Test Google Pixel 5 : un divin photographe doublé d'un smartphone très endurant

Pierre Crochart
Spécialiste smartphone & gaming
14 octobre 2020 à 17h00
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Au sortir d’une année aussi compliquée que 2020, il serait tentant de dire que Google joue son va-tout avec le Pixel 5. Sur le marché du smartphone du moins, où on le sait particulièrement chahuté ces derniers temps. C’est qu’après l’échec du Pixel 4 qui, rappelons-le, s’est moins bien vendu que le Pixel 3a, la firme de Mountain View aurait bien besoin de se réinventer.

Dont acte. Cette année, la réinvention prend la forme d’un changement de cap pour le géant du Web : le Pixel 5 ne sera pas un smartphone haut de gamme. Ou alors, pas tout à fait au sens où on l’entend habituellement.

D’un œil extérieur, le nouvel appareil de Google apparaît presque comme une régression par rapport au Pixel 4. Abandon du radar Soli et des fonctionnalités gestuelles « innovantes », remplacement d’un téléobjectif de bonne facture par un capteur ultra grand-angle… mais surtout passage d’un chipset haut de gamme à un modèle inférieur. En l’occurrence le Snapdragon 765G, dont on sait d’avance qu’il est moins véloce que le 855 dont était pourvu le Pixel 4.

Pourtant, ce changement de paradigme découle moins d’un aveu d’échec que d’une belle prise de conscience de la part de Google. En dégraissant tout ce qui était futile sur son précédent flagship, l’entreprise de Sundar Pichai est aujourd’hui en mesure de proposer un smartphone qui porte très haut les couleurs de la gamme Pixel, tout en gommant proprement tous les défauts des itérations précédentes. Cerise sur le gâteau : il est moins cher.

Votre curiosité est-elle piquée ? Cela tombe bien. Car nous allons justement décortiquer point par point ce qui fait du Pixel 5 un excellent cru.

© Lola Greco pour Clubic.com

Google Pixel 5 : la fiche technique

Le qualificatif « haut de gamme » n’est-il articulé qu’autour du processeur dont est pourvu un smartphone ? Vous avez 4h pour y répondre. Plus sérieusement, sans même parler de son SoC de milieu de gamme, le Pixel 5 additionne les compromis technologiques au risque, déjà, d’en faire un smartphone anachronique.

Le Google Pixel 5, c’est :

  • Écran : OLED de 6,0 pouces affichant une définition Full HD+ de 2340 x 1080 pixels (19,5:9, 432 ppp, 90 Hz, HDR10+) couvrant environ 86% de la face avant. Protégé par un verre Gorilla Glass 6.
  • SoC : Snapdragon 765G gravé en 7 nm (1x2.40 GHz + 1x2.2 GHz + 6x1.8 GHz et GPU Adreno 620
  • Mémoire vive : 8 Go LPDDR4X
  • Stockage interne : 128 Go en UFS 2.1 (non extensible via carte SD)
  • Batterie : 4 000 mAh, recharge rapide à 18 W, compatible avec la recharge sans-fil
  • Étanchéité : IP 68
  • Prise jack 3,5 mm : Non
  • Audio : deux haut-parleurs stéréo (dont un sous l’écran)
  • Appareils photo arrière :
    • Grand angle :  12.2 mégapixels ƒ/1.7, 1/2.55", 1,4 µm, OIS
    • Ultra grand-angle : 16 mégapixels ƒ/2.2, 1.0 µm,  angle de vue 107°
  • Appareil photo avant : 8 mégapixels ƒ/2.0, 1/4.0", 1.12 µm
  • Vidéo : 4K @ 60 ips, 1080p @ 60/120/240 ips, EIS
  • Déverrouillage : capteur d’empreintes intégré sur le dos, reconnaissance faciale (2D)
  • Double SIM : Oui (Nano SIM + eSIM)
  • Compatible 5G : Oui (ondes millimétriques supportées)
  • Connectivité : Wi-FI 802.11 a/b/g/n/ac, Bluetooth 5.0, NFC
  • Dimensions : 144.7 x 70.4 x 8.0 mm
  • DAS : tête 0,96 W/kg, tronc 1.39 W/kg et membres 2,99 W/kg
  • Poids : 151 grammes
  • OS : Android 11
  • Coloris : Simplement Noir
  • Prix : 629€ pour 8+128 Go
  • Disponibilité : sortie le 15 octobre

D’une année à l’autre, les specs des smartphones Pixel évoluent peu, voire affichent un train de retard face à la concurrence. Choix d’une RAM LPDDR4X là où tout le monde est passé à la LPDDR5, stockage UFS 2.1 alors que le 3.1 fait désormais loi, recharge à 18W seulement, capteurs photo datés… Clairement, les espoirs des plus technophiles s’en retrouvent rapidement douchés.

Mais ce serait vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Ici, l’essentiel nous échappe encore : un Pixel, c’est avant tout un smartphone formidablement optimisé. C’est LE téléphone Android comme l’imagine Google. Autrement dit, la firme n’a inclus dans son nouveau smartphone que ce qu’il estimait nécessaire pour atteindre les standards qu’il s’est fixés. Aussi ne nous formalisons pas trop sur les composants qui se trouvent ou ne se trouvent pas dans le Pixel 5. C’est une fois démarré que la magie doit opérer — ou pas.

© Pierre Crochart pour Clubic

Dans sa boîte, le Pixel 5 s’accompagne d’un adaptateur USB-C vers USB-A pour la migration de données, d’une paire de Pixel Buds en USB-C et d’un adaptateur secteur 18W. La coque que vous verrez parfois sur les photos ci-dessous nous a été prêtée par le constructeur, et se négocie à 45€.

Design : déjà le smartphone préféré des petites mains

Oui, vous l’avez déjà vu quelque part, ce Pixel 5. C’est un fait : le dernier-né de Google reprend scrupuleusement les lignes du Pixel 4a, sorti il y a quelques semaines. À quelques exceptions près, évidemment.

© Pierre Crochart pour Clubic

Tout d’abord, le Pixel 5 est légèrement plus grand que le 4a. Son écran, d’une diagonale de 6 pouces, rogne aussi davantage sur les bordures de l’appareil. Résultat : celles-ci sont parfaitement homogènes tout autour de la dalle. Et quel changement depuis le Pixel 4 de l’an dernier !

Vous l’avez remarqué, Google est aussi passé par la case « écran poinçonné » cette année. Un choix heureux, en cela qu’il maximise la surface d’affichage. D’autant que, soyons honnêtes, nous n’y prêtons plus vraiment attention désormais.

Le Pixel 5 est un vrai smartphone compact malgré son écran 6 pouces © Lola Greco pour Clubic.com

Grâce à ses petites mensurations, le Pixel 5 est aussi un smartphone qui tient parfaitement en main. Un gabarit très compact, qui se conjugue à un véritable poids plume de 151 grammes seulement. On ne le sent presque pas en main, ni dans la poche. Et autant dire qu’après plusieurs jours passés en compagnie d’un certain Samsung Galaxy Z Fold 2, je me sens très léger !

Composé intégralement d’aluminium recyclé, le Pixel 5 n’échappe toutefois pas à un petit côté sinon cheap, un brin modeste. C’est que, sur ce segment de prix, nous avons pris l’habitude de retrouver du verre. Un insignifiant détail ; le téléphone n’en est que plus léger et résistant aux chutes. D’autant qu’au toucher, le nouveau Google est très doux, sans se montrer glissant.

© Pierre Crochart pour Clubic

Le bloc d’appareils photo du Pixel 5 dépasse à peine du châssis du téléphone. Après tout, nul besoin d’occuper plus d’espace : le smartphone embarque toujours le même capteur Sony que sur le Pixel 2.

Vous l’avez lu plus haut, Google abandonne cette année son radar Soli et sa technologie de reconnaissance faciale. Un très bon choix, a fortiori par les temps qui courent où un bon tiers de notre visage est dissimulé derrière un masque. Aussi on retrouve le fidèle capteur d’empreintes dorsal qui tombe parfaitement sous l’index de l’utilisateur et se montre ultra réactif.

On n'a encore rien fait de mieux qu'un bon vieux capteur d'empreintes dorsal © Lola Greco pour Clubic.com

En revanche, on peste sur le placement des boutons latéraux du smartphone. Une habitude chez le constructeur américain. Ici, le bouton de mise sous tension est situé au-dessus de la réglette de volume. Pas très pratique pour réveiller son appareil. Mais passons.

Signalons au passage que le Pixel 5 a été purgé d’une fonctionnalité signature de la gamme : le fait de pouvoir presser les bords du téléphone pour lancer l’Assistant vocal maison (Active Edge). N’étant pas utilisateur de la chose, cela ne me manque pas. Mais ajoutons cela aux compromis qui ont dû être faits par Google pour proposer son nouvel appareil à un tarif plus doux que d’habitude.

© Pierre Crochart pour Clubic

La tranche basse du smartphone affiche deux grilles de haut-parleurs ainsi qu’un port USB-C. Proposant du son stéréo, le Pixel 5 intègre un second haut-parleur qui a la particularité d’être logé sous l’écran OLED — à la manière du Huawei P30 Pro.

Écran : un sans-faute

On sait Google de très bon goût pour sélectionner les dalles de ses smartphones. Comme d’habitude, on reste ici sur un modèle OLED. Mais à la différence de celui du Pixel 4 XL, la définition est ici plafonnée à du Full HD+. Rien de dramatique ; sur un écran de 6 pouces, bon courage pour voir la différence.

© Pierre Crochart pour Clubic

Avec l’adaptation automatique de luminosité, l’écran du Pixel 5 nous a offert une luminance de 681 nits. Ce qui est très suffisant pour en profiter qu’importe votre environnement. En manuel, l’écran plafonne toutefois à 479 nits.

Du côté de la colorimétrie, notre sonde X-Rite et le logiciel Calman Ultimate ont pu nous confirmer que nous étions là en présence d’une dalle calibrée avec maestria. Livré de série avec le mode d’affichage « Adaptatif » présélectionné, le Pixel 5 offre une température de couleur oscillant entre 6382 et 6458K, ce qui est extrêmement proche des 6500K attendus. L’espace colorimétrique sRGB est couvert à 99,8% et le DCI-P3 à 83,7%. Les couleurs sont donc particulièrement riches et vives. D’autant que le delta E, qui mesure la dérive chromatique des couleurs par rapport à leur référence Pantone, est calé autour de 3. Parfaitement dans les clous donc.

© Pierre Crochart pour Clubic

Mais il est possible de faire encore mieux. Outre le mode « Naturel » qui fait s’effondrer la couverture du gamut au profit d’un dE de 1 (i), le mode d’affichage « Contrasté » nous a offert les résultats les plus satisfaisants ; voyez plutôt. Température de couleur de 6458K, couverture de 100% du sRGB et 85,1% du P3 et dE calé à 1,97. Des mesures tout bonnement exceptionnelles.

Les mesures relevées sur l'écran en mode "Contrasté" sont idéales.

Le Pixel 5 reprend à son compte l’écran à fréquence de rafraîchissement adaptative de son aîné. Concrètement : la cadence passe de 60 à 90 Hz selon le contenu qui est affiché. L’objectif étant d’économiser la batterie sur les applications qui ne gèrent pas les 90 Hz, ou dont l’utilité n’est pas avérée. Notez qu’en passant par les options de développeurs, il est possible de forcer la fréquence de 90 Hz. Une option qui se paie, vous l’aurez compris, par une batterie plus rudement mise à l’épreuve.

Malgré la compacité du téléphone, l'écran de 6 pouces permet de profiter de vidéos confortablement © Lola Greco pour Clubic.com

Tout cela pour dire que vos contenus sur le Pixel 5 s’affichent de façon fluide, et que l’écran les reproduit de façon parfaitement raccord avec la vision de leur créateur. Bien sûr, les amateurs de grandes diagonales pesteront sur l’absence de Pixel 5 XL cette année. Si tel est votre cas, nous vous redirigeons plutôt vers le Pixel 4a 5G, qui profite d’une dalle de 6,2 pouces (mais à 60 Hz).

Audio : une première déception

Je garde un très bon souvenir de la prestation audio des précédents Pixel. Notamment du Pixel 3 XL qui, grâce à ses deux haut-parleurs faisant face à l’utilisateur, produisaient un son homogène et puissant. 

Clairement : le Pixel 5 n’est pas fait du même bois. On l’a dit plus haut, la stéréo est gérée par une grille de haut-parleur au niveau de la tranche inférieure, et par un second disposé sous l’écran OLED. Une configuration qui patine dès que l’on cherche à jouer des titres à la musicalité complexe ; la courbe donnant la part belle aux médiums — et encore.

Pour couronner le tout, la saturation est de mise à cause de la petitesse des tweeters. En définitive : on se limitera à l’écoute de stories ou de quelques vidéos sur YouTube. Pour profiter de ses films, de jeux ou de sa musique, c’est passage obligé par la case écouteurs ou casque.

Le Pixel 5 s’accompagne d’ailleurs d’une paire de Pixel Buds. Des écouteurs de type bouton, filaires (USB-C), qui produisent un son étonnamment puissant et chaleureux. On n’en attendait pas tant, mais l’isolation phonique est aussi plutôt à l’avenant. Aussi, on sort du chapitre purement audio, mais les petites ailettes en gomme intégrées sur les écouteurs permettent un maintien optimal des Pixel Buds, même lors d’une activité sportive.

Enfin, le Pixel 5 gère bien entendu la panoplie de codecs indispensables à une écoute en haute-définition. LDAC, AAC, aptX HD… tout y est ou presque. Les plus pointilleux regretteront toutefois l’absence de Bluetooth 5.1. 

Performances : un vrai milieu de gamme

Nous voilà arrivés à ce moment du test où, pour beaucoup, ça passe ou ça casse. Comme nous l’avons dit en introduction, le Pixel 5 opte cette année pour un positionnement plus milieu de gamme que ses aînés. Une philosophie notamment illustrée par le choix d’un Snapdragon 765G en lieu et place d’un Snapdragon 865.

Autant couper court à tout suspens : le Pixel 5 est techniquement moins puissant que le Pixel 4 sorti l’an dernier. Il est même moins puissant que le OnePlus Nord, un smartphone vendu 399€.

Sur notre protocole habituel, le Pixel 5 a passé de justesse la barre des 300 000 points sur AnTuTu, et se positionne assez loin des 2 000 points en multi-core sur Geekbench. Plus enquiquinant, son stockage en UFS 2.1 ne lui permet pas d’afficher des débits en lecture et écriture satisfaisants. En d’autres termes : on se retrouve avec un téléphone aux performances équivalentes à des flagships de 2018.

Il faut toutefois faire le tri dans toutes ces informations. Certes, le Pixel 5 n’est pas un foudre de guerre. Mais il faut prendre en compte les innombrables optimisations logicielles effectuées par Google pour tirer au maximum profit du Snapdragon 765G.

Dans les faits : je n’ai ressenti aucune différence majeure dans les performances du Pixel 5 par rapport à un Galaxy S20 FE — pourtant équipé d’un Snapdragon 865.

La navigation est fluide, le lancement d’applications instantané, et les 8 Go de RAM s’avèrent suffisantes pour basculer dans délai entre différentes tâches. Seul petit bémol : il arrive que le traitement numérique des photographies prenne quelques secondes avant d’afficher le résultat final. Les portraits, notamment, prennent entre 2 et 4 secondes à s’afficher après un traitement. On ne s’en émeut pas particulièrement, mais cela pourrait gêner les utilisateurs à la recherche du nec plus ultra en matière de vitesse de traitement.

Milieu de gamme ou pas, le Pixel 5 est à l'aise en jeu © Lola Greco pour Clubic.com

Côté jeux vidéo enfin, Call of Duty Mobile, l’un des titres les plus gourmands du moment, peut se lancer en niveau de détails Élevés sans problème. Il faut rappeler que le « G » de 765G est apposé comme un gage d’optimisation pour le gaming. Le Pixel 5 se montre donc particulièrement volontaire sur ce point. Notons toutefois une petite tendance à la chauffe en cas de sessions trop prolongées — surtout sur le haut de l’appareil.

Autonomie : des progrès hallucinants

Si l’on garde d’excellents souvenirs de nos interactions avec les précédents Pixel, c’est surtout grâce à son aisance en photographie. Mais on se souvient aussi des Pixel 3 et Pixel 4 comme des smartphones horriblement à la traîne en termes d’autonomie. Cette année, Google ne pouvait pas décevoir sur ce point.

Aussi plusieurs mesures ont été prises pour ménager l’accumulateur de 4 000 mAh intégré au Pixel 5. D’abord, nous venons de le voir, le SoC intégré au smartphone n’est pas aussi puissant que d’habitude, et demande donc moins d’énergie pour fonctionner. Ensuite, l’écran est de taille plus modeste, en plus de se limiter à une définition FHD+ (contre QHD+ sur le Pixel 4 XL que nous avions testé l’an dernier). Enfin, Android 11 et diverses améliorations logicielles permettent d’alléger encore la charge qui pèse sur la batterie du Pixel 5.

Par rapport à l'an dernier, c'est le jour et la nuit.

Résultat : le dernier-né de Google est clairement l’un des smartphones les plus endurants à être passé entre nos mains cette année. On ne s’y attendait vraiment pas, mais le Pixel 5 est resté vaillant pendant un peu plus de 48 heures, avec un temps d’allumage de l’écran de 8h25 minutes. C’est presque le double de ce que nous mesurions sur le Pixel 4 XL l’an passé.

D’autant que nous avons conservé le réglage d’origine qui fait basculer automatiquement la fréquence d’affichage de 60 à 90 Hz selon les cas d’usage. C’est tout bonnement excellent.

Au chapitre de la recharge, le Pixel 5 ne brille pas particulièrement, mais ne démérite pas non plus. Il se mêle tout simplement à la plupart des smartphones de milieu de gamme en proposant une recharge complète en 1h40. En 30 minutes de charge à 18W, nous avons récupéré 43% d’autonomie. Rappelons enfin que le Pixel 5 est compatible avec la recharge sans-fil.

Logiciel : Android 11 sur un plateau d’argent

Le Pixel 5 est l’un des tout premiers smartphones à arriver sur le marché directement équipé d’Android 11. La dernière version majeure du système d’exploitation mobile intègre un certain nombre de nouveautés, parmi lesquelles les notifications sous forme de bulles ou une gestion plus granulaire des autorisations figurent en tête de liste.

Ceci étant dit, et en vertu de la version « stock » d’Android qu’il embarque, le Pixel 5 fait fi de toute extravagance en termes de fonctionnalités. L’Assistant est bien entendu au cœur de l’expérience utilisateur — même si, on l’a dit, il n’est plus possible de presser les bordures de l’appareil pour l’appeler.

Google offre quelques options de personnalisation permettant de changer la police d’écriture du système ou encore la forme des icônes. On retrouve aussi la feature des sous-titres instantanés, qui a fait de jolis progrès depuis son lancement l’an dernier. Il suffit pour l’activer d’ouvrir le panneau de gestion du volume et de cocher une case. Ensuite, absolument toutes les paroles prononcées sur un contenu vidéo ou audio seront retranscrites en direct à l’écran avec plus ou moins de justesse. Une fonctionnalité à l’origine dédiée à accompagner les personnes en situation de handicap, mais qui peut aussi rendre service lorsque mettre le son n’est pas une option.

Notons aussi une fonctionnalité baptisée « En écoute », qui permet grosso modo de « Shazamer » (si si, c’est un verbe) en permanence la musique qui est diffusée autour de soi. D’après Google, « la fonctionnalité En écoute n’envoie jamais d’extraits audio ni de conversations à Google ».

On retrouve enfin la panoplie usuelle de fonctionnalités telles que la gestion du bien-être numérique, le mode sombre intégral, la navigation gestuelle et j’en passe. L’écran d’affichage des différentes applications en cours permet également de surligner du texte ou de capturer rapidement une image permettant de lancer une recherche Google Lens. Plutôt pratique et efficace.

Bien entendu, la partie photo du Pixel 5 repose sur l’application GCam qui, comme chacun sait, intègre des trésors de computational photography. Petite nouveauté cette année : l’arrivée d’une fonctionnalité « Portrait Light » qui permet, sur le papier, d’ajuster en temps réel la provenance de la lumière lors d’une photo portrait. Dans les faits, je n’ai été en mesure de régler cela qu’après la prise de vue, via l’application Photos. Gageons qu’une future mise à jour corrigera ce petit souci.

Aussi, GCam permet de gérer les ombres et les hautes lumières en temps réel, lors de la prise de vue. Touchez l’écran pour activer la mesure de l’exposition, puis déplacez les curseurs d’ombre et de haute lumière pour obtenir le rendu souhaité. Comme vous pouvez le voir sur le cliché ci-dessous, cela peut profondément modifier l’esthétique d’un cliché.

Par défaut à gauche, puis en ajustant les ombres à droite © Pierre Crochart pour Clubic

Photographie : un formidable appareil de poche

On attaque le gros morceau de ce test : la photographie. En la matière, Google fait figure de véritable exception sur le marché du smartphone. Rendez-vous compte : cela fait trois ans que le constructeur américain utilise l’exact même capteur (un Sony IMX 363) à l’arrière de ses appareils sans que cela n’handicape les résultats obtenus. Alors pourquoi Google est en mesure de proposer des clichés de meilleure facture avec un capteur 1/2.55" de 12,2 mégapixels que Xiaomi avec un capteur 1/1.33" de 108 mégapixels ? La réponse tient en un ingrédient dont Google a le secret : ses algorithmes de traitement.

© Pierre Crochart pour Clubic

Particulièrement bien conçus, et alimentés en permanence via machine learning, ils sont en mesure de pallier les limitations techniques du capteur pour faire émerger toujours plus de détails et ajuster avec précisions les différents paramètres de l’exposition. Plus particulièrement, les algos de Google sont très efficaces pour réduire drastiquement le bruit numérique qui apparaît irrémédiablement lors que la lumière naturelle vient à manquer. Une efficacité que des capteurs bien plus gros n’arrivent pas à répliquer, faute de savoir-faire dans le traitement numérique.

Cette année, le Pixel 5 ne fait pas exception à la règle. Il faudra toutefois composer avec un module ultra grand-angle en lieu et place du téléobjectif de l’an dernier, et accepter de patienter parfois quelques secondes pour que le traitement soit appliqué à l’image (en raison de la rapidité moindre du SoC).  

© Lola Greco pour Clubic

Grand-angle : des images parfaites, rien de moins

Le Pixel 5 se pose comme le vieux singe à qui on n’apprend pas à faire la grimace. Avec son capteur photo principal, il surnage clairement la mêlée en matière de qualité d’image, de traitement numérique et de justesse d’exposition.

© Pierre Crochart pour Clubic

Toutes les parties de l’image sont parfaitement détaillées — même avec 12 mégapixels « seulement ». Mais à l’instar d’un certain Samsung, Google a une « patte » visuelle assez caractéristique. Un look Pixel facilement reconnaissable. Cela tient notamment aux contrastes assez prononcés, et plus encore à la clarté (aka le micro-contraste) qui fait que les différentes textures (ici les sols) ressortent beaucoup du cliché. On aime, ou on n’aime pas. Mais reconnaissons que cela contribue à donner à chaque instantané un certain cachet.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

À quelques reprises, le Pixel 5 s’emballe et pousse un peu trop fort le curseur de la saturation. Un biais assez commun dans la photophonie, qui œuvre en outre à faire sortir du lot des photos autrement banales.

© Pierre Crochart pour Clubic

Sur les scènes à large dynamique, le nouveau Google est tout simplement prodigieux. Même dans une ruelle et à contre-jour, le smartphone réajuste avec brio les hautes lumières et les ombres afin d’obtenir un cliché homogène et détaillé dans des zones que l’on pensait irrécupérables. En y regardant de très près, cela se paie au prix d’un peu de bruit numérique dans les ombres les plus bouchées. Rien qui ne pourra se remarquer si, de toute façon, vos photos ne quittent pas le stockage interne de votre téléphone.

© Pierre Crochart pour Clubic

Ultra grand-angle : un bon modèle

Même capteur, focale différente. Cette année, Google troque son téléobjectif 16 mégapixels pour un ultra grand-angle qui, ma foi, remplit très bien son office.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

S’il n’offre pas l’angle de vue le plus large du marché (le Xiaomi Mi 10T Pro propose notamment 123°, contre 107° ici), le modèle retenu par Google pour le Pixel 5 couvre suffisamment de surface pour répondre à nos attentes. 

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

D’autant que le piqué reste bon sur une grande partie de l’image. Bien sûr, les angles n’échappent pas au phénomène de diffraction qui occasionne une perte de détail assez visible. Quant à la déformation inhérente à l’utilisation d’un grand-angle, elle est ici très bien corrigée par les algorithmes du téléphone.

© Pierre Crochart pour Clubic

Ce capteur secondaire s’en sort également très bien en HDR. À contre-jour, les différents curseurs sont très bien réglés pour obtenir une image exploitable malgré la haute dynamique. En pinaillant, les ombres mériteraient d’être éclaircies davantage, mais passons.

© Pierre Crochart pour Clubic

Zoom : aussi passable qu’il est à fuir

Faute de téléobjectif, Google a jugé bon de proposer malgré tout un zoom numérique 2x sur son Pixel 5. Sur cette focale (autour des 50 mm donc), les résultats restent corrects — pour peu qu’on ne s’y penche pas de très près.

Zoom 2x © Pierre Crochart pour Clubic

C’est que Google ne se casse pas trop la tête ici : il s’agit bêtement d’un crop d’une image grand-angle. Fatalement, on y perd beaucoup en détails.

Zoom 2x © Pierre Crochart pour Clubic

Les plus aventureux pourront aussi pousser jusqu’à un zoom numérique 8x. Soyons clairs : c’est une véritable aberration. Ici, on se rapproche davantage de la peinture à huile que de la photographie. Avis aux amateurs…

Zoom numérique 8x, huile sur toile © Pierre Crochart pour Clubic
Zoom numérique 8x © Pierre Crochart pour Clubic

Portrait : des résultats mitigés

Je ne peux cacher ma surprise. Les années précédentes, les Pixel 3 et Pixel 4 offraient des résultats exceptionnels en portraits. Le Pixel 5 reprend le flambeau mais se prend les pieds dans le tapis en cherchant à en faire trop.

Le flou d'arrière plan est vraiment agressif © Pierre Crochart pour Clubic

Le problème, une fois n’est pas coutume, c’est le traitement justement. Systématiquement, les portraits sont traités pour appliquer un flou d’arrière-plan de 100%. C’est beaucoup trop ! La progression du flou est tout sauf naturelle, et les erreurs de détourage sautent encore plus aux yeux.

Le pire étant lors de la photographie animalière. Je ne vois pas comment l’écrire autrement : le détourage est fait à la truelle. Sur ce petit félin de type « émissaire du chaos », la découpe est tout bonnement honteuse, voire carrément indigne de ce à quoi Google nous a habitués. Le même portrait, en atténuant simplement le flou d’arrière-plan à 45% est déjà nettement plus agréable à l’œil. 

Observez la grossiéreté du détourage et l'intensité du flou (à gauche, par défaut, à 100%, à droite à 45%) © Pierre Crochart pour Clubic

Même constat sur cet autre essai, où la chère Simone (dites bonjour à Simone) semble avoir été rajoutée artificiellement sur l’image.

Cela ressemble plus à un montage qu'à un portrait © Pierre Crochart pour Clubic

Sur les objets inanimés, comme des fleurs, on arrive parfois à des résultats sympathiques (bien que le flou demeure particulièrement agressif). D’autres fois, le Pixel 5 ne comprend tout simplement pas ce que l’on cherche à faire et n’applique donc aucun traitement particulier malgré l’évidence de la démarche.

Certains clichés sortent du lot © Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Les photos prises avec le module avant (8 mégapixels) sortent du même tonneau. Le détourage est tantôt excellent, tantôt approximatif, et la moindre définition du capteur ne parvient pas à conserver autant de détails qu’on le souhaiterait. Le flou est quant à lui toujours aussi excessif. Un manque de discernement étonnant de la part de Google.

À gauche selfie / à droite portrait © Pierre Crochart pour Clubic

Nuit : tout simplement imbattable

Redressons la barre. Si le Pixel 5 fait montre de certaines lacunes en portrait, il est tout simplement divin lorsque la nuit vient à tomber.

Ultra grand-angle. À gauche mode auto / à droite mode nuit © Pierre Crochart pour Clubic
Grand-angle. À gauche mode auto / à droite mode nuit © Pierre Crochart pour Clubic

À l’instar de nombre de ses concurrents, le dernier Google adapte automatiquement le temps de pose en fonction de l’intensité lumineuse de la pièce. Un mode nuit dédié reste disponible, et offre de meilleurs résultats encore. En particulier, ce mode corrige la balance des blancs et empêche une montée trop importante des ISO pour éviter l’apparition de bruit numérique.

Dans ces conditions, l'activation du mode nuit (à droite) ne change pas grand-chose © Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Au très grand-angle, on note que le capteur a plus de difficultés à faire le point que le capteur principal. Autrement, la rétention de détails nous apparaît aussi bonne sur les deux focales.

Ultra grand-angle, mode nuit © Pierre Crochart pour Clubic

De nuit, nous n’observons pas de différence flagrante entre l’utilisation du mode automatique ou du mode photo nocturne. Dans les deux cas, la gestion du bruit est tout bonnement exemplaire. Impossible, à moins de zoomer dans l’image, de distinguer la moindre imperfection dans les ombres. De notre point de vue, seul le Huawei P40 Pro est en mesure de rivaliser sur ce point.

Grand-angle, mode nuit © Pierre Crochart pour Clubic

Vidéo : de la 4K de haute volée

De notre point de vue, le Pixel 5 fait au moins aussi bien que l’iPhone 11 en termes de qualité vidéo. En 4K à 60 images par seconde, c’est un véritable régal pour les yeux. Les couleurs sont vives ; les détails bien préservés. Et surtout : la stabilisation est de très, très bonne facture.

Avec l’ultra grand-angle, on sera moins élogieux. En 4K30 (son plafond), les images sont plutôt correctes. Mais le niveau de détails s’effondre tout bonnement en Full HD. Dommage.

Enfin, le Pixel 5 offre une variété de modes de stabilisation selon les usages. Outre le couple OIS+EIS convenant pour la majorité des situations, on peut aussi opter pour un mode « action cam » qui fera un travail encore plus exemplaire en matière de compensation des mouvements. Cela se paie toutefois au prix d’une importante dégradation de l’image — la faute à un bitrate qui s’effondre. 

Enfin, et c’est plutôt bluffant, un mode « panorama » qui vous fixe littéralement au sol pour vous permettre de capturer un paysage en vidéo sans aucune secousse. 

Google Pixel 5 : l’avis de Clubic

C’est avec une impatience teintée de doutes que nous avons découvert le Pixel 5 de Google. Après les espoirs déçus du Pixel 4 et du Pixel 4 XL, nous ne savions plus vraiment à quoi nous attendre sur ce nouveau modèle, dont on savait d’avance qu’il ne serait pas un téléphone haut de gamme.

Mais si le haut de gamme était justement devenu trop compétitif pour Google ? C’est précisément notre sentiment, au sortir de plusieurs jours d’utilisation du Pixel 5. Ce nouveau smartphone est une véritable perle sur son segment de marché. Au point qu’il en est presque meilleur que tous les autres mobiles sortis par Google et qui cherchaient à concurrencer les plus grands sans en avoir les épaules.

Sur le milieu de gamme, le Pixel 5 a tout à fait sa place. En dehors d’un SoC que l’on retrouve déjà sur des appareils moitié moins cher, le dernier Google offre une prestation globale épatante pour son prix de 629€. 

Bien sûr, ce n’est pas le téléphone le plus extravagant qui soit. L’essentiel de l’audace du Pixel 4 a été gommé pour retrouver un produit beaucoup plus terre à terre. De plus, son unique coloris noir n’en fait pas un smartphone très sexy aux yeux des utilisateurs. Mais il restera probablement le smartphone compact sur lequel j’ai pris le plus de plaisir à travailler cette année. 

Le Pixel 5 est porteur d’une instantanéité rare sur le marché Android. Tout est à sa place ; toutes les briques s’emboîtent parfaitement. Rien n’est incohérent. Quelques lacunes (en portrait notamment) viennent gâcher la fête, mais pour le reste, Google nous prouve ici qu’il a appris de ses erreurs et qu’il ne cherchera plus à se surclasser. Une belle leçon d’humilité, en somme.

Google Pixel 5

9

Avec le Pixel 5, Google corrige point par point tout ce qui avait pu être reproché à son précédent smartphone. Non seulement ce nouveau produit se débarrasse des fonctionnalités inutiles (ou incomprises) du Pixel 4, mais il améliore aussi considérablement son autonomie pour proposer, enfin, plus d’une journée d’utilisation.

Smartphone très compact, le Pixel 5 est aussi et surtout un grand photographe. Magicien expert des algorithmes, Google n’a pas son pareil pour tirer le maximum de potentiel d’un capteur photo pourtant très daté. En résulte un excellent photophone qui, même avec un processeur de milieu de gamme, ne souffre d’aucune lenteur au quotidien.

En bref : un retour sur les rails des plus rassurants pour Google, et un smartphone à considérer pour quiconque est à la recherche d’un modèle compact, performant, endurant et à l’aise en photo.

Les plus

  • Un format compact vraiment agréable
  • Écran super réactif et excellemment calibré
  • Une batterie très endurante
  • Un smartphone rapide malgré son SoC milieu de gamme
  • Un attirail logiciel clair et au service de l’utilisateur
  • Toujours un très grand photographe dans l’âme

Les moins

  • Une prestation audio médiocre
  • Traitement des photos parfois un peu lent
  • D’énormes (et étonnantes) lacunes en mode Portrait
  • Tristoune dans son (unique en France) robe noire

Design 7

Écran 10

Performances 7

Autonomie 9

Photographie 9

Test réalisé sur un smartphone prêté par le constructeur

Modifié le 16/10/2020 à 16h12
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