Attentats en France : ne cédez pas à la rumeur

18 novembre 2015 à 17h30
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Dans un contexte propice aux rumeurs en tous genres, il est important de savoir comment détecter le vrai du faux, afin de ne pas contribuer à la circulation d'informations erronées. Voici un petit guide à l'usage des réseaux sociaux, valable en cas de crise comme celle que nous vivons actuellement, mais à utiliser finalement en toutes circonstances.

Un terreau fertile



Dans un contexte comme celui que nous avons vécu en fin de semaine ou en janvier dernier, nombreux sont ceux qui cherchent à partager ce qu'ils lisent, ce qu'ils voient, avec des objectifs souvent louables : prévenir, informer, alerter. Ils échangent alors quantité d'informations le plus rapidement possible. Les réseaux sociaux sont, en la matière, un vecteur parfait.

Les Facebook, Twitter et autres Instagram sont des outils très efficaces pour faire circuler l'information, le hashtag #PorteOuverte en est un excellent exemple. Mais ils constituent aussi un terrain de jeu parfait pour la rumeur et deviennent un véritable piège pour qui cherche à s'informer et à transmettre.



Ces « canaux de distribution » de l'information ne sont pas que les outils de la propagation de la rumeur : la concision imposée par Twitter implique parfois l'éviction de détails qui n'en sont pas, empêche l'internaute de préciser correctement le contexte, par exemple. En cela, les réseaux sociaux peuvent contribuer à faire naître la rumeur, tout en la propageant.

La naissance de la rumeur



Mais là n'est pas sa principale origine. Lors des attentats qui ont frappé la France, les internautes ont pu suivre deux sources d'information parallèles. D'un côté, des chaînes d'info en continu, des radios et des sites Internet, dont le niveau d'information était parfois inégal, et qui, pour certains, retenaient volontairement des données. Ce bombardement d'images et de dépêches au contenu différent, issus de médias sur le pied de guerre, crée une première confusion.

De l'autre, des utilisateurs, qui se font le relais de ces médias - avec une fidélité parfois discutable - mais qui partagent également leurs propres expériences, qu'ils soient ou non à proximité des événements. Avec les approximations que ces retransmissions impliquent souvent.

Enfin, il y a l'information créée de toutes pièces par les internautes, qui n'a pour elle que le contexte dans lequel elle est publiée. Difficile à vérifier, elle parvient toutefois jusqu'à des médias qui ont pourtant pignon sur rue : TF1 a diffusé samedi le portrait d'un homme soi-disant disparu lors des attentats, alors qu'il s'agissait d'un authentique canular. L'individu à l'origine de cette tromperie a utilisé le #rechercheparis, que bien d'autres ont usé à des fins beaucoup plus respectables.



Echanges rapides, parfois très sommaires, à partir de sources multiples et pas forcément vérifiées : ce cocktail, agité dans un moment de psychose peu propice à la prise de recul, génère la rumeur.

L'internaute, le relais



Voilà, sommairement, le mécanisme de création de la rumeur et ses vecteurs de propagation. Mais rien ne serait possible sans l'ingrédient indispensable qu'est l'internaute. C'est lui qui constitue le relais, diffuse, permet à la rumeur de prendre de l'ampleur.

Pourquoi diffuse-t-on une rumeur ? Rarement intentionnellement. On le fait par confiance, plus que par négligence. Car le crédit accordé à un proche, un ami, suffit parfois à partir du principe que l'information qu'il apporte est véridique. La rumeur peut enfler, jusqu'à atteindre suffisamment de personnes.

Dès lors, il est difficile d'envisager que l'on se trompe tous ensemble, et que les propos ou les faits rapportés sont issus d'une unique source, loin d'être de confiance. On transmet, sans se poser de question, sans vérifier.

Il arrive que certains internautes fassent également circuler des informations qui n'émanent pas de personnes « de confiance » : on peut alors parler de négligence. Lire l'article dont il est question, regarder la vidéo partagée, ou s'interroger sur la source sont des réflexes qui, la plupart du temps, suffisent le plus souvent à déceler la supercherie.

Les risques de la rumeur



Tout le monde peut se tromper, s'emballer et contribuer, bien malgré lui, à propager une rumeur. Rien de grave, nous direz-vous. Ce n'est pas si sûr. La première victime de cette erreur, c'est vous, votre crédibilité. Car la rumeur finit toujours par être démentie, et vos contacts ne manquent généralement pas de vous le rappeler le cas échéant.

Parfois, les conséquences de cette propagation sont plus dramatiques. Mouvement de foules, risques pour des individus ciblés à tort, obligation de démentir (ce dont se passerait bien les autorités, qui ont d'autres préoccupations) : la rumeur peut avoir un véritable effet boule de neige dont les proportions dépassent largement ce que la, ou les personnes, à son origine pouvaient envisager.

Enfin, votre message peut avoir pour répercussions de gêner les forces de l'ordre. Il en a été beaucoup question en janvier dernier. Cette fois, le compte Twitter de la Préfecture de police a largement pris les devants et martelé son message vendredi et samedi dernier.



Se prémunir



Comment détecter une rumeur et éviter de la relayer ? Voici quelques réflexes simples à adopter, en conservant à l'esprit qu'un peu de temps consacré peut éviter bien des désagréments, et surtout peut vous apporter une information correcte.

Tout d'abord, ayez bien en tête qu'une information apportée par un inconnu doit être considérée avec la plus grande prudence. Il est plus raisonnable de s'appuyer sur les médias reconnus et / ou des journalistes dont de nombreuses personnes suivent le compte, même si cela ne constitue pas un gage de sécurité.

Le plus sûr est certainement de recouper les informations : si plusieurs médias ont le même son de cloche, vous pouvez partir du principe que l'information est avérée. Cela peut parfois demander plus de temps, mais en matière d'information, la précipitation est souvent mauvaise conseillère.

Mieux encore : suivez les comptes de la Préfecture de Police (Facebook ou Twitter), de la Gendarmerie Nationale (Facebook ou Twitter), ou du ministère de l'Intérieur (Twitter).

Vous pouvez également suivre le compte Twitter de l'AFP, qui a fait ses preuves en matière de fiabilité.

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Si vous souhaitez vérifier une information non encore publiée sur l'un de ces canaux, vous pouvez effectuer une recherche via le hashtag utilisé par le post à vérifier, ou encore profiter d'outils tels que Google Image pour les photos ou illustrations. En effet, sous Chrome, si vous effectuez un clic-droit sur une image et si vous sélectionnez « Rechercher cette image sur Google », vous pourrez savoir si cette dernière a déjà été publiée, et dans quel contexte.

Enfin, de manière générale, méfiez-vous des textes anxiogènes, qui vous incitent fortement à relayer l'information « à tous vos proches », qui vous préviennent qu'il ne s'agit pas d'une rumeur, qui sentent un peu trop le sensationnel, et commencent par « Lisez bien ceci, c'est très grave » par exemple. À coup sûr, vous avez affaire à de la désinformation.

Acteur contre la rumeur



Maintenant que vous connaissez les causes et les vecteurs de la rumeur, et comment vous en protéger, voici quelques conseils pour en protéger les autres. Car comme nous le disions au début de cet article, la majorité des gens qui propagent ces messages est souvent d'avertir, de prévenir, d'alerter. Un acte citoyen.

Pour agir en tant que tel et tirer dans le bon sens, vous pouvez lutter contre ces rumeurs. Comment ? En n'hésitant pas à corriger vos contacts en leur fournissant un lien digne de foi, en vous corrigeant si vous avez propagé par mégarde une rumeur, en ne vous appropriant pas une information par un copier-coller très trompeur, en indiquant votre source.

Et si possible, signalez la rumeur en question aux autorités afin que ces dernières puissent diffuser, au plus grand nombre, le démenti. Pour cela, il existe un portail dédié : www.internet-signalement.gouv.fr.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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