Libra se heurte cette fois au G7, qui conditionne la cryptomonnaie à une réglementation ferme

18 octobre 2019 à 07h45
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Libra
© Ascannio / Shutterstock.com

Les grandes puissances n'ont pas l'intention de laisser la monnaie virtuelle de Facebook se mettre en place sans cadre légal.

Quelques jours après que plusieurs de ses partenaires majeurs ont pris la poudre d'escampette, Libra fait preuve d'une défiance de plus en plus importante des grands dirigeants de la planète. Jeudi en fin de journée, les ministres du G7 se retrouvaient à Washington, l'occasion de débattre autour de la cryptomonnaie de Facebook, dont le déploiement ne sera accepté qu'à la condition d'une réglementation stricte.

La Banque centrale européenne et le G7 redoutent les menaces envers les systèmes financiers

Les membres du G7 ont pris connaissance du rapport Coeuré, du nom du Français Benoît Coeuré, connu pour être l'un des membres du directoire de la Banque centrale européenne (BCE). Sans explicitement citer Libra dans le texte, le rapport, commandé lors du G7 des chefs d'États en juillet dernier, dresse la liste des risques et interrogations posés au moment d'évoquer les cryptomonnaies. Y figurent le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme, le chamboulement d'une devise et de son fonds de réserve, ou la solidité juridique, pour ne citer qu'eux.


Craignant pour le système financier international et les économies étatiques, le rapport partage les craintes du G7, qui « estime qu'aucun projet de cryptomonnaie mondiale ne devrait démarrer tant que les risques juridiques et réglementaires ne sont pas dûment écartés ». Pour autant donc, le rapport ne ferme pas complètement la porte aux monnaies virtuelles, même s'il faudra passer par la case réglementaire.

La volonté d'établir des monnaies virtuelles étatiques

Présent à Washington, Bruno Le Maire, qui a déjà à plusieurs reprises fait part de son scepticisme à l'égard de la cryptomonnaie de Facebook, a déclaré aux médias américains que « le Libra pourrait aussi affaiblir la politique monétaire dans les pays développés ». Le ministre de l'Économie et des Finances s'interroge sur le pouvoir qui serait accordé à des « intérêts privés », en cas du déploiement des cryptomonnaies comme celle de Facebook.


Mais l'ensemble des acteurs, parmi lesquels des experts du FMI et Bruno Le Maire lui-même, ont conscience que tôt ou tard, il faudra offrir un minimum de liberté et d'espace aux monnaies virtuelles. Elles contribueront à transformer les systèmes de paiement actuels, devenus obsolètes avec des transactions lentes et quelque 1,7 milliard de personnes qui n'ont toujours pas accès à des services financiers dans le monde.

Le ministre français continue de porter, comme d'autres, l'idée de devises numériques, directement sorties du chapeau des différentes banques centrales. « Notre indépendance est en jeu », prévient-il.



Source : Reuters
Modifié le 13/12/2019 à 16h09
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