Live Japon : de l'importance vitale des réseaux mobiles

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Un an s'est écoulé depuis le violent séisme, le gigantesque tsunami et le grave accident atomique qui ont terrifié et endeuillé le Japon en mars 2011, saccageant une partie de son littoral nord-est. Quelque 19 000 morts, plus de 22 millions de débris accumulés en une seule journée, plus de 340 000 personnes déplacées, 80 000 individus forcés d'abandonner tous leurs biens pour fuir la radioactivité, l'état des lieux est terrible, sans compter les dégâts colossaux causés aux infrastructures.

Néanmoins, doit-on saluer la célérité avec laquelle les entreprises nippones se sont rétablies et ont remis sur pied les "lignes de vie", à commencer par les réseaux de télécommunications durement mis à mal. Cette tragique expérience a en outre conduit les opérateurs, dont NTT Docomo, à renforcer leurs moyens pour limiter encore les conséquences en cas de nouvelle catastrophe, car comme le montre et déplore le mangaka japonais J.P. Nishi, il ne faut pas compter sur les pigeons voyageurs pour sauver la population...

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Environ 600 millions d'euros: tel est le montant des pertes subies par le premier groupe de télécommunications fixes et mobiles japonais NTT à cause du désastre du 11 mars 2011 au Japon. Les investissements requis pour remettre vite en état ses installations fixes et mobiles ont pour leur par coûté 500 millions d'euros. Les infrastructures terrestres de différentes filiales de NTT ont été durement endommagées dans les préfectures dévastées du nord-est (Miyagi, Iwate, Fukushima) mettant hors service durant plusieurs semaines les réseaux cellulaires et rendant impossibles les appels téléphoniques ou l'accès à internet dans de nombreuses localités.

Quelque 65 000 poteaux portant des câbles NTT East, principale filiale de services fixes de NTT, ont été abattus par les secousses sismiques ou la vague du tsunami géant, une quarantaine de ses bâtiments ont été emportés ou inondés, et des équipements électroniques ainsi que des conduites de câbles saccagés.

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Sur le volet mobile, la filiale NTT Docomo a recensé des dégâts sur 375 site-relais cellulaires qu'il a fallu évidemment remettre en marche, sauf là où cela n'était pas possible ou pas nécessaire, à savoir dans une grande partie de la zone évacuée autour de la centrale ravagée Fukushima Daiichi.

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Fort de cette triste expérience, NTT Docomo s'est lancé dans une opération de grande ampleur pour éviter qu'à l'avenir les sinistrés ne soient privés de réseau cellulaire parce que les antennes-relais, victimes de coupures de courant, tombent en panne au bout de quelques heures faute de batterie. C'est une importante amplification de son "plan de continuité d'activité" national qu'a entrepris et réalisé NTT Docomo en quelques mois.

"Le 11 mars 2011, nos équipements ont subi des dommages directs comme des inondations ou effondrements causés par le tsunami ou les secousses, mais aussi des perturbations indirectes liées à la rupture des circuits électriques ou des fibres optiques", a expliqué un responsable de NTT Docomo lors d'une conférence de presse le 23 février. "Nous n'avions jamais connu de tels dégâts", a-t-il affirmé.

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De cette épreuve, nous avons tiré comme enseignement qu'il nous fallait :

1- sécuriser des moyens de télécommunications dans des aires jugées de la plus haute importance
2- être en mesure de rapidement rétablir les moyens dans les zones sinistrées
3- rendre les services encore plus simples et plus commodes lors des grands désastres

Pour parvenir au premier objectif, NTT Docomo a installé des antennes-relais redondantes de très grande envergure en 104 emplacements stratégiques de sorte à couvrir des aires vastes et stratégiques englobant 35% de la population avec des moyens plus sûrs.

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Le groupe a également mis en place des batteries d'une autonomie de 24 heures dans 100 importantes stations de base et des groupes électrogènes dans les 720 les plus cruciales, de sorte à garantir un fonctionnement du réseau même en cas de longue et étendue coupure de courant. Ces moyens couvrent 65% de la population et 50% des structures hospitalières requises lors des désastres.

Afin de garantir des moyens de communications dans les zones sinistrées, il est prêt à distribuer 3.000 téléphones portables satellitaires, en les transportant sur site en quelques heures par camions ou hélicoptères. Il dépêchera le cas échéant sur place des véhicules-relais d'émission dont il possède plusieurs dizaines d'exemplaires et a prévu d'autres moyens pour reconstituer rapidement un réseau cellulaire temporaire.

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Enfin, pour les citoyens paniqués et prompts lors des catastrophes à se ruer sur leur téléphone pour prendre des nouvelles des proches ou donner des leurs, NTT propose de nouveaux dispositifs qui devraient éviter une saturation de son réseau mobile telle que celle qui s'est produite le 11 mars. Pour éviter une implosion de ses serveurs, NTT Docomo avait en effet restreint volontairement les capacités d'appels, les réservant à des lignes prioritaires (celles des autorités, des services de secours, d'entreprises essentielles, de médias, et autres utilisateurs importants).

Résultat, la plupart des abonnés n'ont pu joindre vocalement les leurs ni envoyer de mails, ignorant en outre l'existence d'un service spécial de tableau qui permet en gros d'afficher sur un espace dédié accessible à tous les abonnés "je suis en vie, pas de souci" ou un message similaire que peuvent consulter les parents, amis ou autres interlocuteurs réguliers. NTT Docomo a adjoint à ce service un système vocal qui permet d'enregistrer un message et d'envoyer simultanément aux proches un SMS donnant le lien pour l'écouter, un moyen qui est moins gourmand en ressources informatiques et spectacles.

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NTT Docomo a aussi étendu le service de "mail local", un outil qui donne des informations d'urgence uniquement aux personnes présentes dans la zone en danger. C'est par exemple ce dispositif qui est utilisé pour les alertes sur les séismes à venir (quelques secondes avant qu'ils ne soient ressentis), grâce à un système de détection précoce mis en place par l'Agence de météo. Si les secousses attendues sont censées toucher la région de Tokyo, les habitants du reste du Japon ne recevront rien. Ce dispositif sert aussi à avertir en cas de tsunami et à relayer les consignes des autorités locales.

NTT Docomo s'est de plus associé à Google qui a mis en place après le 11 mars 2011 son service de recherche de personnes (Person Finder). Il a aussi créé sur son portail un annuaire recensant les comptes Twitter d'autorités locales et aux autres instances livrant des informations de première importance.

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Toutes les dispositions prises par NTT Docomo et d'autres entreprises sont d'autant plus essentielles que le tremblement de terre de l'an passé n'est peut-être qu'un avant goût de ce qui attend les habitants de Tokyo. En effet, même si les prévisions sont impossibles, tous les sismologues s'accordent à dire que la capitale est menacée par un violent séisme de magnitude supérieure à 7 qui peut survenir à tout moment. D'aucuns évaluent à 50% la probabilité de risques dans les quatre ans à venir, d'autres à 38% et l'Etat, le moins alarmistes, à 10% en 10 ans et 70% en 30 ans.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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