Test POCO X3 Pro : un poids lourd, dans tous les sens du terme

31 mars 2021 à 09h08
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© Pierre Crochart pour Clubic

Aux yeux de beaucoup, POCO a repris le flambeau d'un certain OnePlus. Des smartphones  à prix cassés qui semblent ne faire aucune concession sur la technique, alors que la concurrence ne fait que tirer les prix vers le haut. Une philosophie déjà saluée sur les précédents modèles de la marque, et que le présent X3 Pro ne renie pas — au contraire.

On vous le donne en mille : le POCO X3 Pro est un POCO X3 sous stéroïde. Une montée en puissance qui fait en réalité passer le téléphone dans une autre tranche ; lorgnant davantage vers le milieu de gamme que son prédécesseur.

En cause ? Un processeur beaucoup (vraiment beaucoup) plus puissant. Mais ce gain de performances se paie, vous le verrez, sur d'autres aspects de la fiche technique.

Xiaomi Poco X3 Pro
  • Des performances hallucinantes
  • Un écran très fluide
  • Rechargé pleinement en 1h
  • Robuste
  • Un smartphone très lourd
  • Dalle LCD mal calibrée
  • Autonomie pas au niveau de la concurrence
  • Une expérience photo en demi-teinte (de vert)

POCO X3 Pro : la fiche technique

Pour son « petit » prix de 299€ (249€ en précommande), le POCO X3 Pro offre une prestation de très, très haute volée. De quoi le hisser au coude à coude avec l'excellent Redmi Note 10 Pro , lequel brille toutefois sur d'autres aspects.

Fiche technique Xiaomi Poco X3 Pro

Caractéristiques techniques

Système d'exploitation
Android
Version du système d'exploitation
11
Surcouche Android
MIUI 12 pour POCO
Assistant vocal
Google Assistant

Affichage

Taille de l'écran
6.67in
Type d'écran
LCD IPS
Définition de l'écran
2400 x 1080
Taux de raffraichissement
120Hz
Densité de pixels
395 ppp
Écran HDR
Oui

Mémoire

Mémoire interne
128 Go
Stockage extensible
Oui

Performance

Processeur
Snapdragon 860
Finesse de gravure
7nm
Nombre de cœurs CPU
8
Fréquence CPU
2.96GHz
GPU
Adreno 640
Mémoire vive (RAM)
6 Go

Batterie

Capacité de la batterie
5160 mAh
Batterie amovible
Non
Recharge sans-fil
Non
Charge rapide
Oui
Puissance de la charge rapide
33W

Appareil Photo

Nombre de caméras (avant & arrière)
5
Définition du / des capteur(s) arrière
48 + 8 + 2 + 2
Définition du / des capteur(s) avant
20
Enregistrement vidéo
4K30 ips
Stabilisateur caméra
Numérique
Flash arrière
Dual-LED
Flash Frontal
Non
Taille des photosites objectifs arrière
0.8 µm (1.6 µm après pixel-binning)
Taille des photosites objectifs frontaux
0.8 µm (1.6 µm après pixel-binning)
Ouverture objectif photo arrières
ƒ/1.79, ƒ/2.2, ƒ/2.4, ƒ/2.4
Ouverture objectif photo frontaux
ƒ/2.2

Réseau

Carte(s) SIM compatible(s)
Nano-SIM
Compatible double SIM
Oui
Compatible 5G
Non

Connectivité

Wi-Fi
5
Bluetooth
5
NFC
Oui
GPS
Oui
Infrarouge
Oui

Equipement

Type de connecteur
USB-C
Lecteur biométrique à empreinte digitale
Oui
Capteur de reconnaissance faciale
Reconnaissance faciale 2D
Acceleromètre
Oui
Gyroscope
Oui
Prise Jack
Oui
Nombre de haut-parleurs
2

Caractéristiques physiques

Hauteur
165.3mm
Largeur
76.8mm
Epaisseur
9.4mm
Poids
215g
Certification IP
IP53

Débit d’Absorption Spécifique (DAS)

DAS tête
0,573 W/kg
DAS tronc
0,899 W/kg
DAS membres
1,898 W/kg

Par rapport au POCO X3, ce nouveau modèle se distingue de plusieurs manières. D'abord, on troque le Snapdragon 732G contre un Snapdragon 860. Gravé en 7 nm, ce modèle offre des performances similaires à celles d'un smartphone haut de gamme d'il y a deux ans. L'espace de stockage passe ensuite de l'UFS 2.1 à 3.1, garantissant des débits en lecture et écriture des données beaucoup plus rapides. 

Maintenant, parlons des concessions. Sur l'autel des performances, POCO a sacrifié une partie de la configuration photo. En lieu et place du capteur grand-angle de 64 mégapixels (1/1.73"), on passe ici sur un modèle 48 mégapixels de plus petite taille (1/2.0"). De quoi suggérer une petite baisse de régime dans les scénarios nocturnes. L'ultra grand-angle perd aussi des pixels, et passe à 8 mégapixels contre 13 sur le POCO X3.

© Pierre Crochart pour Clubic

Dans son écrin, le POCO X3 Pro se dote d'un adaptateur secteur 33 W, d'un câble USB-C, d'une coque de protection en silicone transparent et d'un kit mains libres (qui ne nous a pas été fourni).

Design : solide, le POCO X3 Pro est aussi très lourd

Dans son test, mon estimé collègue Gabriel regrettait le poids important du POCO X3. Et il nous faut appuyer une nouvelle fois sur ce point. Oui, le POCO X3 Pro est un gros smartphone.

Presque aussi lourd qu'un iPhone 12 Pro Max , le POCO X3 Pro souffre surtout d'un certain encombrement. Mesurant pratiquement 1 centimètre d'épaisseur, le dernier né des usines POCO n'est assurément pas à mettre entre toutes les mains. Mais dans le même temps, il faut lui reconnaître une certaine solidité dans sa conception.

© Pierre Crochart pour Clubic

Protégé par un verre Gorilla Glass 6, et recouvert d'un dos en plastique de bonne facture, se dégage du X3 Pro une impression de robustesse assez rare sur des téléphones vendus à ce tarif. 

© Pierre Crochart pour Clubic

Présenté ici dans sa finition Phantom Black, le POCO X3 Pro n'est pas complètement noir. Plutôt soigné, le revêtement dorsal affiche des reflets cuivrés et bleutés selon la provenance des rayons du soleil. De plus, le logo de la marque, intégré sur une épaisse bande noire centrale, affiche les mêmes reflets.

© Pierre Crochart pour Clubic

Le bloc d'appareils photo est malheureusement assez proéminent. Il dépasse d'un bon millimètre du châssis. Mais son placement central permet d'éviter l'instabilité habituelle lorsqu'il repose à plat.

Tous les boutons du POCO X3 Pro sont situés sur la tranche droite. On trouve la réglette de volume et, dessous, le bouton de mise sous tension lequel incorpore également un capteur d'empreintes digitales.

© Pierre Crochart pour Clubic

Le X3 Pro dispose de deux haut-parleurs pour un son stéréo de bonne qualité. Une grille est disposée sur la tranche inférieure, près du port jack 3.5 mm et du port USB-C ; l'autre au niveau de l'écouteur principal du téléphone.

L'écran enfin est parfaitement plat, et propose une surface d'affichage plutôt correcte pour ce niveau de prix. Avec un taux d'occupation de la dalle autour des 85%, on est peu ou prou sur la même proposition qu'un Redmi Note 10 Pro. À un détail près : il ne s'agit pas d'un écran AMOLED.

© Pierre Crochart pour Clubic

Écran : un bel écran LCD qui manque un peu de peps

Et oui. S'il coûte le même prix que le Redmi Note 10, le POCO X3 Pro reste sur une dalle LCD IPS. Bien qu'elle dispose de caractéristiques techniques proches (définition Full HD+, fréquence de 120 Hz et échantillonnage 240 Hz), elle est assez loin d'offrir une aussi bonne prestation que celle de son « concurrent ».

D'abord, il faut signaler que la luminosité du POCO X3 Pro est un peu en deçà de ce que nous avons relevé dernièrement. Notre sonde X-Rite et le logiciel de calibration professionnel Calman Ultimate nous apprennent que l'écran de notre modèle de test plafonne à 545 cd/m2. C'est un peu juste, selon nous, pour pouvoir utiliser confortablement son téléphone en plein soleil.

© Pierre Crochart pour Clubic

Le contraste de la dalle varie quant à lui selon le mode d'affichage des couleurs sélectionnées. Cela peut aller de 1157:1 en mode « Naturel » jusqu'à 1451 en mode « Automatique ». 

Les couleurs, justement, parlons-en. Par défaut, la dalle du POCO X3 Pro est très mal calibrée. À la sortie de sa boîte, le smartphone affichait une température de 7708K. C'est beaucoup trop froid ! Rappelons que nous attendons une valeur s'approchant au maximum de 6500K pour obtenir un blanc parfait.

Le POCO X3 Pro ne brille pas non plus dans sa couverture des gammes de couleurs étendues. Si le sRGB est couvert à 98,1%, le DCI-P3 pointe à 82% seulement — même en mode « Saturé ». Enfin, le delta E, qui mesure (rappelons-le) l'écart entre ce qu'affiche l'écran et la couleur de référence du nuancier Pantone, se situe lui dans des niveaux corrects (entre 2,27 et 4,17 selon le mode choisi).

Mais avec notre matériel et un peu de patience, nous sommes parvenus à obtenir dez meilleurs résultats. En optant pour le mode automatique et en réchauffant au maximum la température de la dalle, nous avons obtenu 6514K et un delta E de 2,27. Les gamuts sRGB et P3 restent quant à eux couverts à 98,1% et 82,3%.

Maintenant, et même sans sonde, vous devriez être en mesure d'obtenir des réglages à peu près corrects en comparant la teinte du blanc à celle d'une feuille A4 et en jouant avec la roue chromatique. Nous vous conseillons de le faire, autrement les couleurs déjà un peu tristounettes de l'écran pourraient perdre encore plus de peps.

Ceci étant dit, l'écran du POCO X3 Pro reste très agréable à utiliser. Grâce à la fréquence de 120 Hz et à un échantillonnage rapide, les mouvements sont retranscrits sans délai à l'écran. D'autant qu'avec une telle assise technique, le smartphone ne souffre d'aucun ralentissement.

© Pierre Crochart pour Clubic

La diagonale de 6,67" permet en outre de se plonger facilement dans des contenus vidéo. Mais attention aux poignets ! Rappelons que le téléphone pèse ses 215 grammes, et qu'une utilisation prolongée pourrait vous esquinter.

Audio : un bon baladeur de poche

On sait combien la présence d'une prise jack est encore importante pour certaines et certains. Et surtout sur un smartphone d'entrée / milieu de gamme. Par chance, le port jack 3.5 mm dont est doté le POCO X3 Pro est d'excellente facture, et offre une puissance suffisante pour alimenter tous vos casques et écouteurs habituels.

© Pierre Crochart pour Clubic

Certifié Hi-Res, le smartphone peut également lire les fichiers audio haute-définition (24-bit/192kHz). Et il dispose de deux haut-parleurs proposant un son stéréo des plus corrects, à défaut d'être aussi percutant que sur un Mi 11  (on sait, ce n'est pas tout à fait la même gamme de prix).

Comme d'habitude, on regrette des basses un peu trop en retrait et des aigus qui manquent un peu de justesse. Mais les médiums sont suffisamment bien retranscrits pour assurer une écoute confortable des vidéos, podcasts ou autres styles musicaux où le chant prime.

© Pierre Crochart pour Clubic

Pour les amateurs du sans-fil, le POCO X3 Pro n'oublie aucun codec indispensable. Compatible Bluetooth 5.0 , il offre un support du SBC, AAC, aptX HD, aptX Adaptative, aptX TWS+ et LDAC.

Performances : un flagship… de l'an dernier

Ne vous méprenez pas par cet intertitre qui suggère une déception. Obtenir des performances de cette teneur sur un téléphone vendu sous les 300€, c'est du jamais vu. Rien de moins.

Avec son Snapdragon 860 flambant neuf, le POCO X3 Pro est en mesure de proposer des performances presque aussi solides que le Xiaomi Mi 10 Pro  (vendu 999€) l'an passé. Du moins sur certains des tests effectués.

Sur AnTuTu, par exemple, le POCO X3 Pro s'en sort avec plus de 570 000 points. Du jamais vu à ce niveau de prix. Même Geekbench sanctionne le Snapdragon 860 de 724 points en single core et 2691 points en multi core. C'est au niveau du OnePlus 7 Pro sorti fin 2019. Impressionnant.

Le GPU ne nous déçoit pas non plus, et obtient 3442 points sur le nouveau test Wild Life de 3D Mark (à titre de comparaison, le realme 8 Pro  (vendu au même prix) n'obtient que 1 050 points sur ce même test.

De quoi offrir au POCO X3 Pro une assise confortable pour lancer n'importe quel jeu du Play Store. Dont acte. Comme à notre habitude, nous avons profité de Genshin Impact, en optant pour une qualité « Élevée » et un framerate de 60 i/s. S'il ne parvient pas à rester stable à cette fréquence d'affichage, les chutes ne s'aventurent jamais sous les 45 i/s. On reste donc sur une belle prouesse, qui permet de jouer très confortablement à n'importe quel titre disponible Android — qu'il soit très gourmand ou non.

© Pierre Crochart pour Clubic

D'ailleurs, même après une longue session de jeu, nous n'avons relevé aucune chauffe inquiétante de l'appareil. La dissipation de chaleur a l'air parfaitement gérée par ce gros smartphone.

Interface : MIUI encore et toujours

Vous n'avez pas idée de l'effort mental que je fais chaque semaine pour tenter de décrire la surcouche Android de Xiaomi / Redmi / Poco en des termes différents. J'ai déjà tout dit, des dizaines (centaines ?) de fois à son propos. Mais que voulez-vous, quand faut y aller...

Notre exemplaire de test intègre donc Android 11 et MIUI 12.0.4 et sa mise à jour de sécurité datée de mars 2021. Le smartphone dispose des DRM Widevine L1 pour autoriser la lecture de vidéos en HD sur les plates-formes de SVoD.

Avec MIUI 12, l'utilisateur ne manque de rien, et la relative rigidité des débuts de la surcouche fait désormais partie du passé. On peut opter pour un tiroir d'applications ou un empilement des apps les unes à la suite des autres, comme sur iPhone. 

Par contre, l'inspiration d'iOS est toujours de rigueur. Avec notamment la possibilité de diviser menu de raccourcis et panneau de notifications (un peu à la façon du centre de contrôle des appareils à la pomme). Dans tous les cas : c'est l'utilisateur qui est aux manettes, et les paramètres du smartphone donnent largement de quoi passer de longues minutes à personnaliser ses préférences d'affichage, de navigation, de comportement ou de confidentialité. Rien ne manque à l'appel, que l'on parle de navigation gestuelle, de bien-être numérique ou de mode sombre intégral. À la rigueur, on pourrait déplorer l'absence de mode Always-On. Mais l'écran n'étant pas AMOLED, cela ne ferait que faire fondre la batterie plus vite qu'il n'en faut pour l'écrire.

Côté bloatwares, ou « applications préinstallées », le POCO X3 Pro ne fait pas différemment que les appareils Redmi testés récemment. On a dénombré deux jeux, et une petite dizaine d'applications comme Amazon, Facebook, Netflix, eBay ou TikTok. Toutes peuvent être désinstallées sans problème. Pendant notre test, nous n'avons pas été confrontés à de la publicité dans l'interface MIUI, pas même sur l'écran d'analyse antivirus, où elles se cachent habituellement (analyse qui peut être désactivée, par ailleurs).

Autonomie : la petite ombre au tableau

C'est le revers de la médaille d'un écran ultra réactif. Testé avec la fréquence de 120 Hz activée en permanence (après tout, c'est l'un des atouts du téléphone), le POCO X3 Pro nous a offert sans problème une grosse journée d'autonomie. C'est davantage sur la deuxième journée qu'il faudra se montrer stratégique, car l'appareil ne semble pas avoir été conçu pour taper dans les deux jours en utilisation « normale ».

Notre usage décomposé entre de la navigation sur les réseaux sociaux, quelques visionnages sur Twitch et de la musique, nous avons obtenu une veille totale de 27h27 heures sur le POCO X3 Pro. L'écran est quant à lui resté allumé durant plus de 6h. Ce n'est donc pas vilain pour un sou, mais le Redmi Note 10 Pro fait beaucoup mieux dans l'exercice (merci l'écran AMOLED).

Côté recharge, ce modèle fait un peu mieux que le POCO X3. En 30 minutes, nous avions déjà récupéré 64% d'autonomie. Comptez une heure tout rond pour passer de 0 à 100% avec le chargeur fourni dans la boîte. Simple et efficace.

Photographie : perfectible, mais correct

La configuration photo du POCO X3 Pro repose sur quatre capteurs distincts déjà largement représentés sur ce segment de l'entrée / milieu de gamme. On parle bien sûr d'un grand-angle 48 mégapixels (1/2.0", ƒ/2, 0.8 µm), d'un ultra grand-angle 8 mégapixels (ƒ/2) et d'un duo macro/profondeur de 2 mégapixels.

Rien de transcendant au premier abord, et pourtant. Adossé à l'ISP (Image Signal Processor) du Snapdragon 860, le capteur 48 mégapixels est en mesure d'offrir de très belles images aux possesseurs de POCO X3 Pro. 

© Pierre Crochart pour Clubic

Grand-angle : le capteur le plus performant

Ce n'est pas une surprise, le grand-angle est sans conteste le meilleur capteur de la configuration. Doté de caractéristiques honnêtes, il expose correctement les scènes qu'on lui propose et les dote d'un contraste suffisamment appuyé pour en souligner la profondeur.

© Pierre Crochart pour Clubic

On remarque une légère diffraction dans les bords de l'image, ce qui occasionne l'apparition d'artefacts et donc une perte de détails. Toutefois le centre de l'image profite d'un très bon piqué. 

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

Côté traitement, la saturation nous semble justement dosée. Les verts sont peut-être occasionnellement trop explosifs à notre goût, mais le ciel a le mérite de rester réaliste, là où chez Samsung il serait à la limite du fluorescent.

© Pierre Crochart pour Clubic

Plus gênant, on remarque dans certains scénarios une teinte un peu verdâtre sur les murs des bâtiments. La faute à une balance des blancs automatique qui manque de justesse. Le mode 48 mégapixels (qui n'utilise donc plus le pixel binning et dispose de pixels plus petits) fait disparaître le problème. Mais, comme souvent, l'image apparaît moins détaillée — même si l'on peut plus facilement la rogner pour « zoomer » à l'intérieur par la suite.

12 MP / 48 MP © Pierre Crochart pour Clubic

Enfin dans des scènes à la dynamique très marquée, le Poco X3 Pro fait un bon travail pour rééquilibrer les hautes-lumières. Les ombres restent en retrait, mais on se satisfait malgré tout du résultat obtenu avec ce mode HDR.

© Pierre Crochart pour Clubic
Sans HDR / Avec HDR © Pierre Crochart pour Clubic

Ultra grand-angle : un manque de définition notable

Mal défini du haut de ses 8 mégapixels, l'ultra grand-angle n'est pas tout à fait impressionnant. S'il permet bien sûr d'agrandir l'horizon pour immortaliser un paysage, il ne lui rendra pas justice. La faute à un manque cruel de piqué qui rend les photos des plus banales.

© Pierre Crochart pour Clubic

L'ultra grand-angle affiche également des couleurs plus ternes que le module principal. Ici, tout paraît presque désaturé. Sans parler de la discontinuité des teintes entre cet objectif et le grand-angle.

© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic
© Pierre Crochart pour Clubic

La perte de détails dans les angles est aussi particulièrement notable. Mais en admettant que vous regardiez vos photos principalement sur smartphone, cela ne devrait pas poser trop de soucis.

© Pierre Crochart pour Clubic

Le mode HDR fait en revanche des merveilles, côté exposition, dans les scènes qui en ont besoin. Comme illustré ici, on passe d'un ciel surexposé à un joli dégradé de bleu qui s'intègre bien à l'image. Malheureusement les ombres manquent cruellement de détails, et le bruit numérique commence à apparaître dans les zones les plus bouchées.

Sans HDR / Avec HDR © Pierre Crochart pour Clubic

Zoom : que du numérique

On commence à avoir l'habitude. Coûteux, les téléobjectifs ne trônent plus qu'à l'arrière des téléphones haut de gamme. Ici, et pour proposer un semblant de zoom sur le POCO X3 Pro, le constructeur ne fait que rogner dans une image capturée en 48 mégapixels. Ce qui fait plutôt bien illusion… si l'on ne dépasse pas un grossissement 2x, s'entend.

Zoom 2x © Pierre Crochart pour Clubic
Zoom 5x © Pierre Crochart pour Clubic
Zoom 10x © Pierre Crochart pour Clubic

Déjà à ce niveau, on remarque des bords un peu baveux sur les immeubles, et un grain assez notable sur l'image. Mais encore une fois : ce genre de détails ne vous sautera pas aux yeux sur l'écran d'un mobile.

Zoom 2x © Pierre Crochart pour Clubic
Zoom 5x / Zoom 10x © Pierre Crochart pour Clubic

En revanche, en poussant à un zoom 5x ou 10x, le vernis s'écaille plus méchamment. Si les algorithmes font de leur mieux pour recomposer l'image, la perte de qualité est trop importante pour recommander de faire de la photo avec ce type de zoom. En 10x, on peine à distinguer le sujet de l'image.

Zoom 2x © Pierre Crochart pour Clubic
Zoom 5x / Zoom 10x © Pierre Crochart pour Clubic

Portrait : s'en sort bien

Avec son capteur de profondeur, le POCO X3 Pro dispose d'une béquille pour évaluer où se trouve le sujet d'un portrait. Et dans une majorité de cas, sur un sujet humain ou animal, le résultat est plutôt flatteur. Bien sûr, la découpe gagnerait à être plus précise, mais le flou est plutôt harmonieux, malgré son agressivité relative.

© Pierre Crochart pour Clubic

Par chance, on peut régler soi-même la profondeur de champ, que ce soit pendant ou après la prise de vue. 

© Pierre Crochart pour Clubic

Le module photo avant a le bon goût de ne pas trop lisser le visage de la personne qui se prend en selfie. Le contraste est, comme d'habitude chez Xiaomi, assez prononcé, mais cela contribue à donner un petit côté dramatique à vos clichés.

© Pierre Crochart pour Clubic

Sur des sujets inanimés, les portraits sont moins probants. Le capteur a parfois du mal à saisir ce que l'on souhaite photographier, et applique un flou très aléatoirement sur l'image. Ce n'est heureusement pas systématique. D'autant que pour les plans les plus rapprochés, on peut opter pour le mode macro qui, pour sa part, souffre du manque d'autofocus.

© Pierre Crochart pour Clubic

Mais pour peu qu'on arrive à faire le point correctement sur son sujet, on obtient de jolies images… si on les regarde sur smartphone. Sur grand écran, difficile de se réjouir tant l'image est bruitée et faiblement définie. Un grief habituel opposé aux modules macro sur smartphone.

© Pierre Crochart pour Clubic

Nuit : une aisance à saluer

Vous connaissez la chanson. Sur ce type d'appareils, inutile d'attendre grand-chose du capteur ultra grand-angle. Sans surprise, il a bien du mal à faire le point correctement quand la nuit tombe — même en intérieur.

Ultra grand-angle (auto / nuit) © Pierre Crochart pour Clubic
Grand-angle (auto / nuit) © Pierre Crochart pour Clubic

Le mode nuit permet de compenser (un peu) le manque de lumière, mais le capteur pèche toujours par des soucis de focus qui sont très handicapants.

En revanche, le grand-angle classique offre satisfaction. Même en automatique, il parvient à exposer correctement la scène. Mais c'est bien en activant le mode nuit qu'on obtient la meilleure image. 

Ultra grand-angle (auto / nuit) © Pierre Crochart pour Clubic
Grand-angle (auto / nuit) © Pierre Crochart pour Clubic

En extérieur, et quand la lumière manque cruellement, même le volontaire grand-angle de 48 mégapixels est mis à l'épreuve. Ici encore, c'est un souci de mise au point qui calme notre enthousiasme. Même avec le mode nuit, on n'y est pas tout à fait. 

Ultra grand-angle (auto / nuit) © Pierre Crochart pour Clubic
Grand-angle (auto / nuit) © Pierre Crochart pour Clubic

Non, malheureusement, le POCO X3 Pro ne fait pas le poids lors d'un duel photo avec le Redmi Note 10 Pro.

Vidéo : point trop n'en faut

Le POCO X3 Pro ne cherche pas à se surclasser en vidéo, et grand bien lui en fait. Capable de filmer en 4K à 30 images par seconde malgré un SoC qui, on en est sûr, pourrait lui permettre d'aller un peu plus haut, il ne déçoit pas sur la qualité optique.

Même si la stabilisation est perfectible, la compensation des mouvements est plutôt efficace pour ne pas totalement ruiner une scène.

On déconseille par contre le mode 1080p60, qui semble faire s'effondrer le bitrate de la vidéo ; bourrée d'artefacts de compression. Même constat avec le mode « Super Stabilisation » qui dégrade énormément la qualité de l'image (et qui opère par à-coups et donc fait pire que mieux).

Enfin l'ultra grand-angle offre aussi une bonne prestation, mais limitée à 1080p à 30 i/s. 

POCO X3 Pro : l'avis de Clubic

Ça bouchonne, sous la barre des 300€ ! Après la claque Redmi Note 10 Pro il y a quelques jours, voilà que le POCO X3 Pro nous invite à rebattre les cartes.

Mais ce n'est pas si simple. Car si ce nouveau modèle jouit de performances absolument dingues pour le prix qu'en demande son constructeur, il souffre par d'autres aspects qui, se cumulant, rendent la proposition moins alléchante.

En définitive, le POCO X3 Pro s'adresse surtout aux personnes qui veulent profiter pour pas trop cher de beaux graphismes sur leurs jeux favoris. Pour tout le reste, que ce soit la photographie, l'autonomie, la légèreté ou la justesse des couleurs de son écran, nous demeurons fermes : le Redmi Note 10 Pro est une bien meilleure option. 

Xiaomi Poco X3 Pro

7

Avec le X3 Pro, POCO réussit le pari fou d'offrir des performances dignes d'un flagship de 2020 pour moins de 300€. Une prouesse technique, assurément, mais qui ne doit pas occulter que le smartphone pêche par son écran mal calibré, son autonomie perfectible et une prestation photo globalement décevante.

Les plus

  • Des performances hallucinantes
  • Un écran très fluide
  • Rechargé pleinement en 1h
  • Robuste

Les moins

  • Un smartphone très lourd
  • Dalle LCD mal calibrée
  • Autonomie pas au niveau de la concurrence
  • Une expérience photo en demi-teinte (de vert)

Design 7

Écran 7

Performances 10

Autonomie 8

Photographie 6

Test réalisé sur un smartphone prêté par le constructeur.

Modifié le 01/04/2021 à 17h42
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