Un macaque cloné avec la technique de Dolly

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le 27 janvier 2018
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Deux chercheurs chinois viennent de donner naissance aux deux premiers primates clonés, en employant la même technique qui avait permis la naissance en 1996 au Royaume-Uni de la brebis Dolly.

Les deux biologistes envisagent maintenant de produire en série des animaux qui permettront de faire progresser la recherche sur l'inactivation de certains gènes, et faire progresser la médecine humaine.

La technique de Dolly perfectionnée


Il s'appellent Zhong Zhong et Hua Hua (Zhong Hua, en chinois nation chinoise). Ces deux bébés macaques sont nés à deux semaines d'intervalle Shanghaï, et ils sont les deux premiers clones de leur espèce. Ils ont en effet la particularité de posséder des patrimoines génétiques absolument identiques.

Leur naissance est une première, que les deux chercheurs à l'origine de cet exploit racontent en détail dans un long article publié dans la revue Cell. Pour y parvenir, Qiang Sun et Muming Poo, de l'Institut de neurosciences de l'Académie des sciences chinoise à Shanghaï, ont en effet repris les bases de la technique qui avait permis, en 1996, à Ian Wilmut de donner naissance au premier clone animal de l'histoire, la célèbre brebis Dolly, décédée en 2003.



Taux d'échec élevé


Cette technique consiste en gros tout d'abord à prélever le noyau d'une cellule adulte différenciée, c'est-à-dire possédant des caractéristiques spécifiques, associées à une fonction précise, comme les globules rouges transportant le sang, ou les kératinocytes, qui fabriquent la kératine des ongles et des cheveux. Ce noyau cellulaire "adulte" est ensuite placé dans un ovocyte, la cellule sexuelle femelle, préalablement évidée de son noyau d'origine. Après quelques jours in vitro, l'ovocyte devenu blastocyte est implanté dans l'utérus d'une mère porteuse.

Le taux d'échec est très élevé : pour Dolly, Ian Wilmut s'y est repris 435 fois ! A Shanghaï, 21 femelles macaques ont été inséminées. 6 ont eu une grossesse, mais seulement deux bébés sont arrivés jusqu'à leur terme. Les perfectionnements apportés par l'équipe chinoise permettent de porter le rendement du transfert nucléaire 10 à 15 %. Zhong Zhong et Hua Hua jouent aujourd'hui dans leur cage comme n'importe quel chimpanzé, mais leur destin sera unique : Qiang Sun et Muming Poo veulent maintenant reproduire l'expérience pour développer des lignées génétiquement identiques. En modifiant le génome de ces clones, ils espère progresser dans l'étude des effets de l'inactivation de certains gènes.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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