Suite aux soupçons d'espionnage, Super Micro va arrêter de fabriquer des cartes mères en Chine

Nathan Le Gohlisse Contributeur
03 mai 2019 à 17h35
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Serveurs

Pour répondre aux soupçons d'espionnage ayant partiellement entaché sa réputation, l'américain Super Micro, spécialisé dans les solutions pour serveurs, annonce cette semaine déplacer sa production hors de Chine. La firme explique avoir pour objectif d'internaliser de plus en plus la fabrication de ses cartes mères.

Les faits remontent à la fin d'année dernière. Dans une longue enquête publiée en octobre, le média américain Bloomberg affirmait que que certains produits de Super Micro (des cartes mères, notamment) étaient modifiés par ses ses sous-traitants chinois pour y ajouter de minuscules puces espionnes. Un moyen pour la Chine, expliquait le site, d'espionner à distance près d'une trentaine de sociétés américaines, dont Apple et Amazon, clientes de Super Micro. Cette enquête, portée selon la rédaction de Bloomberg par de nombreuses sources anonymes à la fois au sein du gouvernement américain et des firmes prétendument victimes de l'affaire, s'était pourtant vue largement attaquée, y compris par Apple et Amazon... pourtant citées dans le chapô de l'article.

Aucune trace de puce espionne selon une étude indépendante


Super Micro aura rapidement clamé son innocence, assurant la probité de ses cartes mères, tandis que le ministère chinois des Affaires étrangères réfutait lui aussi les assertions de Bloomberg. Puis vint, en novembre, les conclusions d'une enquête indépendante, qui tendaient elles aussi à faire pencher la balance en faveur de Super Micro. Cette dernière pointait notamment que si des puces espionnes étaient présentes sur les cartes mères de Super Micro, elles étaient alors incroyablement difficiles à repérer. Et pour cause, malgré des tests poussés, aucune trace de ces fameuses puces ne pouvait être trouvée sur les cartes mères actuelles de la firme ou sur les générations précédentes, vendues à Amazon et Apple.

Apple avait enfin appuyé la défense de Super Micro de tout son poids, en demandant notamment à Bloomberg de se rétracter. Chose que le média a refusé de faire. Aujourd'hui encore, Bloomberg soutient mordicus son papier et les deux reporters ayant mené l'enquête. Un statu quo qui force Super Micro à faire tout le nécessaire pour retaper au mieux son capital confiance sur le marché, un peu écorné depuis cet automne mouvementé.

Super Micro délocalise et internalise pour maintenir son rang


On apprend ainsi d'Engadget, que Super Micro délocalise sa production, jusqu'à présent essentiellement centrée sur la Chine. La marque cherche ainsi à prouver sa bonne foi et indique que son objectif sera désormais de fabriquer en interne autant que possible. Des mesures visant à étendre ses capacités internes de production sont ainsi prévues. Une posture confirmée par un porte parole de Super Micro, cité par Engadget. L'intéressé explique que Super Micro souhaite être plus autonome "en ne dépendant plus seulement de partenaires externes dont les sites de production sont essentiellement situés en Chine". Un message clair, mais une situation potentiellement chancelante pour le numéro 3 mondial du serveur.

Derrière HP et Dell, Super Micro subit d'importantes turbulences sur le marché. Entre janvier et mars, la firme aurait ainsi perdu 10% de ses revenus totaux vis-à-vis du dernier trimestre 2018, explique Betty Shyu pour DigiTimes. "Il y a toujours une possibilité que Super Micro passe au quatrième rang mondial cette année, derrière Amazon", ajoute-t-elle. Pour Super Micro, laver sa réputation, qu'elle ait été entachée à tort ou à raison, est à présent devenu une nécessité absolue.
Modifié le 03/05/2019 à 22h33
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