La mission Juno de la NASA survole Ganymède et envoie ses premières images !

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
09 juin 2021 à 14h58
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Ganymède Juno photo © NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS
Le magnifique assemblage réalisé grâce aux données Junocam (filtre vert) pour ce cliché du raso-mottes sur Ganymède. © NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS

La sonde Juno, en orbite autour de Jupiter depuis 2016, profite d'une opportunité pour survoler les lunes gelées du système jovien. Une aubaine pour les équipes de recherche.

Ce 7 juin, la mission de la NASA est passée à 1 000 kilomètres de la surface de Ganymède, pour la première fois en 21 ans. Et les images sont sublimes !

Ganymède in USA

Ganymède est souvent moins connue du public que sa voisine, Europe. Or, si sa surface n'est pas striée, elle est également une lune de glace, constituée d'une épaisse banquise et d'un gigantesque océan sous-terrain au-dessus de son cœur rocheux et métallique. Plus grande lune du Système solaire (elle domine même Mercure avec ses 5 268 kilomètres de diamètre), elle est dotée d'intéressantes caractéristiques, comme la présence d'une magnétosphère ou ses gigantesques zones de couleur variées à sa surface.

Mais surtout, elle est encore mal connue. Le seul véhicule à l'avoir significativement approchée était la sonde Galileo , qui a effectué six survols de Ganymède entre 1996 et 2000 Le passage de la sonde Juno à environ 1 000 kilomètres de la surface ce 7 juin était donc une aubaine unique, grâce à l'extension de la durée de vie de la mission jusqu'à 2025 et à un ambitieux plan pour modifier son orbite en poursuivant son étude de Jupiter.

Bonne junocam

Les équipes se préparaient au survol de Ganymède depuis le 13 janvier dernier, et la sonde a exécuté à son approche un ballet longuement chorégraphié pour orienter ses instruments, maximiser la prise de données, prendre quelques photos et transmettre rapidement ses données vers la Terre. Un casse-tête intéressant, d'autant que les priorités des uns et des autres ne sont pas toujours les mêmes. Le public attendait logiquement les clichés de la petite caméra Junocam, laquelle ne fait pas partie du bloc scientifique prioritaire. « Juno embarque un ensemble d'instruments capables d'observer Ganymède comme jamais auparavant » justifie Scott Bolton, le responsable scientifique de la mission.

Juno Ganymède dark side © NASA/JPL-Caltech/SwRI
Intéressant cliché de la face cachée de Ganymède capturée grâce à un capteur d'étoiles de Juno reconfiguré. L'éclairage est en fait le reflet du Soleil sur Jupiter. © NASA/JPL-Caltech/SwRI

Le spectromètre ultraviolet UVS, son cousin le spectromètre infrarouge JIRAM ainsi que le radiomètre MWR ont été activés en priorité. Ce dernier devait même mesurer la calotte glaciaire, avec des données sur sa composition, sa structure et sa température. Les données du champ magnétique ont pu être récoltées, de même qu'une expérience d'occultation en bande X et radio. Mais, comme on a pu le constater ce mardi 8 juin avec l'arrivée des premières mosaïques d'images, les photographies optiques n'ont heureusement pas été laissées de côté. Des clichés plus détaillés et en couleur seront reconstruits dans les jours et les semaines à venir.

Réception de données et perspectives au menu

Juno n'a survolé Ganymède qu'une seule fois. Elle s'approchera l'année prochaine d'Europe, puis devrait frôler la lune-volcan Io deux fois avant la fin de son extension de mission. Par chance, il n'y aura pas besoin d'attendre vingt années de plus pour les observations suivantes, les missions Europa Clipper (NASA) et JUICE (ESA) arriveront sur place à la fin des années 2020. Et la sonde européenne ira jusqu'à entrer en orbite de Ganymède, dont la cartographie proche sera l'un des sujets d'étude. D'ici là, savourons les belles images !

Source : NASA

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nicgrover
«&nbsp;Par chance, il n’y aura pas besoin d’attendre vingt années de plus pour les observations suivantes, les missions Europa Clipper (NASA) et JUICE (ESA) arriveront sur place à la fin des années 2020.&nbsp;»<br /> Une question bête, cela signifie entre 2020 et 2029 ?<br /> Merci pour ce nouvel article très intéressant surtout quand on n’a jamais entendu parler de Juno. C’est une découverte.
ebottlaender
JUICE devrait arriver en 2029, Europa Clipper finalement tout début de 2030. Donc on est sur la toute fin de la décennie !
SlashDot2k19
Je dois faire mon blasé mais ça ressemble à la Lune…<br /> Et mettre des capteurs couleurs, c’est trop cher ?
nicgrover
Pour aller dans le sens de SlashDot2k19 qu’en est-il des couleurs sur ces lunes ? Ont-elles des couleurs ou sont-elles grises ?
Martin_Penwald
Si j’ai bien compris, une caméra noir&amp;blanc a une meilleure résolution qu’une caméra couleur à coût et encombrement égaux. Pour avoir la couleur, il suffit de prendre la même photo 3 fois avec différents filtres.<br /> L’exploration spatiale est toujours sujette à compromis.
Martin_Penwald
Une magnétosphère ? C’est intéressant, ça, non ? Considérant les radiations émises par Jupiter, je me demande si elle pourrait protéger les éventuels atterrisseurs qui pourraient l’explorer, comparativement à ceux qui iraient sur Europe ou Io.
Element_n90
Je dois faire mon blasé mais ça ressemble à la Lune…<br /> Mais là tu as le droit de dire que l’homme n’y a jamais mis le pied sans te faire incendier.<br />
ebottlaender
Vous aurez remarqué dans la légende de la photo qu’il s’agit d’un cliché pris avec uniquement le filtre vert. Junocam est en effet un capteur couleur (c’est à dire en valeur de gris sur lesquels on applique un filtre).<br /> Comme précisé dans l’article il ne s’agit que des premiers retours. Cela fait quelques jours à peine que le survol a eu lieu et les images ne sont pas prioritaires, il suffit donc… d’être patients.
ebottlaender
Eh oui, car non seulement ce n’est pas la Lune (je vous invite à mettre des clichés de la Lune, la vraie, à côté de Ganymède, ça lève pas mal le doute quand même)… Mais pour la Lune, comme on le rappelle systématiquement, il existe des centaines de preuves du passage des missions Apollo à sa surface.
SlashDot2k19
Ah oui, effectivement je l’avais lu mais comme c’était gris, j’ai pas fait l’association . Comme les couches dans Photoshop.
Element_n90
On peu utiliser le mot «&nbsp;Lune&nbsp;» pour notre Lune ou une autre en générale et quoiqu’on en dit, un truc gris avec plein de cratères, ça reste, pour beaucoup de monde, la même chose qu’un autre truc gris avec plein de cratères sauf pour vous qui êtes un peu avertit sur ce sujet. Quand au fait d’y être aller y mettre un pied ou pas, il s’agissait ici surtout de faire une blague ce qui devrait être autorisé même si on a plein de preuves. Je vais de ce pas éditer mon commentaire précédent afin d’y accoler un smiley-rigolo pour écarter toute ambiguité complotistique…
ebottlaender
Bah oui ici on est très Team Premier Degré (mais pour une bonne raison, ayant déjà eu notre lot mensuel de complotistes) <br /> Petit truc pour les différencier à l’écrit, Lune (majuscule) pour la notre, lune (minuscule) pour les satellites naturels des autres ^^
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