Test Sony Xperia 5 II : un smartphone compact qui fait du surplace

Pierre Crochart
Spécialiste smartphone & gaming
17 octobre 2020 à 12h12
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Voilà quelques années que Sony n'est plus vraiment dans les bonnes grâces des acheteurs de smartphones. Et la pandémie de Covid-19 n'a hélas rien arrangé : au premier trimestre 2020, le constructeur japonais n'aurait expédié que 400 000 smartphones sur les 700 000 prévus. Insuffisant pour décourager les ingénieurs de la marque cependant. Car aujourd'hui, Sony lance le Xperia 5 II (prononcer mark two) : un nouveau smartphone haut de gamme susceptible, peut-être, de réussir là où le Xperia 1 II avait échoué en juin dernier.

Car oui, même si le Xperia 1 II représente le fleuron technologique absolu de Sony, le Xperia 5 II vient lui aussi se tailler une part du gâteau dans le segment premium du marché.

Mais pour séduire plus largement, le constructeur réajuste certains curseurs ; notamment celui du prix. Affiché à 899€, le Xperia 5 II vient malgré tout taper dans le haut du panier. Un positionnement justifié par l'image d'excellence véhiculée par la marque.

Mais ce nouveau smartphone compact a-t-il vraiment ce qu'il faut pour venir taquiner, à prix égal, le Samsung Galaxy S20 et le futur iPhone 12 ? Réponse dans notre test complet.

© Pierre Crochart pour Clubic

Sony Xperia 5 II : la fiche technique

Sony a été très clair lors de sa présentation du Xperia 5 II : son nouveau smartphone représente le haut de gamme, au même titre que le Xperia 1 II. Ce dernier profite toutefois de quelques caractéristiques additionnelles censées justifier les 300€ qui le séparent du téléphone qui nous intéresse aujourd'hui.

Le Sony Xperia 5 II, c’est :

  • Écran : OLED de 6,1 pouces affichant une définition Full HD+ de 2520 x 1080 pixels (21:9, 449 ppp, rafraîchissement 120Hz, échantillonnage 240 Hz, HDR10+) couvrant environ 81% de la face avant. Protégé par un verre Gorilla Glass 6.

  • SoC : Snapdragon 865 gravé en 7 nm+ (1x2.84 GHz + 3x2.42 GHz + 4x1.80 GHz et GPU Adreno 650

  • Mémoire vive : 8 Go LPDDR5

  • Stockage interne : 128 Go en UFS 3.0 (extensible via carte SD)

  • Batterie : 4 000 mAh, recharge rapide à 21 W, incompatible avec la recharge sans-fil

  • Étanchéité : IP 65/68

  • Prise jack 3,5 mm : Oui

  • Audio : deux haut-parleurs stéréo

  • Appareils photo arrière :

    • Grand angle :  12 mégapixels ƒ/1.7, 1/1.7", 1,8 µm, OIS, focale de 24 mm
    • Ultra grand-angle : 12 mégapixels ƒ/2.2, 1/2.55", 1.0 µm,  focale de 16 mm
    • Téléobjectif : 12 mégapixel ƒ/2.4, 1/3.4", 1.0 µm, OIS, focale de 70 mm (zoom optique 3x)
  • Appareil photo avant : 8 mégapixels ƒ/2.0, 1/4.0", 1.12 µm

  • Vidéo : 4K @ 60/120 ips, 1080p @ 60/120/240 ips, EIS

  • Déverrouillage : capteur d’empreintes intégré sur le bouton de mise sous tension, reconnaissance faciale (2D)

  • Double SIM : Oui

  • Compatible 5G : Oui

  • Connectivité : Wi-FI 802.11 a/b/g/n/ac/6, Bluetooth 5.1, NFC

  • Dimensions : 158 x 68 x 8.0 mm

  • Poids : 163 grammes

  • DAS : tête 0,278 W/kg, tronc 1.2 W/kg et membres 2,452 W/kg

  • OS : Android 10

  • Coloris : Noir

  • Prix : 899€ pour 8+128 Go

  • Disponibilité : sortie le 16 octobre

Le Xperia 1 II se distingue de ce nouveau modèle par un écran plus grand (6,5 pouces) et compatible 4K (mais 60 Hz). Il se dote aussi d'un espace de stockage doublé, mais d'une batterie de moindre capacité. Il supporte aussi la recharge sans-fil et embarque un capteur 3D ToF en plus du trio d'appareils photo. Pour tout le reste c'est du pareil au même - mais pour 300€ de moins.

Le Xperia 5 II s'accompagne dans sa boîte d'un adaptateur secteur 18 W (alors qu'il supporte jusqu'à 21 W ...), d'un câble USB-C et d'une paire d'écouteurs intra-auriculaires 3.5 mm.

© Pierre Crochart pour Clubic

Design : un téléphone compact et agréable à manipuler

Alors oui. D'un oeil extérieur, il est de plus en plus difficile de différencier les smartphones de la gamme Xperia. C'est que le constructeur tient bec et ongles à perpétuer son héritage — au risque d'apparaître anachronique.

Aussi pour résumer les choses plus clairement : le Xperia 5 II est un Xperia 1 II compact. Mêmes lignes, même placement des différents éléments, même châssis... En cela, le nouveau venu s'intègre à merveille dans le line-up du Nippon.

© Pierre Crochart pour Clubic

On découvre alors un téléphone particulièrement fin et léger. Deux atouts qu'il doit non seulement à un écran de 6,1 pouces, mais aussi à ce ratio d'aspect 21:9 auquel Sony semble également beaucoup tenir. Au final, la prise en main du Xperia 5 II est parfaite, et rivalise avec celle du tout récent Google Pixel 5 en termes de confort d'utilisation.

Tout en verre, et cerclé d'aluminium, le Xperia 5 II reste toutefois un téléphone au look sinon sobre, un peu tristounet. Bien sûr, ce monolithe d'un noir profond (la seule couleur disponible en France) accentue le positionnement haut de gamme de l'appareil. Mais on apprécierait de voir Sony se lâcher davantage à l'avenir : on commence à se lasser.

Le Xperia 5 II est un téléphone très compact © Pierre Crochart pour Clubic

Vous l'aurez remarqué : Sony ne change pas plus ses habitudes du côté de l'écran. Le Xperia 5 II affiche toujours des bordures importantes, même en 2020. Même à 900€. Accordons-lui toutefois que, de fait, aucune distraction de type encoche ou poinçon ne vient nous gâcher la vue lorsque nous visionnons une vidéo ou jouons à un jeu.

Les bordures de l'écran restent épaisses © Pierre Crochart pour Clubic

La tranche inférieure du téléphone laisse apparaître un large haut-parleur ainsi que le port USB-C. À l'opposé, un deuxième haut-parleur placé au niveau de l'écouteur d'appels complète la configuration stéréo. La tranche haute abrite aussi le port jack 3.5 mm - une véritable rareté sur cette gamme de prix.

Un port jack sur un téléphone haut de gamme, oui oui © Pierre Crochart pour Clubic

À gauche, on retrouve le tiroir de cartes SIM signature des Xperia. Un modèle qui ne nécessite pas de tête d'épingle pour le retirer et qui — ENFIN ! — n'occasionne plus le redémarrage du téléphone lorsqu'il est retiré.

La tranche droite commence pour sa part à être un peu chargée. On retrouve de haut en bas la réglette de volume, le bouton d'allumage (qui intègre le capteur d'empreintes), puis un tout nouveau bouton dédié à Google Assistant (non reconfigurable...) et un dernier dédié au déclenchement de l'appareil photo.

Quatre interrupteurs sous la paume de la main du droitier que je suis donc. Mais si j'ai pu craindre au départ quelques maladresses, il ne m'est jamais arrivé de déclencher par mégarde l'un de ces boutons durant l'utilisation.

La tranche droite du Xperia 5 II compte désormais 4 boutons ... © Pierre Crochart pour Clubic

Écran : une prodigieuse reproduction des couleurs

L'image fait partie des corps de métier principaux de Sony. Aussi on ne s'étonne pas que le Xperia 5 II ait bénéficié de cette expertise.

Au même titre que le Xperia 1 II, ce nouveau modèle nous a offert une expérience visuelle époustouflante, même s'il n'est pas compatible 4K.

Grâce à notre sonde X-Rite et au logiciel professionnel Calman Ultimate de Portrait Display, nous avons pu prendre un certain nombre de mesures sur l'écran OLED du Xperia 5 II. Des mesures qui, comme vous allez le découvrir, frôlent la perfection absolue en termes de colorimétrie.

© Pierre Crochart pour Clubic

D'abord, la luminosité. Avec l'adaptation automatique (par défaut), nous avons calculé un pic à 533 cd/m2. C'est correct, sans être extravagant sur cette gamme de prix. les iPhone ou le Xiaomi Mi 10 Pro font beaucoup mieux.

Au déballage, le Xperia 5 II opte pour le mode d'affichage "Standard" qui, c'est bien dommage, affiche une couleur beaucoup trop froide calculée à 7263K. Pour rappel, la norme attendue est de 6500K. La couverture du gamut sRGB est toutefois excellente avec 121,2%. Celle du DCI-P3, standard de l'industrie cinématographique, atteint 89,5%.

Enfin le delta E2000, qui observe les dérives chromatiques de l'écran par rapport aux références Pantone, oscille entre 3,59 et 4,07. Encore un peu haut à notre goût.

Comme sur le Xperia 1 II, le Xperia 5 II dispose d'un mode d'affichage "Créateur" censé offrir plus de justesse dans les couleurs et respecter la vision d'auteur des cinéastes. Ce mode (qui peut du reste s'activer automatiquement lorsque vous regardez un film, par exemple) réchauffe beaucoup la dalle jusqu'à atteindre entre 6574K et 6696K selon la luminosité de l'écran. Parfait donc. La couverture des spectres sRGB et P3 s'effondre cependant à 96,4% et 71,6%. Pour compenser, le dE ne dépasse pas 2,85. Rappelons que sous la barre de 3, l'oeil humain peut difficilement faire la différence entre ce qui est affiché et la référence. Nous sommes donc dans les clous.

© Pierre Crochart pour Clubic

Malgré cela, nous avons souhaité tirer parti de la grande variété d'options offertes par Sony pour améliorer encore notre expérience visuelle.

Nous revoilà en mode "Standard", mais en effectuant quelques réglages dans la balance des blancs. Ici, nous optons pour le profil "Personnalisé", et ajustons les couleurs comme suit : Rouge 21, Vert 49 et Bleu 3.

Avec ces paramètres, nous avons obtenu ce qui pourrait bien être les meilleures mesures réalisées sur un smartphone cette année. Voyez plutôt : température de 6493K, couverture sRGB 121,8%, couverture P3 89,5%, delta E 2,92. Absolument parfait.

Pour ne rien gâcher, le Xperia 5 II est aussi le premier téléphone Sony à opter pour une fréquence de rafraîchissement étendue. On passe de 60 à 120 Hz. Un atout dont même le Xperia 1 II ne profite pas ! On reste toutefois très surpris que, par défaut, cette fréquence d'affichage soit désactivée. Comme si Sony n'avait pas suffisamment confiance dans l'autonomie de son téléphone... nous y reviendrons.

Autre atout majeur en faveur de la fluidité du smartphone : son taux d'échantillonnage de 240 Hz. C'est presque autant que les 270 Hz du ROG Phone 3 d'Asus. Une caractéristique qui fait que les mouvements de votre doigt sur l'écran sont restitués avec une précision inédite et surtout avec une latence minimum.

© Pierre Crochart pour Clubic

Pour résumer, il faut bien dire que nous sommes épatés par le travail abattu par Sony sur son écran. Non seulement excellemment calibré, il est d'une fluidité sans faille et répond — littéralement — au doigt et à l'oeil.

Bien sûr, on pourrait toujours trouver à redire sur ce choix d'un ratio 21:9. Certes, le format cinéma peut avoir ses avantages (surtout au niveau de la compacité), mais se prête assez mal à l'exercice de la lecture. Affaire de compromis en somme.

La lecture d'une vidéo YouTube occasionne l'apparition de larges bandes noires © Pierre Crochart pour Clubic

Audio : le meilleur ami des mélomanes

Si l'image est l'un des métiers de Sony, le son en est un autre. Très à l'aise sur la Hi-Fi, le constructeur fait une nouvelle fois profiter son Xperia 5 II de toute l'expertise de la maison pour proposer une expérience sonore délicieuse.

Les deux haut-parleurs, qui ont la bonne idée de faire face à l'utilisateur, offrent une restitution audio correcte — voire au-dessus de la moyenne. Le son est puissant, mais malheureusement plutôt plat. La faute, comme d'habitude, à des basses bien trop en retrait dans le spectre afin de favoriser la clarté des voix. Des limitations techniques plus que de la mauvaise volonté.

Une fois un casque ou même la paire d'écouteurs branchée dans le port jack, ce n'est plus la même histoire. Tout comme le Xperia 1 II, le Xperia 5 mark two est un baladeur numérique redoutable. Puissante, sa prise n'a aucun mal à tirer profit d'un casque de bonne qualité. Heureux détenteur d'un casque Sony WH-1000MX3, l'association (en filaire comme en Bluetooth) avec le nouveau smartphone du constructeur m'a donné pleine satisfaction.

On retrouve aussi la fonctionnalité toujours gadget de la "vibration dynamique" qui actionne le moteur haptique du téléphone sur les temps forts de la musique en cours de lecture. Un gimmick, d'autant que les vibrations du Xperia 5 II paraissent vraiment old school par rapport à la justesse d'un Mi 10T de Xiaomi par exemple.

Comme sur l'ancien modèle, le téléphone intègre une variété d'options pour personnaliser son expérience audio. Dolby Atmos est de la partie, tout comme le DSEE Ultimate, qui permet "d'upscaler" le bitrate de ses MP3 afin d'en augmenter la qualité. Attention : cette feature ne fonctionne que sur vos propres titres, pas sur les plates-formes de streaming.

Parlant de streaming, Sony a changé de fusil d'épaule cette année et propose désormais 3 mois d'abonnement offerts à Deezer Hi-Fi contre Tidal Hi-Fi sur le Xperia 1 II. Un service qui supporte donc le son haute définition, mais également le son 360 Audio, également compatible sur le Xperia 5 II.

Vous l'aurez compris : Sony n'a de leçon à recevoir d'aucun autre constructeur au chapitre de l'audio.

Performances : un vrai haut de gamme

Nous n'allons pas épiloguer sur les performances du Xperia 5 II. On l'a déjà dit : le téléphone embarque la même configuration que le Xperia 1 II - un Snapdragon 865, 8 Go de LPDDR5 et une mémoire flash en UFS 3.0.

Sans surprise, on obtient donc des résultats très proches entre les deux téléphones sur notre protocole de test habituel. AnTuTu calcule un score de 542 746 points et Geekbench 914 en single core / 3346 en multi-core.

Les performances graphiques sont absolument excellentes grâce au GPU Adreno 650, mais nous notons toujours un débit d'écriture exagérément bas pour un smartphone haut de gamme. Malgré une vitesse de lecture de 1446,45 Mb/s, le Xperia 5 II n'écrit qu'à 228,83 Mb/s. À titre de comparaison, le Xiaomi Mi 10T Pro (vendu 569€), fait trois fois mieux.

Mais les chiffres restent les chiffres, et le ressenti est probablement plus important encore. Au final, qu'importent ces résultats, puisqu'en main le Xperia 5 II réagit parfaitement aux interactions. Le multitâche ne pose aucun problème, tout comme les tâches plus intensives comme la vidéo en 4K à 120 ips.

Bien entendu, le smartphone est très adapté au jeu vidéo - pour peu que vous arriviez à vous faire à cet écran très allongé. Partenaire de Call of Duty Mobile (qui est préinstallé sur l'appareil), le Xperia 5 II est très à l'aise sur tout type de jeux. Et une nouvelle fois, le taux d'échantillonnage de 240 Hz change la donne en termes de réactivité.

Le Xperia 5 II est gamer dans l'âme © Pierre Crochart pour Clubic

Autonomie : plus endurant que le Xperia 1 II

L'autonomie du Xperia 1 II nous avait laissé sur notre faim. Heureusement, ce nouveau modèle dispose de caractéristiques susceptibles d'offrir des résultats plus satisfaisants.

L'écran, plus petit, pompe logiquement moins sur l'accumulateur. De plus, la batterie est plus généreuse encore que sur le modèle ultra haut de gamme — on passe de 3 860 mAh à 4 000 mAh. Néanmoins, la fréquence de rafraîchissement de 120 Hz que nous avons laissé activée en permanence était susceptible de tirer les résultats vers le bas.

Au final, nous avons pu utiliser le Xperia 5 II pendant exactement 30 heures, dont 7h25 avec écran allumé. C'est incontestablement mieux que sur le Xperia 1 II, tout en restant perfectible.

Dans les faits, vous pourrez tenir sans problème une journée, même en forçant un peu l'utilisation — et en 120 Hz. On regrette d'ailleurs que Sony n'ait pas opté pour une fréquence de rafraîchissement dynamique, ce qui aurait permis de conjuguer les atouts d'un meilleur framerate et d'allonger l'autonomie.

La recharge rapide du Xperia 5 II est plafonnée à 21 W. Mais comme nous l'avons dit, l'adaptateur fourni n'est que de 18 W... une pingrerie de la part de Sony. Quoi qu'il en soit, nous avons récupéré 47% d'autonomie en 30 minutes avec le chargeur inclus dans la boîte. Il faut compter 110 minutes tout rond pour atteindre les 100%.

Notons au passage que Sony intègre certaines options permettant de prendre soin de sa batterie. Outre le mode Stamina (économie d'énergie), on trouve également un mode "Entretien batterie" qui se propose d'apprendre de vos habitudes de recharge pour étirer au besoin le temps de chargement. Par exemple, si vous avez l'habitude de recharger votre téléphone la nuit, le Xperia 5 II peut automatiquement couper le jus autour de 80%, et reprendre la charge progressivement pour que les 100% soient atteints à votre réveil.

Dans le même ordre d'idées, on peut également limiter la charge totale à 90 ou 80% afin d'allonger la durée de vie totale de l'accumulateur. Bien sûr, on y perdra en autonomie au jour le jour. Mais la démarche est bonne, et contribue à améliorer la durée de vie de l'appareil.

Logiciel : quelques anachronismes

Aucune surprise en allumant le Xperia 5 II. Nous sommes sur un Android 10 en version stock, à peine agrémenté de quelques spécificités logicielles imaginées par Sony. Sur notre exemplaire de test, le smartphone disposait de la mise à jour de sécurité d'août 2020 — ce qui nous fait 2 mois de retard tout de même.

Le Xperia 5 II profite donc de tout l'attirail habituel d'un smartphone Android en 2020. Navigation gestuelle, barre latérale de raccourcis, fonctionnalités de bien-être numérique, et une multitude d'options dédiées à l'image (nous en avons parlé plus haut), au son et à l'autonomie.

De façon assez étonnante, le mode sombre ne peut pas être programmé pour s'activer automatiquement à la tombée de la nuit ou à un horaire défini. Il vous faudra manuellement activer et désactiver l'option. Étrange, d'autant que le mode "éclairage nocturne" peut, lui, être programmé.

Pour le jeu, le nouveau Xperia reprend à son compte l'optimisateur de jeux qui permet, je vous le donne en mille, d'optimiser ses sessions de jeux vidéo. Parmi les options disponibles, on note la possibilité d'améliorer le suivi tactile de l'écran ou encore d'activer un mode performances qui améliore encore la vitesse du processeur. Il est ensuite possible de désactiver l'affichage des notifications ou l'adaptation automatique de la luminosité. Ce genre de choses.

Nous sommes un peu déçus de constater que le Xperia 5 II embarque quelques applications préinstallées comme Facebook, LinkedIn et Netflix. Trois applis qui, contrairement à d'autres smartphones, ne peuvent absolument pas être désinstallées (mais simplement "désactivées"). Très franchement, on trouve ça un peu limite sur un smartphone haut de gamme.

Des applications non désinstallables. On adore.

Dans le même ordre d'idées, on aurait apprécié de pouvoir remapper le nouveau bouton dédié à l'Assistant Google. Personnellement peu friand de ce genre de choses, je me serais servi du bouton pour lancer rapidement mon application de messagerie préférée, par exemple.

Les applications estampillées Sony mériteraient aussi un petit ravalement de façade ; "Appareil photo" en premier lieu. Si elle permet de naviguer aisément entre les trois objectifs proposés, il faut encore et toujours atteindre le haut de son écran pour permuter vers la caméra avant ou activer le mode Portrait. On a déjà vu plus ergonomique.

Enfin, le Sony Xperia 5 II s'approprie également les applications Photo Pro et Cinéma Pro : deux applis découvertes sur le Xperia 1 II, et qui s'apparentent à des versions perfectionnées de l'appli Appareil photo, justement. Grâce à elles, on débloque l'accès à tous les réglages, aussi bien en photo qu'en vidéo. Leur interface reprend les codes esthétiques de la gamme Alpha de chez Sony. Aussi l'utilisateur habitué ne sera pas perdu.

L'interface de Cinema Pro demande un temps d'adaptation.

Par rapport au Xperia 1 II, il est également possible d'enregistrer ses clichés au format RAW (ou RAW+JPG). Chose qui avait dû attendre une mise à jour pour se mettre en place sur le dernier modèle. Notez enfin que seule l'application Cinema Pro permet de filmer en 4K à 120 images par seconde. Mais ce faisant, la vidéo obtenue est automatiquement ramenée à 24 images par seconde pour obtenir un ralenti.

Photographie : une expérience photo complète mais frustrante

Aborder ce dernier chapitre ne représente pas une tâche insurmontable. Et pour cause : le Sony Xperia 5 II reprend à l'identique la configuration photo du Xperia 1 II — exception faite du capteur 3D ToF, s'entend.

© Pierre Crochart pour Clubic

Pour rappel, Sony n'ambitionne rien de moins que de poser ses nouveaux smartphones comme une porte d'entrée vers ses appareils photo hybrides de gamme Alpha. Pour ce faire, le constructeur nippon articule sa proposition autour de trois objectifs distincts (et bien connus des photographes ) : un ultra grand-angle 16 mm, un grand-angle 24 mm et un téléobjectif 70 mm.

Trois optiques optimisées par Zeiss—- partenaire de longue date de Sony — qui profitent de caractéristiques très intéressantes. Le module grand-angle, notamment, propose des pixels de 1.8 µm. Les plus gros derrière ceux du capteur principal du Huawei P40 Pro.

© Pierre Crochart pour Clubic

Notez que les images suivantes ont été capturées tantôt via l'application Appareil photo classique, tantôt avec le mode Photo Pro pour m'amuser un peu avec les réglages.

Grand-angle : un bon point and shoot

Un constat nous a rapidement frappé à l'utilisation du Xperia 5 II. Contrairement au Xperia 1 II, il semble que l'algorithme ait été retravaillé afin de prioriser - un peu - moins l'exposition du ciel. On remarque rapidement que les ombres sont plus détaillées et que le couple netteté / contraste est plus satisfaisant sur l'ensemble de l'image. En contrepartie, le ciel pourra apparaître "cramé" à quelques occasions.

© Pierre Crochart pour Clubic

Le Xperia 5 II est un smartphone ultra réactif. Comme son grand frère, il est en mesure de mettre à jour la mesure de luminosité 60 fois par seconde et de proposer un mode rafale à 20 images par seconde. Ajoutons à cela que Sony n'a pas son pareil pour concevoir des autofocus très performants, et nous nous retrouvons-là avec un joli appareil photo à tout faire entre les mains.

© Pierre Crochart pour Clubic

Dans certains cas de figure, les bords de l'image peuvent laisser apparaître quelques artéfacts dus à la diffraction de la lentille. Une perte de détail minime, surtout si l'on observe ses clichés sur le smartphone.

© Pierre Crochart pour Clubic
Les blancs sont un peu trop prononcés © Pierre Crochart pour Clubic

Sur les scènes à haute dynamique, le Sony Xperia 5 II est capable du meilleur comme du pire. On l'a évoqué plus haut : son mode de calcul de luminosité fait qu'il semble moins prendre en compte l'exposition du ciel - et des hautes lumières en général. Il arrive donc que certaines scènes en HDR laissent apparaître des blancs bien trop vifs. En matière de conservation de détails dans les ombres en revanche, le capteur fait un formidable boulot.

© Pierre Crochart pour Clubic

Ultra grand-angle : le moins convaincant du trio

Entendons nous bien : l'ultrawide du Xperia 5 II remplit son job avec plein de bonne volonté. La continuité des couleurs est là, et le piqué est plutôt bon — au centre. Malheureusement, la moindre ouverture (ƒ/2.2) et la taille beaucoup plus modeste des pixels font que le vernis s'écaille assez vite une fois que l'on zoome sur l'image.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Logiquement, le module ultra grand-angle souffre des mêmes défauts que l'optique principale en matière d'exposition des hautes lumières. Mais on ajoute à cela une diffraction plus présente dans les angles, ce qui vient "laver" l'image de ses détails.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Au final, et comme souvent avec ce genre d'objectifs, il vaut mieux se contenter de les regarder de loin, sans trop s'attarder sur les détails. Dans ces conditions, on se réjouit que Sony propose l'extension toute naturelle du 24 mm avec cette courte focale.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Téléobjectif : l'un des meilleurs zooms du marché

Il est rare de trouver un bon téléobjectif sur les smartphones. Souvent mal dégrossis, ils proposent des images très bruitées, aux couleurs mal restituées et aux artéfacts grossiers. Mais Sony ne pouvait pas se rater sur ce point.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Avec sa focale de 70 mm (soit un zoom optique 3x), ce dernier capteur offre une superbe compression rien dénaturer. Les couleurs sont une nouvelle fois bien retranscrites, et le piqué reste homogène sur toute la surface de l'image.

© Pierre Crochart pour Clubic

Bien sûr, les pixels mériteraient une nouvelle fois d'être un peu plus généreux afin de hisser ce téléphoto à la hauteur du capteur principal. On reste agréablement surpris du résultat, qui ne démérite pas face aux deux autres objectifs du trio.

70 mm © Pierre Crochart pour Clubic
200 mm © Pierre Crochart pour Clubic

Ce capteur reste encore et toujours sujet à quelques difficultés dans des situations de grande dynamique. Souvent, les hautes lumières seront irrécupérables - à moins de volontairement sous-exposer via Photo Pro et de retravailler les ombres en post-traitement grâce au format RAW.

© Pierre Crochart pour Clubic

Enfin, il est possible d'atteindre la focale de 200 mm via un zoom numérique. Les limites de cette démarche apparaissent bien vite lorsque l'on regarde les clichés sur grand écran. Les algorithmes tentent de compenser la perte de netteté en jouant sur les contrastes, mais il est évident que les images ainsi récupérées sont moins flatteuses que via le zoom optique.

70 mm © Pierre Crochart pour Clubic
200 mm © Pierre Crochart pour Clubic

Portrait : une expérience (à moitié) frustrante

Le mode portrait (appelé ici "flou d'arrière-plan") fait un bon travail pour détourer le sujet et proposer un bokeh progressif. On est loin (très loin !) des excès d'un Pixel 5. Même à contrejour, le capteur comprend sur quel élément il doit faire le point et n'oublie (presque) pas un cheveu dans la manoeuvre. Un très bon cru, même si comme sur le Xperia 1 II, nous aurions aimé pouvoir profiter de la focale de 70 mm dans ce mode.

© Pierre Crochart pour Clubic

Notre enthousiasme est moindre lorsque l'on cherche à photographier des sujets inanimés ou des animaux (le Xperia 5 II supporte pourtant l'Eye AF, y compris sur les bestioles). Le flou est généré de façon totalement aléatoire et, de fait, artificielle.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Le capteur photo avant n'est pas meilleur dans l'exercice. Comme sur le Xperia 1 II, aucun mode portrait n'est au rendez-vous. Simplement, dès que vous postez votre trombine devant le capteur, la détection de scène indique "flou artistique" et ... c'est tout. Visuellement, cela ne se traduit par aucun changement. Étrange, et décevant.

Le mode portrait est inexistant à l'avant © Pierre Crochart pour Clubic

Nuit : une expérience (complètement) frustrante

Les années passent et Sony se refuse toujours à inclure un mode photo nocturne sur ses smartphones. Le pire, c'est que la justification du constructeur se tient. Constatant que beaucoup de ses concurrents abusent dans le traitement de l'image, il se refuse à écorner son statut d'expert en photographie en répliquant leurs manies. Aussi, si vous voulez photographier en basse lumière, il va vous falloir sortir le trépied et vous amuser avec les réglages. Un compromis qui conviendra peut-être aux utilisateurs avertis, mais qui pourrait causer quelques contrariétés à Monsieur ou Madame Toutlemonde.

Faute de mode dédié, nous avons donc réalisé notre série de clichés habituels via le mode automatique, avant de passer par le mode Photo Pro. Sans surprise, les résultats ne sont tout simplement pas bons. Le bruit numérique est omniprésent et le point a du mal à se faire correctement - aussi bien à l'ultrawide qu'au grand-angle.

En extérieur ce n'est guère mieux. 100% des photos que nous avons prises au cours de cet essai étaient floues malgré notre immobilité.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Ne me laissant pas abattre, j'ai donc sorti le trépied et effectué mes réglages pour de la photo nocturne. Grâce à des ISO contenus à leur minimum, à l'ouverture ƒ/1.7 et à 8 secondes de pose, j'ai pu obtenir les clichés suivants.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Bien mieux n'est-ce pas ? Le focus est bon, l'image est correctement détaillée et — surtout — le bruit est absent même dans le ciel.

Maintenant, mon avis sur la question est exactement le même qu'au sujet du Xperia 1 II. Défendre un positionnement "expert en photo" est louable ; mais il en faut pour tout le monde. Une personne qui paie 900€ pour un smartphone aussi bon en photographie ne devrait pas être pénalisée par l'absence d'un mode photo nocturne qui lui permet juste d'immortaliser une soirée sympathique ou un plat au restaurant. À ce niveau, j'estime que cela est moins une posture de la part de Sony que de la paresse.

Vidéo : peut le plus comme le moins

Sur le papier, les capacités vidéo du Xperia 5 II mettent l'eau à la bouche. 4K jusqu'à 120 ips (ralenti), stabilisation sur 5 axes, HDR et mode Cinema Pro débloquant tous les réglages. Un véritable pied pour vidéaste amateur !

Toutefois les résultats nous ont un peu laissés sur notre faim. Le nouveau Sony n'est jamais aussi bon qu'en 1080p30. Sorti de ce mode, on y perd soit trop en qualité d'image, soit en stabilisation. En 4K, par exemple, n'espérez même pas obtenir un rush exploitable sans utiliser de gimbal externe.

Le mode Cinema Pro est quant à lui assez velu à prendre en main pour qui n'a jamais touché une caméra. De plus, nous avons trouvé la mise au point un peu laborieuse en utilisant cette application. Une énième preuve que, pour tout ce qui a trait à l'image, Sony s'adresse avant tout à des personnes qui savent ce qu'elles font. Dommage pour les autres.

Sony Xperia 5 II : l'avis de Clubic

Affiché 100€ plus cher que son prédécesseur, le Xperia 5 II nous laisse une impression mitigée. Il nous trouble également, en cela qu'il remet en question l'existence même du Xperia 1 II : le modèle le plus haut de gamme de Sony, vendu 1 199€, et dont ce nouveau venu reprend la plus grande partie des caractéristiques.

Il s'agit aussi de mettre ce smartphone en concurrence avec les autres mobiles vendus à ce tarif. Comment se débrouille le Xperia 5 II face à un Galaxy S20 ou un iPhone 12 dont la sortie approche à grands pas ? Que vaut la proposition de Sony face à un OnePlus 8 Pro ?

Il ressort de notre test que Sony n'a pas grand-chose à prouver sur de nombreux domaines. Les écrans, notamment, ou encore l'audio. Mais apparaissent aussi tous les efforts qu'il lui faudra faire pour redevenir compétitif sur le marché du très haut de gamme. À quand un changement esthétique majeur ? À quand une surcouche logicielle moderne ? À quand une expérience photo aussi bonne que simple à prendre en main ?

Des questions que l'on espère arrêter de se poser dans les prochains mois. Lors de l'hypothétique sortie d'un Xperia I III, peut-être ?

Sony Xperia 5 II

7

Compact et très performant, le Xperia 5 II brille essentiellement par son écran formidablement étalonné et sa prestation audio de qualité. Le smartphone, se paie aussi le culot de faire mieux que le Xperia 1 II au niveau de l'autonomie.

Mais le Xperia 5 II est aussi un téléphone frustrant pour les utilisateurs non avertis. Son interface (ou plutôt ses applications natives) vieillit, et des fonctionnalités désormais essentielles comme un mode nuit manquent cruellement à l'appel.

Au final, Sony nous laisse la désagréable impression de camper sur ses positions en radotant sur ses gloires passées. Peut-être y a-t-il un public pour cela. Mais à en juger par les derniers chiffres de ventes de la marque, il semblerait qu'il s'agisse plutôt d'une niche.

Les plus

  • Une prise en main parfaite
  • Écran tout simplement parfait
  • Des performances de haut vol
  • Une meilleure autonomie que le Xperia 1 II
  • Une expérience photo et vidéo souvent convaincante
  • Un très bon baladeur de poche

Les moins

  • Une certaine paresse logicielle
  • Toujours laborieux en mode portrait et de nuit
  • Moteur de vibrations daté et à revoir

Design 7

Écran 10

Performances 8

Autonomie 8

Photographie 8

Test réalisé sur un smartphone prêté par le constructeur

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