Les crypto-monnaies sont-elles vraiment utilisées pour financer la criminalité ?

Vincent Touveneau
Cryptomonnaies
04 janvier 2022 à 13h15
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Silk Road Bitcoin
© Shutterstock

« Les bitcoins, c’est fait pour acheter de la drogue » : ainsi se résume l’opinion du fameux oncle pompette que nous avons eu le plaisir d’avoir à table au réveillon. Dans un récent rapport rendu par Elliptics, une société d’audit spécialisée dans la blockchain, on découvre que l’usage des crypto-monnaies à des fins criminelles a drastiquement diminué ces dernières années. 

À l’épreuve des chiffres, Elliptics affirme que l’usage moderne des cryptos ne garantit pas du tout l’anonymat et que les organisations criminelles préfèrent de loin les monnaies fiat comme l’euro ou le dollar pour leurs affaires courantes.

La criminalité liée aux crypto-monnaies a fortement baissé en dix ans

Pas besoin d’un oncle éméché pour comprendre que la réputation sulfureuse des bitcoins est encore tenace. Ainsi, le P.-D.G. de JPMorgan affirme que le Bitcoin est « réservé aux criminels et à la Corée du Nord ». Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, souligne également les aspects négatifs en arguant qu’il se passe « des choses pas claires » dans le monde de la crypto.

Elliptics démonte cette idée en affirmant que les choses se sont améliorées depuis 2012, lorsque 35 à 40 % des transactions cryptos étaient illicites. En 2020, les transactions illicites représentaient à peine 0,34% du volume global, ce qui représente 10 milliards de dollars, une goutte d’eau dans l’océan des actifs numériques.

Selon un rapport des Nations Unies, le blanchiment d’argent représente entre 800 et 2 000 milliards de dollars par an. La plupart de ces transactions sont émises en monnaie fiat comme le dollar ou l’euro, car les organisations criminelles s’appuient bien plus sur ces mêmes devises détenues par les banques centrales mondiales.

Le mythe de l’anonymat remis en cause

En 2012-2013, on constatait que le Bitcoin pouvait servir à acheter de la drogue sur des sites du dark web comme Silk Road. Cependant, ces activités illicites ont fortement diminué en une décennie, car, malgré les idées reçues, les transactions effectuées sur la blockchain sont devenues parfaitement traçables.

Aujourd’hui, ces devises numériques représentent une source d’investissement largement accessible au grand public et ont perdu toute notion de confidentialité. Par exemple, l’achat de crypto-monnaies sur une plateforme nécessite souvent une pièce d'identité et une preuve d’adresse. Il est donc beaucoup moins aisé de s’adonner à des crimes qu’il y a quelques années, et la tendance des monnaies numériques est à la régularisation gouvernementale. Rechercher un anonymat total sur ses transactions cryptos à l'aide de certains outils est devenu l’exception, et non la règle.

Source : CryptoSlate

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FoxLeGoupil
Il y a souvent l’ « oncle pompette » dans les commentaires des articles concernant les crypto-monnaies.
bennukem
Existe-t-il une monnaie dans le monde qui ne soit pas utilisé pour un délit ou crime ? Et scoup, on peut même faire du troc pour faire ses saloperies.
SPH
…ou ne rien troquer et faire le mal quand même…
norwy
La réponse est dans la question…
luck61
Ça m’étonnerait que le drogué du coin aille acheter son shit avec des cryptos mais plutôt avec des euros liquides
Proutie66
Purée les mous que j’ai aussi de moi sur les commentaires…<br /> 1 :On s’en fiche du camé du coin. Tout le monde, même la police s’en fiche.<br /> 2: On parle de «&nbsp;blanchiment&nbsp;». Et si c’est plus simple de blanchir de l’argent dans une cryptomonnaie que dans une vraie monnaie, (ce qui est le cas, pas besoin d’avoir inventé l’eau chaude pour le comprendre)… on essaie d’en trouver les %.
toast
Plus simple ne veut pas dire davantage utilisé.<br /> Si c’est plus simple à faire mais aussi plus simple de se faire prendre, aucun intérêt…
SlowPulseBoy
Ce qu’on cherche surtout, ce sont les gens qui utilisent les cryptos pour faire des transactions et non pour spéculer.
MisterDams
Je dirais surtout que les moyens peuvent être complémentaires… On peut blanchir de l’argent en «&nbsp;monnaie sonnante et trébuchante&nbsp;» (expression de l’oncle pompette) puis utiliser l’argent blanchi en crypto-monnaie pour le diffuser vers ceux qui en profitent et ainsi camoufler davantage une partie du lien, histoire de profiter de la jeunesse du système pour passer un peu plus sous les radars.<br /> Mais rassurez-vous, les mécaniques de blanchiment sont déjà très bien rodés avec les monnaies fiat.
flonc
Cette info va à l’encontre de toutes les autres données fournies par les spécialistes et les états.<br /> Difficulté à tracer les transactions: https://www.npr.org/2021/06/10/1004874311/how-bitcoin-has-fueled-ransomware-attacks<br /> Fortes Augmentations de l’utilisation des cryptomonnaies par la cybercriminalité (+100% sur un an): U.S. Treasury puts crypto industry on notice over rising ransomware attacks | Reuters
kroman
«&nbsp;transactions illicites représentaient à peine 0,34% du volume global&nbsp;»<br /> Ou peut-être que les «&nbsp;mixing services&nbsp;» sont suffisamment efficaces pour que les transactions illicites ne soient pas comptabilisées comme tel ?
pecore
J’avoue que je suis moi aussi perplexe pour ce chiffre de 0,34% et je serai bien curieux de savoir quelles sont ces «&nbsp;transactions illicites&nbsp;».<br /> En fait ce chiffre est faussé : oui, bien évidemment le Bitcoin n’est plus utilisé comme au début pour acheter de la drogue, des armes ou des tueurs à gages, vu qu’on sait maintenant mieux tracer ce type de transaction. Mais qu’en est il des demandes de rançons des hackers, ou des vols de cryptomonnaies par piratage de protocoles ou d’exchanges, ou simplement des arnaques de type rugpull et autres escape scams et j’en passe et des meilleures. Il s’agit bien de délits aussi, non ?<br /> Bref l’article ne présente que les chiffres qui l’arrangent, comme souvent lorsqu’on parle de cryptomonnaies et notamment de Bitcoin.
Urleur
tout ce que je peux dire, c’est que je passe d’excellentes vacances au Salvador, le top du top ce pays, exotique, plein de charme, sa jungle, paradis fiscal, etc… et sa crypto monnaie.
newseven
Non la criminalité a bien évolué avec le temps et les toxicomanes se font livres leur drogue et autres choses comme ont commende de la pizza au restaurant ouvert 24/24 aussi ils payent maintenant pratique uniquement avec de la cryptomonnaie vu que c’est intraçable dans des blockchains qu’ils sont situés dans pays étranger et intouchable .<br /> La cryptomonnaies est beaucoup plus sécuritaire pour le crime organiser que l’argent traditionnel pour plein de raison différente donc un en particulier plus de danger de se prendre une balle dans une transaction .<br /> Lol les vendeurs sur les coins rue s’est passé date et non lucratif .<br /> On peut même se faire livre de la drogue par un livreur uber lol ou avec drone en été.<br /> Personne ne sait qui a créé les bits coins mais le bitcoin est la première devise ou plutôt la seule devise qui est utilisée dans le dark web .
mathiss
La blockchain ne se situe dans aucun pays et la cryptomonnaie est traçable.
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