

Zoom : pas de téléobjectif au programme

Comme sur l’iPhone 12, aucun téléobjectif ne vient compléter la configuration photo de l’iPhone 12 mini. Il faudra donc se contenter d’un zoom numérique qui, en 2x, reste convenable. Dommage qu’il ne soit pas facilement accessible et qu’il faille jouer de la petite roue crantée de l’application Caméra pour tomber pile dessus.

Zoom 2x © Pierre Crochart pour Clubic
Zoom 10x © Pierre Crochart pour Clubic

L’image perd fatalement de sa perfection, mais le résultat reste propre, sans trop de déperdition dans les textures. Ça peut faire la blague, dirons-nous. On est certes très loin des résultats obtenus via le téléobjectif 2x de l’iPhone 12 Pro, soyons honnêtes, mais faut-il concéder d’ajouter 350 € à la facture pour ce seul téléobjectif ? Pas sûr.

Zoom 2x © Pierre Crochart pour Clubic
Zoom 10x © Pierre Crochart pour Clubic

Techniquement, on peut pousser jusqu’à un zoom 10x sur l’iPhone 12 mini. Mais les résultats parlent d’eux-mêmes. La chose n’est pas recommandable si vous souhaitez obtenir des images détaillées et que la notion de piqué est importante pour vous. Ici, on est plus proches de la bouillie de pixels que de l’instantané sur papier glacé. Toutefois, on peut reconnaître que la rétention des couleurs et du contraste est plutôt bonne.

Zoom 2x © Pierre Crochart pour Clubic
Zoom 10x © Pierre Crochart pour Clubic

Portrait : l’iPhone 12 mini se débrouille bien

Il est une autre différence majeure qui sépare les iPhone 12 / mini des iPhone 12 Pro / Pro Max : le scanner LiDAR de ces derniers. Aidant grandement à l’autofocus, cette caméra spéciale trouve un champ d’application idéal dans l’exercice du portrait. Il s’agit en effet de dresser une « carte de profondeur » afin de savoir où se situe le sujet dans son espace, et donc d’appliquer l’effet « bokeh » le plus pertinent possible.

Sans cet accessoire, les iPhone 12 et 12 mini doivent donc mettre davantage à profit l’ISP (image signal processor) de l’Apple A14. En résultent des portraits souvent excellents, mais à la marge d’erreur plus généreuse. De plus, la reconnaissance de scène nous apparaît moins rapide, et il faudra davantage tourner autour de son sujet pour déclencher le fameux « mode portrait » sur le View Finder de l’appareil.

© Pierre Crochart pour Clubic

Les cheveux semblent notamment poser quelques soucis à l’iPhone 12 Pro. Rien de bien dramatique ; le détourage est généralement plutôt bon. On s’étonne néanmoins de l’agressivité du flou d’arrière-plan appliqué par défaut par Apple. Heureusement, on peut le gérer au moment de la prise, ou le modifier a posteriori sans plus de cérémonie. 

Selfie / Portrait avant © Pierre Crochart pour Clubic

Notons aussi qu’en mode portrait, un certain lissage apparaît. Notamment sur la peau (ce qui peut être flatteur). Les couleurs sont quant à elle très bien restituées.

© Pierre Crochart pour Clubic

Sur des sujets inanimés, il faudra — nous l’avons dit — jouer davantage avec le sujet pour trouver la distance parfaite pour déclencher le mode portrait. Un petit exercice qui paie la plupart du temps, et offrira des clichés très sympas à revoir. Bien sûr, certains objets peuvent poser problème par leur complexité. Ici, le cadenas du vélo opère une « cassure » dans la lecture de la scène du capteur, qui ne le prend pas en compte dans son calcul de la profondeur. Des limites auxquelles tous les smartphones sont encore assujettis aujourd'hui.

© Pierre Crochart pour Clubic

Nuit : de vrais progrès en basse lumière

Grâce à sa plus grande ouverture, le capteur principal de l’iPhone 12 mini est beaucoup plus à l’aise que les précédents modèles en basse lumière. Cela se caractérise par un allongement du temps de pose plus faible par rapport à l’iPhone 11, par exemple.

Ultra grand angle © Pierre Crochart pour Clubic
Capteur classique © Pierre Crochart pour Clubic

En intérieur, le rendu est très bon, même si le piqué n’est pas tout à fait homogène sur toute l’image — on en demande beaucoup à un si petit capteur. Malheureusement, le module ultra grand-angle ne bénéficie pas de ces nouveautés, et affiche logiquement une plus grande déperdition de détails, nous faisant souffrir l’apparition de bruit dans les ombres.

Le constat est similaire en extérieur, où le bruit est assez prononcé avec l’ultra grand-angle. L’écart n’en est que plus épatant avec le capteur classique, qui parvient non seulement à réduire le bruit au minimum, mais aussi à conserver énormément de détails sur toute la surface de l’image. Le contraste est très bien dosé, et les textures conservent leur granularité de façon tout à fait étonnante.

Ultra grand angle © Pierre Crochart pour Clubic
Capteur classique © Pierre Crochart pour Clubic

Tout comme pour l’iPhone 12, nous estimons que cet iPhone 12 mini s’en sort au moins aussi bien que le Google Pixel 5 dans l’exercice. Une belle performance pour Apple, qui part de loin en la matière, et avait accumulé un certain retard face à la concurrence du côté d’Android.

Ultra grand angle © Pierre Crochart pour Clubic
Capteur classique © Pierre Crochart pour Clubic

Vidéo : le caméscope Dolby Vision le plus compact

Apple n’a eu de cesse de nous le répéter. Ses iPhone 12 sont les premiers smartphones au monde à proposer de filmer en 4K 60 ips (30 sur les iPhone 12 / mini) et en Dolby Vision. Une prouesse, permise notamment par la surpuissance de sa puce Apple A14 et de son Neural Engine.

Une promesse qui se matérialise par des vidéos aux couleurs sublimes et au contraste excellent. D’autant que Dolby Vision est disponible non seulement sur le capteur grand-angle, mais aussi l’ultra grand-angle ! 

Ceux et celles qui souhaitent bénéficier d’une plus grande fluidité peuvent toutefois opter pour la 4K à 60 images par seconde — mais sans Dolby Vision. On y perd donc (un peu) dans les contrastes, mais ce mode de capture peut avoir du sens selon ce que vous souhaitez faire de vos rushs après coup. Pour immortaliser votre quotidien ou faire des vidéos de vacances, l’apport du HDR nous semble toutefois beaucoup plus intéressant.

Enfin, la stabilisation est très correcte, sans atteindre les mêmes sommets que le Vivo X51 5G qui, rappelons-le, est le premier smartphone à intégrer un gimbal. Ceci étant, les vidéastes les plus chevronnés disposent déjà sans nul doute d’une solution externe permettant de stabiliser leur smartphone. 

Pour synthétiser : l’iPhone 12 mini est excellent non seulement en photo, mais aussi en vidéo.

iPhone 12 mini : l’avis de Clubic

Apple nous aura épuisés en cette fin d’année. Avec ses quatre nouveaux appareils, tous compatibles 5G, la Pomme tente de définir un nouveau standard et de dessiner ce à quoi ressemblera son catalogue dans les années futures.

Et que dire sinon que nous sommes conquis ? L’iPhone 12 mini qui nous intéresse aujourd’hui arrive comme un cadeau que l’on a trop longtemps attendu. Pour toutes les personnes qui espéraient un jour l’arrivée d’un smartphone haut de gamme compact, il apparaîtra même comme une providence.

Car l’iPhone 12 mini ne sacrifie que son autonomie (un jour, pas plus) sur l’autel de la compacité. Ultrarapide, très à l’aise en photo et vidéo, doté d’un écran à se damner, il est aussi le modèle le plus abordable de la nouvelle gamme d’Apple. De quoi faire tourner bien des têtes.

iPhone 12 mini

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Attendu comme le messie par des utilisateurs lassés des téléphones XXL, l’iPhone 12 mini répond à toutes nos attentes. Utilisable sans aucun problème à une main, et disparaissant facilement dans une poche, le nouveau smartphone compact d’Apple bénéficie de tout ce qui nous avait déjà beaucoup plu sur l’iPhone 12.

À des performances stellaires se conjugue une aisance de tous les instants en photographie et en vidéo. Autant d’atouts qui en font un allié de poids au quotidien, que ce soit pour rester en contact avec ses amis, ou immortaliser ses journées.

Enfin… Pour peu que vous ayez de quoi le recharger en cas de panne sèche. Car s’il y a une ombre au tableau de l’iPhone 12 mini, c’est bien son autonomie qui est de loin la plus faible du nouveau line-up d’Apple.

Les plus

  • Un format idéal pour une utilisation à une main
  • Écran OLED de toute beauté
  • Tout aussi performant que les autres iPhone 12
  • Très à l’aise en photo
  • Un vidéaste émérite
  • Le nouvel iPhone le moins cher

Les moins

  • Autonomie vraiment juste pour les utilisateurs acharnés
  • Pas de chargeur dans la boîte / charge lente

Design 9

Écran 9

Performances 10

Autonomie 6

Photographie 8

Test réalisé sur un smartphone prêté par le constructeur.

Modifié le 27/11/2020 à 12h43
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