Test Xiaomi Mi 10T Pro : un très bon cru, abordable et ultra performant

Pierre Crochart
Spécialiste smartphone & gaming
06 octobre 2020 à 10h30
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Ce n’était qu’une question de temps avant que Xiaomi dévoile ses cartes au sujet de sa gamme « T ». Six mois après la sortie des Mi 10 et Mi 10 Pro, la firme de Pékin renouvelle son milieu de gamme avec non pas deux mais trois nouveaux produits prometteurs : les Mi 10T Lite, Mi 10T et le Mi 10T Pro qui nous intéresse aujourd’hui.

On s’en souvient : les Mi 9T et Mi 9T Pro nous avaient particulièrement séduits l’an passé. Grâce à leur audace esthétique (la caméra pop-up), mais surtout à leur rapport excellent qualité-prix-performances, les milieux de gamme Xiaomi avaient gagné leur place dans notre palmarès du cœur.

Néanmoins, cette année, Xiaomi opère — comme sur son haut de gamme — une hausse des tarifs qui, sur le papier, rend ces nouvelles propositions moins alléchantes. De 349€ pour le Mi 9T on passe à 499€ pour le Mi 10T, et de 429€ pour le Mi 9T Pro à 569€ pour le Mi 10T Pro. Une inflation justifiée notamment par un bagage technique autrement plus ambitieux que sur la génération précédente.

Alors qu’est-ce qui change, concrètement, entre ce Mi 10T Pro et son grand frère le Mi 10 Pro ? La proposition de Xiaomi tient-elle debout, à l’heure où la concurrence fait rage sur le segment du milieu de gamme ? Ces questions, et bien d’autres encore, trouveront — on l’espère — leur réponse dans notre test complet disponible ci-dessous.

© Pierre Crochart pour Clubic

Xiaomi Mi 10T Pro : la fiche technique

Petit rappel de circonstance. Tout « Pro » qu’il est qualifié, le Mi 10T Pro reste, dans la gamme de Xiaomi, un smartphone de milieu de gamme. Sa particularité est toutefois d’emprunter un certain nombre de caractéristiques au haut de gamme afin d’imposer un rapport qualité-prix défiant toute concurrence. Mais vous l’imaginez, Xiaomi doit pour ce faire opérer quelques compromis.

Le Xiaomi Mi 10T Pro, c’est :

  • Écran : LCD IPS de 6,67 pouces affichant une définition Full HD+ de 2400 x 1080 pixels (20:9, 395 ppp, 144 Hz, HDR10+) couvrant environ 85% de la face avant. Protégé par un verre Gorilla Glass 5.
  • SoC : Snapdragon 865 gravé en 7 nm+ (1x2.84 GHz + 3x2.42 GHz + 4x1.8 GHz et GPU Adreno 650 (617 MHz)
  • Mémoire vive : 8 Go LPDDR5
  • Stockage interne : 128 Go ou 256 Go en UFS 3.1 (non extensible via carte SD)
  • Batterie : 5 000 mAh, recharge rapide à 33 W, incompatible à la recharge sans-fil
  • Étanchéité : Non
  • Prise jack 3,5 mm : Non
  • Audio : deux haut-parleurs stéréo
  • Appareils photo arrière :
    • Grand angle :  108 mégapixels ƒ/1.7, 1/1.33", 1,6 µm, OIS
    • Ultra grand-angle : 13 mégapixels ƒ/2.4, 1,12 µm,  angle de vue 123°
    • Macro : 5 mégapixels ƒ/2.4
  • Appareil photo avant : 20 mégapixels ƒ/2.2, 1/3.4", 0.8 µm
  • Vidéo : 8K @ 30 ips, 4K @ 60 ips, 1080p @ 60/120/240 ips, 720m @ 960 ips, EIS, HDR
  • Déverrouillage : capteur d’empreintes intégré sur le bouton de mise sous tension
  • Double SIM : Oui
  • Compatible 5G : Oui
  • Connectivité : Wi-FI 802.11 a/b/g/n/ac/6, Bluetooth 5.1, NFC
  • Dimensions : 165.1 x 76.4 x 9.3 mm
  • Poids : 218 grammes
  • OS : Android 10 avec MIUI 12
  • Coloris : Argent Lunaire, Noir Cosmique
  • Prix : 569€ pour 8+128 Go ou 599€ pour 8 + 256 Go
  • Disponibilité : sortie le 26 octobre 2020

Au rang des principales dissemblances avec le Mi 10 Pro, on citera évidemment cet écran. Un « simple » modèle LCD, là où Xiaomi a pour habitude de nous gâter avec des dalles AMOLED. Mais pour faire passer la pilule, le constructeur propose ici une fréquence de rafraîchissement de 144 Hz. Chose que, jusqu’à présent, nous n’avions vue que sur des smartphones gaming de dernière génération comme le Asus ROG Phone 3.

Autre différence : la configuration photo qui, si elle conserve le capteur principal de 108 mégapixels, se voit amputer des deux téléobjectifs au profit d’un capteur macro. Enfin au rang des détails, citons pêle-mêle l’absence de recharge sans-fil, et un plafonnement de la technologie de recharge rapide à 33W contre 50W sur le Mi 10 Pro.

© Pierre Crochart pour Clubic

Dans son écrin, le Mi 10T Pro s’accompagne d’un bloc d’alimentation de 33W et d’un câble USB-C, d’une paire d’écouteurs USB-C et d’un adaptateur USB-C vers jack 3.5 mm, et enfin d’une coque de protection transparente qui, pandémie oblige, dispose d’un revêtement antibactérien. Sympa.

Design : un grand smartphone esthétiquement réussi

Si le Mi 10T Pro dispose de la même diagonale que le Mi 10 Pro, les deux smartphones partagent assez peu de codes visuels. Ce nouveau modèle profite en effet d’un écran plat, là où le flagship sorti en avril arbore une dalle incurvée. Portons toutefois au crédit de Xiaomi d’avoir mis un point d’honneur à réduire drastiquement les bordures de l’écran du Mi 10T Pro, tout en miniaturisant au maximum le poinçon censé loger le capteur photo avant.

Le Mi 10T Pro (à gauche) et le Mi 10 Pro (à droite) © Pierre Crochart pour Clubic

Sur ce modèle de milieu de gamme, la firme de Pékin repasse au dos sur un verre brillant. On l’a compris : le verre dépoli est un atout réservé aux smartphones haut de gamme. Notre modèle de test — la version Argent Lunaire — est une belle réussite. Mais la surface arrière se révèle très sensible aux traces de doigt ; un véritable miroir !

Le Mi 10T Pro (à gauche) et le Mi 10 Pro (à droite) © Pierre Crochart pour Clubic

Profitons-en pour adresser l’éléphant dans la pièce, comme disent les Anglo-saxons. Oui, le bloc d’appareils photo du Mi 10T Pro est énorme. Un peu moins allongé que celui du Huawei P40 Pro tout de même, mais suffisamment protubérant pour empêcher au smartphone de reposer à plat (même avec la coque de protection…). Un défaut qui, toutefois, handicapait déjà le Mi 10 Pro. C’est un fait : faire de jolies photos ne suffit plus. Les smartphones d’aujourd’hui doivent aussi mettre en valeur leurs optiques. À titre tout à fait personnel, toutefois, je n’adhère pas le moins du monde à cette disposition rectangulaire que je trouve… grossière. Les goûts et les couleurs…

Le bloc d'appareils photos ne laisse pas indifférent © Pierre Crochart pour Clubic

Puisqu’on en parle, il est autre chose que Xiaomi semble avoir emprunté à son voisin Huawei : les tranches supérieures et inférieures du Mi 10T Pro sont plates. De quoi venir casser les lignes esthétiques de l’appareil et lui offrir ce petit côté robuste sur lequel on ne crache pas. 

© Pierre Crochart pour Clubic

On retrouvera par ailleurs sur le bas de l’appareil le port USB-C, le tiroir de cartes SIM (deux cartes autorisées) et l’un des deux haut-parleurs — l’autre étant situé sur la tranche opposée. 

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Contrairement au Mi 10 Pro, ce modèle milieu de gamme renonce au capteur d’empreintes sous l’écran. Il faut dire que l’intégration de cette technologie sous une dalle LCD est bien plus difficile (et donc coûteuse). Xiaomi se reporte ici sur un modèle intégré sur le bouton de mise sous tension, sur la droite de l’appareil. Au risque de me répéter, et maintenant que nous avons un certain recul sur la question, je continue de trouver ce type de technologie bien plus fiable qu’un capteur sous l’écran. 

Le capteur d'empreintes latéral est ultra réactif © Pierre Crochart pour Clubic

Pour conclure sur cette partie du test réservée au design, je dois dire que la prise du main du téléphone m’a un peu décontenancé. À la fois plus lourd et plus épais que le Mi 10 Pro, le Mi 10T Pro est un gros appareil. Surtout lorsque l’on sort de plusieurs jours passés en compagnie du très léger Samsung Galaxy S20 FE. À garder en tête pour les plus réticents à ce que l'on appelait encore "phablettes" il y a plusieurs années.

Le Mi 10T Pro est un grand smartphone © Pierre Crochart pour Clubic

Écran : du LCD, certes, mais de l’excellent LCD

Ils sont beaucoup à détourner le regard à la moindre mention du terme « LCD » sur la fiche technique d’un smartphone. Mais ce serait aller un peu vite en besogne. Non seulement la technologie a ses vertus, mais elle permet aussi au constructeur de maîtriser ses coûts et donc de proposer d’autres atouts sur un téléphone milieu de gamme. Ici, cet atout prend la forme d’une fréquence de rafraîchissement de 144 Hz contre, rappelons-le, 90 Hz sur le Mi 10 Pro haut de gamme.

Que vaut l'écran LCD du Mi 10T Pro ? © Pierre Crochart pour Clubic

Évidemment, l’utilisateur y perd en contraste. Mais notre sonde X-Rite et notre logiciel de calibration Calman Ultimate ont pu nous rassurer sur un certain nombre de points concernant les qualités de cet écran.

En sortie de boîte, le Mi 10T Pro utilise le « schéma de couleurs » Automatique, censé tirer le meilleur de la dalle. Malheureusement, ce choix par défaut rate sa cible. Avec une température calculée entre 6897K (50% de luminosité) et 7242K (100% de luminosité), on est loin, très loin des 6500K attendus. En résulte un écran aux couleurs très froides et aux teintes bleues prononcées. La couverture des gamuts sRGB et P3 atteint toutefois 99,8% et 91,2%, et le delta E 2000, qui mesure la dérive colorimétrique entre les couleurs affichées à l’écran et la référence Pantone est établie à environ 3,20. Très proche de la cible de < 3 donc.

© Pierre Crochart pour Clubic

Globalement, aucun schéma de couleur proposé par défaut par Xiaomi n'a vraiment trouvé grâce à nos yeux. Heureusement, les téléphones du Pékinois offrent une immense variété de réglages qui nous ont permis d'obtenir une calibration parfaite en sélectionnant le mode d'affichage "Saturé" et en réchauffant généreusement la roue chromatique. Avec ce petit tour de passe-passe, nous avons calculé les données suivantes : température de 6467K, couverture sRGB de 99,9% et du P3 à 93,5%, delta E de 2,86. Des mesures absolument parfaites.

Les meilleures mesures que nous sommes parvenus à obtenir sur le Mi 10T Pro.

Concernant la luminosité, nous avons atteint un pic à 680 nits en conservant l'adaptation automatique à la lumière ambiante. En passant en mode manuel, nous avons pu atteindre les 555 nits - ce qui reste très bon. Le contraste, enfin, a été établi à 1328:1 dans le mode d'affichage "Saturé". Notez qu'il est légèrement plus important (1451:1) en sélectionnant le mode "Auto". Ce qui se paie, on l'a dit, au prix d'un écran très froid.

Rassurés sur la capacité de l'écran LCD à rivaliser en termes de reproduction des couleurs avec celui, AMOLED, du Mi 10 Pro, nous en avons profité pour regarder quelques vidéos. Sur ce point, notez que le Mi 10T Pro intègre la technologie Adaptive Sync qui lui permet de systématiquement caler sa fréquence d'affichage sur le nombre d'images par secondes proposées par le contenu que l'on regarde. Cela est donc aussi vrai pour les jeux vidéo, et permet in fine d'économiser de la batterie.

© Pierre Crochart pour Clubic

Rien à signaler côté confort. Le minuscule poinçon s'oublie très facilement, et il va sans dire que la grande fréquence de rafraîchissement fait beaucoup dans notre appréciation de la navigation sur le Mi 10T Pro. D'aucuns pourront dire qu'une fréquence de 144 Hz est exagérée pour un smartphone grand public, et leur argument s'entend. Peut-être Xiaomi aurait pu/du se restreindre à 120 Hz afin de ne pas trop épuiser la batterie de son nouveau modèle. Mais, comme nous le verrons plus tard, le Mi 10T Pro est également un vrai champion de l'autonomie.

Audio : Pas la puissance de son grand-frère

C'est peu dire que le Mi 10 Pro nous avait impressionné par sa prestation sonore. Son duo de haut-parleurs "1216" envoyait un son d'excellente qualité, riche et profond, au point qu'il pouvait sans aucun problème compenser l'absence d'enceinte portative pour sonoriser une petite pièce.

Le Mi 10T Pro est-il en mesure de se hisser au même niveau ? La réponse est non. Du moins pas dans la même proportion.

Dans le détail, le smartphone qui nous intéresse aujourd'hui est équipé d'un haut-parleur "1216" et d'un autre "1016", de plus petite taille. Cela peut paraître anodin, mais le son est par conséquent moins englobant et moins correctement spatialisé. Qu'on se rassure : la qualité reste au rendez-vous, et les basses se révèlent même assez puissantes.

Le volume, réglable sur 30 niveaux, ne saturera qu'au plus haut. Et encore, cela dépend du type de musique que vous écoutez. Globalement, nous sommes donc sur une très bonne surprise - surtout à ce niveau de prix où l'audio est un domaine largement boudé par les constructeurs.

Certifié Hi-Res Audio, le Mi 10T Pro fait l'impasse sur la prise jack, mais intègre heureusement un adaptateur USB-C vers jack ainsi que toute la batterie de codecs habituels pour profiter au mieux de ses périphériques Bluetooth. SBC, AAC, aptX HD et Adaptative et bien sûr LDAC.

Enfin, MIUI 12 propose un certain nombre de réglages pour personnaliser l'expérience. Notons toutefois que Dolby Atmos reste ici aux abonnés absents contrairement au Mi 10 Pro.

Performances : plus rapide que le Mi 10 Pro

Ironie du sort : le Xiaomi Mi 10T Pro est plus performant que son Mi 10 Pro de grand frère. Pourtant, au niveau de la technique, rien ou presque ne distingue les deux smartphones : Snapdragon 865, 8 Go de RAM LPDDR5 et système de stockage en UFS 3.1.

Attention : l'écart n'est pas gigantesque non plus. En réalité, hors protocole de benchmark, il est strictement impossible de départager les deux mobiles. 

Ainsi AnTuTu attribue le score de 581 199 points au Mi 10T Pro (environ 10 000 de plus que le Mi 10 Pro) et Geekbench le couple 912/3348 sur ses tests en single et multi core. 

Un bug nous a empêchés de mener à bien notre test habituel sur 3D Mark. Mais la configuration étant sensiblement la même que sur le Mi 10 Pro, on estime que son score se situe autour de 6500 points. Le système de stockage du smartphone, enfin, affiche des débits tout à fait dans les standards du haut de gamme d'aujourd'hui avec plus de 700 Mb/s en écriture et 1650 Mb/s en lecture.

Ces chiffres, couplés à la fréquence d'affichage extrêmement élevée du Mi 10T Pro, offrent au smartphone un confort de navigation sans précédent. Tout est d'une fluidité sans faille : du lancement de multiples applications à la pratique intensive de jeux vidéo.

N'en doutez pas une seule seconde : même en investissant 500€ de plus pour vous offrir un smartphone ultra haut de gamme, vous n'obtiendrez pas de meilleurs résultats. Du moins rien qui vous sautera aux yeux.

© Pierre Crochart pour Clubic

Enfin concernant la chauffe, nous n'avons rien relevé d'inquiétant. Même après des tests intensifs, le mercure n'a jamais grimpé au-delà des 38°C sur la face arrière du téléphone. 

Autonomie : deux jours (presque) garantis

Le Mi 10T Pro a la bonne idée d'embarquer une batterie plus conséquente que le Mi 10 Pro. Avec sa capacité de 5 000 mAh, le smartphone devait nous offrir une autonomie plus que raisonnable. Mais c'était sans compter sur deux éléments qui brouillaient a priori les pistes : un écran LCD consomme plus d'énergie, et d'autant plus lorsqu'il est cadencé à 144 Hz - ce qui a été notre cas durant toute notre période d'essai.

Malgré ces impératifs techniques, le Mi 10T Pro s'est révélé être un smartphone très endurant. Au total, notre exemplaire de test est resté en veille durant 58h. Sur ce laps de temps, l'écran a été en utilisation durant environ 10h (la nouvelle interface MIUI ne permet pas d'obtenir plus de détails malheureusement) - ce qui est tout bonnement excellent, et nettement plus impressionnant que sur le Mi 10 Pro.

Une meilleure autonomie donc, mais aussi une vitesse de recharge rétrogradée. Par rapport au Mi 10 Pro, on repasse ici à 33W. Pas de quoi s'affoler toutefois : le Mi 10T Pro est capable de passer de 0 à 100% d'autonomie en très exactement 59 minutes. Il ne vous faudra que 30 minutes pour récupérer 65% de batterie.

On regrettera simplement l'absence de recharge sans-fil sur ce modèle. Une technologie sur laquelle Xiaomi excelle depuis plusieurs années.

Interface : MIUI 12 toujours plus proche d'iOS

Le Xiaomi Mi 10T Pro est le premier smartphone à être commercialisé avec MIUI12 : la nouvelle surcouche du constructeur. Pour le moment, on reste cependant sous Android 10, avec la mise à jour de sécurité datant du 1er septembre 2020. 

Et que de changement sur cette version ! MIUI se paie un ravalement de façade complet avec sa douzième itération. Quitte à se montrer un peu retors à prendre en main.

D'abord, il faut signaler que MIUI 12 est probablement la surcouche Android à se rapprocher le plus d'iOS. La dernière trouvaille de Xiaomi en la matière fera à coup sûr sourire les possesseurs d'iPhone : désormais, votre volet de notifications et le panneau de contrôle (permettant de gérer luminosité, Wi-Fi, Bluetooth, etc.) sont dissociés. Il vous faudra swiper du bord supérieur gauche pour faire apparaître l'un, et du bord supérieur droit pour faire apparaître l'autre. Une petite gymnastique à laquelle, même après plusieurs jours, j'avoue ne pas m'être totalement habitué.

À gauche, le panneau de notification habituel, à droite le nouveau centre de contrôle de MIUI 12.

Ce choix est d'autant plus étrange qu'avec une diagonale de 6,67 pouces, n'espérez même pas pouvoir accéder à vos dernières notifications d'une seule main (du moins si vous êtes droitier). 

Conscient que cette modification peut déplaire, Xiaomi laisse toutefois la possibilité de repasser à une disposition classique en se rendant dans Réglages > Affichage > Centre de contrôle & panneau de notification > décocher « Utiliser le nouveau Centre de contrôle ».

Autre nouveauté (qui rappelle davantage iPadOS cette fois) : les fenêtres flottantes. Déjà présentes sous bien d’autres formes chez la concurrence, elles se parent ici d’une ergonomie des plus réussies.

En ouvrant le gestionnaire des tâches, un bouton vous invite à ouvrir d’autres applications sous forme de fenêtre flottantes. Celles-ci viendront en surimpression de votre écran, et pourront être réduites en les balançant dans un coin de l’écran. Elles restent disponibles à tout moment, et continuent d’afficher leur contenu en temps réel. Un vrai plus pour la productivité.

Dans les fonctionnalités plus classiques, aucune ne manque à l’appel. Navigation gestuelle, raccourcis divers et variés, mode sombre intégral et mode Always-On : tout y est. Signalons également la présence (matérielle) d’un moteur de vibration à axe en X qui offre un retour tout bonnement impressionnant à la moindre action effectuée sur le téléphone. 

La publicité a toujours sa place sur MIUI 12 ...

Xiaomi oblige, on retrouve également une interface agrémentée de publicités. Dans les faits, cela se limite à quelques écrans très ciblés, comme l'application Téléchargements, ou le module permettant de désinstaller en lot les applications préinstallées (ici Facebook, Netflix et WPS Office). La plupart des utilisateurs n'y feront donc pas attention, mais cela reste dérangeant d'avoir un écran publicitaire dans la poche au quotidien.

Du côté de la photo, Xiaomi inaugure ici un certain nombre de nouveautés. Le mode Clone, notamment, nous aura bien distraits pendant notre test. Très simplement, il permet — en photo ou vidéo — de dupliquer le sujet de votre image avec une facilité déconcertante. Dans cet exemple, je suis toutefois resté trop proche de mon premier « clone », ce qui occasionne un halo blanc autour de ma silhouette. Reste que l’idée est bonne, et l’exécution convaincante !

Exemple (nul) de photo "Clone" © Pierre Crochart pour Clubic

Une myriade de nouveaux modes de pose longue a aussi fait son apparition, et permet de varier les plaisirs. Traînées lumineuses, astrophotographie, light painting… autant de nouveautés auquel mon environnement de test ne se prêtait malheureusement pas.

Les nouveaux modes d'exposition longue

Enfin, précisons que notre exemplaire de test a rencontré une erreur persistante au lancement de Netflix. Parfaitement au courant du problème (qui ne concerne que les exemplaires réservés à la presse), Xiaomi assure que les modèles commerciaux pourront profiter du service de SVoD. Le smartphone est effectivement certifié Widevine L1, et rien ne s’oppose donc à ce qu’on puisse profiter de contenus HD.

Photographie : une belle réussite à ce niveau de prix

D’immenses progrès ont été faits cette année en termes de photographie au smartphone. Les capteurs se sont agrandis, et les algorithmes sont de plus en plus performants pour améliorer la qualité globale des clichés.

© Pierre Crochart pour Clubic

À ce titre, le Xiaomi Mi 10T Pro est le téléphone le plus accessible à embarquer un module grand-angle de 108 mégapixels (Samsung HMX de taille 1/1.33" pour des pixels de 1.6 µm). On pourrait aussi citer le Mi Note 10, également chez Xiaomi. Mais le reste de sa fiche technique en fait pratiquement une antiquité en comparaison du présent modèle. Sur le papier, le seul à faire aussi bien — ou presque — est donc le Huawei P40, dont le ticket d’entrée est fixé à 799€ hors promotion.

Xiaomi plane donc loin au-dessus de la mêlée dans sa gamme de prix, où le capteur Sony IMX 686 de 64 mégapixels est omniprésent. Cela lui assure-t-il pour autant de remporter la palme du meilleur photophone milieu de gamme ? Voyons cela sans plus attendre.

© Pierre Crochart pour Clubic

Grand-angle : un capteur presque irréprochable

Malgré une météo automnale peu clémente, le module principal du Mi 10T Pro s’est montré volontaire pour immortaliser l’instant. Ce « capteur à tout faire » de 108 mégapixels (les clichés ressortent en 27 mégapixels eu égard au pixel binning) offre une parfaite restitution des scènes qu’on lui propose.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

L’algorithme de Xiaomi, par défaut, n’en fait pas trop et opte pour une reproduction fidèle de la réalité. Point trop de contraste, encore moins de saturation : on cherche avant tout à figurer le naturel.

Le piqué au centre est bon, à défaut d’être exceptionnel. On remarque par contre qu’il est plutôt homogène sur toute la surface du capteur. Mêmes les angles de l’image affichent beaucoup de détails, et c’est là la grande force du Samsung HMX. 

© Pierre Crochart pour Clubic

Comme la plupart des smartphones embarquant un capteur haute-résolution, le Mi 10T Pro permet de mobiliser les 108 mégapixels du capteur via un mode dédié. Comme souvent : ce n’est pas une idée judicieuse. En perdant le pixel binning, on se retrouve avec des pixels beaucoup trop petits pour détailler suffisamment l’image (0,8 µm). Résultat : on y perd en netteté et, surtout, en clarté (le micro-contraste). A contrario, on peut plus facilement recadrer son cliché grâce à la grande résolution de l’image.

À gauche une image 27 MP, à droite 108 MP © Pierre Crochart pour Clubic

Avec son grand-angle, le Xiaomi Mi 10T Pro dispose d’une aisance rare en HDR. Même en pointant directement son appareil vers le soleil, le capteur parvient à rééquilibrer l’histogramme en récupérant des détails dans les hautes lumières et les ombres sans la moindre difficulté. 

À gauche sans HDR, à droite avec © Pierre Crochart pour Clubic

Ultra grand-angle : peut mieux faire

Avec un capteur principal aussi généreux, on s’attendait à se que Xiaomi joue l’économie sur le reste de la configuration photo. Nous ne nous sommes pas vraiment trompés.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Entendons-nous bien : les résultats offerts par ce capteur 13 mégapixels ne sont pas vilains pour un sou. Disons simplement qu’il faudra souvent l’accompagner en tapotant l’écran afin de compenser une mesure automatique de l’exposition un peu dans les choux (par défaut, le ciel est quelque fois surexposé afin de détailler correctement le reste de l’image). 

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

On remarque aussi que ce capteur a la fâcheuse tendance à rougir les images et donc à ne pas respecter la continuité colorimétrique entre les différentes focales.

Ceci étant dit, le piqué au centre de l’image est correct, et le phénomène de diffraction assez peu présent. De plus, la correction de la distorsion est performante. 

À gauche sans HDR, à droite avec © Pierre Crochart pour Clubic

Portons aussi à son crédit de solides capacités en HDR qui, en définitive, en font un capteur secondaire de bonne facture.

Zoom : du numérique et puis c’est tout

Vous le savez puisque vous avez lu la fiche technique de l’appareil : le Mi 10T Pro n’intègre aucun téléobjectif. En lieu et place, un capteur macro de 5 mégapixels sur lequel nous revenons plus bas. 

© Pierre Crochart pour Clubic

Aussi pour proposer malgré tout un zoom sur son appareil, Xiaomi se repose sur la profusion de pixels de son capteur principal et recadre allègrement. 

© Pierre Crochart pour Clubic

Une méthode qui a pour conséquence de dégrader fortement la qualité de l’image, et qui fait surtout peser un sacré poids sur la qualité de l’autofocus de l’appareil.

Zoom 10x © Pierre Crochart pour Clubic
Zoom 30x © Pierre Crochart pour Clubic

Ici, les résultats sont bons en zoom 2x, et très corrects en 10x. Mais on déconseillera les utilisateurs de pousser plus loin la focale au risque de voir les détails s’évaporer comme peau de chagrin. En zoom 30x, le smartphone conserve beaucoup moins de contraste et de couleur qu’un Samsung Galaxy S20 FE par exemple.

Zoom 10x © Pierre Crochart pour Clubic
Zoom 30x © Pierre Crochart pour Clubic

Néanmoins, si vous ne prévoyez pas de faire démonstration de vos clichés sur grand écran, le Mi 10T Pro parvient à donner le change quelle que soit la focale utilisée. 

Un portraitiste confirmé (sur sujet humain)

Comme le Mi 10 Pro, le Mi 10T Pro s’en sort très bien dans l’exercice du portrait. Le détourage est réussi (à l’exception de quelques mèches de cheveux) et le flou d’arrière-plan est aussi harmonieux que progressif.

© Pierre Crochart pour Clubic

Petit bémol toutefois sur la texture de mon pull qui, pour une raison étrange, perd en netteté une fois en mode portrait.

À l’avant, le capteur de 20 mégapixels offre également de bons résultats. Si l’on note une légère tendance au lissage, le détourage est à l’avenant et le flou très justement dosé.

© Pierre Crochart pour Clubic

Sur un sujet inanimé en revanche, l’édifice s’effondre. Ici sur ces statues, le flou est généré de façon totalement aléatoire malgré la patience dont j’ai fait preuve pour accompagner le smartphone dans la compréhension de la scène. Dans l’exercice, Xiaomi aurait quelques leçons à recevoir d’Asus qui, avec son ZenFone 7 Pro, nous avait impressionnés sur ce point.

Sur cette fontaine, le mode portrait est catastrophique © Pierre Crochart pour Clubic

Macro : sans surprise

La plupart des modules macro intégrés à nos smartphones souffrent soit d’une résolution ridicule, soit d’énormes problèmes de mise au point.

Celui du Mi 10T Pro est assis pile entre ces deux chaises. D’un côté les seuls 5 mégapixels à sa disposition sont insuffisants pour offrir des clichés de qualité, de l’autre son autofocus est aussi réactif que souvent à côté de la plaque.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

C’est qu’il faut en réalité déployer des trésors de stabilité pour parvenir à déclencher l’obturateur au moment où le smartphone comprend enfin où il est censé faire le point. 

Il arrive toutefois que les astres s’alignent et que l’on se retrouve effectivement avec une photo exploitable. Mais l’exercice n’en vaut que rarement la peine : on aura plus tôt fait de prendre un instantané avec le module principal et de recadrer pour faire ressortir le détail que l’on souhaite.

Parfois, ça fonctionne bien © Pierre Crochart pour Clubic

Nuit : une belle aisance à la nuit tombée

Le Mi 10T Pro n'offre de mode nuit à proprement parler que via son module principal - ce qui n'est pas un mal, nous allons le voir.

En intérieur et en basse lumière, l'énorme capteur signé Samsung donne déjà de bons résultats en mode automatique. Bien sûr, la mise au point est parfois laborieuse, et les couleurs apparaissent un peu passées. Autant de défauts que l'activation du mode nuit idoine parvient à compenser.

Mode auto à gauche, mode nuit à droite © Pierre Crochart pour Clubic

Le capteur ultrawide n'a pas la même faculté d'adaptation. La majorité des détails se fait la malle pour ne laisser de la place qu'à une bouillie de pixels pas fort appétissante.

Avec le module ultra grand-angle ... © Pierre Crochart pour Clubic

En extérieur, le capteur principal ne montre aucun signe de faiblesse en mode automatique. Tout juste remarque-t-on que les lampadaires produisent une lumière un peu brûlée. Pour le reste, les détails sont toujours assez présents. Le mode nuit a d'ailleurs eu tendance à dégrader le résultat plutôt que de l'améliorer. En allongeant la pose, le smartphone a en effet eu du mal à compenser le mouvement naturel de ma respiration. Conséquence : un léger flou de bougé est apparu et est venu effacer quelques détails.

Mode auto / mode nuit © Pierre Crochart pour Clubic

Cela n'est toutefois pas systématique, et il suffira de faire plus attention la fois suivante en bloquant sa respiration.

Mode auto / mode nuit © Pierre Crochart pour Clubic

Vidéo : polyvalent et bien stabilisé

Techniquement, le Mi 10T Pro est capable de filmer en 8K à 30 images par seconde. Un mode que l’on a jugé beaucoup trop demandeur en ressources, d’autant que la qualité optique n’est pas forcément à l’avenant.

En 4K à 60 ou à 30 images par seconde, on retrouve déjà un piqué plus juste et, surtout, une stabilisation électronique très performante. Selon nous, il reste dans tous les cas plus agréable de se cantonner à ce bon vieux 1080p30, qui offre le meilleur compromis qualité/stabilisation/taille du fichier.

Le Mi 10T Pro est également pourvu d’un mode Super Stabilisation qui réplique assez bien le fonctionnement d’un gimball. Son usage demandera cependant un petit temps d’adaptation en cela que la compensation des mouvements est parfois un peu brusque. De plus, la qualité optique est une nouvelle fois très dégradée en utilisant ce mode.

Enfin, le capteur ultra grand-angle peut lui aussi tourner des vidéos jusqu’en 4K à 30 ips. Malheureusement, la faible définition du capteur ne rend pas vraiment justice à vos séquences. D’autant que la correction de distorsion semble disparaître comme par magie une fois passés en mode vidéo.

Xiaomi Mi 10T Pro : l’avis de Clubic

Au sortir de plusieurs jours à triturer le Mi 10T Pro, le constat à dresser est très positif. Dans les faits, nous avons retrouvé la plupart des sensations qui avaient fait du Mi 10 Pro un excellent smartphone en avril dernier.

Il faut d’ailleurs se rappeler que ce dernier avait été sanctionné d’un point en raison d’un tarif que nous jugions excessif. Alors que penser de ce nouveau modèle proposé, rappelons-le, 400€ de moins que le Mi 10 Pro ?

Beaucoup de bien, tout simplement. Certains n’arriveront pas à passer outre la présence d’un écran LCD ; mais ils auraient bien tort. Formidablement calibrée, cette dalle de type IPS offre surtout une fréquence d’affichage inédite de 144 Hz pour une fluidité poussée dans ses retranchements.

Bien sûr, quelques concessions ont dû être faites par Xiaomi pour parvenir à rentrer autant de techno dans un tarif aussi réduit. En premier lieu, la configuration photo qui s’épure pour ne faire vraiment ressortir que le capteur principal 108 mégapixels. Un compromis que nous jugeons très acceptable au regard de la prestation globale de l’appareil.

Xiaomi Mi 10T Pro

9

Après une génération Mi 10 qui s’essayait à l’ultra haut de gamme, Xiaomi repose solidement ses pieds sur terre avec sa série Mi 10T. Tout milieu de gamme qu’il est, le Mi 10T Pro offre non seulement des performances de flagship, mais aussi une autonomie en béton et le plus grand capteur photo jamais vu sur cette gamme de prix.

Mais tout cela se fait au sacrifice de certains aspects de la fiche technique. Du LCD au lieu de l’AMOLED, une recharge rapide un peu moins performante, l’absence d’étanchéité ou encore la partie audio à peine moins convaincante que sur le Mi 10 Pro. Des broutilles, si vous nous demandez notre avis.

Sous les 600€, le Xiaomi Mi 10T Pro nage pour le moment au-dessus de la mêlée. 

Les plus

  • Un écran très bien calibré et réactif ...
  • Aussi performant que le Mi 10 Pro
  • Deux jours d'autonomie
  • Un capteur 108 mégapixels sous la barre des 600€
  • MIUI 12 plein de nouveautés...
  • Retours haptiques très satisfaisants
  • Globalement un rapport qualité-prix d'exception
  • (La coque de protection antibactérienne fournie)

Les moins

  • ... mais LCD
  • Module photo macro toujours décevant
  • Bloc d'appareils photo inesthétique
  • Assez lourd et massif en main
  • ... et de publicités

Design 8

Écran 9

Performances 9

Autonomie 10

Photographie 9

Test réalisé sur un smartphone prêté par le constructeur

Modifié le 07/10/2020 à 11h53
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