Le rover chinois Yutu-2 de la mission Chang'e 4 reprend du service sur la face cachée de la Lune

Rémi Bouvet
Publié le 20 août 2020 à 13h42
yutu2

Le rover lunaire avec la plus longue activité sur la Lune entame son 21e jour de travail sur la face cachée de notre satellite.

Le 3 janvier 2019, l'Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) réalise une première mondiale : faire alunir un engin sur la face cachée de la Lune, en l’occurrence son module d’exploration Chang'e 4. Il pose sa précieuse cargaison, un atterrisseur et un rover baptisé Yutu-2, dans le cratère du bassin Pôle Sud-Aitken.

Des nuits bien longues...

19 mois plus tard, le petit rover est toujours opérationnel. Il est d’ailleurs sorti de sa phase de sommeil mercredi dernier à 20h34 heure de Pékin, tout comme l’atterrisseur, qui s’est réveillé jeudi à 14h54. Tous deux sont en bonne santé. Ils reprennent donc leur 21e jour de travail… lunaire.

En effet, sur notre satellite, un jour lunaire dure environ 14 jours terrestres ; la nuit lunaire a la même durée. Et sur la Lune, les nuits sont très froides : les températures peuvent descendre à -190 degrés Celsius. Pour survivre, le rover se met en veille et puise l’énergie nécessaire à sa conservation dans ses batteries. Son ancêtre, le rover Yutu de la mission Chang’e 3, n’avait d’ailleurs pas tenu bien longtemps dans ces conditions extrêmes : il avait succombé au bout de six semaines.

Yutu-2 se révèle donc bien plus coriace. Initialement, sa durée de vie était estimée à trois mois. Autant dire qu'il a déjà largement déjoué les pronostics. Il peut ainsi se targuer d’être le rover lunaire comptant la plus longue activité sur la Lune.

Une autre mission prévue en fin d’année

Maintenant que la face de la Lune sur laquelle il se trouve est baignée de soleil, le rover peut se gorger des rayons pour se réchauffer et recharger ses batteries à l’aide de ses panneaux solaires. Armé de sa caméra panoramique PCAM, d’un spectromètre imageur VNIS, d’un détecteur d’atomes neutres ASAN et d’un radar LPR, Yutu-2 remet son bleu de travail et poursuit sa mission d’exploration. Selon la CNSA, il se dirige vers le nord-ouest pour se rendre dans une zone à forte réflectivité.

Au palmarès du petit appareil haut de 1,5 mètre figure la découverte de deux minéraux en mai 2019 : du pyroxène à faible teneur en calcium et de l'olivine.

Il faudra toutefois patienter jusqu’aux missions Chang'e 5 et Chang'e 6 pour que des échantillons soient ramenés sur Terre. La première est prévue pour fin 2020, la seconde pour 2023. Quant à Yutu-2, la retraite n’est décidément pas pour tout se suite.

Source : Xinhuanet

Rémi Bouvet
Par Rémi Bouvet

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